<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596</id><updated>2012-02-01T13:29:08.563+01:00</updated><category term='JOUONS DANS LE METRO'/><category term='Courrier envoyé'/><category term='A B C'/><category term='Pas de Moi ms ps mal qd même'/><category term='DECHIFFRAGE ?'/><category term='LE LIVRE EDWIN'/><category term='Chronopolitique'/><category term='Dream Project'/><category term='GRIFFES'/><category term='SECONDES GRIFFES'/><category term='FONTAYRE'/><category term='Hordelou'/><category term='ANIMALERIE'/><category term='Courrier reçu'/><category term='DICTIONNAIRE ANALPHABETIQUE'/><category term='LES ETRES'/><category term='CHRONIQUES'/><category term='Rues et dans les branques arts'/><category term='STYLISME'/><title type='text'>Thy Wanek</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>261</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-3608211988379841195</id><published>2012-01-31T23:24:00.007+01:00</published><updated>2012-02-01T03:25:12.317+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Souterrain</title><content type='html'>&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Nous étions tant épris de jardins et de squares. Et des rues. Et des rues pleines de notre spectacle. Devenu cela. Suites de spirales aux regards gyrophares. Et des rues et des parcs. Des forêts renversées en bousculades de tintamarres. Mais tant épris quand même tant que nous y trouvions de ces hanches guerrières aux cadences ensoleillées. Et les affairements studieux et génitifs de nos intimités publiques. Et chacune et chacun une coupure dont les angles et les coins correspondent. Un parc d’attraction. Tendu de quelques chapiteaux où l’on pouvait voir encore se jouer le sérieux contingent de quelques drames anciens. Comédies rituelles. Farces enracinées. Contes à dormir tranquille. Une ronde illuminée et ses fanfares électriques. Une foule de nous entre des palais et des taudis. Sur le socle encombré de nos dynasties insubmersibles. Engeances débattues de dépassements comptables, de costumes à crédit, et de maxillaires sentimentaux. Saisons choyantes selon pluies et vents dans des bocaux d’oubli aux transparences de loupes.&amp;nbsp;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et puis quoi&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Nous étions tant épris de distractions. Fabriquer les siècles à passer en berceuses violentes aux jambes saturniennes. Elever chemin faisant des musées insolites plein d’accomplissements aux bouches bées. Défier l’invisible fin ainsi qu’on traquerait l’injustice dans un tribunal désaffecté. Etendre les cimetières pour s’éterniser en pure perte et en peines testamentaires. Et produire de l’amour comme on concocte des onguents en luttant contre le paradoxe de sa dureté, de ses odeurs, de ses mots péristyles, de sa colère barbare, de son abandon aux serments inaliénables. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et puis rien.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’immobilité même, simple posture, hypothèse d’un en-soi, calme, chétif, à peine irisé par l’air du temps passant, presque enfantin à la manière d’un paisible entêtement, semblait désormais impensable. Son doute extrait, organe dérobé, au bénéfice d’un verbe pullulant qui s’en assaisonnait en mal d’un édulcorant de bon aloi, d’un sédatif satiné. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’abstraction réduite en hochets. L’absence en désertion. Le silence en manque à gagner. La laideur magnifiée. L’immortalisation de l’immédiateté. Les cultes évidés. Les hauteurs envahies par un manège unicolore à force de tourner à la vitesse illusoire pour que plus rien n’en tombe et que tous le regardent. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Nous étions tant épris de jardins et de squares. Et quelquefois occupés d’un indicible instinct nous cherchions à tâtons, traversant de nos yeux ébahis les infinis de notre inconnaissance, à retrouver les rênes d’un attelage imaginaire pour tenter d’en regagner la conduite devenue folle. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Cavalcade enivrante. Nos montures s’émancipaient de toutes contraintes. Tout soupçon pulvérisé sous des rires gavés d’innocence. Crinières claquantes. Bouches aux mors écumants. Sabots fracassants les pavés et faisant naître dans la poussière des ascensions de génies omniscients. Et qu’importait, ici ou là, les quelques demi vivants venus dans les parages glaner fugitivement un peu de la fureur et de la puissance passées en un éclair sur leurs carcasses rescapées.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tout filmé. Enregistré. Et montré à l’envie.&amp;nbsp;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;A ne plus avoir pied et croire encore avancer. A ne plus avoir à cœur qu’un engrenage avide de sensations précipitées et d’angoisses de plomb. D’émois calibrés à l’aune de modèles phosphorescents. De rêves rechargeables aux batteries des échangeurs.&amp;nbsp;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et puis plus rien.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Un interrupteur miraculeux. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Une cassure de la providence mielleuse rattrapée dans une impasse. Abolition subite du sens le plus aiguisé de la survie en tant que proie du ciel.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ensuite un filet d’eau lourde repéré sous mes pas. Dont je suis la déviance rectiligne dans un caniveau méprisé. Une trappe de fonte. Quelques barreaux d’acier chevillés dans une paroi suintante. Quelques barreaux pour descendre en cachette dans les premiers dessous. Et dés le premier pied posé sur la pierre du quai étroit en bas duquel coule l’égout, le son du talon sec court les mats échos des premières voûtes. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;J’avance, sans aucune prudence. Une pente, un coude, un escalier de roche sur le flanc d’une cuve. Un autre quai poisseux. Mes pas que multiplie, ironique, la pierre dégoûtante. Les relents asphyxiants s’épaississent. Je ne te cherche pas. Je sais quand tu paraîtras. Lorsque qu’assez vidé de tout ce qui gangue mon nerf incisivement lacéré, après avoir vomi toute la langueur dont je caressais mes appétences biophages, vomi jusqu’au goudron dont s’embaume mon crime, vomi jusqu’au bouts de verre dont tintinnabulait ma mascarade, vomi jusque du tréfonds de mes poches vitales, il y a enfin la place pour que je crie. Et qu’alors je crie. Je te crie.&amp;nbsp;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Je te crie dans le noir. Dont tu retrouves si indéfectiblement l’adresse des souterrains. Et tu es là je pense. Je le sens. A peine besoin de te deviner. A peine besoin de nous apercevoir. Que tu me sentes toi-même. Sale, débraillé et hagard. Fuyant, tu sais, encore fuyant. Réfugié là où seule, peut-être, une lueur encore aurait de l’importance. Là où, sait-on, la barbarie devait s’arrêter. Là où nous devions demeurer plus longtemps qu’on ne fit. Tâchant, dans l’inexistence alors du vacarme, de capter quelque chose entre l’onde hasardeuse de notre chair provisoire et l’irrécouvrable histoire déroulant autour de nous son insoluble cosmos.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Je te crie. Et tu es là.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Rituel recours aux débords incongrus. Paix primale et tumultueuse du temps du choix de naître ou pas. Je viens te voir. Avec ma mise à mal. Mon jour énucléé. Ma blessure muette. Mon verbe qui ne panse que le foie de Prométhée. Et ma gentille petite échéance fatale qui m’attend sans compter. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tu es là. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;C’est toi que j’entends perdre ton souffle rauque dans ces tunnels puants. Lézard dépenaillé à l’écaille gluante. A peine encore debout, courbé comme la voûte humide du dédale où coulent les eaux les plus mortes et les mieux habitées par toutes les vermines les plus stupides et certaines, pourquoi pas, les plus désespérées. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Depuis ces millénaires, dizaines de millénaires, que nous nous connaissons, nous n’avons pas changé. Excepté la surface. Et tes antres autrefois une simple caverne. A présent ce réseau de citernes et de canaux charriant et retenant toutes les fanges, tous les résidus, tous les ferments, toutes les boues, toutes les indigestions.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Au gré d’une salle plus haute que les autres où s’évasent quelques couloirs réunissant leurs flots pestilentiels, une tombée de lumière blanche venue d’un soupirail se dissout, petit peu de lait maigre dans des vapeurs de marécage. Remontant du fond d’une citerne, œuf plein de pourriture, une étrange forme d’ampoule flotte de temps à autre, luminescence verdâtre, enfle comme un ballon dont la peau de plus en plus fine dissimulerait le filament d’un phare, et finit par éclater, gênant brièvement d’un éclat sardonique l’obscurité grasse de remugles.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Plat de la main suivant la muraille visqueuse je me guide jusque là où si proche de toi je flaire au plus près ton flanc froid. Tu dardes sur moi l’onyx luisant de tes yeux impassibles. Je perçois ton tout petit cri à toi. Ton tout petit cri si peu audible. Malingre contraction de ton larynx qui fait un grincement de deux membranes rugueuses aux secrétions amères. Vilain couinement, reste d’effroi bestial empêché depuis longtemps par l’usure. Nous n’avons pas à nous reconnaître. Une de tes pattes, agile et griffue, m’attire contre ton corps épouvantable. Puis avec la seconde, d’une tendresse alcaloïde, tu me presses à m’étouffer sur tes entrailles emplies de vases mystérieuses. Qu’il n’est de lieu ni saint ni haut, ni témoin de beauté, ni fourni de grandeur, qui puisse les imiter. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Puis tu serres ma nuque et tu plonges dans mes yeux ton regard de saurien. Ton regard ressorti du fond de l’insu des âges. Ton regard d’avant les premiers mots. D’avant même la toute première idée d’en dire. Ton regards d’avant les premiers feux. Ton regard d’avant la première mort. Ton regard d’aube impénétrable plein du récit sauvage des séismes initiaux. Ton regard, peut-être, au décret définitif sur le tout premier os devenu arme. Et comme je contemple dans tes yeux durs cet abîme dont je suis, tu ouvres lentement tes mâchoires de corail, penche au dessus de moi ta lourde gueule béante, et y enfouit ma tête, dans une nuit puante, baveuse et salvatrice. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et dans un même mouvement tu m’affales avec toi et nous roulons jusqu’au gouffre d’où ne plus revenir. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Non je ne crains plus rien mon repos véritable. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;La chute enfin la chute, dans le chaos premier d’où tout a cru fleurir. Nous nous serrons si fort mon monstre sage et doux. Et je revois les épées nues. Et avant elles. Les méfiances charnelles. Les craintes de soleil. Les hécatombes océanes. Les frayeurs lunaires de perdre le sommeil et le somme envahi de vivants à venir. La foi déjà stérile et le sort souverain. Je n’ai enfin plus rien que vivre de nouveau. Et quelques naufragés sur la plage plus tard. Toute la tragédie est à réinventer. Nul n’a péri car nul ne fut. La mémoire du futur n’est que spéculation. Et s’il faut qu’être soi se réveille ce sera, ô mon monstre adoré, lorsque tu me vomiras de nouveau. Avec à peine des pattes et à peine un museau. Avec un cœur à peine, à peine un projet de me remettre debout. Pourvu que ne pas croire que des dieux soient volcans. Et qu’aucun d’entre eux ait voulu tout cela. Que n’en finisse plus cette chute d’entre leurs mains invisibles, inexistantes et sans charme. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ma tête dormante dans ta gueule savante. Je réécris ton amour tel que sans intention jamais. Un air inspiré et c’est tout. Expiré pour plus tard. Sans socle et sans manège. Sans victoire sans défaite. Juste un fleuve qui passe et qui dévaste et on y est plus vaste qu’un ruisseau, un caniveau, qui nous mène où mener notre trésor intime. &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Au plus rien qui fait l’air dont les arbres respirent. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ma tête dormante dans ton affreuse gueule. Et le vent de la chute qui nous glace et nous brûle. Et reprendre le cours là où il nous a laissés au moment de nous assassiner. Pour une erreur prêtée au ciel impavide. Pour une comédie saugrenue. Pour un toit sur le monde le plus grand conquis. Une lèpre jalouse subjuguant les enviés. Et la mort&amp;nbsp;! Et la mort qui n’en a rien à faire&amp;nbsp;! Je la vois en filant vers le fin fond de tout. Pauvresse famélique. Rien plus qu’elle n’a de patience. D’ailleurs s’achève souvent le vertige de l’autre scène au bord de ses états lorsqu’elle sait que tu sais. Et que ce n’est pas le jour. Ni sa sombre dérivée. Et qu’elle te remercie seulement de songer, parfois, à sa misère terrible. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ô ma chute enivrante dans ta gueule précieuse. Le gouffre n’est plus d’heures, ni de jours ni d’années. Le temps qui est compté mesure des petitesses. Mon âge est retenu dans des saisons sans sable. Moi-même dévorant ma chance de rouage. Moi-même dérobant une lignée guerrière. Retraversées les ruines, les excavations, je loge en plein milieu où rien ne me retient. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ô mon lézard moi-même, haine de quoi suis-je. Mon fol état lointain de mutation factuelle. Tu m’emportes, m’entraînes, et tu n’es que consolation. Une drogue dissimulée dans mon envers atavique, dans mon huis clos notarial. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et je sais déjà que tu me laisses sur un quai crasseux sous un soupirail morne.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Que je devrais finir sans toi.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Oui, tu sais&amp;nbsp;: je l’écris comme ça pour rien aussi. Pour le rien que tout est, avant qu’il revienne me saisir par l’oreille douloureusement ankylosée. Lorsque j’ai fini de t’écouter, livide et suant, et que tu veux bien aller redescendre dans la lumière close de sous toute chose. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tu me laisses tant épris de jardins nus. De débuts inconscients. De mots en goutte à goutte hésitant sur des siècles à dire un verbe ou deux. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Je te revois à mon réveil, la tête encore pleine de ta salive sucrée. Tu te tournes vers moi au moment de disparaître au détour d’une galerie. Ton pas lourd, pesant. Ton regard toujours fait d’une question muette. D’une insoutenable tristesse. Malade de quelque chose à advenir. Qui n’advient pas. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Sous la chiche lumière qui me pleut du dessus je reviens interdit. Et mes yeux, et ma bouche, et mon geste, vont mettre un temps perdu à me refaire surface. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Qui étais-je tant épris. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Qui étais-je déjà.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-3608211988379841195?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/3608211988379841195/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=3608211988379841195' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3608211988379841195'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3608211988379841195'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2012/01/souterrain.html' title='Souterrain'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-8657461776371232993</id><published>2012-01-08T17:02:00.004+01:00</published><updated>2012-01-09T14:10:19.932+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Courrier envoyé'/><title type='text'>Cassandre</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-2xeRaUDDe5Y/Twm-AyUhojI/AAAAAAAABQY/io9EOzQcw24/s1600/flamme%2Bblanche.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://4.bp.blogspot.com/-2xeRaUDDe5Y/Twm-AyUhojI/AAAAAAAABQY/io9EOzQcw24/s400/flamme%2Bblanche.JPG" width="225" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ce jour-là dans un monde aux mœurs habituelles,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Limites jetant hors l’existence commune,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Une blancheur démente, éclatante et cruelle,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ecartait vaste et froide toute âme importune.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Son insensible enclave d’un feu irradiant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;S’étendit jusqu’à perte de vue et de vie,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et d’une atroce absence le règne poignant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Jusqu’à tous horizons connus se répandit.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ce n’était d’aucun dieu ni d’aucune nature&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Le caprice douteux ni la loi surprenante.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Non plus d’une folie la fatale doublure. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il s’en vit peu à peu la preuve menaçante.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Lors que se dérobaient les voilages glacials&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Dont semblait être de nulle part aérien&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Née cette aire atrophiée de tout fluide vital,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;En son centre apparut comme un rocher crânien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Môle dodelinant aux faces décavées,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Vanité de couloirs et de chambres poreuses,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Monument rigolard au passé dépravé,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Statue contemplative d’une saison creuse.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Dans un parfum d’alcool dénué de tout fruit,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et l’éprouvante idée qu’il y eut du silence &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Avant toute légende et qu’il fut tout détruit,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Flotte la pauvre ruine d’une délivrance.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Indolente banquise qu’un film anthracite,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Peau  latente d’un corps qui n’a jamais été,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Couvre d’un vain témoin aux rumeurs d’aconit,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;D’un révélant exsangue d’allants avortés.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il se sent au-dedans, déchets de grondements,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;De ces remords qui vibrent d’un grade novice, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et de ces cauchemars aux chatoyants tourments&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Qu’un bâillon rouge empêche d’hurler leur supplice.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il se devine un peuple de gisants hagards&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Contraints au vœu barbare de murer leur cœur,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;De museler leurs pleurs et sous un traître fard&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;D’imiter la sagesse pour teindre la peur.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Dans ce berceau immense où l’être nu s’isole,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Exilé souverain aux parures de cendre,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Toujours l’os retentit d’une muette idole,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et sa paroi doit taire le sort de Cassandre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et dans son flux floral absurde épanoui,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Etalé brusquement au milieu fou des songes,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Une once insaisissable, vision inouïe, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;S’éteint comme un fossile perclus de mensonges.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tant l’éclair fut brutal ainsi que vit le vrai,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Sa fulgurante proie de même se dissipe,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Où va se fracasser sans bruit dans le secret&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Que la force mourante sans cesse anticipe.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Vas, dors puissance inerte aux arts irrésolus,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Dans ton autel rocheux aux veines pétrifiées.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tu n’es encore à nul jusqu’ici dévolue.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ta cruauté n’est rien qu’on ne peut mystifier.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ce jour-là dans le monde aux légendes dormantes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il se fera que l’un, pointé d’un lourd présage,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Parmi nous foudroyé d’une blancheur démente&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Alors succombera d’un merveilleux ravage.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-8657461776371232993?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/8657461776371232993/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=8657461776371232993' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8657461776371232993'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8657461776371232993'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2012/01/cassandre.html' title='Cassandre'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-2xeRaUDDe5Y/Twm-AyUhojI/AAAAAAAABQY/io9EOzQcw24/s72-c/flamme%2Bblanche.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-8899305353115006044</id><published>2011-11-02T11:05:00.000+01:00</published><updated>2011-11-02T11:05:33.201+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Courrier envoyé'/><title type='text'>Tout allant</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-dTjWfHQnE4A/TrEVyZF8csI/AAAAAAAABQM/xaZIXOM5zw0/s1600/fond-ecran-champ-de-bataille.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://4.bp.blogspot.com/-dTjWfHQnE4A/TrEVyZF8csI/AAAAAAAABQM/xaZIXOM5zw0/s320/fond-ecran-champ-de-bataille.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tout ouvert sur cet autre où rien ne luit ni brille,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Où vague se confond un éveil en plein rêve&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Qu’habite un enfant seul qui promène son trille&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Pour envoûter les chants qui rampent sur les grèves.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Où tout va l’abandon aux souvenirs punis,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Une ronde aussi ample que celle des astres&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Dont s’éloigne et se perd dans l’unique infini&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;La vaine possession d’un absurde cadastre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Où ici bousculée par un trouble sismique&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Semble geindre la pierre d’une armée honteuse,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Prostrée dans les rubans d’une histoire mythique&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et sèche d’un grain noir sous des capes houleuses.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Où tout va cette route inclinant son profil&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Vers la courbe plongée des bains crépusculaires,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Rite aux gloires penchées des marches nécrophiles,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Entre des talus pleins de remords ossuaires.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tout béant de cette antre où rien ne ploie ni pleure,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Où agençant d’un geste imprécis ses remparts&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’enfant désemparé joue à charmer des heures,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Traversées d’une guerre dont tout le sépare.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Où tout va sa cohorte de jeunesse en fuite&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Issue du fond des siècles d’une raison folle,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;De trophées dispersés sur des ruines sans suites&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;En poussière gazeuse enfumant les écoles.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Effleurent sur des sols au rougeoyant glacis,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et vont et viennent sur des paravents de verre,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et pleuvent de lumière les graves récits&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Qui enchantent la mort d’un sublime calvaire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Demeure obstinément, parmi ces pages rudes,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Etonné et distant d’une conscience blanche,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Le mutique héritier dans ses froides études,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;D’une épée chimérique pendant à sa hanche.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Or d’un œil tout là-bas, dans le terrible front&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;D’une épaisse ténèbre, une aiguille liquide,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Une goutte captive loin comme un micron&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Qu’une hésitante main cherche d’un doigt candide.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Guette le mince fil serré dans les déboires&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Portés par un chaos incessant de son drame.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Une pure seconde ôtée au réservoir&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Du flot jamais tari que verse un ciel sans âme.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;La fraction d’un battant dans le bris d’une ampoule&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;D’où la prémisse crue d’une tranchante faille&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Irait déchiquetant le tableau d’où s’écoulent&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Les pieux poisons dont l’œuvre encense les batailles.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Pourtant de cet accroc si loin, si minuscule,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Rien ne se tend assez pour toucher la présence,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et toujours sur un gouffre son voyant recule&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;D’un doute pris au piège des pâles patiences. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Les yeux restent ouverts tels des sondes chétives&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;A boire l’horizon comme une eau vierge et fade.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’insomnie s’y étiole d’une envie rétive&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Quand l’énigme du mal revoit le jour maussade.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-8899305353115006044?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/8899305353115006044/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=8899305353115006044' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8899305353115006044'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8899305353115006044'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/11/tout-allant.html' title='Tout allant'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-dTjWfHQnE4A/TrEVyZF8csI/AAAAAAAABQM/xaZIXOM5zw0/s72-c/fond-ecran-champ-de-bataille.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-3542026268670680269</id><published>2011-10-11T17:33:00.003+02:00</published><updated>2011-10-11T17:39:14.510+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>Indignation</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’indignation : effet de mode. Ensemble de démonstrations polymorphes, pour ne pas dire informes, informelles, sporadiques, sans idées, sans idéologie, sans lendemains, sans perspectives, individuels, individualistes même en groupe, même en masses, dynamique de ventres pleins, ou pas assez vides, expression de nostalgismes nationaux pétris de passéisme : que n’a-t-on pas entendu à ce sujet et de la part de combien de commentateurs autorisés, intellectuels profilés, experts agrémentés, et que n’entend-on pas encore, et quels formats de langages ne continue-t-on pas à travailler pour discréditer, minimiser, railler ou détourner cette forme de plus en plus répandue de manifestations chez des peuples manifestement, pour le moins, perplexes entre la dérive généralisée d’un modèle économique vendu par toutes les plus grandes bouches politiques depuis des dizaines d’années et l’immense difficulté de restaurer démocratiquement un projet alternatif à ce modèle qui a triché, volé et menti plus vastement qu’aucun autre, à ce jour, de toute notre Histoire ? Oui, plus vastement même que celui de l’ancienne URSS. Plus vastement et avec un aplomb, une arrogance, une sournoiserie, un cynisme, si déroutants que, c’est vrai, la réplique est bien compliquée à trouver et à affirmer, et a fortiori à traduire en acte dans un avenir proche, un avenir plein d’urgences.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;C’est que, il est vrai aussi, ces commentateurs, ces intellectuels, ces experts, sont depuis de nombreuses années rompus à l’exercice de la controverse, et que, pour les moins niais d’entre eux, ils n’hésitent malicieusement pas à aller chercher en face des arguments manipulables qu’ils puissent retourner à leur avantage avec s’il le faut la froideur compatissante, la douceur de ton, le velours de calme sagesse qui leur servait il y peu, et qui leur sert encore dans certains cas, à vendre l’évidence de l’économie libérale, l’existence sacrée du « Marché », le liberticide imperium de l’Etat, et autres outrances sorties de leur bible, judicieusement, parait-il, non écrite.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;A mots couverts, ou pas, par des propos assez savamment agencés, ces gens, ces élites car c’est bien de ce sérail là qu’ils aiment à être reconnus, pointent en définitive un seul vrai responsable, un responsable de fait multiple : les peuples. Dans les démocraties Etasuniennes et Européennes où est née la « doctrine », d’où elle s’est répandue progressivement sur le monde entier, notamment à partir des années cinquante, imposant son catéchisme, éduquant ses évangélistes, rééduquant presque tous les personnels politiques, promettant l’abondance, la richesse, la satisfaction des désirs et le bonheur des sociétés, elle est parvenue à éradiquer la plus importante partie de ses oppositions, reléguant au rang de débris de l’Histoire tout ce qui contredit encore son credo totemisé dans toutes les salles de marché. Et dans toutes ces démocraties comment a pu, de génération en génération, s’établir son règne si ce n’est parce les responsables politiques rendus de gré ou de force à son autorité, n’en ont pas moins été portés au pouvoir par le suffrage des peuples.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;« Indignés dites-vous ? Mais de quoi s’indignent-ils, s’interroge le moindre « alain minc » qui passe devant un micro ou devant une caméra ? Ils ont tout eu ! On leur en a proposé davantage, ils ont dit oui, ils l’ont eu aussi ! Ils en ont voulu encore plus ? On leur a servi ! La prospérité ils n’ont pas craché dessus ! On en a fait des consommateurs ! Génial non ? Et qu’est-ce qu’ils s’imaginaient ? Que les arbres montent au ciel ? (Excusez-moi, je sais pas pourquoi, cette expression me fait toujours rigoler…) Et maintenant ? Eh bien maintenant il va falloir commencer sérieusement à en rendre. A nous rendre. Parce c’est bien beau le progrès social qui est allé avec tout ça, (surtout parce qu’on a pas pu faire autrement, jusque là), mais nous, vous comprenez, ça nous coûte. Et ça nous coûte d’autant plus que grâce à la mondialisation, (quelle belle trouvaille ça aussi !), on a plus trop besoin de gens qui se comportent comme des nantis. (Des nantis capitalistes hi hi hi !!! Je blague !) Sans compter qu’avec ce joujou extra qu’on s’est fabriqué, la spéculation financière, on devrait pouvoir arriver à tenir les états en laisse pendant… pendant mille ans peut-être. (Non mille ans c’est un peu maladroit comme référence…) Disons… le temps de mettre une bonne fois pour toutes les économies de la planète à notre botte. D’ailleurs à propos de bottes ça me fait penser qu’il faut que j’investisse un peu dans le cirage. S’il s’avérait utile d’appuyer des partis néo-fasciste ou néo-nazis pour conserver un certain ordre social ça va sûrement faire monter les cours : c’est qu’il faut que ça brille dans ces cas-là ! Mais je bavarde, je bavarde, et je vais me mettre en retard pour ma conférence internationale sur la famine dans la Corne de l’Afrique.»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Indignés. Oui. Et si nombreux que nous le soyons, à nos places ou sur la place, quotidiennement époustouflés par les dernières informations qui nous parviennent en continu des cénacles politiques, des officines financières, des agences de boursicotage, des G8, des G20, des conseils d’administration des consortiums bancaires, nous ne nous départissons pas de ce détestable malaise où le chantage qui nous est fait et la connaissance que nous avons des moyens que nous avons démocratiquement donnés aux maîtres chanteurs, se confondent dans un mélange d’abattement et de colère. Alors le moindre « alain minc » qui passe peut se permettre de nous mordiller la conscience, de chacune et de chacun, de son vilain sourire matois.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;On pouvait entendre il y a peu – mais on en entend assez régulièrement – un de ces fameux intellectuels, sur des ondes radio qui ne sont pas, loin s’en faut, les pires auxquelles on puisse prêter attention, nous faire une leçon de morale. Plus exactement une leçon de modération de morale. Ce monsieur, qui fait profession de philosopher, expliquait méthodiquement comme il serait dangereux d’en appeler trop à un retour de la morale pour inspirer la gestion et la résolution des dossiers en cours, qu’ils soient ceux de la finance folle, de l’économie agonisante ou des affaires judiciaires concernant des responsables politiques de tous bords, et au plus haut niveau pour ce qui est d’un de ces bords. Il fallait entendre dans le discours de l’intervenant à quel point il serait redoutable que quelques instances politiques, sous prétexte de crise généralisée, soient prochainement dévolues, qui plus est par la voie démocratique, à de nouveaux Saint Just. Voire à de nouveaux Robespierre. Pour ce monsieur, dont on avait appris quelques temps plus tôt que selon lui le capitalisme n’avait pas a être moral, ce qui n’a le mérite que d’une cohérence bien douteuse, tout doit être fait pour préserver le « dogme » fondateur du libéralisme et rien ne doit entraver son règne total, sous prétexte de judiciarisme forcément excessif, et pourquoi pas même au nom d’une passion égalitaire forcément néfaste. Une des mentions préférées à laquelle ce type de propos s’attache comme à une vérité quasi céleste c’est que « le Marché » est la garantie de la démocratie. Et on a beau pointer alors la très peu démocratique Chine, la très peu démocratique Russie, et multiplier les exemples de pays où la démocratie régresse, en Europe, aux Etats-Unis, rien n’y fait. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Indignation : n. f. Sentiment de colère qui peut être mêlé de mépris qu'excite une injustice criante, une action mauvaise ou honteuse. (Dictionnaire de l’Académie)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Nous y sommes. Nous y sommes parce que quoiqu’on soit fondé à renvoyer les peuples à leurs bulletins de votes ces bulletins ne sont pas pour autant des blancs-seings. Et que, quelques soit le serrement des liens qui les tiennent ligotés à la « doctrine » et au « dogme », qu’il s’y soient rendus tout heureux d’en partager entre eux les fruits enflés de corruption ou qu’il s’y soient soumis, honteux et empruntés, les politiques, individus et leurs programmes, qui n’ont pas voulu ou pas su empêcher l’horreur économique qui se déploie actuellement, et qui était depuis si longtemps prévisible, sont les plus hauts responsables, les premiers, les plus fautifs, ceux qui doivent rendre des comptes. Et leurs aréopages d’experts, de commentateurs et d’intellectuels ont beau faire assauts de prudence et de modération, d’appels à on ne sait quel bon sens, tout en expliquant que tout ça est très compliqué et qu’il faut faire confiance à ceux qui savent et le prouveraient par le seul sabir abscons qu’il utilise pour multiplier de vaines explications, ça ne suffit plus. Et il y fort à parier que cela va, si on ose dire, suffire de moins en moins. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Parce que là où les intrigants de la crise actuelle se sont crus en devenir d’être les maîtres absolus, là où on s’est pris à rêver que les états ne demeureraient, à leur service, que des chefs de police ou des expéditeurs de justice, il est bien possible que les peuples, en nombres grandissants, nouvellement instruits, même si ce n’est que partiellement, du détail de la tromperie inédite qui les a menés là où ils en sont, se mettent en disposition de revendiquer réparation et bien plus encore, de l’injustice criante qui leur est faite.   &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Certes les experts, les intellectuels et les commentateurs, ainsi évidemment que leurs commanditaires, gardent pour quelques temps encore le recours d’agiter la menace démagogue, le danger populiste, pour tenter de freiner l’avance en politique des voix, taxées de trop de véhémence, accusées d’en appeler directement, trop directement, au corps électoral. Comme si ce corps n’était pas prioritairement le bien inaliénable de ceux qui ont fait de chaque électrice et de chaque électeur un agent de consommation uniquement dépendant de ses désirs de supermarché. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Mais là aussi, on aura beau faire, il est à craindre que l’astuce se soit effilochée. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;La sottise qui anime fréquemment cet aréopages est d’autant plus confondante que s’y découvre régulièrement leur méconnaissance de ce que pensent les gens. Et finalement de ce qu’ils sont. Les femmes et les hommes dans leur diversité et néanmoins cette indignation. Nul ne songe aujourd’hui à inscrire la pureté morale dans la constitution. Pas plus qu’à instaurer des tribunaux d’exception. Ni a demander des comptes privés pour avoir accès à une situation publique. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;En revanche, et c’est bien là un héritage mûri de la démocratie, quoique tout n’y soit pas forcément d’une honnêteté limpide, quoiqu’il faille parfois y négocier dans des conditions particulières, qu’un certain degré d’arrangement y soit nécessaire, indispensable, les institutions et ceux qui en ont la charge et l’usage doivent en observer les limites, et ne pas les franchir. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;C’est ce qu’on peut appeler un modus vivendi. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Les conditions de ce modus ayant été saccagées les citoyennes et les citoyens en demandent raison à ceux qui n’ont su ni le conserver ni le développer. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et au gré des terribles conséquences de ce manquement grave à la préservation des conditions dans lesquelles une société doit être garantie de pouvoir se maintenir et progresser, demander raison revient aujourd’hui à chercher les moyens d’exprimer la légitime colère qu’on ressent. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’indignation est en l’occurrence une forme pacifiquement, et même sagement exprimée de la colère.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;On peut sentir comme une insulte que d’aucuns en dévoient le contenu et en méprise la forme.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-3542026268670680269?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/3542026268670680269/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=3542026268670680269' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3542026268670680269'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3542026268670680269'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/10/indignation.html' title='Indignation'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-3686854420003556429</id><published>2011-10-07T12:31:00.004+02:00</published><updated>2011-10-07T12:37:04.772+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Courrier envoyé'/><title type='text'>La sente</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-5Fy4WJWHlgU/To7VO8PWi1I/AAAAAAAABQI/VCszxn3gcPw/s1600/1193840212_small.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-5Fy4WJWHlgU/To7VO8PWi1I/AAAAAAAABQI/VCszxn3gcPw/s1600/1193840212_small.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Adossé au manteau de l’intérieur lugubre,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ca hésite empêtré dans les mailles crochues&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;De la pensée et vide de grâces insues&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ca toise le néant d’un regard insalubre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Furent milliers de jours, seront milliers de nuits&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et une sente au flanc sur laquelle on ne penche&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Que lorsque pend du cou un trouble qui s’épanche,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Mais autrement qu’on fuit pire que tout l’ennui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Suivant le lent lacet si mince et sinueux,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tantôt battu d’embruns, tantôt brouillé de sable,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Silhouette tendue d’un trait impénétrable,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il marche déférent d’un pas respectueux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il dessèche et s’emplit impassible passeur,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Officiant dévoué d’un rivage sans carte,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tout au sévère emploi de guider qui s’écarte&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ou le laisser rejoindre les plaines sans heures.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Phare à l’œil inversé sur son œuvre latente,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Mu comme la vigie d’une lanterne enclose,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il transmet simplement, froide métamorphose,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’inerte reliquat d’une raison vacante.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;La ronde suturée de ce sentier étroit&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Où les eaux et les terres mornes se répondent&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;S’est couverte de tant de ces errantes ondes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et depuis tant que tous leurs infinis s’y noient.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Qu’être là dépendant de ce fil acrobate&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Hanté de trop de soi comme une perte humaine,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Que fossoie une jauge dont le sable draine&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’orgueilleuse mémoire aux rides scélérates.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Jolie maigre crevure aux vermineux attraits&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Qu’enfle un sang saturé des idoles ivrognes,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Où rient à pleins poumons des lois qui s’entrecognent,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Doigtées de géoties où feint l’autoportrait.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Dans l’innocente étoffe ourlée d’ombre soyeuse,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ultime habit tombant sous le poids qui s’attarde,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Se dénoue l’enveloppe et presque par mégarde&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Une vie s’évapore en archive rêveuse.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Lui se tient pas à pas, servant d’ordre mineur,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Une ligne de vie filant dans une paume,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Encodée au coin d’un absurde palindrome,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;A l’accomplissement menant le promeneur.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Sans espérer y craindre une vaine misère&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tout nulle part ici n’existe que pour un&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Qui sous un ciel sans foi visite son défunt&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Consolant l’océan et la terre, déserts.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Adossé au manteau de mon sombre intérieur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;J’hésitais empêtré dans les mailles défaites&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;De ma pensée et vide de grâces distraites&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Je sondais le néant d’un œil approbateur.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-3686854420003556429?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/3686854420003556429/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=3686854420003556429' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3686854420003556429'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3686854420003556429'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/10/la-sente_4062.html' title='La sente'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-5Fy4WJWHlgU/To7VO8PWi1I/AAAAAAAABQI/VCszxn3gcPw/s72-c/1193840212_small.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-1141434548684757872</id><published>2011-10-03T14:20:00.002+02:00</published><updated>2011-10-03T14:34:07.453+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ANIMALERIE'/><title type='text'>L'adolescent</title><content type='html'>&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent&amp;nbsp;: mammifère marin, aérien, et quelquefois terrien, de la famille des hominidés, sous-classe des épongidés, souvent mu par des drôles d’idées. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;La découverte de cette espèce animale est assez récente. Jusque là le sujet de cet article était considéré comme un simple objet d’éducation rigoureuse de nature à permettre à ses géniteurs et à leurs complices de se venger bassement des traitements subis durant leur propre passage de l’état d’enfant dérangeant à l’état d’adulte dérangé.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent est une créature mi-homme mi-bête, quand l’adolescente est, elle, une créature mi-femme mi-bête. Dans les deux cas on voit que la bête est omni-présente. Alors que le prédécesseur de l’adolescent, couramment nommé enfant, pose des tas de questions, l’adolescent pose des tas de réponses. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent a des tas d’occupations quant il souhaiterait en fait avoir un tas d’inoccupations. La principale occupation de l’adolescent est d’aller au collège, puis au lycée, puis, selon les cas, à l’université ou au chômage. Ou à l’université puis au chômage s’il n’a pas la chance de devenir stagiaire. Au collège et au lycée l’adolescent peut apprendre que la Cochinchine n’a jamais été la cousine du cochon d’Inde, que la guerre des Gaules ne fut ni une partie de pêche ni une partie de jambes en l’air, et que les racines carrées ça ne sert pas à faire des frites. En revanche il est vrai que l’enseignement reste plutôt aride en ce qui concerne la nouvelle version du jeu XXXWarTrashBeat, les résultats du championnat de baballe au pied, les réservations pour le prochain concert d’Enlaidie Gagadona ou l’avancement des états péniens ou clitoridiens de telle ou telle star-teup. C’est le conflit des générations.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Le régime alimentaire de l’adolescent est très particulier. Capable en théorie de se nourrir à peu près de tout, il peut tout aussi bien prétexter des états de famines locales ou mondiales pour justifier d’aller s’entasser dans des aquariums clinquants dans le seul but d’absorber des aliments issus de l’industrie de retraitement des excédents de chez Canigou et Ronron. Faut pas gâcher. Le grand M jaune qui sert d’enseigne à une de ses chaînes d’aquariums est même devenu le symbole de cette démarche ascétique paradoxale.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Notons ici encore une différence entre les sexes&amp;nbsp;: l’adolescente mange peu pour rester mince et devenir top-model. L’adolescent mange beaucoup parce qu’il a tout le temps faim. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent aime le bruit. Franchement si vous aimez le calme prenez plutôt un chat. Ou un poisson. Ou mieux encore un poisson-chat.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il arrive que&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;l’adolescent se sente pénétré quelque soit son sexe d’une certaine dimension intérieure. On a alors coutume de lui attribuer des caractères romantiques, poétiques, romanesques, et même dans certains cas une intelligence sensible qui n’est pas sans évoquer une ombre d’humanité. Ce sont des situations où pour se rendre les choses supportables l’adolescent peut être enclin à fumer des pétards, à lancer des pétards, voire à se mettre en pétards. La mèche, plus ou moins habilement mêlée à un monde de tifs dans un ordonnancement approximatif, étant un signe distinctif qui ne trompe pas. Il fut un temps où on pouvait encore convaincre l’adolescent de se coiffer. Aujourd’hui il faut se satisfaire qu’il mette un soin particulier, voire méticuleux, à se décoiffer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent s’éveille à la sexualité. A deux mains, à deux pieds, la tête en bas, roulé en boule, dans sa chambre, dans les toilettes, dans la chambre d’une copine, d’un copain, ou des deux, ou seul, tout seul, toujours tout seul car personne ne l’aime. Dans certains cas cet éveil s’accompagne d’une fièvre créatrice&amp;nbsp;: l’adolescent écrit alors des poèmes&amp;nbsp;: comme il a les deux mains occupées il écrit avec les pieds. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent s’éveille tellement à la sexualité que ça frise l’insomnie. D’où sa propension à rester au lit très tard le matin jusqu’à en oublier d’aller au lycée, à la fac, à son cours de guitare&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;électrique, à l’attaque de la société bourgeoise, à son rendez-vous avec Pénélope, à la répétition du groupe de rock prometteur qu’il à constitué avec deux ou trois potes qui sont encore au lit aussi, alors à quoi bon.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent à la capacité d’être sympathique avec l’adulte&amp;nbsp;: les cas d’argent de poche, de permissions de sortir, et de projets de vacances entre congénères lors d’un voyage initiatique dans des contrées faméliques heureusement épargnées par les affres du consumérisme mais où il y ait quand même du réseau pour les sms et les mms, ne sont pas toujours les seuls motifs de cette sympathie.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent veut refaire le monde. A défaut de remettre de l’ordre dans sa chambre. La chambre de l’adolescent c’est la planète. Certains prendront le temps de s’apercevoir qu’ils vont y laisser leur jeunesse et d’autres se rendront vite compte que le cac 40 n’a pas que des défauts.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent est sale. Davantage dans sa version mâle que dans sa version femelle, quoique&amp;nbsp;: l’égalité des sexes aidant, si on peut dire, on rencontre de plus en plus d’adolescentes chez qui l’usage du savon passe après celui du verni à ongle. &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’adolescent est libre. Il manifeste notamment sa liberté en s’habillant comme il veut. C’est à dire de la même manière qu’une multitude de ses semblables, défendant ainsi, sûrement à son insu, la singularité collective&amp;nbsp;: façon de ménager de la sorte une vague nostalgie des options communautaires sorties par l’issue de secours d’un lointain joli moi de mais, (où et donc or ni car de CRS), ménageant aussi par là même les chiffres d’affaires des fabricants de logogos pour jeunes à cartes bancaires. Pour d’autres la contrefaçon peut faire illusion. Pour d’autres encore ce sera la contrefashion. Mais l’objectif est le même. L’important c’est d’être d’une tribu ou d’une autre. Car l’adolescent qui n’est pas à une contre-addiction près est tributaire en toute liberté.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;En dépit des apparences qui sont contre lui, d’ailleurs tout est contre lui, l’adolescent est une source de revenus. Les «&amp;nbsp;labels&amp;nbsp;», dénomination consacrée, (en deux mots donc), pour parler des marques de fabrications de décibels, (d’où la rime riche label/décibel, profitez-en y’en a pas d’autres), les «&amp;nbsp;labels&amp;nbsp;» l’ont bien compris, car il n’y a pas que les chiffonniers et les concepteurs de joy-stick qui ont l’intelligence de la bourse, «&amp;nbsp;labels&amp;nbsp;» dont l’industrieuse léthargie créatrice occasionne à longueur de temps la répansion planétaire d’une soupe informe et surtout conforme dont les ingrédients sont calibrés plus sûrement encore qu’une banane peut-être cambrée par une directive européenne. C’est peu dire. Pour paraître moins malhonnête il s’est inventé pour soutenir cette homogénéisation sonore un concept comme seuls les plats esprits qui sont les leurs savent en pondre&amp;nbsp;: la world music. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Heureusement ou pas l’adolescent est rebelle, et désormais plus doué de ses doigts sur un clavier d’ordinateur que pour tourner les pages d’un livre, ce qui pourrait passer pour un progrès de l’évolution digitale, il lui est donc venu de jouer les pirates. L’adolescent vole donc électroniquement des kilomètres de son, et aussi d’images, sans les payer à des personnes qui en fabriquent des containers dans le but de se faire des couilles en or en produisant à 95,23% de la merde. Il en est ressorti qu’une bande de politiciens partis en guéguerre contre ce vol traitent aujourd’hui ces pirates d’ado-pie. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Tout libre est rebelle qu’il est l’adolescent est dépendant. On ne le voit pratiquement plus circuler dans le monde de tout le monde sans qu’il transporte son son avec lui au moyen d’un appareillage dont les appellations varient mais dont le nom générique est prothèse musicale&amp;nbsp;: pour en vérifier la pertinence amusez-vous une fois à tirer subrepticement les écouteurs de l’appareil des oreilles d’un ou d’une de ces individus&amp;nbsp;; dans le métro par exemple&amp;nbsp;: vous verrez alors le sujet chanceler, pâlir, verdir, et les jambes soudain toutes molles menacer de se liquéfier à vos pieds. Ne prolonger par trop avant l’expérience et replacez prestement les écouteurs dans ses orifices auditifs, (tant qu’ils le sont encore)&amp;nbsp;; ce n’est pas la peine de risquer un procès pour non assistance à personne en danger.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;En marge de ces stéréotypes dont toutes les géométries se croisent presque qu’exhaustivement dans ce qui précède, (évidemment avec une phrase pareille ça pas être simple de trouver un lectorat parmi les 15/20ans&amp;nbsp;!), il y a des individus qui passent de l’état d’enfant à l’état d’adulte sans répondre pour autant au descriptif que je viens de faire. J’en ai même connu un qui a l’époque, (lointaine), où les filles de la classe s’arrachaient les dernières nouvelles de la vie à paillettes d’un chanteur tellement survolté qu’il finit brièvement sa carrière en phare d’Alexandrie en se branchant directement sur le secteur, et où les garçons retenaient leurs érections devant les exploits d’un footeux devenu depuis chef mafieux à la tête d’une officine de gestion de ballons, un qui à cette époque donc en était à ignorer presque tout sur Monsieur Jagger, (Mick de son prénom), sauterelle rockeuse qui poussa l’anticonformisme jusqu’à s’aller faire décorer le plastron par Madame de Windsor, (Elisabeth II de son nom de scène), et à ne suivre aucune des rencontres de ballots-pieds cette célèbre année où dans un grand élan humanitaire la coupe du monde se déroula dans des stades opportunément débarrassés de tous opposants à la junte militaire au pouvoir dans l’Argentine dont il s’agissait alors et bien qu’on ne sut jamais ce qu’il advint des dits opposants. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Enfin, car il faut bien en finir, nous observons que l’adolescent fait tant recette qu’on en prolonge depuis quelques temps la survivance aussi tardivement que possible grâce à l’une des dernières trouvailles des ceusses qui accouchèrent également des «&amp;nbsp;séniors&amp;nbsp;» et des «&amp;nbsp;bobos&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: l’ «&amp;nbsp;adulescent&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: mélange d’adulte lassé et d’adolescent adulé. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Intéressé que je suis parfois à me faire un peu de thune, et soucieux de contribuer au développement de la langagerie, qui plus que linguistique rime aisément avec ménagerie, je m’apprête à promouvoir un nouvelle fusion lexicale&amp;nbsp;: le «&amp;nbsp;bobulescent&amp;nbsp;». En poussant un peu on devrait pouvoir intégrer un peu de vieux là dedans et parvenir à une nouvelle cible&amp;nbsp;: le «&amp;nbsp;bobulescenior&amp;nbsp;». &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Mais bon, en attendant je vais aller ranger ma chambre.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-1141434548684757872?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/1141434548684757872/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=1141434548684757872' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1141434548684757872'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1141434548684757872'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/10/ladolescent.html' title='L&apos;adolescent'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-921732275615869946</id><published>2011-09-11T00:14:00.000+02:00</published><updated>2011-09-11T00:14:46.908+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>11 septembre</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;span style="font-size: large;"&gt;Je ne sais quelle fièvre commémorative tout à coup m’étreint à grande vitesse, mais il m’a semblé en tout cas utile d’en partager les émois d’une part parce que j’aime partager et d’autre part puisque il s’agit de moi. Je n’ai bien sûr &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;pas l’intention de me commémorer, quoiqu’il y aurait matière, mais bien plutôt de rappeler à nos mémoires engourdies quelques célèbres évènements de notre histoire qui ont à travers les siècles marqué la date du 11 septembre. Pourquoi cette date là me dires-vous&amp;nbsp;? Et plein de ce sens de la répartie et pas seulement carrée que vous me connaissez je vous répondrai&amp;nbsp;: et pourquoi pas&amp;nbsp;? Voilà qui clos le débat.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;On le sait peu, voire on ne le sait pas du tout, et il a d’ailleurs fallu de très nombreuses recherches pour parvenir à exhumer du fond des millénaires ce fait désormais avéré, c’est un 11 septembre de l’an 13989 avant J.C. qu’eut lieu un évènement planétaire. Ce jour là, et pour la première fois depuis que nos lointains ancêtres avaient opté pour la station verticale afin de pouvoir lire le journal tout en se promenant dans Central Park, Monsieur Grr Bronk, tout émoustillé par l’air tiède et diaphane dont s’ornementait le calme matin de son week end bien mérité, honorait Madame Fll Bronk dans la position du missionnaire. Les professeurs, (en deux mots donc), Sucçor Vitenlbranks, éminent éthno-vaginologue de mensurations Finlandaise et sa camarade de jeu Félicia Ouadanlgaga, incontestable neuro-zobologiste de consistance Sénégalaise, sont formels&amp;nbsp;: la fesse du monde en fut changé.&amp;nbsp;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et pas que. Si j’ose ajouter.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Certes la levrette, à peine connue en ces temps reculés comme étant madame lévrier, mais qui nous est parvenue aussi comme étant la position primitive de relation, et pas que sexuelle, entre les êtres humains, allait durant quelques siècles tomber en désuétude, mais ce n’était que partie remise…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Aussi ébouriffant que cela puisse paraître c’est également un 11 septembre, de l’année 11523 ou 11528, les avis divergent, en tout cas c’est toujours avant J.C., que la prise par derrière revient en force. Et dans des circonstances on ne peut plus surprenantes. Ce jour-là, dans sa hutte en peau de bête, Madame Vilkxk s’ennuie à périr. Monsieur Vilkxk est allé chasser avec toute la tribu et elle ne trouve à s’occuper qu’en chassant, elle aussi, les indésirables bestioles qui prennent sa foufoune pour une aire de jeu. Ce que faisant Madame Vilkxk se sens toute chose de tant de stimuli accompagnant ses gratouillages et bientôt ses gémissements incontrôlés attirent l’attention du jeune Gvaadr, retenu au village pour des raisons demeurées obscures, et c’est pas plus mal. Intrigué le jeune homme toque à la porte de Madame Vilkxk, et comme évidemment toquer à une porte en peau de bête n’est pas très aisé pour se signaler, il demande, dans sa rugueuse et chaude langue si émoustillante&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ca va Madame Vilkxk&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» (J’ai préféré vous présenter directement la traduction, tout le monde ne parle pas forcément la langue rugueuse.) Madame Vilkxk, reconnaissant la voix du fils du cousin d’un de ses amants, et se disant en elle-même que si toute la famille était montée de la même façon il ne fallait pas rater l’occasion lâcha un long et langoureux&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ooooooooooooooooooooooooooooooh Gvaaaaaaaaaaadr&amp;nbsp;!!!&amp;nbsp;» Si long et si langoureux que le jeune gars, doué d’un solide esprit d’entreprise, était déjà sur la dame lorsque celle-ci ajouta&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Oh oui&amp;nbsp;! Gvaadr&amp;nbsp;! Prends-moi toute&amp;nbsp;!»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Las, en ces temps reculés, moins reculés que les précédents bien sûr mais quand même, la chasse était pleine d’aléas et il n’était pas rare que les vaillants chasseurs revinssent au village à une heure pas du tout prévue. D’autant moins prévue que les pendules qui n’existaient pas n’étaient jamais à l’heure. Voila-t-il donc pas que Monsieur Vilkxk rentre à la maison. Et qu’au moment de soulever la porte, (une porte en peau de bête ça se soulève ça ne se pousse pas), il entend distinctement que Madame n’est point seule. Et qu’à l’audition du vocabulaire qu’emploie Madame pour s’entretenir avec l’autre personne, en outre apparemment pas du tout du même sexe qu’elle, ces deux-là ne sont pas en train de papoter des derniers potins. Soulevant délicatement la porte Monsieur Vilkxk découvrit donc le jeune Gvaadr prestement occupé à faire grimper Madame Vilkxk à grands coups de reins. Or telle que la situation se présentait, et refrénant un prime accès d’agacement, Monsieur Vilkxk considéra la croupe légèrement duveteuse, blonde et musclée que le jeune Gvaadr lui présentait à son corps défendant certes et peut-être même à son cul défendu. Devinant une tierce présence dans la hutte le jeune Gvaadr se retourna et n’eut que le temps d’entendre Monsieur Vilkxk lui murmurer de sa rugueuse et chaude voix si émoustillante&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Bouge pas de là mon gars&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» qu’il se sentit concomitamment pénétré d’une dimension intérieure jusque là insoupçonnée. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;La levrette était de retour.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Madame Vilkxk, revenue un bref moment de son plafond pour envisager ce qui se passait, vite rassurée sur la bonne entente finalement conclue entre son époux et son nouvel amant, regagna ces cimes non sans regretter de n’avoir pas de téléphone mobile grâce à quoi elle eut pu demander au père et au cousin du jeune Gvaadr de les rejoindre avec leur épouse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Mais ce n’était que partie remise…&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Très remise même car il faut savoir que le tout dernier bout de téton de Madame Vilkxk avait depuis longtemps dû être tortoré par les asticots de l’époque lorsque la première partouze officielle eut lieu. Et tenez-vous bien&amp;nbsp;! Oui, ce fut un 11 septembre également&amp;nbsp;! Quelle coïncidence n’est ce pas&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ce matin là la plaine fume d’une écume de brume que la nuit a laissé traîner ça et là, d’une part en devenant le jour et d’autre part comme d’habitude quand c’est la saison. La tribu des Umbhécylles fait face à la tribu des Oth’khons. Car cette fois-ci ça suffit, faut que ça cesse, la coupe est pleine, ce qui selon les travaux du célèbre linguiste Grec Papillos Titillobavos se traduit par&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Zheug èm’iz oh vérhe&amp;nbsp;» bien que le dit Papillos n’en dise pas plus sur la langue en question. Mais bon, précisons que nous ne sommes encore qu’en l’an 5069 avant J.C. et les enregistrements audio en ces temps quand même encore pas mal reculés n’étaient que rarement de très bonne qualité.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Bref, car il faut parfois savoir faire court, ce matin là donc, deux armées de fiers guerriers aux regards ombrageux&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;et aux libidos ombragées sont sur le point se foutre, certes, mais plutôt copieusement sur la gueule que de toute autre manière, afin de laver leur honneur. Il y avait déjà fort longtemps d’ailleurs, et cette tradition perdure, que les parties mâles des sociétés mettaient plus de cœur à se laver l’honneur qu’à se laver le cul. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’instant est crucial. Les vautours prennent l’apéritif. Les devins ont fini de lire les entrailles de la presse du jour. Le chef des Umbhécylles lève un bras souverain armé d’un gros dard en forme d’épée et s’apprête à pousser son fameux cri de ralliement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Grrraaaaazooooaaaaaarrrrrr&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» tandis que le roi des Oth’khons lève un bras armée d’une grosse paire de masses d’arme et harangue une dernière fois ses troupes en lançant son fameux cri de ralliement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Grrrooooozaaaaooooorrrrrr&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Or voilà-t-il pas que vers le milieu de la plaine qui a cessé de fumer, sortant en ribambelles joyeuses des caches où elles s’étaient fourrées, (à moins que ce ne soit le contraire), toutes plus nues qu’un vers qui se croyant solitaire aurait oublié de mettre un slip avant d’aller faire ses courses, les femmes des deux tribus déboulent avec à leur tête Germaine, l’épouse du chef des Umbhécylles, et Ginette l’épouse du roi des Oth’kons. (N.b. La transcription des prénoms d’origine laisse un peu à désirer mais ne négligeons pas l’option qu’en toute hypothèse il soit opportun de n’en avoir rien à battre.) &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Stupeur et consternation chez les meutes testostéronées et leur meneur abasourdi. D’autant que ces dames, non contentes de débarquer ainsi à l’improviste et de s’égayer comme des petites folles dans l’herbe verte et souhaitant qu’elle le reste, entreprennent illico d’étendre de grandes nappes à carreaux, pourtant fort peu usitées à l’époque, et de déballer les paniers pique-nique dont chacune porte un exemplaire. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Retentit alors la voix courroucées du chef des Umbhécylles dont le bras levé commence à lui occasionner une crampe carabinée&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;«&amp;nbsp;Germaine&amp;nbsp;! Qu’est-ce que tu fous là&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Voix aussitôt couverte par celle du roi des Oth’khons&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;«&amp;nbsp;Ginette&amp;nbsp;! Qu’est-ce tu branles ici&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et les deux ensembles d’ajouter&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;«&amp;nbsp;Qu’est-ce que c’est qu’ce bordel&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;(N.b. La transcription des dialogues laisse un peu à désirer mais ne négligeons pas l’option qu’en toute hypothèse il soit opportun de n’en avoir rien à battre.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Prenant son mari au mot Germaine lui répond&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;«&amp;nbsp;Ta gueule connard&amp;nbsp;! Ramène tes fesses&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Alors qu’au même moment Ginette crie au sien&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;«&amp;nbsp; Ta gueule connard&amp;nbsp;! Ramène ton cul&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ce qui revient à peu près au même.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Las, le mâle guerrier, quand bien même aurait-il le regard ombrageux et la libido&amp;nbsp;ombragée résiste peu au rire que lui inspire ce type d’échange entre Madame et son chef de mari, surtout lorsque celui-ci est sur le point d’inaugurer une nouvelle boucherie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Toujours est-il que la bataille n’eut pas lieu et qu’à sa place se déroula la première partouze officielle, partouze dont hélas Messieurs Lagarde et Michard, ainsi que pratiquement tous leurs collègues, ont négligé, et continue à négliger de rapporter les détails dans leurs manuels.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;C’est ce genre de négligence qui fait que le 11 septembre est si peu fêté.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Car depuis force est de reconnaître, et plus précisément dans les années postérieures, si j’ose dire, à J.C., que ce jour-là on célèbre peu. On pourra toujours commémorer le sacre de l’Empereur Louis le Pieux, en 813, dont la charge érotique n’est pas avérée. La Naissance de Monsieur Pierre de Ronsard, en 1524, poète socialiste qui aurait proposé jadis à une certaine mignonne d’aller voir si la rose, etc, etc, sans dévoiler le prénom de la demoiselle, Martine ou Ségolène. La découverte en 1609 de l’île de Manhattan, bout de terrain en friche et qui faillit le rester. Et puis au hasard le début, en 1941, de la construction du Pentagone, inépuisable lupanar des Q.I. militaro-industrieux régulièrement reconvertis en contrats pour des fabricants d’armements.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Dernière précision, la plaine qui fumait la toute à l’heure existe toujours. Après avoir été très longtemps consacrée à des orgies rituelles destinée à conjurer les démons estripailleurs elle a servi à stocker du bois. Son nom nous est parvenu&amp;nbsp;: dans l’idiome local on la nomme Woodstock. Toute une histoire encore à vous narrer&amp;nbsp;: mais ce sera pour plus tard. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Ce n’est que partie remise…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Bon je vous laisse, j’ai une furieuse envie de me revoir le Seigneur des Anneaux&amp;nbsp;: surtout le deuxième épisode&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Les Deux Tours&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-921732275615869946?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/921732275615869946/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=921732275615869946' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/921732275615869946'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/921732275615869946'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/09/11-septembre.html' title='11 septembre'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-1457017958608108029</id><published>2011-08-30T22:16:00.006+02:00</published><updated>2011-09-05T01:18:29.761+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Fragment d'enquête</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;Une large douche blanche tombe du plafond. Dans l’aquarium vert pâle rien ne bouge. Ni mille mains ni deux n’ont trouvé. N’auraient pu y parvenir. Ce n’était pas seulement quelques grammes de métal de la taille d’un obus minuscule, dont la résistance d’un os avait écrasé le museau térébrant. Tout juste le pire degré dans l’accident humain. Ce à quoi tout espoir, fétiche hasardé à des rambardes aux lointains inaudibles, tend irrémédiablement un miroir à deux faces. Qu’on n’en finisse pas. Et puis qu’on en finisse.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;La guerre finie. Celle-là. Sans hésitation. Une de plus.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;La dépouille blême bleutée, devenue objet, plus stupide qu’un vin sans alcool. Le silence recousu en cicatrices grossières. Quelques odeurs chimiques déjà chassées par le délabrement déjà commencé. Le masque lisse de la souveraine indifférence enfin justifiée. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Le dossier passé en d’autres mains. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Celles-là croisées sur les pans avachis d’un imperméable passe muraille.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Puis au dehors des halots falots de topazes embruinées qui grésillent dans la gigantesque montagne de la nuit où creuse le pas inégal d’un mineur en habit d’inspection parmi les galeries où il ne croise que d’informes éponges qui frottent les murs de leur pelage ammoniaqué. Ce sont des chiens mouillés d’acide. Encore eux. Déjà entendu parlé. Des chiens qui n’aboient que s’ils sont sûrs de souffrir et de ne pas en crever. Sinon ils laissent dans leur sillage de rampants quadrupèdes des relents de plaintes qui ressemblent aux sons d’outres vides dont on voudrait tirer une ultime goutte, presque enfin un aveu, et qu’on tord, et qu’on presse, et qui finissent par lâcher un grotesque bruit d’air coincé dans des entrailles amollies. Des chiens qui vont, obsèques à rebours, irrésolus comme des tristesses de gosses sans histoire et sans hargne, allant et ramassant, absorbant, au gré de leurs divagations sans âmes, les pelures miteuses des assassins assassinés qui, sur leur passage, se décollent, cibles silhouettes, des porches où s’éteint, rouge loupiotte, témoin consommé, leur crime obligatoire.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il suffit de rien, tout le récit est là. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’enquêteur se faufile d’un clebs à un&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;autre en goûtant sur sa langue les mots d’un suspect aux poches retournées&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous n’avions pas fini de voler dans les airs des visions d’anges débarrassés.&amp;nbsp;» &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;De même il se faufile d’un murmure à un autre. Des signaux qui chuintent et parfois font dresser une oreille inquiète sur la tête pendante d’un ramasseur de désarmés. Et il cherche, avec cet horizon sous égout que lui laisse le ciel de roche où l’écho de son pas s’abuse d’un moindre passage, tout ce qu’il peut entre la fiche d’autopsie aux données sériées et l’éventualité d’un jugement aux conclusions ballantes. &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;D’un murmure à un autre il questionne entre deux morts. Il tend au vent, aux coulées de vents qui se meuvent en serpents minces et suaves, veules et corrompus, une écoute de scribe aux transmissions incodifiables. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il a noté sur un carnet les mots d’un mourant déjà de quelques dix ou douze meurtres. On ne sait pas. On n’a pas encore retrouvé tous ses dires. Il s’en cache sûrement d’autres. Au fond d’un puisard planqué dans une friche industrielle. Un de ces mausolées piaillant de tous ses vieux fers disjoints. Dans des caves à rats leur grignotant leur reliure et tapissant les trous où ils se reposent avec les pages désordonnées. Des mots à prières adressées dans le plus absolu déni de toute présence qui voudrait prétendre être plus fatale que l’horizon sans vie de toute chose. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;«&amp;nbsp;Te voilà donc, oh te voilà&amp;nbsp;! Mon froid, mon cher froid. Mon cher froid qui va couvrir les corps obscènisés. Le corps obscènisé. Le corps obscénisé, mille, et tant encore, et tant, élimes de langes choyant parterre en bris desséchés comme des visions érodées par les courants évidents des mystères essorés. Ô mon cher froid d’une question sur toutes les affiches, toutes les images mouvantes ou figées, et leurs autels aux piétés venteuses, aux rituels filtrés de machines méduses&amp;nbsp;: des sous-sols rehaussés de tuteurs fondements, la pointe sous le crâne embrochant les esprits, pour que tiennent, un décor, des mimes clonés aux joies automatiques, aux émois calibrés. Que tous sont donc encore tellement morts&amp;nbsp;! Où tellement saignants leur cuir tout raboté sous les veines qu’ils doivent parcourir en courbant leur nuque à l’angle bas.&amp;nbsp;»&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il a noté ça sur ce carnet. Et puis tant d’autres aveux qui n’en sont plus. N’ont pas pu en être, tant le bras pour sa force pourrissait dés le départ. Et la bouche fumait de paroles désossées. Et l’œil d’une dent de verre balafrait toute adversité. Et tant rien n’avait fuit entre les fluides mécaniques pour signifier fut-ce un écart de conduite à épancher. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il n’y avait plus qu’à punir.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Engoncé dans sa pluvieuse sans pluie l’enquêteur évite les guets de pierres aux châsses entrebâillées. Il devine depuis longtemps les frétillances qui s’y agglutinent. Langues oriflammes aux contes bossus, dardant leurs assurances prothèses pour sucer un peu d’horreur à même le pavé. Gueusailles sans naissances épouvantées d’un sort dont elles ne connaîtront que la main qui froisse une motte de terre. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;De même évite quelques prêtresses aux robes de corbeau qui savent toutes quelque chose de trop tard, de trop noir, qui se taisent dans des impasses où elle font mine d’attendre, une entrave oracléenne à la cheville. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et quelques pêcheurs séchant à la rampe d’estaminets obscurément ralentis dans des pénombres jaunâtres où les doubles sans visages s’effacent dans un vin rugueux. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Et puis, plus rarement, évite un jeune couple d’amants voletant prestement dans les rues, follet brièvement luisant comme une lampe de mercure aux argents invincibles.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Dans son sale sac à bruine il recompte les arpents de la ville. Il cherche des indices en traversant les intérieurs prisonniers. Les intérieurs honteux. Les intérieurs complices. Intérieurs pleins, débordants, suintants, mais aux viscères scellés comme des panses embaumées. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Un jour ou l’autre il trouve des clés. Et la porte a déjà changé de chambre. Et dans les entrepôts où on range les anciens évadés, ou quelquefois les futurs fuyards, on ricane dans des rêves juste un peu plus cruels que la vengeance du monde sur ses parias indexés.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Lorsqu’il arrive parfois au bout d’une assez longue rue il s’arrête de longs moments à la sortie de la caverne. Si loin qu’il sait ne jamais pouvoir y atteindre un immense feston coloré semble séparer le ciel et la terre. Comme un énorme, un gigantesque réceptacle s’entrouvrirait et il s’interroge sur les forces qui feraient entrer toutes lumières jusque dans les endroits les plus sombres de la cité, ou qui feraient s’écouler toute les ombres de la ville dans l’océan d’un dernier jour, dans une éternité à jamais empoisonnée.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Mais ce n’est qu’un éther huileux de la fatigue. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Il n’y a que nuit et jour. Et jour et nuit. Et les halls de quelques palais fastueux pour se recouronner de temps à autre d’être un peu humain encore si c’est possible. Laisser choir sur le sol la pelisse crasseuse. Et fondre lâchement comme d’un très vieil, d’un très antique éblouissement, comme d’une pincée de notes gracieuses effeuillées entre d’agiles doigts plumeux, dans le laps éphémère de ces solitudes entendues, multiples, ordonnées par les noblesses dénuées des sas crépusculaires. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’imper tâché d’acide qu’il traînera derrière lui en rentrant lui regrimpera sur les épaules sans presque qu’il s’en aperçoive. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-size: 11.0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;L’institut médico-légal a déjà dû rappeler et laisser un message. &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-1457017958608108029?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/1457017958608108029/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=1457017958608108029' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1457017958608108029'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1457017958608108029'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/08/fragment-denquete.html' title='Fragment d&apos;enquête'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-3554579389871355580</id><published>2011-07-20T16:37:00.004+02:00</published><updated>2011-08-01T00:33:53.467+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Opéra tousse</title><content type='html'>&lt;iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/DXESDVwF4-w" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;J'y peux rien ça m'énerve ! Quoi !?! vous exclamez-vous tout de go between une tranche de cake et une tasse de thé ou entre une louche de caviar et un bidon de whisky selon le fuseau horaire que vous avez enfilé aujourd'hui – et quand je dis enfilé ne voyez pas le mâle partout non plus . Et derechef de vous inquiéter : « Qu'est-ce qui t'énerve mon canard, mon loulou, mon caillou, mon chou, grand con, ma biche, mon poulet, vieil ahuri ? » lancez-vous au gré des sentiments bien légitimes que vous inspire ma considérable et modeste personne.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;A vrai dire un innombrable nombre de choses m'énerve.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;J'ai seulement décidé aujourd'hui de m'en prendre à une sorte de genre d'espèce de type d'individus : les gens qui toussent à l'opéra.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Vous aussi, j'en suis sûr, pour peu que le destin vous ait fort heureusement porté à préférer les chefs d'oeuvres de Wagner et de Mozart aux platitudes comédialo-franco-musiqueuses de chez Chouraqui Obispo and Co, vous supportez mal. Oui, nous supportons mal, je supporte mal, qu'au moment où Pamina tremble pour Tamino, qu'au moment où Isolde meurt et va rejoindre Tristan, qu'au moment où Marguerite consume ses beaux jours d'une ardente flamme pour M’sieur Faust, il se trouve toujours, lors que toute beauté suspend ses grâces au dessus, autour et parfois jusque dans nos âmes hébétées, il se trouve toujours, donc, une poignée d'encrassés pulmonaires pour crotter dans ces instants suprêmes les bruits goitreux que suscitent leurs efforts compulsifs à faire savoir qu'ils ont enfin réussi à remonter du graillon du fond de leurs bronches glaiseuses.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Celles et ceux qui me connaissent le savent : je suis la tolérance faite homme. Ou femme, peu importe, à quelques centimètres près on va pas se chamailler.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Seulement voilà : de même qu'il devrait y avoir des limites à la bêtise, ce qui certes compromettrait des cohortes de carrières notamment médiatiques, il devrait y avoir des limites à la toux. Que cette manie soit d'origine névrotique ou autre, il s'impose de réglementer les cathareux.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Afin d'éviter d'éventuelles confusions, précisons tout de go between un croissant à la banane et un bol de chocolat ou entre une choucroute au saké et une bière au pissenlit selon le fuseau horaire qui vous aiguillonne, précisons que les cathareux ne sont pas, en tout cas pas forcément – les plus récentes fouilles achéobronchiques sont formelles - des descendants des Cathares. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;En effet les Cathares furent, au XIIme siècle et au début du XIIIme, un ensemble de groupes d’adeptes principalement connu pour avoir cultivé une interprétation des évangiles – sorte d’autobiographies de Jésus Christ écrites par ses potes pour cause d’empêchement suite à une bête cruci-fiction – interprétation qui à l’époque faisait chier le saint siège, si l’on ose dire…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Disons qu’entre autre chose certaines projections eschatologiques provoquaient de sérieuses quintes de toux à Rome-Vatican et dans ses succursales. Bref, car je ne voudrais non plus m’égarer dans des papotis sans fin sur le sexe des anges ni sans sexe sur la fin des anges, bien mal en pris à ces braves gens de faire les malins car ils finirent tous découpés en rondelles, massacrés de diverses façons, et grillés sans fines herbes au pieds du château de Montségur. On a même ouï parler d’un de leurs persécuteurs notoires qui, lors qu’il opéra, lyrique, une de ces expéditions bouchères, et ennuyé de ne pas bien savoir à quoi on reconnaissait un Cathare d’un bon gros toutou se serait exclamé : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les chiens ! » Propos un peu absurde puisque sans avoir besoin d’éparpiller les morceaux on voyait bien à l’œil nu quand un chien remuait la queue alors qu’un Cathare, beaucoup moins.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Contrairement à certaines assertions d’historiens trempés dans du vieux marc il n’existe aucune trace d’un manifeste fondant les principes de cette communauté : un genre de Cathare Acte qui aurait précipité leur chute.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pour l’anecdote le Pape du moment, très en courroux et très peu en coucou contre les Cathares s’appelait Innocent III. On nous dit qu’il fut un pape éclairé, et l’un des plus grand du moyen âge : sans doute,… sans doute,… puisqu’il imposa aux juifs le port de la rouelle afin qu’on ne les prenne plus pour des dromadaires …&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pour revenir au sujet qui m’occupe, si je ne digresse pas, remarquons surtout que les Cathares allaient fort peu à l’opéra.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Nous en étions donc aux poitrinaires qui ponctuent les plus belles pages pour ne pas dire les plus belles plages lyriques du son importun de leurs crachats intérieur. Enfin quand je dis intérieur, j’espère ! Comment savoir dans le noir !? Manquerait plus qu’ils bavent sur les moquettes en plus !!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;En ces temps troublés où la lutte sociale et politique met en confrontation le care et l’anti-care, pour ne pas dire la trousse de secours et le clystère Napoléon III, je milite officiellement pour que les toux cesse quand Carmen s’allume.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ce problème n’est pas sans solution.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Nous ne rechignons déjà pratiquement plus à l’idée de nous retrouver à poil jusqu’à l’os dans des sas d’aéroport où on nous zieute au rayon X au cas où on aurait un missile sol-air glissé à côté de l’œsophage, ou un couteau suisse serré dans l’orifice anal : pourquoi ne soumettrions-nous pas à une radio des poumons toutes personne surprise à se racler la gorge en attendant l’ouverture des portes de la salle de spectacle ? D’autant que normalement la radio des poumons devrait suffire. Sauf bien sûr si tout en se raclant la gorge le suspect se gratte le cul.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pour les réfractaire à l’ordre respiratoire silencieux on proposera un bâillon. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Enfin dans le cadre de la modernisation des salles et pour les plus entêtés, ayant refusé la radio des poumons et le bâillon, on disposera d’un dispositif de détection du glaire errant, qui fera fondre sans bruit sur la moindre menace de grattement du larynx une cloche de toile plastique étanche munie d’un système de sanglage automatique qui isolera immédiatement le contrevenant du reste des spectateurs.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Quelques détails techniques nécessiteront des ajustements : sachant qu’un acte d’opéra peut durer plus d’une heure, si le délinquant à compromis la paix du lieu dés le début, il risquera l’asphyxie. On entend d’ici les organisations humanitaires s’offusquer d’un traitement qu’elles n’hésiteront pas à qualifier de dangereux.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Je le dis d’emblée c’est possiblement négociable.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Je ne sais pas encore exactement comment.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;En tout cas pas à n’importe quel prix.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-3554579389871355580?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/3554579389871355580/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=3554579389871355580' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3554579389871355580'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3554579389871355580'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/07/opera-tousse.html' title='Opéra tousse'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://img.youtube.com/vi/DXESDVwF4-w/default.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-6836708201757573788</id><published>2011-06-03T01:24:00.004+02:00</published><updated>2011-06-03T01:35:33.787+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Courrier envoyé'/><title type='text'>Traîne</title><content type='html'>Un lent creux de repos faible contre un rocher,&lt;br /&gt;Un soir et noire sa marée montant au loin,&lt;br /&gt;Une hauteur de temps de son cours détachée,&lt;br /&gt;Ouvert aux vents fatigués, un calme besoin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une latente intrigue tendue après soi,&lt;br /&gt;Des remous qui sans bruits, dans la plaine passée,&lt;br /&gt;Par des brèches mimant des visages sans voix,&lt;br /&gt;Du lit froid des rivières aux berges glacées,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au retour de regard font de toute existence&lt;br /&gt;Un pays dépecé où il n’est plus de preuve&lt;br /&gt;De l’avoir traversé que la frileuse instance&lt;br /&gt;Des témoins travestis et grimés qui s’y meuvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ont la hanche étroite et la tête masquée&lt;br /&gt;Sous des porches poudreux menant aux catacombes,&lt;br /&gt;Et cherchaient du mystère aux sucs alambiqués&lt;br /&gt;Jouant de leur bravade accroupis sur des tombes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils enjambaient le monde en dansant des parades&lt;br /&gt;Fiers comme des drapeaux fleuris gueules rebelles,&lt;br /&gt;Agonisant déjà l’éphémère ambassade&lt;br /&gt;Que leur furtive mort offraient aux éternelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et souvent s’engonçant d’un rôle trop précoce&lt;br /&gt;Ils tiennent sans raison, serrées entre leurs côtes,&lt;br /&gt;Des grinçantes fureurs de misérables gosses&lt;br /&gt;Coupables insensés d’une incurable faute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ont mine pendante à la brûlante haleine,&lt;br /&gt;La mâchoire énervée s’extirpant des charniers.&lt;br /&gt;Le fusil à la main ils braillaient des rengaines&lt;br /&gt;Crachant entre leur dents le sort des prisonniers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils dorment sous le ciel, nus d’une blanche peau,&lt;br /&gt;Un spasme régulier dans leur cœur tributaire,&lt;br /&gt;Ainsi que la pesante goutte d’un fardeau&lt;br /&gt;Qui achève sans fin sa chute pendulaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comme des séchoirs de trames élimées,&lt;br /&gt;Reliques pantelantes aux pourpres défaites,&lt;br /&gt;Il bruisse au dessus d’eux,  d’amour inanimées,&lt;br /&gt;Des pages au destin resté vierge soustraites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Glissantes des épaules en incandescences,&lt;br /&gt;Cela luit par caprice au gré des éclairages,&lt;br /&gt;Ondoyantes jetées révélant leur présence,&lt;br /&gt;D’un hasard débrayé sur un point de hallage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est tout ce qui se traîne accroché à la nuque,&lt;br /&gt;Par le chemin couvert jusqu’à ses lassitudes,&lt;br /&gt;Entre soi contemplant des doublures caduques&lt;br /&gt;Et le sacre abdiqué d’une prime hébétude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et tous autres parmi ce multiple du seul&lt;br /&gt;Ne sont plus que les traces qui s’en est gardé.&lt;br /&gt;Imprécises bien plus souvent qu’elles ne veulent,&lt;br /&gt;Dont le vertige tient du viatique fardé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors peuvent dresser là sous des airs de château&lt;br /&gt;Des fastes abusés leurs terribles visions,&lt;br /&gt;Si pour finir en vain sous un noir chapiteau&lt;br /&gt;Il se préfère encore enivré d’illusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors peut le mouvement sur cet immense étal,&lt;br /&gt;Dernier regard tourné, fondant dans la muraille,&lt;br /&gt;Convaincre le passant en son lent creux létal&lt;br /&gt;Que s’échappe pourtant quelque chose qui vaille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et du geste fuyant d’une main transparente,&lt;br /&gt;Le laisser caresser dans un remord paisible&lt;br /&gt;Le pays familier des siècles de l’attente,&lt;br /&gt;S’en allant devenir de nouveau insensible.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-6836708201757573788?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/6836708201757573788/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=6836708201757573788' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6836708201757573788'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6836708201757573788'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/06/traine.html' title='Traîne'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-7250300950798073886</id><published>2011-05-17T00:30:00.000+02:00</published><updated>2011-05-17T00:32:43.395+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Hordelou'/><title type='text'>Sohnsaad</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Sohnsaad avait dû penser que semblable chose put arriver. Pas tant parce qu’il en avait lu tant des récits imaginaires dans tant de livres de contes. Non plus grâce aux films qu’il préférait, où des histoires vaines de sentimentalisme irritant baignaient dans des atmosphères fantasques et déglinguées, dressant les décors d’un futur gris sale, vert livide et jaune crasseux comme des fortins de boucan vigile entre deux guerres jamais évitées. Et pas davantage parce que sa nature, à Sohnsaad, n’avait su se développer que dans le terreau mental dont il transpirait tous les relents d’humidité tiède, de feuillage mort dans la pluie, de soleil bas aux éclats pulvérulents, de pierre au salpêtre, et d’insectes mouillés et grouillants.&lt;br /&gt;Les états du passé quel qu'il ait été ou quel qu'il aurait pu être, ressemblent à des grandes pelisses disposées les une à côté des autres, presque bords à bords, sous lesquelles reposent d'un sommeil sournois, accablés, parfois grinçant, rarement paisible, fréquemment agité par dessous le sol qui les tient, des paysages intérieurs où courent sans fin et sans but des silhouettes indéfinissables dont le sort est jeté de devoir vainement les retrouver.&lt;br /&gt;Que semblable chose put arriver. Oui. Mais il s’était aussi tellement habitué à déléguer à son autre monde les avatars que le réel produisait tout en parvenant à n’en contenir aucun, dans un réflexe, né d’un conditionnement très ancien et salutaire, de préservation opiniâtre, afin de toujours faire décemment partie de la famille des humains, et remplissant ainsi l’infini virtuel dont l’accès lui était aussi commun que pour d’autres d’aller chercher leur pain à la boulangerie ou de faire ressemeler leurs chaussures chez un cordonnier, et dont l’empire souterrain dissimulait à autrui les quantités de tristesse et de terreur à partir de quoi son énergie vitale persistait à maintenir en situation de fonctionner son existence aberrante.&lt;br /&gt;Une des voie les plus surprenantes qu’avait empruntée son habitude, son réflexe, sillonnait, s’était depuis un temps incertain mise à sillonner, son ciel, un plafond de tourbe fourmillant de grappes d’yeux fluorescents de la taille de têtes d’épingles. Des yeux qui le captaient, au début, puis au fur et à mesure que grossissait leur nombre, des yeux qui le capturaient. Des yeux qui faisaient perler sur lui, autour de lui, des filaments ondulants à la densité changeante, dont le réseau s’épaississait quelquefois et s'atténuait durant de longs moments. Ainsi variait alors sous ce toit de terre marine une clarté de méduse moirée de mauves pâles, de bleus gazeux, de gris veineux.&lt;br /&gt;Il n’avait rien tenté contre ça. C’était une matrice retournée du monde dont les attentions tactiles mangeaient le sien et le nourrissaient d’un autre dont il ne percevait que les constellations urbaines, les résilles géographiques, et les essaims en amas ou en désordre qui peuplaient des étendues comme un entre-deux eaux, et lui semblaient le plus souvent des lignes affolées de pixels buggants sur un rouleau sans fin dévidant sans objet un parchemin sans histoire.&lt;br /&gt;Pour autant qu’on l’eut croisé déambulant hors de chez lui, de son habitat et de son avers, divaguant d’une complexe allure de plomb maigre, cosmonaute sorti de sa capsule, on eut bien remarqué, soie de lait fine et tendue, sa peau sur son visage, et juste dessous un multiple vers sanguin qui hantait silencieusement, affleurant aux tempes et au front, plongeant dans le creux des joues, tenant à lui seul comme une treille magnétique une matière mutante, une gelée sensible aux résonances ultrasoniques.&lt;br /&gt;Il ne répondait plus. Il était devenu non-répondant. De même sans question. Des diffractions. Un découplage. Un bouquet de distorsions. Des obstacles d’air mareyeurs aux sensations atomisées. Des bourdonnements dépliées à perte de tout sens sur des pentes de lavoir où les sentiments se décoloraient. Il n’eut qu’à admettre de délaisser.&lt;br /&gt;A façonner les vidanges des superflus.&lt;br /&gt;Vivant bel et bien là.&lt;br /&gt;Il s’installait à la console de verre et jouait sur les lames avec des petites mailloches de soie, des stylets d’or ou juste avec ses ongles, frappant les notes en vives suites de chiquenaudes. Il sondait un cri dans une faille. Une très ancienne et très solitaire apparition d’un appel fortuit, dont le nom d’appel abusait, que la fortuité qualifiait de trop. Une seconde au possible précis d’avant l’idée de tout autre. Malgré le nombre assaillant, condamné à se dépasser et à se supprimer. En dépit de l’incongruité du visage étrange qui n’avait jamais été le sien, regards et rictus, étonnement, douleur, commisération, ou alors si, mais c’était demeuré inenvisageable à quelque rencontre. Ou alors si, mais ça n’aurait pas pu suffire. Ou alors très vite il aurait fallu se tromper.&lt;br /&gt;Il allait dans la rue pourtant. Dans d’autres logis. Il parvint même à faire un voyage en avion. Il allait à l’épicerie. Il achetait des fleurs. Il regardait des gens. Mais de moins en moins. Allant progressivement d’une fluidité indifférente.&lt;br /&gt;La dureté des contraires le harcelait. Afin de s’opposer à cette antique fatalité était apparue en lui la visée singulière de se défaire du meuble mouvant dont il se sentait tributaire, comme d’une poche inutile contenant ce qui ne lui appartiendrait à aucun vrai moment où il en puisse user, ayant la douceur intelligente et la force émouvante désormais indispensable. Abolir les parois.&lt;br /&gt;Venir à quoi se diluer. Une virgule partout faisait défaut à des essoufflements inclus en séries dans des lignes compulsives de transports. Un chiffre, seul, anodin, détournait des pluriels décomposés. Des lettres se vidaient en champs de points glissant d’un liquide agité dans des charpentes de conduits aux circulations percluses.&lt;br /&gt;Venir venimeux troubler le corps hydresque d’une échappatoire commune à toute absence d'un courage laminé en sa puissance par les routines forcenées.&lt;br /&gt;Ombre émancipée. Ombre au devant de soi. Pressée par un jour levant. Un jour peu importe poussant sa roue profitable au maître gré des compresseurs.&lt;br /&gt;C’était si peu d’être là, Sohnsaad. Si peu. A part peut-être la désolation.&lt;br /&gt;Tentation où il avait assimilé avec des tribus de hasard le cristal voyant des horizons dérobés, et sur les murs claqués de basses tectoniques, plaqués de flaques aux chromes fractales, vu le noir dessin de son projet sans cause perdre les contours auxquels il était jusque là supposé tenir et se dissoudre, coton ondoyant en sinuosités qui dissolvaient en les détachant par de méticuleux écorchements des tissus superposés sur une unité originaire apparemment anéantie. Les habits immémorables d'une espèce aux boursouflures vouées, de toute manière, à un vital dessèchement.&lt;br /&gt;Tout extérieur, ordinaire, froidement d'un ordre insouciant, pointait une audace inusable. Un banc avec son mort greffé d'un jour de plus. Un moteur, trait de fer flétrissant le moindre charme perfusé. Une poignée d'errants fiévreux autour d'un feu sauvage. Du commis propulsé le nez hameçonné d'appâts, mouches mordorées aux noms de fétiches. Des rendez-vous partout en foule de miettes balayées, ramassées, renversées, piétinées, recueillies, jetées jour après jour, débris d'un mur inexpugnable, intraversable, presque jusqu'aux derniers instants. Un mioche avec sa faim enflée d'un jour de moins.&lt;br /&gt;Sohnsaad n'était pas né. C'est du moins ce qu'au plus près, c'est à dire encore si éloigné de son soupirant ballottement de foire orageuse chuchotant d'une douceureuse contine de barbarie, on pouvait sentir. Ressentir. Et l'escapade avait, logique naïve de n'être pas, insinué dans son esprit déguisé, un fil vierge. Un long et fin soupir de voix, l'emplissant de ses entrelacs, et où s'était comme dans une nature primitive des choses, tel que les éléments incertains d'une native prémisse s'ignorent et se touchent au hasard, là où nulle conscience n'a pu être présente, frottés, contactés, à peine mêlés, aux ondes lactées de la matrice intime, imprimée de toute l'incalculable expansion de la vie inhabitée.&lt;br /&gt;Que semblable chose put arriver. Parce que de toute façon, absolument de toute façon, devenir. Et nul, nulle part, qui soit capable d'en dire. Quoique ce soit. Que seule une invention insoupçonnée pourrait, on ne sait quand, en rapporter quelque chose.&lt;br /&gt;Dégagé de toute initiative, Sohnsaad. Rétracté en un millième de rien, une incandescence, volée de cendre à trace de pollen. Un volt précipité, lueur d'une membrane clignant une seule fois dans l'atmosphère revenue à sa tranquillité apparente. Fin d'une peur, où ne serait-ce qu'une inquiétude, de passer, de repasser, par une sorte de rien.&lt;br /&gt;Fin de l'extension d'être : les fourmillements dans les bras, dans les jambes, les remous dans l'abdomen, les soudures dans les reins, les arythmies dans leur cage, les aridités du souffle, et toutes les proies des pensées aux costumes prévus et aux dévoilements intenables.&lt;br /&gt;Retourner, réduit, délesté, décortiqué, au lieu d'une attente insue, dans l'éclatement de bogue mure d'un hiatus, sans encore ce qui précède l'idée peut-être éternellement isolée d'aimer. Seule promesse valable à des astres, des ténèbres ardentes, aux questions dont se pleurent tant les réponses arrangées que celles qui ont appris, et dans quelles terribles conditions, tant de fois.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Chez lui, où il habitait, comme on dit pour de vrai, dans l’immense immeuble où des voisins le croisaient, bien que rarement, on ne l’y trouva un jour plus. Depuis quand fut la question la plus insoluble. Plusieurs jours sans doute, des semaines qui sait. L’inspectrice de police, chargée de l’enquête ne trouva aucun indice précis d’un matin ou d’un soir où Sohnsaad serait parti et où on ne l'aurait plus vu. Pas davantage l’inventaire des vêtements dans le placard que le chiche contenu du frigo ou une date figurant sur un des papiers griffonnés qui s’amassaient en tas divers sur une table de travail ne permit d’accéder à une indication précise.&lt;br /&gt;Il y avait bien cette odeur nitreuse qui stagnait.&lt;br /&gt;Il y avait bien un sofa qui paraissait avoir gardé dans son velours jaune le creux étroit d’une forme qui s’y était tenue, si mince en outre qu’on était surpris qu’elle fut aussi marquée.&lt;br /&gt;Un écran d'ordinateur avec un fond grisâtre derrière lequel on ne put récupérer aucune information.&lt;br /&gt;On apprit plus tard, beaucoup plus tard d'ailleurs que l'enquête avait conclu à une simple disparition.&lt;br /&gt;Rien de plus.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-7250300950798073886?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/7250300950798073886/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=7250300950798073886' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7250300950798073886'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7250300950798073886'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/05/sohnsaad.html' title='Sohnsaad'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-1651577874472169853</id><published>2011-04-15T16:22:00.004+02:00</published><updated>2011-04-15T16:44:27.535+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ANIMALERIE'/><title type='text'>La grenouille</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/--5_vcNgeEng/TahU4F7GBGI/AAAAAAAABP4/kpsfbcBNMIY/s1600/grenouille.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 300px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5595815859647284322" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/--5_vcNgeEng/TahU4F7GBGI/AAAAAAAABP4/kpsfbcBNMIY/s400/grenouille.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; La grenouille : amphibien. On pourrait espérer en savoir plus, mais c’est très très risqué. Au mieux murmurera-t-on que ça aurait à voir avec le genre des ranidae. Après c’est un foutoir sans nom. Ou plutôt avec des noms dans tous les sens. Pour être précisément imprécis, et néanmoins plus ordonné, on rangera la grenouille, avec le crapaud, la salamandre et le triton dans le tiroir des batraciens en haut à gauche en partant de la droite sauf si votre dyslexie vous les a fait ranger dans le miroir auquel cas ne vous étonnez plus : c’est bien vous que vous voyez de l’autre côté. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Une bonne partie des batraciens apprécie les milieux aqueux : c’est la raison pour laquelle on en trouve en grand nombre à Paris dans le quartier du Marais. Toutefois les milieux simplement humides peuvent leur suffire et on en trouve encore une majeure partie en régions hétérosexuelles. Notons d’ailleurs sans plus attendre que la grenouille est une fille alors qu’il y a des grenouilles garçons comme le crapaud est un garçon alors qu’il y a des crapauds filles. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le crapaud serait un futur prince charmant ainsi que le rapporte un grand nombre d’observations légendaires à usages infantilo-baratinatoires. Ce qui nous permet de constater, concernant certain prochain mariage princier de facture Britannique entre un rejeton de chez les Windsor et une hébétée vagino-clitoridienne dont, par chance, le patronyme m’échappe, que l’impétrant descend sûrement moins d’un batracien à grande bouche que de la lignée des têtes royales qui compte notamment la célèbre Reine Victoria, dont tous les historiens s’accordent à dire qu’elle ne suça jamais son Prince Albert de mari, ce qui serait à l’origine de l’air profondément déçu que celui-ci affiche sur toute l’iconographie le représentant. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;En outre, et comme nous sommes quand même ici pour nous instruire et pas seulement pour gloser sur les descendances dont les ébats meublent les conversations de mémères de tous âges, avec ou sans fibrome, apprenons que le crapaud a la particularité hallucinante, c’est le cas de le dire, de contenir du LSD dans son épiderme. Ce qui explique que la moindre godiche bergèrisante, que la première souillon filant sa quenouille, (sans contrepèterie, merci.) qui se mettait en quête de rouler un patin à un crapaud de hasard pouvait légitimement s’imaginer dans la seconde suivante en train de gamahucher avec Tom Cruise ou Julien Lepers. Ou les deux pour les plus gourmandes. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;En fait une seule chose est sure c’est que le crapaud est un modèle de fauteuil. Après c’est à chacun ses goûts en matière d’orgasme. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Pour revenir à la grenouille sachons qu’il en existe environ cent vingt douze mille cent quarante sept trois mille cinquante cinq espèces : à deux ou trois près qui ne se prononcent pas. Va falloir faire un tri. En tachant de ne pas trier trop fort pour ne pas les déranger. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Eliminons tout de go la grenouille de bénitier : le timbre maugréant du coassement de la grenouille de bénitier est très caractéristique de son insatisfaction sexuelle chronique. Elle croit dur comme fer, malgré la façon dont il est habillé, que Jésus est un prince charmant et elle prend pour des sex-shop les boutiques à bondieuseries de Lourdes où elle a acheté son dernier crucifix lumineux à double clignotement bleu et rose. Et monsieur le curé a eu beau lui montrer le doigt de Dieu, rien n’y fait. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Gardons-nous de la grenouille à fable. Loin d’être ineffable, au contraire elle en dit long. Et loin de prétendre qu’à la fontaine elle ne boira pas de son eau, à défaut que la vérité sorte du puits, elle y rencontre généralement un bœuf. Il faut dire que la vie sociale de ce batracien est assez compliquée. Et là, comme un vulgaire candidat à une élection présidentielle elle se met instinctivement à enfler. Les tous derniers progrès de la science du marketing permettent de nos jours à l’enflure de se maintenir pendant une certaine durée ce qui oblige le bœuf, et pas mal d’autres, à attendre de plus en plus longtemps avant d’exploser de rire. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Méfions-nous de l’homme-grenouille. Sorte d’hybride de l’espion et du sous-marin il est aussi bien capable de rechercher des petits bout du Phare d’Alexandrie avec ou sans Alexandra, que de poser par inadvertance para-gouvernementale une bombinette sous la coque d’un bateau appartenant à une organisation de défense des intérêts de la nature. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Oublions la grenouille Kermitterrand : mémorable représentation en marionnette d’un chef d’Etat de gauche aux manières très adroites et fort appétant des ambiances propres aux grenouillages en tout genre. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Redoutons de même le crapaud tapie, le crapaud minc, et plus généralement le crapaud assureur et le boursico crapaud, classés parmi les espèces les plus invasives du moment. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Retenons la rainette : créature plutôt mignonne dont la couleur de la robe, ou du smoking, est différente de celle de la pomme du même nom ce qui outre le volume de chacune, évite opportunément qu’on en fasse des tartes tatin. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Admirons la grenouille tomate : mais abstenons-nous d’en faire du ketchup. Cette jolie bestiole, comme la plupart de ses congénères d’ailleurs, secrète, dés qu’on s’en veut saisir sans qu’elle soit d’accord ou qu’elle ait trouvé une copine pour garder son sac à main, une toxine qui brûle et peut provoquer des empoisonnements. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Et soutenons sans réserve la grenouille rieuse, dont les interminables partouzes printanières s’accompagnent d’esclaffades propres à rendre jaloux pas mal de comiques appointés qui à contrario cherche plus souvent leur talent dans leur slip, persuadés que là seul se trouve leur esprit. Il est vrai que pour beaucoup c’est effectivement le cas. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Alimentation : les grenouilles se nourrissent principalement d’insectes. Pas toutes mais si je commence à faire le détail, l’ensemble des rayons d’un supermarché n’y suffira pas. En matière d’insectes les grenouilles mangent notamment des moustiques et des libellules. Mais les libellules mangent aussi des moustiques. Or les libellules sont jolies et les moustiques sont moches. Serait-il possible de trouver un accord pour que les grenouilles et les libellules se partagent les moustiques qui sont moches et que les aimables grenouilles cessent de dévorer les gentilles libellules ? &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Prévention routière : les batraciens sont aussi stupides que les hérissons. Au lieu de traverser la route lorsqu’il n’y a pas de voiture ils attendent au contraire de voir les phares surgir à toute vitesse pour se précipiter sur l’asphalte. Et floc ! Voire floc ! floc ! floc ! … &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;A l’intention de nos amis Britanniques, dont nous avons évoqué plus haut les errements philo-monarchistes et leur aléas buco-génitaux, je ne mange pas de grenouille : je trouve ça indécent. En revanche, c’est vrai, je n’ai aucun état d’âme à ce qu’on gave des oies pour mon plus grand appétit de foie gras : je ne pardonnerai jamais à ces connes Capitoliennes leurs bruyants jacassements ayant jadis prévenu les romains d’une visite surprise de nos ancêtres les gaulois. Na !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-1651577874472169853?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/1651577874472169853/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=1651577874472169853' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1651577874472169853'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1651577874472169853'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/04/la-grenouille.html' title='La grenouille'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/--5_vcNgeEng/TahU4F7GBGI/AAAAAAAABP4/kpsfbcBNMIY/s72-c/grenouille.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-7885952895203369553</id><published>2011-04-03T22:02:00.009+02:00</published><updated>2011-04-03T22:23:36.470+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='DICTIONNAIRE ANALPHABETIQUE'/><title type='text'>Sondagite</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Sondagite&lt;/span&gt; :&lt;/strong&gt; n.f. (ce qui veut dire nom féminin et pas Norme Française). Du vocable aqueux &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;«&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;sonde »&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;,&lt;/span&gt; instrument utilisé pour déterminer la profondeur de l'eau et la nature du fond, de toutes sortes de fonds, et du verbe&lt;span style="font-size:130%;"&gt; &lt;strong&gt;« agiter »&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; qui veut dire remuer, secouer, exciter, troubler. Activité consistant à prendre des mesures, y compris sur un mode et dans des circonstances douteuses, à seule fin de provoquer des réactions qui le soient également. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;N.b. En l’espèce il faut noter que le milieu aqueux est souvent transformé en milieu boueux et que l’intention d’exciter n’a plus que très lointainement à voir avec l’éveil des sens, interdits ou pas. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;La sondagite désigne en effet l’usage, le mésusage, et souvent l’abusage de techniques destinées à faire croire à une analyse lucide, utile et objective des opinions et des tendances lessivières, voitureuses, politiques ou autres dans un ensemble social déterminé. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;La sondagite se pratique sur la base de séries de questions plus ou moins claires, pouvant couvrir un spectre aussi large que l’appétence à un quelconque produit récurant, l’inclinaison à préférer tel ou tel modèle de véhicule automobile, et la sensibilité a une catégorie ou une autre de posture politique. Il s’en déduira notamment que pour conduire le char de l’Etat telle voiture sera retenue à condition que pour laver plus blanc certaine tête d’affiche opte habilement pour la poudre aux yeux plutôt que pour la poudre d’escampette. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Nulle clarté n’est expressément requise de se manifester alors qui contrarierait la recherche plus habituellement faite d’une foire aux commentaires durant l’expression desquels on cessera opportunément de penser aux sans travail, aux sans domicile fixe, au sans enseignement, aux sans justice, aux sans soins, et autres pauvres. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;La sondagite est l’activité principale d’une catégorie d’officine ayant pignon, et parfois gros pignon, sur rue, sur avenue, de là la propension de tous les média à leur offrir un boulevard pour y étaler leurs productions. Ces officines se parfument communément de la pompeuse appellation d’Institut de Sondagite. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;La sondagite est une activité à but tout à fait lucratif. Et même très lucratif. Pour s’exercer la sondagite a donc besoin de clients. Comme il ne viendrait à nul commerçant en poudre à blanchir de vendre à un client une poudre qui ne blanchisse pas, qu’il ne viendrait à aucun vendeur de véhicule automobile de vendre un véhicule qui ne soit pas automobile, il ne peut venir à l’idée d’un marchand de sondagite de proposer à un acheteur de sondagite une sondagite qui ne sondagite pas comme l’acheteur de sondagite souhaite que, justement, ça s’agite. Ou se trouble, ou s’excite, pour reprendre deux des acceptions du verbe agiter. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;En conséquence le marchand de sondagite doit, en toute honnêteté, fournir à son client et afin que celui-ci en soit content, un résultat objectif orienté dans le sens qui satisfera le dit client. Le marchand de sondagite est donc soit un malade mental, soit un affairiste peu scrupuleux. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Fort avisé cependant, le marchand de sondagite n’est pas en manque d’astuces. Et bon commerçant il offre une de ses principales astuces en cadeau à chacun de ses clients : les marges d’erreurs. Pour revenir à de précédentes comparaisons c’est un peu comme si le droguiste inscrivait sur le paquet de poudre à blanchir qu’il n’est pas sûr que cette poudre blanchisse vraiment, ou comme si le vendeur de véhicules automobiles indiquait sur le mode d’emploi d’un véhicule qu’il n’est pas tout à fait certain qu’il soit complètement automobile. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;La matière première de tout exploitant en sondagite est l’échantillon représentatif. L’échantillon représentatif est censé être une micro-société, dont on interroge toutes les personnes et où l’on doit trouver à peu près tout ce qui se fait comme genre d’êtres humains à l’exception des poireaux, des cancrelats, des pianos à queue, et des lampes de poches. Un très savant, un très très savant dispositif permet ordinairement au fabricant de sondagite de n’oublier personne. Ni le moindre vieillard africain juif homosexuel communiste, ni la moindre secrétaire écologiste catholique héroïnomane divorcée, ni les éventuels enfants de ces deux-là. On ne plaisante pas avec ces choses-là dans le domaine de la sondagite ! &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Ceci étant, et sachant à quel point se développe la perfidie chez les hommes, et aussi chez les femmes soyons juste, la sondagite souffre de plus en plus d’un mal bien embêtant pour les actionnaires de ses éminents instituts : on craint en effet que les gens interrogés soient de plus en plus enclins à mentir lorsqu’ils répondent aux interrogatoires,… hum pardon,… aux questionnaires. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Il sera donc plus que nécessaires d’intégrer prochainement les instituts de sondagite au sein même des commissariats de police, (ou le contraire, après tout peu importe…), et d’établir une réglementation un peu plus stricte, dans un pur objectif scientifique, et punissant d’emprisonnement sans sursit tout sondagé qui n’aura pas répondu sincèrement aux questions. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Pour avoir, il fut un temps, étudié la science des statistiques, et m’être intéressé au déploiement d’un enseignement théorique tout à fait séduisant, je n’en oublie pas moins que tout redevint insolublement obscur au moment où tout ce déploiement se trouva ramassé en une formule algébrique parfaitement incompréhensible : nul doute que c’est à partir de cette formule que les sondagiteurs exploitent à l’envie un langage explicatif de leurs cuisine en vue d’illusionner tous amateurs de contes à dormir debout qu’on compte aisément en grand nombre dans une société contemporaine. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Le sondagiteur est à la sondagite ce que l’économistateur est à l’économisterie. Autrement exprimé tous deux sont parmi les plus gros émanateurs de fumée dont on ne laisse pas d’être étonné que les volumes qu’ils exhalent comptent pour si peu dans la calcul de la mauvaise qualité de l’air qu’on respire. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Lorsque l’économistateur économistate, on voit surtout qu’il se tâte. Lorsque le sondagiteur sondagite on retient surtout qu’il agite. Tous deux ont donc pour vocation de corroborer le célèbre mot de Monsieur de Montaigne : « Le monde est une grande branloire pérenne. » &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Las, avons-nous tant besoin, et de tant d’aide, et de cette aide-là, pour branler ?!?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-7885952895203369553?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/7885952895203369553/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=7885952895203369553' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7885952895203369553'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7885952895203369553'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/04/sondagite.html' title='Sondagite'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-1832543327494257063</id><published>2011-03-31T10:16:00.005+02:00</published><updated>2011-03-31T16:41:42.183+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Courrier envoyé'/><title type='text'>Il se fera</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-8aEWXZqjMiw/TZQ4zfoaCkI/AAAAAAAABPw/bL8c-koxsDM/s1600/FondBrume.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 246px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-8aEWXZqjMiw/TZQ4zfoaCkI/AAAAAAAABPw/bL8c-koxsDM/s400/FondBrume.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5590155494789089858" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se fera un jour, il faudra souvenir,&lt;br /&gt;Guettant chacal sacré dans la claire embrasure,&lt;br /&gt;D’une tranche émincée le contrat de l’épure,&lt;br /&gt;Qui aura pris le ciel pour ici parvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une pourpre affleurant sous la langue venteuse&lt;br /&gt;Se morfond à sécher les chauds rideaux de l’urne,&lt;br /&gt;Et tombant en grain mort sur le sol de sa turne&lt;br /&gt;Troue la valse de l’air d’une meule souffreuse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudra souvenir, rejeton squelettique,&lt;br /&gt;Aux ultimes mouchoirs pendant des clavicules,&lt;br /&gt;Fanions déchiquetés s’agitant ridicules&lt;br /&gt;En signaux poussiéreux d’un charnier désertique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La voyante clarté ceinte dans ses ramages &lt;br /&gt;Laisse essouffler la peur sous sa tremblante courbe,&lt;br /&gt;Tapie dans le seuil myope où gisent dans la tourbe,&lt;br /&gt;Les disciples confus aux traînées d’héritages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’arrête angle de rue, le chambranle bleuté,&lt;br /&gt;Les traits de ponts lancés, les rubans sous la terre,&lt;br /&gt;Portails où des enfants se glacent de mystères&lt;br /&gt;Sur la pointe des pieds en rires ameutés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se fera un jour depuis la nuit première.&lt;br /&gt;Le seul en mille membres épars, un jour sans&lt;br /&gt;La dure carapace du masque indécent&lt;br /&gt;Dont la main lisse en vain d’une pauvre manière&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La trace forcenée de tout ce qui précède.&lt;br /&gt;L’élan terrorisé vers l’en demain mourant&lt;br /&gt;A travers les hublots où un triste gérant&lt;br /&gt;N’est encor que ce vers laiteux, tordu et tiède.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sera de même un lieu, brisures d’éboulis&lt;br /&gt;Et de gravats marqués de lettres majuscules,&lt;br /&gt;Résidus des sentences qu’on immatricule&lt;br /&gt;Et qu’on tient sous les fronts grâce aux saintes poulies&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui pendent des coupoles, loque ectoplasmée.&lt;br /&gt;De fins d’arbres véreux. Légataires primés.&lt;br /&gt;Sclérose courtisane aux courbures grimées, &lt;br /&gt;Clergé quasi bancaire au gras pléonasmé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’en dégonflera, baudruches d’une bure&lt;br /&gt;Nouée de doigts soigneux aux fabriques de glaces,&lt;br /&gt;D’une aristocratie avare de ses places&lt;br /&gt;Enfumant l’agora d’une pensante ordure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se fera, oui, mais à condition de chien&lt;br /&gt;Ayant mordu la chair où l’on avait serti&lt;br /&gt;Le maillon déchirant, le décret inverti&lt;br /&gt;D’une race brutale aux vices olympiens,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A condition de pieds séchés dans les sandales,&lt;br /&gt;De guenilles altières au meurtre arraché,&lt;br /&gt;De vaisseaux délavés sur les bords approchés &lt;br /&gt;D’un œil timide au bout de muqueuses dédales,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour calme, un jour lent. Venu d’où nul n’a su&lt;br /&gt;D’un empire aux légistes œuvres statuaires, &lt;br /&gt;Froides propriétés, dressé les sanctuaires,&lt;br /&gt;Ni courbé les esprits la doxa à l’affût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Venu nu inconnu de cette éternité&lt;br /&gt;Plus profonde à jamais que tout là d’où nous sommes,&lt;br /&gt;Faite une âme de toutes celles que l’on nomme,&lt;br /&gt;Et retournant vers nous sa tendre cécité.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-1832543327494257063?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/1832543327494257063/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=1832543327494257063' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1832543327494257063'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1832543327494257063'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/03/il-se-fera.html' title='Il se fera'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-8aEWXZqjMiw/TZQ4zfoaCkI/AAAAAAAABPw/bL8c-koxsDM/s72-c/FondBrume.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-559424117722440059</id><published>2011-01-13T22:55:00.006+01:00</published><updated>2011-02-19T20:23:46.082+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Pas de Moi ms ps mal qd même'/><title type='text'>"Au château d'Argol" - Julien Gracq</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/TS91KSgw8JI/AAAAAAAABPk/afloUra2C5o/s1600/AVT_Julien-Gracq_410.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 267px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/TS91KSgw8JI/AAAAAAAABPk/afloUra2C5o/s320/AVT_Julien-Gracq_410.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5561792884454256786" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ce que je me dis souvent, en mon âme optimiste et son for intérieur toujours un peu bordélique quand même, c’est qu’avec la littérature, vu tout ce qui a été écrit depuis le début que l’être humain sait se montrer attentif à autre chose qu’au salmigondis protéiforme et gluant d’une sous culture qui ne doit ses audiences et ses chiffres d’affaire qu’aux talents dévergondés de cohortes entières de publicistes qui s’échinent moyennant des salaires éhontés à nous faire croire que vendre un livre et un yaourt, une bagnole et un opéra de Wagner, c’est la même chose, virgule (ouf), nul n’est jamais durant tout le court de sa vie à l’abri de découvrir des merveilles.&lt;br /&gt;Ce n’est donc pas la peine de s’évertuer à tout lire entre 15 et 25 ans, surtout si c’est pour ne rien comprendre et au mieux faire plaisir au corps enseignant quelque soit son sexe, gardez-en pour la route… Vous en aurez besoin.&lt;br /&gt;Ainsi donc en viens-je, après cette introduction pénétrante, au sujet qui m’amène.&lt;br /&gt;Je n’avais encore jamais rien lu de Monsieur Julien Gracq : quel bonheur ne me réservais-je pas pour plus tard me dis-je encore en moi-même tout en écrivant ces lignes. Et quelle chance ! Puisque ce Monsieur a écrit plein de livres. Et que pour le moment je n’en ai lu qu’un ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Au château d’Argol » : si écrire c’est bâtir, se perdre, peindre, faire jouer la musique des éléments, faire vivre des êtres extraordinaires dont nous puissions instinctivement trouver le miroir en nous, alors cette écriture est bien à la fois du ciel et de la terre, et du fond de la chair, et du frémissement le plus subtil et le plus secret. Si écrire c’est, un instant, couvrir un monde d’un regard inédit, qui jamais ne regardât rien, et jamais ne regardera plus quoique ce soit, le temps de soulever quelques vies au dessus de tout et d’en fabriquer ce bijou brûlant qui nous tombe des mains à la dernière page, nous ayant réinventé ce qu’il y de plus précieux dans la solitude, c’est à dire sa nécessité comme la nécessité du monde, alors cette écriture touche à une forme de perfection. Si écrire c’est découper, lame après lame, transparentes et remplies des desseins de l’esprit, les destins des êtres les plus improbables en nous les offrant familiers, familiers aux exigences les plus heureuses de nos imaginaires, alors cette écriture est un prodige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je pèse mes mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Au château d’Argol » Julien Gracq : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premier paragraphe :   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Quoique la campagne fut chaude encore de tout le soleil de l’après-midi, Albert s’engagea sur la longue route qui conduisait à Argol. Il s’abrita à l’ombre déjà grandie des aubépines et se mit en chemin.&lt;br /&gt;Il voulait se donner une heure encore pour savourer l’angoisse du hasard. Il avait acheté un mois plus tôt le manoir d’Argol, ses bois, ses champs, ses dépendances, sans le visiter, sur les recommandations enthousiastes – mystérieuses plutôt – Albert se rappelait cet accent insolite, guttural de la voix qui l’avait décidé – d’un ami très cher, mais, un peu plus qu’il n’est convenable, amateur de Balzac, d’histoires de la chouannerie, et aussi de romans noirs. Et sans plus délibérer, il avait signé ce recours en grâce insensé à la chance.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernier paragraphe :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Au milieu même de la longue nuit de décembre, par les escalier déserts, par les salles désertes, aux flambeaux éteints, aux flambeaux renversés, il quitta le château sous l’habit du voyageur. Très vite ses pas le conduisirent (car il se hâtait dans la nuit froide) vers l’allée magique qu’Albert et Heide avait suivie en un jour fatal. Les pans flottants de son manteau l’environnaient comme des ailes noires. Et, derrière lui, et dans son cerveau qu’ils atteignaient dans les régions aiguës où siègent les sens exacerbés, résonnèrent des pas au fond de la nuit glaciale – ses pas ? Ils venaient vers lui du fond de la nuit – et il les reconnut comme s’il les eût attendus de toujours. Mais il ne se retourna pas vers le mystérieux voyageur. Il ne se retourna pas. Il se mit à courir au milieu de l’allée, très vite, et les pas suivirent. Et, perdant le souffle, il sentit maintenant que les pas allaient le rejoindre, et, dans la toute-puissante défaillance de son âme, il sentit l’éclair glacé d’un couteau couler entre ses épaules comme une poignée de neige.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&gt;&gt;&gt; Allez vous régaler de ce qu’il y a entre ces deux paragraphes. Maintenant, plus tard, mais si possible avant de mourir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-559424117722440059?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/559424117722440059/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=559424117722440059' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/559424117722440059'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/559424117722440059'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/01/au-chateu-dargol-julien-gracq.html' title='&quot;Au château d&apos;Argol&quot; - Julien Gracq'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/TS91KSgw8JI/AAAAAAAABPk/afloUra2C5o/s72-c/AVT_Julien-Gracq_410.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-481098792627862539</id><published>2011-01-11T12:22:00.004+01:00</published><updated>2011-01-11T15:57:41.928+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>Les mots d'égout</title><content type='html'>Ce sont ces mots sales, ces phrases crasseuses, ces propos répugnants, entendus ici et là depuis des années, semés par fausse inadvertance dans des médias, déclamés comme les sentences d’un monde inévitable, par quelques dépositaires d’une autorité politique ou économique, aux fins piteusement inavouables de distiller le poison des flux de bas-fonds qui leur tiennent lieu d’idéaux, de projet, de programme.&lt;br /&gt;Une liste exhaustive serait longue à faire. Aussi peut-il suffire d’en piocher à son gré quelques uns et de les assembler pour en coudre les morceaux et découvrir le dessein qui s’esquisse alors, pour le cas ou ce serait encore une découverte, ou voir confirmer en voyant apparaître les contours épouvantables d’un discours barbare et cohérent, ce qu’affirment ces mots en dépit des dénégations dispersées à leur suite par leur auteur et leurs affidés à la recherche d’un démenti dont le cache-misère puisse couvrir leur impudeur aux instincts encore trop compromettants. &lt;br /&gt;Il n’est pas précisément question de faire une démonstration. Cela vient tout seul. Réveiller le sens d’une écoute parfois fragmentée qui nous évite de mettre en rapport, ainsi qu’elles le sont pourtant, dans leur suite menaçante, ces paroles toutes sorties du même bréviaire insane que se transmettent par voix orales les fossoyeurs de l’humain dont l’engeance pullule aujourd’hui partout, et qui prennent un plaisir sobre et particulier à tout compter et à tout hacher sous les lames de leurs bilans truqués. &lt;br /&gt;A commencer bien sûr par les êtres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« La société ça n’existe pas ! » proférait ainsi la minable boursico-boutiquière qui fit si calamiteusement office de dirigeante du gouvernement Britannique de mai 1979 à novembre 1990. Prenant ses rêves pour une réalité elle proclamait en fait son plus cher souhait : que la société n’existât pas. N’existât plus. Que tout ce qui fait corps social dans le pays soit réduit autant que possible à un ensemble le plus indéfini possible d’individualités, réduites, à leur tour, à n’être plus, chacune, que la concurrente de toutes les autres. Et que les meilleurs gagnent. Meilleurs pour ce faire dans tous les caractères qui fabriquent du dominant tout puissant sur des dominés soumis de cette façon une première fois, et encore soumis une seconde fois à être en concurrence entre eux-mêmes.     &lt;br /&gt;Plus loin, plus tard, un dirigeant d’une importante fabrique de programmes télévisuels à caractère débilitant détaillait, dans une revue dont le profil confidentiel devait garantir la discrétion du propos nauséabond, le seul et unique objet de son action : diffuser des émissions dont le contenu soit mentalement les moins édifiants possible, que s’y trouve flatté ce qu’il y a de plus primaire, de plus élémentaire, de plus fruste, afin que les consommateurs de ces mêmes programmes se trouvent en situation d’absorber comme de dociles éponges les autres contenus grassement rémunérateurs de cette chaîne de télé : les multiples et longues plages de publicités. Formulé avec les mots très directs qu’utilisa ce dirigeant cela s’exprima ainsi en substance : « Mon travail consiste à vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola. » Dans une terminologie plus habituelle des formats de langage propres, si on ose dire, à cette engeance cupide de patrons éhontés, cela aurait pu avoir une forme non moins explicite mais d’une mécanique plus proche de celles qui font modes d’emploi aux exercices récurrents de la rentabilité sans bornes : « Le ratio de rentabilité d’un message publicitaire est proportionnel à l’abaissement sensoriel des capteurs. L’efficience de ces capteurs doit être maintenue au plus prêt du niveau où se situent les instincts. Toute forme de développement d’intelligence appuyée sur le libre-arbitre et le sens critique doit donc être évitée et même prohibée. »&lt;br /&gt;Un peu plus loin encore, encore un peu plus tard, ce fut au tour de la dirigeante d’une puissante organisation patronale, à l’inauguration de son premier mandat à ce poste, de laisser paraître un des soubassements de sa démarche politico-économique : « La vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail ne le serait-il pas ? » Madame la défenseure des intérêts d’une classe patronale parmi les plus archaïques et les plus rétrogrades du monde exprimait en tribune les préoccupations des actionnaires-cotisants du club de néo-féodaux dont elle venait de prendre la tête. Comme autant de boutoirs obstinés et obtus, ne jamais accepter ni dans leurs formes ni dans leur fond les lois qui dans notre république, dans notre démocratie, ont permis aux classes salariées d’améliorer leur situation au grès du développement économique, d’acquérir des droits face à des forces possédantes peu enclines au partage, d’évoluer, en prenant au fur et à mesure des fastes et des affreuses tragédies de l’histoire du XXme siècle, le chemin d’une construction, d’une reconstruction, d’une reconstitution de ce qui produit ce qu’on nomme génériquement la cohésion d’une société.&lt;br /&gt;L’amour est précaire ? Et de quoi se mêle-t-on Madame ?&lt;br /&gt;La vie est précaire ? Qu’est-ce à dire ? Oui, c’est exact : la vie du petit rongeur qui sautille dans le pré pendant qu’un rapace fond sur lui, sa vie est précaire. La délicate libellule qui volette à la surface de la mare à la merci d’un appétit batracien, sa vie est précaire. La gazelle qui va se désaltérer au bord d’une étang pendant que le gros crocodile s’avance entre deux eaux, sa vie est précaire. Mais tout cela porte un nom. Un nom qui, quelque soit sa pertinence géographique, désigne l’ensemble de ces comportements : ça s’appelle la loi de la jungle. Et la loi de la jungle est d’un sens strictement opposé à celle qui doit guider, dans les idées et dans les mœurs, celui de toute civilisation qui décide de s’éloigner du temps des cavernes. &lt;br /&gt;Plus loin encore, ce qui nous rapproche bien sûr des heures où nous sommes, le principal résident du palais où siège le sommet du pouvoir dans notre pays offrait un prolongement aux citations qui précèdent. Certes on a pu relever qu’il s’agît dans son cas d’un lapsus, ce qui fera dire à quelques uns de ses contempteurs éblouis, qu’il n’avait pas voulu dire ce qu’il avait dit. Avec le potentiel de conviction de ces gens-là, il est dès lors d’une dérisoire coquetterie de seulement sourire avec une intention narquoise. « L’être humain n’est pas une marchandise comme les autres. » déclarait le potentat provisoire. &lt;br /&gt;C’est lorsque je suis entré dans la vie dite active, (c’est à dire il y a plus d’une trentaine d’années à présent), à supposer que la vie d’un enfant ou d’un adolescent soit une vie passive, que commençait à être promu, en panneaux mêmes, indicateurs de leurs locaux, le basculement sémantique qui transforma en quelques années dans les entreprises le « Service du personnel » en « Direction des ressources humaines ». Suivi par la traîne d’un sabir moderniste dont la pollution lexicale n’en finit plus d’engluer la pensée politique et la geste économiste à laquelle elle est soumise, cet indice en son temps put tout d’abord paraître avec l’artifice recherché. Faire que l’emploi du mot humain se superposât à première vue au mot « ressources ». Jusqu’à perdre de vue que dans l’ancienne appellation le mot « personnel » contenait en lui seul la présence des personnes.&lt;br /&gt;Ressource : comme matière. Comme denrée. Comme quantité d’un produit brut dont il faudra convenir de dominer la plasticité réticente afin d’en pouvoir faire un usage aussi aisé que de tout autre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est de bon ton d’affirmer que les politiques nationales ou internationales, toutes ou presque soumises à des règles économistes dont aucun promoteur n’a jamais été confronté directement à la pratique du suffrage tel qu’il existe en démocratie, que ces politiques, donc, ne procèdent d’aucune idéologie, d’aucun corps de pensée constitué tel que ce fut le cas, par exemple, pour le Marxisme, ses suites et ses avatars. &lt;br /&gt;C’est faux. Certes il n’y aurait pas à proprement parler de « bible » contenant tout le projet de l’économie dite libérale, ou néo-libérale, ou ultra-libérale, selon les chapelles.&lt;br /&gt;Mais il y a bien un projet. Il peut paraître autoritaire et pour le moins partial d’en ramasser le contenu en quelques citations. Mais, au fil des eaux troubles d’un discours politiques attachés électoralement à démontrer des singularités mais enchaîné programmatiquement à un imperium total tyrannique, d’en dévoiler en filigrane le soujacent, visant en outre à la décomplexion, semble néanmoins couler de cette source même des mots qui échappent aux clergés gouvernementaux, au service de ce projet en échange de trônes et de gloires grossières. Ce projet peut encore se prévaloir au bénéfice d’un certain esprit démocrate, bientôt résiduel et soit-il déjà frelaté, d’imprécisions sur lesquelles le jugement des peuples pourrait avoir prise, mais auquel les véhicules médiatiques garantissent de jour en jour le lent, lourd, et confiant développement.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« L’être humain est une marchandise, pas comme les autres, mais une marchandise quand même. Afin d’en user avec toute les libéralités possibles il convient d’en modeler, d’en modéliser les propensions à s’adapter avec les mêmes facilités que toute autre matière première. Pour atteindre cet état l’être humain doit être dépossédé au maximum de tout ce qui forme si peu que ce soit sa personnalité, sa personne : la réflexion, les affects, le jugement, la mémoire, la culture. L’objectif à poursuivre pour obtenir le produit semi-fini recherché est la réduction de l’individu à moins encore que lui-même, le soustrayant de la sorte à tout recours vers un mode de socialisation ou d’association qui puisse l’aider à générer ou à régénérer quelque élément de solidarité que ce soit. »&lt;br /&gt;N.b. : cette dernière citation n’est pas d’Alain Minc.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-481098792627862539?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/481098792627862539/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=481098792627862539' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/481098792627862539'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/481098792627862539'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2011/01/les-mots-degout.html' title='Les mots d&apos;égout'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-1751539963744228905</id><published>2010-11-21T22:58:00.003+01:00</published><updated>2010-11-21T23:59:00.126+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Geôle</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/TOmWSWh-1MI/AAAAAAAABPQ/dltgsyOKyjg/s1600/manoug2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 301px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/TOmWSWh-1MI/AAAAAAAABPQ/dltgsyOKyjg/s400/manoug2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5542126058486027458" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;On nous aura enfermé là, pourpre parfum d’âme cardiaque. Beaux yeux noirs d’un être de thé. A une table d’épineux et une chaise de cordage. Entre des murs aux pans froids, rugueux comme le plan de nos jours rassemblés. Un grain ici de schiste, là de goudron séché, des miettes de facettes, des granules poreux. &lt;br /&gt;Nous serons enfermés toutes portes ouvertes. &lt;br /&gt;Avec au dessus de nos fronts levés un toit de palmes fraîches que nous ondoieront des zéphyrs dévoués et austères.&lt;br /&gt;Dans les tableaux béants, entre les parois sombres, le monde en son absence aura peint des bleus et des ocres variant au gré des arcs qu’entraîneront les coupes des heures élancées et des heures tombantes. Quelques forêts aussi aux conciliabules lointains et étoffés. Et quelquefois peut-être des esquisses dépouillées où nous pourrons deviner ce qui a vécu là, ce qui nous a mené, et, saurons-nous, ce qui survivra. &lt;br /&gt;Nulle route ne va à l’endroit où nous sommes. Toutes traces confondues par l’invisible mouvement des nappes de poussière.  &lt;br /&gt;Et confondus enfin nos sangs inconciliables, bouillant de tant de crimes. Calmés d’inquiétude. &lt;br /&gt;Corps apaisé du condamné qui a su accueillir sa peine. D’un rire qui le secoue pour agacer la gravité. D’une maigreur qui le soigne. Qui rapproche son os de son isolement. Qui renoue son geste aux servitudes de sa respiration. Qui raccroche sa nuque à la pliure pensive. Et remet dans ses mains une aiguille tranquille. &lt;br /&gt;Nous saurons dés lors comme nous les revoyons. Frêles poissons à plumes en quête de croissance, bouilles ouvertes à tout emplir en eux d’espace qui se tend. Aussi plein, de même, des destins antérieurs, de quelques hasards ironiques, de charmes expirés d’un courageux amour, et d’un œil ébahi, par delà toute plaie, dardé avec obstination sur le nombre et le chiffre aux fins sans solutions. &lt;br /&gt;Nous n’aurons à manger que si nous revenons, à force d’entraînement, sages fous d’ignorance, reconnaissant alors en espoirs de nos causes le joug du chant et du mot, oiseaux inutiles dans les airs pacifiés où s’endorment enfin les cauchemars prégnants.   &lt;br /&gt;Tout ici est si long, bien plus long que de perdre un signal parmi les galaxies. Et tout ainsi sera long. Insupportablement long. La mort sait quel sourire il faut nous adresser. Il peut arriver que nous le comprenions. &lt;br /&gt;Il n’y aura pas de gardiens. Nous pourrons nous enfuir. Et après… Pour quel asile. Pour quoi qui manquerait et ne soit pas ici incrusté dans la pierre ou tout autour dehors. Pour quelle foule. Pour qui dont l’oubli serait à craindre. Tout le monde est bien là. Les échos y sont encore mieux tenus et bien plus nombreux que dans tous les boîtiers électroniques. Tout le cours remonté jusqu’où se dissipent les rives. A jamais effilochées vers des forces primordiales dont un insu nous hante et l’autre fait défaut pour résoudre nos apparitions et nos disparitions. Et les répétitions.&lt;br /&gt;Pourpre parfum d’âme cardiaque. Linge de gaz transpiré aux trames constellées de fourmis codifiées. D’en nous l’ivre transport sur les chaloupes ballottés dont tanguent les alarmées, dont s’arment des armadas, dont coulent tant d’autres. &lt;br /&gt;Mais c’est fini de se mirer, cible microscopique, dans les dédales tamisés où se tressent les nœuds gordiens. Un trait ne suffirait à rien. Ne souligne plus. A devenir la tige, horizon dans le ciel, d’où pendent les lignes de milliards de formules. Où choisir en étouffant le hasard. Et tisserand stoïque, tâcher de dire encore quelque chose qui dort. Et n’aurait fait que ça.   &lt;br /&gt;Travailler à la tombe au dessus de tout ce qui vient. Travailler la flèche au doigt qui préfère hésiter. Travailler en dépit de toute vanité. Travailler la vitesse au pouvoir inversé. Travailler le sable dans les regards qui se taisent. Et seul cet instrument que l’on est de soi-même. Travailler les coulisses et le trouble de la scène. Au risque de s’évader de la partition. &lt;br /&gt;Beaux yeux noirs d’un être de thé. Bois l’eau teinté d’un corps nocturne. Nulle part où nous nous sommes rencontrés. Mais là ensemble entre ces murs où le désir remplace le ventre. Echanson économe de la moindre note. D’une cérémonie en gestes discrets. Et quelqu’après midi assis à contre jour dans un encadrement. &lt;br /&gt;Mon peu de moi en peu de chair de juste un autre battement. Mon autre pensé qui me fuit. Et me retourne mon silence. Mon autre enfin réduit au seul service de ma soif. Et au comptage du produit dont il me faut payer sans savoir d’une monnaie aléatoire un privilège dérisoire. &lt;br /&gt;On nous aura enfermé là. &lt;br /&gt;Rien ni personne. Sans appel. Sans recours. &lt;br /&gt;Parce qu’il ne faut pas tuer. &lt;br /&gt;Presque tout le reste est possible.&lt;br /&gt;Presque. &lt;br /&gt;Mais pas tuer.&lt;br /&gt;Qu’il vaut mieux se soustraire alors.&lt;br /&gt;Redescendre de l’or et des vents artificiels. &lt;br /&gt;Rien qu’un rire infantile dans la gamelle de fer.&lt;br /&gt;Et de claires tristesses dans un broc de terre.&lt;br /&gt;Ôter de tout malheur, dans le reflet chargé, les ajouts usurpés, les coiffures de cendres, les blessures d’emprunts, les attraits et les haines dérobées. &lt;br /&gt;S’il ne suffit d’être que soit déjà plusieurs à ordonner, lointain follet noir feuilleté, bouche ouverte à tous les gavages, cage courbée, cadeau de la nature, vieillard à rebours, fortune de boue, et qu’il faut trier là de quoi se présenter. &lt;br /&gt;Soit un refuge heureux. Une carte au trésor de fantasmes anciens. De contes invivables. Un atelier disais-je il y a trop longtemps. Le temps d’en enlever les autels superflus, les idoles grimaçantes, les vases d’épanchement, les machines à recopier, les caisses de conférences intimes, et tous ces bouts de marbre, de métal, de cristal, distraitement exhumés, statues de charnières réservées ou d’ordre sanctuarisé, à la notoriété obéissante. &lt;br /&gt;Variation sur un même thème.    &lt;br /&gt;Finalement, filialement même, d’un fil indéniable, et quoiqu’on en estime la quantité à l’aune jalonnée de fronts ensoleillés et de trébuchements, il se traîne bien ici quelque chose de vrai. Qui n’était pas là au tout début. Qui est parvenu à vivre aussi de tout ce qui était là avant. Et qui peut-être nous a dépassé. Et savons-nous bien ce qu’il pourrait s’en faire si nous rattrapions mieux le futur tant écrit dans les lettres que tant ont su écrire tous dieux en moins.  &lt;br /&gt;Nous ne manquons que de preuves. &lt;br /&gt;Non qu’il y en ait, un ou plusieurs. &lt;br /&gt;Mais que nous n’en ayons plus besoin. &lt;br /&gt;Ni de ça. &lt;br /&gt;Ni de preuves.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-1751539963744228905?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/1751539963744228905/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=1751539963744228905' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1751539963744228905'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1751539963744228905'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/11/geole.html' title='Geôle'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/TOmWSWh-1MI/AAAAAAAABPQ/dltgsyOKyjg/s72-c/manoug2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-5221263539527699476</id><published>2010-10-31T16:07:00.001+01:00</published><updated>2010-10-31T16:09:10.321+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Passerelle.</title><content type='html'>Qu'étaient donc les brumes de cette ère aux limites troubles que seuls dessinaient des choeurs murmurant, indénombrables et constants, flouant des vies et des morts les donjons poreux des peuples indécis avec les copeaux gazeux des peuples évidés.&lt;br /&gt;Une passerelle de bois et de corde. Une nacelle d'un passage aux tenants invisibles. Attaches diluées dans des bords voués aux confusions. Un métronome éolien scandant les plaintes des grincements d'une balance menaçante, les allants perdre, débris sourds de charnières, au dessus de mondes, de cités, de déserts. De jardins aussi. De corps endormis. Cruel, déjà, de gamins méfiants. Cruel, toujours, d'épuisements amarrés à des griffiers de roses.   &lt;br /&gt;En bas tous les vacarmes mêlaient leurs routines et leurs vitesses, leurs étendues scintillantes et leurs plaines sillonnées, leurs résilles fulgurantes et leurs pôles hérissés, en une immense couche de dédales survoltés, inquiets, conquérants, mystiques, avides, affolés.&lt;br /&gt;Et lorsqu’il avait levé les yeux, engonçant encore plus sa tête dans le col de sa carapace noire, il n’avait rien cherché de plus que le retour de ces fureurs vitales et mortifères. N’avait entendu que la syncope infinie du cosmos, indifférente. &lt;br /&gt;C’était une heure de plein jour. Une heure d’ascension rare dans une spirale évasive. Une heure où un bruit, une onde de choc peut-être plus violente que d’autres, un déchirement plus soudain parmi tous ceux dont s’accompagnaient les séismes ordinaires entre les foules mouvementées, avait crevé trop durement l’enveloppe tendue de son pas.  &lt;br /&gt;Il avait difficilement appris à ne plus s’arrêter. A ne plus s’arrêter que seul. Dans un recoin où son clos de membranes irisées puisse reprendre souffle, sang et chair. Où puissent se renouer les membres épars de son sommet d’arbre déphasé. Ou comme un animal honteux ils puisse lâcher les encres lourdes et les déchets poisseux qu’accumulaient en lui ses regards aux armes nues sur le meurtre innocent de pauvreté. Celle des possessions fétiches. Des appétits sans fond. Des frustrations tyranniques. Des fantasmes impotents.     &lt;br /&gt;S’il fallait renoncer à enseigner de soi, comme à apprendre au delà des mots de mots périphériques à peine assez éclos, aux tracés imprudents de science achevée, c’était d’un peu de rien, de sébile en sébile, qu’une autre monnaie pourrait, s’il le faut, payer quelques accords d’un commerce nouveau. Sous le manteau des vieilles peaux. S’il se décide qu’on reste assez ensemble. Mangeurs infortunés de sois dans le ventre amoureux, ou haineux, ou même impassible d’autrui. &lt;br /&gt;A ne plus s’arrêter qu’allongé réfugié sous les surfaces, à fleur de champs, d’étangs, sous le plancher, sous le marbre, ophélien éveillé écrivant du dessous ces secrets introuvables dont il ne faut connaître pour les éprouver, et qu’ayant rencontrés on peut alors transmettre pour pas plus qu’un anneau de fer et plus muets encore de tout bijou, de tout prisonnier, de tout esquif dansant une impatience au bout d’un plongeoir au dessus des bras d’une noyade amante. &lt;br /&gt;Sûrement qu’on avait commencé à apercevoir quelque chose dans le démembrement des madones aux vernis précieux. Dans la dissection des batailles épiques. Dans le chapeau du verbe mélangé. Dans le film inversé du futur au passé. &lt;br /&gt;Cependant, lorsqu’il avait levé les yeux, il n’avait rien trouvé d’autre que la grande beauté immobile qu'on mettait en partitions d’abîme selon des formules gracieuses, au nom d’une bulle glacée qui s’y trouvait sertie, peuplée de faims déraisonnées à réchauffer leur frayeur impudique d’être seul éphémère priant en négatif qu’autre chose existât.&lt;br /&gt;Mais rien qu’aimer et la distance redevenait insensée. Il l’avait difficilement appris aussi. Dans sa chimie intime entre l’âme et le couteau. Sa pensée aux contours de toiles écharpées. D’une parole coincée dans un goulot dilaté. D’un corps qui le quittait le sien propre ballant d’un nerf électrifié relâché dans le vent. D’une croyance autant et avant tout. Avant même qu’aucun commençât à compter des signes hypothétiques sous la voûte des nuits primitives. Avant les début dangereux de concevoir. Avant l’idée de savoir ce que c’est que comprendre. Avant le projet de la première pierre. Que la première statue irradiât des angoisses. Que les tous premiers fous inventassent leurs lois vaines pour encombrer les cieux et les cœurs. Combler le néant avec des prétentions de sabliers.&lt;br /&gt;D'une croyance échappée aux canaux historiques. L’eau qui ne peut tenir dans le creux de deux mains et qu’on puise pourtant pour la sentir filer dans un son délicieux de clavier déjoué. La croyance vêtue en reine mendiante. De moins que le prix d’une bille de verre que l’enfant fait rouler les yeux étincelants. De plus que les atours de châsses adorées dont se parent les morts usurpatrices. &lt;br /&gt;Il regardait, se penchant frêlement, à travers les fumées que son chœur composait, indéfini et persistant, filtrant des vies et des morts les messages embrouillés et les testaments oublieux. &lt;br /&gt;Les mains serrées sur la corde rêche de la passerelle. Bercé par l’ample et lente brassée des airs. &lt;br /&gt;Y avait-il eu un coup de fusil. Une sentence au fil badigeonné de faux or. Une marée de plus de peste méprisée. Un énième aboiement couronné. Une irruption de venin. Un versement de nouveau sur le compte crypté d’une bête immonde. &lt;br /&gt;Parfois il jetait un regard d’un côté puis de l’autre, vers chaque extrémité où s’évanouissaient le chétif ponceau de bois et de cordes. &lt;br /&gt;Il avait appris à attendre. Trop. L’elfe doucereux guettant à travers lui l’instance de l’ombre. La fatale effarante surveillant de même le follet consumant. Lui, curseur glissant, à peine retenu par l’un et à peine espéré par l’autre.&lt;br /&gt;Happé encore une fois par une heure interdite au tempo emmuré. Soustraction au continuum des jours à faire de tant d’actes notariés. De classifications. D’enjambées machinales à travers des champs mécaniques. &lt;br /&gt;Tirer sans faiblir les liens des origines. Les portées d’insectes hiéroglyphes. Les pages tombées de l’arbre. Les histoires de pluies aux minéraux invisibles. D’herbes sauvages. De vins renversé. De révolte. Jeter des filets vers l’avant. Agripper des décombres déjà là aux pointes qui dépassent les jauges insondées. &lt;br /&gt;Attendre que revienne, indispensable maladie du vivant, le besoin de plaisir, de jouir, d’exulter, comme un abcès lisse et vibrant, enflant entre les plis des défis où sont tapis les sexes, les frondes, les luisances révulsées, les embrassades, les aimants déguisés, les irrépressibles nécessités de preuves. &lt;br /&gt;Il est là. Un duel. Impatience primaire de connaître la suite. Au dessus du vide. Où jadis, mioche sur un fil suivant le bord du caniveau, il jouait à craindre de tomber dedans comme un oisillon et d'être emporté vers les égouts.        &lt;br /&gt;Devine-t-il un clin d'oeil d'un côté. Soupçonne-t-il un sourire de l'autre. Il n'y a rien ni personne qu'il envisage d'y voir se tenir. &lt;br /&gt;Hors de gravité. Sur un trait d'union hésitant. Avec autour de lui des colonnes de volutes qui gonflent, se déploient, se dressent au gré de courants insensibles, s'affaissent et se dissipent les unes dans les autres. Un ballet maréen. &lt;br /&gt;Il savait tenir. Un tableau fixé lors d'un moment déduit de toute l'existence, tout dit et tout à dire, tout su et rien pourtant, issue du plus lointain plein de tant de violence, et défaisant ses cercles astronomiques dans des mesures inconcevables. Quelques gestes d'esquisses d'un prestidigitateur font sortir d'une coque une fibule de plumes dans une vasque de fumigènes. Un laps de repaire dans les calendriers des combats. Le temps d'apprendre à dire il est toujours trop tôt puisqu'il ne se verse alors que des précipités. L'espace même déjà transforme les paroles. Et la question se tord d'une aiguille de plus. &lt;br /&gt;Décomposer sans réfléchi. Ce serait cet ordre retrouvé d'un temps qui rétablirait son besoin dans le réduit d'éternité où se meut tout ce qui vit. Tout ce qui a été. Tout ce qui sera. Entre l'histoire sans livres dont l'expansion produit d'étourdissantes rêveries et d'inextricables délires, et le bref parcours de l'espèce qui cherche à le lire, couvrir, sait-on, les murs de pages millénaires, d'odyssées interminables, de langues étrangères, de chimères mathématiques, de reliques outragées, des monuments de secrets qui demeurent ensevelis sous les rites supérieurs.  &lt;br /&gt;Les dos, reliures, les bras élargis en lutrin, et plus de dévotion les têtes envolées. Plus de sang, seulement un nouvel air qui s'évaporerait, langes de doublures pourpres tendus sans complaisance en cieux intermédiaires sur le si peu d'être présent, phare hébété dans la tourmente.&lt;br /&gt;Et savait revenir. Supporter devant lui la séparation d'avec le mystère nu. Puisqu'il y avait à faire, sans cesse, encore, et à marcher. Moins que devenir un de ces ballons aux formes reconnues de n'être qu'éclairées par de fausses curiosités. Une silhouette au fond qui passe réelle, et laisse après elle quelques phasmes de crayon à poursuivre ou à gommer selon les hésitations que s'accorde naturellement le pas du tout petit encore maladroit, encore prêt à trébucher.  &lt;br /&gt;Et savait revenir.&lt;br /&gt;C'était un parapet sur un pont dans la ville et les eaux grosses de la saison s'étaient mises à mousser.  Emulsion en un chant de folle soie aux essaims d'embruns. &lt;br /&gt;Les terrains tout autour remontaient le sertir dans leurs rouages scéniques. &lt;br /&gt;Il y avait une adresse dans le fond de sa poche.&lt;br /&gt;Il serait en retard. Peut-être.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-5221263539527699476?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/5221263539527699476/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=5221263539527699476' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5221263539527699476'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5221263539527699476'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/10/passerelle.html' title='Passerelle.'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-5529274740888374755</id><published>2010-07-24T21:29:00.000+02:00</published><updated>2010-07-24T21:30:19.002+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Courrier envoyé'/><title type='text'>Evadine</title><content type='html'>Aime un bain d'ombre vive au pollen de champagne&lt;br /&gt;sous les courants de l'air agaçant les feuillages&lt;br /&gt;le clou d'éternité que plante dans la nuque&lt;br /&gt;dans un laps pointillé, l'ironie d'un frisson.&lt;br /&gt;De ce même croc dur à la pointe sensible&lt;br /&gt;l'envie vient de tâter le pendu des séquences&lt;br /&gt;qui croisent en surface aux abords des fontaines&lt;br /&gt;glissant sur les bassins, cent pas dans les allées. &lt;br /&gt;Un feuilleté d'écrans aux mirages textures&lt;br /&gt;une lanterne bleue qui oscille sans tain&lt;br /&gt;hésite à avouer son envers ignoré&lt;br /&gt;détaillant à tâtons son bon gré de l'ivresse. &lt;br /&gt;L'envie vient de mater d'un même cristallin&lt;br /&gt;où bullerait sans âme un petit poisson noir&lt;br /&gt;le gras sous la peau âpre et l'atlas distordu&lt;br /&gt;qui sans géographie s'échinent à leur perte.&lt;br /&gt;Juste goûter un peu la part d'ange en sueur&lt;br /&gt;que fument les auras comme des lampes sourdes.&lt;br /&gt;Le sel et le jasmin qu'éponge l'air tremblant.  &lt;br /&gt;La racine et le fiel qui vont hanter les cimes.&lt;br /&gt;Trahir d'un intérêt la pluie de soi poudreuse&lt;br /&gt;qu'exporte sans mot dire le passant qu'avance&lt;br /&gt;son lent pas abusé par la ronde enfantine&lt;br /&gt;dans l'écrasant joyaux d'engrenages cosmiques.&lt;br /&gt;Jeûner de chair, jeûner du fluide et du métal&lt;br /&gt;dont la chimie sans foi a hasardé le coeur&lt;br /&gt;entre hurlements, peur, faim, et solaires angoisses.&lt;br /&gt;Larve nacrant ainsi sa coque de reflets.&lt;br /&gt;Aime rouler ainsi l'obscur colimaçon&lt;br /&gt;que la méditation entraîne au fond des crêtes&lt;br /&gt;longue main de serpents ondulant en calices&lt;br /&gt;d'une froide sagesse cueillant l'instant mort.&lt;br /&gt;Un différent d'un  autre ne font qu'un seul corps,&lt;br /&gt;et celui-là rongé, et celui-là énorme,&lt;br /&gt;celui qui paraît, là, celui qui agonise,&lt;br /&gt;celui qui va s'offrir et celui qui se garde,&lt;br /&gt;celui qui s'est éteint en sortant de la nuit,&lt;br /&gt;l'autre la prolongeant les armes à la main,&lt;br /&gt;celui qui va grandir à se cogner les reins,&lt;br /&gt;celui qui boite et l'autre qui penchait déjà,&lt;br /&gt;celui et l'autre et l'autre et celui qui se brûle,&lt;br /&gt;et l'autre qui s'en va, et celui qui attrape &lt;br /&gt;des papillons en boules tels des grêlons gris.&lt;br /&gt;Et peuple de débats en navettes fuyantes.&lt;br /&gt;Incessante étendue aux orbites chargés&lt;br /&gt;de boîtiers de pollen et de ricanements&lt;br /&gt;à boire tout l'alcool que retiennent les ancres.&lt;br /&gt;Puis toute pierre fond de son grain vulnérable.&lt;br /&gt;Rien n'est alors ici que ce regard qui tombe.&lt;br /&gt;Une main qui s'échappe vers la fin des âges.&lt;br /&gt;Et tout ceci ne fut qu'un évanouissement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-5529274740888374755?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/5529274740888374755/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=5529274740888374755' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5529274740888374755'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5529274740888374755'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/07/evadine.html' title='Evadine'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-6338017320225880655</id><published>2010-07-15T17:19:00.003+02:00</published><updated>2010-07-15T17:40:24.370+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>Une retraite ?</title><content type='html'>Retraite : voilà bien un mot qui, lorsqu’on se penche un peu sur ce qu’il signifie, multiple les acceptions dont on peut faire matière à débats et commentaires sur bien des sujets actuels, en surface, ou moins apparents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement le sens de ce mot pour qualifier le passage d’une personne d’une situation de travail rémunéré à une situation de simple pensionnée - on voit là que le caractère actif ou non est volontairement absent - peut ne pas sembler le plus intéressant dans un premier temps.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre de ces sens, très connu également, désigne, en langage militaire et par extension dans toutes circonstances où ce mouvement se produit ou en tout cas présente son alternative, le fait de se retirer des combats, de renoncer à avancer, de reculer face à l’adversité, de se replier sur ses bases, d’abandonner des prétentions, de céder face à l’ennemi ou à un contradicteur.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’en est-il alors d’une société qui, à force de politique et de combats démocratiquement menés, mais aussi de luttes violentes souvent légitimes et de patience heureusement couronnée, étant parvenue à se hisser, quoique toujours incomplètement, à des degrés d’équilibre et de prospérité inédit dans l’Histoire, et ayant construit petit à petit, génération après génération, la réalité d’un modèle reconnu partout, devrait, comme on le lui commande à grand renfort de précautions spécieuses et de sabir technocratique, se voir ôter graduellement toutes ses conquêtes sociales et donc aussi, fatalement, tout les points gagnés vers plus d’égalité et plus de liberté ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On demande à cette société de battre en retraite. Au nom de quoi ? Au nom d’une autre réalité qui aurait surgi entre-temps, tombée d’on ne sait quel calculateur d’essence divine, et qui dominerait désormais toute autre ? Non. Il n’est pas question de ce seul réel chiffré dont on veut assommer les esprits en clamant des sommes comme des anathèmes. Cette réalité, qui a créé ces chiffres en ce qu’ils peuvent avoir de vrai parfois et surtout en ce qu’ils ont de faux, n’est autre que celle, réarmée comme jamais depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, du pouvoir économiste. A souligner pour éviter toute ambiguïté : économiste. Pas économique. Economiste comme une idée ; une idéologie ; un dogme. Alpha et omega d’un système qui jouit depuis vingt ans d’être le seul à régner sur presque toute la planète. Omniprésent. Omnipotent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un pouvoir qui s’est acheté un à un, depuis des décennies, presque tout ce que les nations et leurs différentes organisations comptent de politiques. Par simples affiliations, voies naturelles de ses soutiens ancestraux, ou par chantage, tenant contre les moins accommodants les rênes de tous les marasmes. Un pouvoir qui continue à acquérir de plus en plus d’assurance dans toutes les institutions des Etats et dans toutes les institutions supranationales n’hésitant plus depuis longtemps à user de tous les modes de corruptions possibles. Un pouvoir dont les composantes progressent sans concertations – il n’y a pas de complot – mais bel et bien avec des intérêts et des buts semblables. Une caste dont la pyramide des membres n’est pas habitée par un autre esprit que celui de la féodalité et de ses archaïsmes. Les possessions sans les devoirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un pouvoir face auquel tout le politique, tout le démocratique, tout le social devrait battre en retraite. Vraiment ?  &lt;br /&gt;Un pouvoir qui a tiré de la surprenante évolution des technologies de l’information et des circulations des flux  ses nouveaux moyens d’atteindre un niveau global de supériorité sur tous les autres systèmes, établissant le principe financier à la fois le plus vaste et le plus dévoyé au dessus de toutes les autres forces qui participent au fonctionnement des Etats à l’intérieur d’eux-mêmes et entre eux. Un pouvoir qui dicte à l’obéissance apeurées des sociétés, par l’intermédiaire de son personnel politique, des lois dont la genèse n’a rien de démocratique et dont les rouages s’articulent entre dictats commerciaux et menaces de guerre, entre abaissement de l’organisation sociale et exploitation maligne de toutes les insécurités. Un pouvoir dont le brouillon existe et se répand déjà dans plusieurs pays, et dans de plus en plus de pays, sans véritables entraves, développant toutes les complicités nécessaires, infestant tous les lieux de sociétés, un pouvoir qui porte un nom, une marque, en principe réprouvés lorsqu’on y attache les étiquettes de la délinquance : la mafia.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Excessif ? Non. Pétrifiés par la crise financière, dont tous les économistes dignes de ce nom prévoyaient l’échéance depuis au moins dix ou vingt ans, les Etats, en Europe et partout ailleurs sous une forme ou une autre, sous contrainte des ravages, probables ou supposés dont cette crise menace toutes les structures sociales, sont mis en demeure de réformer. De réformer quoi ? Le système financier devenu sans foi ni loi ? Le fonctionnement des banques devenues de véritables casinos ? L’ensemble de la production de biens et de services devenu non pas un marché libre et non faussé comme on le prêche à l’envie, mais une véritable foire déréglée où la matière première humaine est mise aux enchères ? Non. Ce qu’il s’agit de réformer pour complaire aux exigences de ce système qui se prétend libéral – il faudra revenir sur ce mot usurpé – ce sont toutes les lois, toutes les réglementations qui, pendant plus d’un siècle passé, ont permis à la civilisation de bénéficier de plus en plus largement aux peuples, à leur épanouissement, à leur évolution. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est très exactement dans ce contexte que s’avance la désormais célèbre « Réforme des Retraites ». On peut en discuter du détail des tenants et aboutissants : c’est utile, c’est nécessaire. Mais s’il s’agit ici de promouvoir de nouvelles lois, autoritaires, uniformes, à seule fin d’attaquer un exemple de processus permettant, par le moyen d’une solidarité salutaire, à chacune et à chacun, de sortir d’une situation de dépendance salariale en bénéficiant d’une pension pour laquelle elle ou il  a cotisé durant des dizaines d’années, afin de consacrer le reste de ses années à vivre à des choix libres, personnels ou collectifs, dans le contexte ou cette réforme est produite, c’est inacceptable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle politique, telle que celle qui est menée dans notre pays, par celles et ceux qui la mènent, dans des conditions d’exercice régulièrement gangrenées par des comportements indignes, relevant de la tromperie, de la fraude, de toutes les compromissions recherchées par le pouvoir du capital auquel on a fait allégeance, peut croire disposer d’une légitimité quelconque à instruire une pareille réforme ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel Etat, dirigé par cette sorte de gens recherchant sans cesse le plus grand silence sur la spoliation des caisses publiques – combien de dizaines de milliards d’euros par ans ? – par ceux-là même qui prétendent tenir ce même Etat en laisse, peut croire à son aptitude à aboutir sans heurts, impunément, une telle réforme comme celle des retraites des salariés de ce pays ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retraite : se retirer du monde, des affaires, de sa profession, de ses activités. Sans doute, dans l’état actuel des choses le mot retraite a alors quelque chose d’inapproprié. Les évolutions de notre société, qu’ont permises notamment les conquêtes sociales et les ajustements de leurs répartitions, ont généré beaucoup d’améliorations des conditions de vie, bien que beaucoup aussi reste à faire dans plusieurs domaines professionnels. C’est le principal leitmotiv des contempteurs de la réforme des retraites, celui qu’ils ânonnent le plus volontiers, protestant d’une vision sur des réalités humaines quant ils ne sont animés que par des objectifs idéologiques.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est vrai qu’on vit de plus en plus vieux dans les sociétés actuelles. La notre est une des mieux placée dans le classement de ce progrès. Et de fait, aujourd’hui, de plus en plus, prendre sa retraite ne consiste pas à quitter le monde salarié pour terminer sa vie en se reposant de ses fatigues et en attendant quelques années que la mort arrive. De nos jours on vit encore après avoir quitté le monde du travail. On peut demeurer actif et se consacrer enfin tout entier à ses propres choix : famille, voyages, culture, sports, associations, amis, clubs, etc… Dans la limite de ce que permet la pension que l’on perçoit. De l’avis de toutes celles et tous ceux pour qui le bien-être d’une société doit être l’objectif premier de toute politique il y là même un vivier économique dont les ressources nouvelles manquent à n’être que peu ou mal exploitées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est vrai que le profil du salariat, dans beaucoup de profession où il a changé, et dans beaucoup de professions nouvelles, peut supposer que, pour des motifs divers, l’individu soit sollicité de prolonger sa carrière, voire même soit enclin à le vouloir de lui-même. Bien des données à ce sujet sont devenues mouvantes. Un certains esprit de liberté doit permettre, de façon mieux établie, d’assouplir loi existante. Pas de la modifier sur le fond. Le pivot de la loi doit demeurer l’âge buttoir de 60 ans. Mais le fait d’avoir commencer une carrière tardivement, ou de l’avoir interrompue, ou de vouloir se consacrer plus longtemps à sa profession, doit être pris en compte. Il faut articuler les textes autour d’un système de régulation des cotisations et des pensions dans l’idée que lorsqu’on estime qu’une carrière est administrativement complète tout supplément d’années doit se traduire par une augmentation de la pension perçue. Dans certaines professions, parfois fonctionnaires de l’Etat, comme dans l’éducation, on doit imaginer d’autres possibilité de prolongement de carrière ayant pour objet la nécessité tant négligée de transmissions des savoirs. Au choix et dans le but d’améliorer les pensions. Le principe de cette transmission des savoirs et des expériences étant d’ailleurs autour du sujet des retraites bien détestablement ignoré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est vrai également que les données de la pénibilité au travail ont été modifiées dans le bon sens dans bien des situations de travail. Mais ici on touche au point peut-être le plus sensible. On meurt toujours au travail dans notre pays. Et dans bien d’autres comparables pour ce qui est de l’organisation sociale.  On meurt de maladies comme celle due à l’amiante. Dans des conditions épouvantables. On finit sa carrière le corps déformé ou en partie détruit. Pour des causes auxquelles aucune politique ne s’est fermement attaquée : presque toujours pour des raisons… économistes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir on rappellera que la retraite est aussi une mesure d’office, bien que ne disant pas son nom, dont souffrent aujourd’hui des millions de personnes sans emploi, sans plus de perspectives d’en retrouver, déconnectées du système, sans formation : des gens retirés du monde du travail, contre leur gré, et sans échéance d’un retour possible. Puisque dans les sphères des grands calculateurs d’essence divine on aime les chiffres, peut-on imaginer que prochainement on s’y livre au calcul de ce qui manquent ici comme faramineux montants de cotisations. Au cas où une partie substantielle du déficit s’y trouverait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retraite : lieu où l’on se retire. Oui c’est également un lieu. Quel forme aura le lieu où une société, qui aura renoncé aux supports de sa civilisation, aura fait retraite ? Quel monde habitera cette société, dépouillée par morceaux entiers de tout ce qui s’était construit, élaboré, projeté, pour que chacune et chacun y trouve de quoi se fabriquer son bien-être ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-6338017320225880655?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/6338017320225880655/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=6338017320225880655' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6338017320225880655'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6338017320225880655'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/07/une-retraite.html' title='Une retraite ?'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-6646233162566857345</id><published>2010-07-14T17:19:00.005+02:00</published><updated>2010-07-14T17:33:38.190+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Courrier envoyé'/><title type='text'>Fleur dedans</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/TD3WqMM4CII/AAAAAAAABOw/eIEH7jb41Kk/s1600/barbeles.gif"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 260px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/TD3WqMM4CII/AAAAAAAABOw/eIEH7jb41Kk/s400/barbeles.gif" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5493783140779952258" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Voit la fleur exhortée sous la lune  glaciale&lt;br /&gt;Soudain crachant du fond de sa gorge cruciale&lt;br /&gt;Stridentes étincelles jetées au néant&lt;br /&gt;Les derniers mots conçus en un terreau puant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soudain comme une panse gonflée d'avortons&lt;br /&gt;Pressés en grappes molles d’inaudibles sons&lt;br /&gt;Qu'aurait multipliées trop de clameurs fécondes&lt;br /&gt;Avant de les enfouir pour les soustraire au monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soudain comme un hoquet surgi d’un ventre énorme&lt;br /&gt;Lâchant en gargouillis au bout d’un tube informe&lt;br /&gt;Mille petits cadavres au ciel propulsés&lt;br /&gt;Bulles brisées dans l’air de leur cris convulsés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voit la fleur exhortée sur son bulbe pourri&lt;br /&gt;Que trop d’horizons sourds ont cru avoir nourri&lt;br /&gt;Réfugiée sur le flanc d’un paysage en fuite&lt;br /&gt;Dans un trou de marais où la peur l’a conduite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que trop la cadence à tous âges opprimés&lt;br /&gt;La scansion funéraire sur le sang brimé&lt;br /&gt;Balancier d’une loque entre des bords murés&lt;br /&gt;A contraint aux parades pour pouvoir durer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que trop les psaumes froids des oracles blanchis&lt;br /&gt;Mécaniques prophètes aux voix dégrossies   &lt;br /&gt;Exonérés de l’âme et du pouvoir des morts&lt;br /&gt;Ont contraint au spectacle de crasseux remords.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voit la fleur exhortée hors son fort angoissé&lt;br /&gt;Etaler de sa foi en doublures froissées&lt;br /&gt;Les robes élimées qui vêtaient sur la scène&lt;br /&gt;La comique vertu et le tragique obscène. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etaler de sa foi des remugles boueux&lt;br /&gt;Dont l’élégant apprêt d’un bord gélatineux&lt;br /&gt;Tient déjà l’or premier avant qu’il ne devienne&lt;br /&gt;De fortune de tout la fortune des hyènes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etaler de sa foi les lambeaux compromis&lt;br /&gt;A tresser dans le nerf du tangent insoumis&lt;br /&gt;Les courants policés aux gracieux artifices  &lt;br /&gt;A la chaîne vomis par des hydres offices. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voit la fleur exhortée à mourir d’elle-même.&lt;br /&gt;A genoux voit la fleur et sent le néant blême&lt;br /&gt;Remonter de sa source en chaos sporadiques&lt;br /&gt;Rampant d’une torpeur aux anneaux liturgiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A genoux voit la fleur où l’étau se resserre&lt;br /&gt;Comme la faim avale en elle l’univers&lt;br /&gt;Laissant la rage folle aux mains de barbelés&lt;br /&gt;N’être plus même un mot qu’on pourrait épeler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A genoux voit la fleur et dans la nuit criante&lt;br /&gt;Entends ses sœurs faner et leurs cendres brillantes&lt;br /&gt;Au livre s’arracher, de la parole fuir,&lt;br /&gt;Et la lune glaciale indifférente, luire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-6646233162566857345?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/6646233162566857345/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=6646233162566857345' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6646233162566857345'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6646233162566857345'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/07/fleur-dedans.html' title='Fleur dedans'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/TD3WqMM4CII/AAAAAAAABOw/eIEH7jb41Kk/s72-c/barbeles.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-6818789997597249843</id><published>2010-06-29T21:16:00.003+02:00</published><updated>2010-06-29T21:25:25.118+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Hordelou'/><title type='text'>Hordelou (La fuyante inconnue &gt; extrait)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Ne plus servir à rien. Ne plus être utile à quoi que ce soit. Penser que ce que j’entends ne m’est pas destiné mais ne fait que passer par moi pour joindre ce que mon soupçon et parfois mon espérance imagine par delà les hautaines profondeurs qui me délaissent. N’ont rien à faire de moi. Et qu’est-ce encore que penser cela.&lt;br /&gt;Le décalque d’un tracé aux traits grisés qui se multiplie au dessus du réseau hérissé d’appels ou de cris ou de conversations que la distance étouffe, de claquements de portières dans la rue, de clameurs confuses dans des flaques de divertissements, de moteurs dont le dos du ronronnement émerge ça et là sous la fine couche d’une sérénité nue, tiède et mutique. Indifférente. Sans expression.&lt;br /&gt;Des criaillements d’oiseaux hargneux font quelques éclaboussures. Des braillements, quelques tâches.&lt;br /&gt;On brave de l’ennui, des fatigues, des énervements, en traînant dans les jeux d’ombres des appétits languides, des soifs d’entêtement.&lt;br /&gt;Quelques uns, sur le dessin au graphisme de fusain qui émiette sa matière plumeuse, cherchent une autre marche. D’autre fils comme ceux-là, résidus de charbon, peut-être en sont. Sans efforts. Sans un geste. Sans un mot. Comme un peu mort pour se laisser emporter.&lt;br /&gt;Cœur n’est plus pour moi, ô mon théâtre de rires drus. N’est plus à moi. Empilements de caisses, de boites et de meubles. De jardins et d’heures de départ. De quartz rectilignes aux boitements luminescents.&lt;br /&gt;Scellé dans la pierre contre laquelle vomit perpétuellement la gueule rageuse du flot épais et souverain, d’un anneau de fer corrodé et qui plus que tout, depuis tous les débuts, signe la solitude et l’abandon de ce qui nous attend et ne nous a jamais vu arriver. A peine aperçu. Sous les toges dépenaillées de quelque fin de nuit.&lt;br /&gt;Ou si nous arrivons et que cela nous voit, déjà nous avons cessé.&lt;br /&gt;A la pointe de tout, d’autres auraient dit du monde, ton miroir tourné contre ton image déshabillée, vers le futur entrant dans sa surface liquéfiée, les yeux décolorés d’il y a mille ans, cent mille, une heure, seconde qui meurt et son essaim laborieux. Sans état d’âmes.&lt;br /&gt;Un moment que tu crois brusquement arrêté. Déjà happé. Un brusque moment d’arrêt au couperet transparent. Et quoi d’éternité de toi qui se poursuit infiniment et indifféremment tiré des fureurs primitives.&lt;br /&gt;Les frondaisons de pierres et de toitures noires se sont inclinées les une sur les autres au dessus de toi. Bouches béantes, têtes renversées, vides de son, mâchoires tombantes en pelle à ramasser tous les maux que les airs transportent, égout au fond duquel les travaux organiques mènent leurs puantes activités.&lt;br /&gt;Tu comprends les pudeurs meurtrières à ne pouvoir s’ôter aucune part même morte. Défuntes hardes aux sanctuaires sublimes. Règnes aux arraches d’acier tendu prolongés de refaire en toute innocence d’écrins allongés en ligne dans des parcs dont la terre digestive transforme les grâces défaites ou avortées.&lt;br /&gt;On ne s’assassinerait pas assez penses-tu.&lt;br /&gt;Un fou à rire braqué dans la rainure du ciel entre les arrêtes comme une gaffe de trolleybus. Rien d’autres aux grains hérissés des pattes prises, chacun, dans sa toile collante, empêtrés dans ses fils chagrins. Pendant de filins de cuivre, de fréquences électroniques. Un intestin de ver qui fait sa guerre à même le trottoir.&lt;br /&gt;Tu comprends les armes haïes et tu hais les combats vains jamais tentés.&lt;br /&gt;Les destins ou leurs doublures qui pondent des perles informes dont se déparent toutes les vues jetées vers les illusions.&lt;br /&gt;Patience quelquefois pitoyable de ce qui ne sera peut-être pas cueilli.&lt;br /&gt;Tu comprends la fuyante. Tu interroges la pièce vide. Un rien qui naîtrait d’un instant d’égarement du temps. D’un hoquet. D’un craquement. D’une erreur de calcul. La semence d’une fleur d’oubli. La goutte d’une eau vierge. Un pleur lavé de tout cri.&lt;br /&gt;Du côté inverse d’un certain jour tu considères de même la possibilité de redescendre dans la dépouille hagarde d’une histoire qui se serait débarrassée. Un double tueur. Délicat étrangleur. Orfèvre écorcheur. Méticuleux dépeceur. Esprit de chirurgien. Doux travail de couture aux aiguilles chercheuses.&lt;br /&gt;Revenir en insu. Reconquérir le cours. Réinvestir la forme. Repartir d’un trait droit de crayon simple hors du fouillis damassé. Maigre ligne qui marche en enjambées étroites. Filigrane d’une voie qui ne demande rien.&lt;br /&gt;La fuyante inconnue. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-6818789997597249843?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/6818789997597249843/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=6818789997597249843' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6818789997597249843'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6818789997597249843'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/06/hordelou-la-fuyante-inconnue-extraits.html' title='Hordelou (La fuyante inconnue &gt; extrait)'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-325483632176288636</id><published>2010-05-31T22:03:00.002+02:00</published><updated>2010-05-31T22:14:04.111+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Hordelou'/><title type='text'>Hordelou (Guetteur &gt; bribes)</title><content type='html'>C’est une poudre fine. Une fumée levée d’une eau de terre blonde. Un souffle de chaleur qui agrège un sable de cendre filtré des mausolées où sommeillent des princes. Cela dort. Et tu regardes. A l’ombre caressée des grands arbres remplis de clins d’yeux miroitants. C’est un méandre d’un cours invisible à l'écart des fournaises dont les rumeurs lointaines lui sont  demeurées étrangères. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est plus un tableau, ni de toi, ni de rien, ni de lui, de cela, qu'un souffle sous la toile fait respirer d'une insensible vie comme la trace infiniment muette, infiniment éloignée, perdue et qui perdure pourtant, infiniment tendue, pseudopode fébrile vers les grandes vallée désolées, la trace inconsolable d'innocente puissance réduite en solitude. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Guerrier sans lame et sans larme. Cherchant dans un repos qu'il travestit de marbre les sérénités folles d'ancêtres impalpables. Dissimulant sous sa paupière à peine tremblante les songes dérobés aux orfèvres auteurs. Un bras plié en aile nue, empêchée, reposoir de sa tête enclose de silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des voix au delà des flots qui tonnent, vocifèrent, se moquent. Des voix. Celles qui ont dévoré déjà son devenu. Gavé de plomb ton désir. Emmagasiné des petits chants entêtés par dessous tes croissances advenues dans des invitations à céder. Celles qui t'ont acheté les beaux habits du monde où l'on se meut en pardessus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les corruptions des réponses précipitées. Les vilains entendements. Les sagesses notariales. Les maîtres de banques aux morgues souveraines qui ont partout commis le rapt des promis contre de sales gloires. Les renonciateurs qui versent dans les yeux des étoiles de suie. Les sacrificateurs qui cuisinent les coeurs pour les soumettre aux lois de totems vampires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu vois. L'île dérive. Arrachées dans la fureur de fractions de siècles introuvables aux landes qui se poursuivent en tumultes d'empires. S'attachent et se défont en désastres avides. S'assemblent et se lassent en quête de néant. Se mêlent et s'assassinent pour des dévotions de glace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et tu t'inclines encore, aube après aube, préparé chaque nuit, chaque matin de moins sous ta peau qui gribouille, dans l'indécente foi que l'enfance t'a léguer, que tu nommes parfois avec étranglement, reliquat de ton heure où tout a pris sa forme où tout s'est déformé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu guettes. Les passages des radeaux,  mastabas aux codes érodés, que les courbes du cosmos font paraître par saisons devant toi. Tu tritures tes détresses avec quelquefois, dans certains laps d'ennui plus vacillant de torpeur que d'autres, ce soin maniaque où tu déplaces, où tu replaces, sur un autel imaginaire, un petit peuple d'objets inutiles, aux origines effilochées, que tu ne sais plus comment garder, pourquoi jeter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était un parfum. Et il te rit de là-bas, sur un visage serti dans le givre précieux d'un matin de janvier, à la vitre contre laquelle l'haleine s'affole. Tout avait les apparences des choses simples et ordinaires. Tout commandait seulement d'être là. Le temps à venir n'était que passerelles dans la brume vers des lieux décalqués et leurs cocons gentiment grimés en communs accessibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un poisson agonisant, étripé dans une nuée clandestine, pour y traquer le froid dont toute vie s'effraie. Ou s'accommode. Ou s'enfuit. Ou se délivre. Ou s'absout à l'aide des règles d'un jeu d'images arlequines. Tu lisais jusqu'aux odeurs de la putréfaction. Ton sommeil plongeant reculait dans les fosses marines. Ta peur curieuse frémissait d'horreur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une saison de lave écrasait les chemins. Tu allais comme vont les aveugles pensées. Fluettes et penchées pour qu'on ne les voit pas lorsqu'il se croisait ici et là de joyeux prisonniers de l'extérieur béat. Quoiqu'il en soit tu existais si peu. Pourquoi tout déranger sur les pas sans empreintes d'une pente ordinaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les statues de demain n'ont figures de rien. On a cherché à voir et on a pas fait plus que propager un mode conjuratoire pour mimer l'insondable et le collectionner. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cela seul survit l'invocation des oeuvres fluides et encore innommables. Dont tout est espéré dans l'anse sans matière qui se tient en repos suspendu dans un galop saisi sur un gouffre grouillant. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Poussière de porcelaine. Vapeur des landes fécondes. Paroles étirées le long de durées légendaires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, le réceptacle. Une paume bagage emplie d'un grain d'ambre dans la résine desquels des filaments corpuscules sont figés depuis le début du temps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En liras-tu un jour le chiffre épanoui dans ta bouche chantante. Sentiras-tu leurs entrelacs se dérouler et danser dans ta chair. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sentir de cet état qu'on dit être folie, où tu te presses à être une fontaine pauvre, une pâture de caillasse, un repas de bois mort, un lit de sang séché, déguisant sous l'aride l'âge délirant d'une liqueur en fusion qui deviendra éther ou retournera au fossile pour autant que le ciel n'a rives ni regard, outre quelques étapes dont les bords spéculés sont des jouets fascinants qui jamais ne suffisent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-325483632176288636?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/325483632176288636/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=325483632176288636' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/325483632176288636'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/325483632176288636'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/05/hordelou-guetteur-bribes.html' title='Hordelou (Guetteur &gt; bribes)'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-7296895234188324085</id><published>2010-05-05T22:51:00.002+02:00</published><updated>2010-05-05T23:04:35.398+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>Démocrate imparfait</title><content type='html'>Publiquement parlant il n’y a pas d’être parfait. Celui qui cherche un être public parfait cherchera en vain. Néanmoins s’il veut absolument en trouver un, par cet étrange besoin de dépendance dont souvent les libertés, y compris les plus intimes, sont obérées, il en trouvera un. Ce sera quelqu’un dont la publicité faite autour de lui et souvent par lui-même, dans un cercle restreint ou plus large, promouvra une personne qui dans ses convictions, ses croyances, sa démarche, son combat idéologique ou purement politique, aura donné l’illusion de représenter une possibilité d’idéal. Ce qui serait encore la moins menaçante perspective. On sera aussi bien en présence d’une personne dont le projet réel sera masqué par les artifices de la communication, les moyens de la duplicité, les arguments du clientélisme. Dont la vassalité aux intérêts qui le délèguent sera à grand renfort de procédés séducteurs, dissimulée plus ou moins durablement par les manières adroites d’un discours et d’une posture.  &lt;br /&gt;Dés lors il ne manquera plus que deux choses à qui voudra se convaincre que cette personne est parfaite. D’une part atténuer, édulcorer, voire nier totalement le bien fondé des critiques négatives qui la concerneront. D’autre part soutenir, appuyer, exalter, tout ce qui sera susceptible de renforcer sa supposée dimension supérieure.    &lt;br /&gt;On peut préférer être trompé au bénéfice d’un éblouissement dont les consciences plus ou moins formées sont si anciennement et si constamment friandes. &lt;br /&gt;De même, il n’y a pas de système politique parfait. Le célèbre aphorisme primo ministériel d’un illustre Britannique fumeur de cigare est dans toutes les mémoires. Et donc la démocratie n’est pas un système parfait.   &lt;br /&gt;C’est d’ailleurs cette imperfection de tout système qui, appliquée à la démocratie, en fait à la fois un objet de nécessité et un objet d’insatisfaction. Une option qui perdure et qu’on malmène. Un choix qu’on confirme et qu’on discute. Un principe où on voudrait voir ici plus d’autorité du pouvoir sur le peuple, et là plus d’émancipation du peuple par le pouvoir. Tant on a vu dans l’Histoire une société se soumettre à la force ou une autre se soulever contre un état. &lt;br /&gt;Et c’est cette imperfection de la démocratie qui permet encore, de nos jours, dans bien des endroits du monde, qu’un sauveur, qu’un être providentiel, porté par l’impatience populaire et par quelques groupes flattés et avides, aidé de puissants moyens, armé d’un aplomb persuasif, parvienne au gouvernement d’une nation. &lt;br /&gt;C’est que la démocratie ne peut donner que ce qu’elle a. Et la démocratie n’a pour vivre, pour exister, pour s’affirmer, pour progresser, que des citoyennes et des citoyens.&lt;br /&gt;Ce qu’on dit en un mot être le peuple. Vocable massif et redoutable. Entité inquiétante. Ensemble opportunément unifié pour lui attribuer puissance ou faiblesse, majesté et inconstance, violence infantile, maturité de circonstance. Destinataire de la parole politique dans tous ses déploiements, ses emprunts aux arts de la rhétorique, ses recours aux talents tribuniciens, ses capacités à expliquer, à convaincre, ainsi qu’à s’arranger de la réalité des choses, à broder des promesses, à flatter les idées et les instincts, à enrober des visées rigoureuses, à travestir des perspectives sombres.&lt;br /&gt;Et si cela ne fonctionnait que parce que le peuple, à force d’être considéré comme tel, s’était laissé prendre au jeu. &lt;br /&gt;Dans un mouvement sans doute ancien, qui s’origine dans les rapports qui ont longtemps régi les relations des peuples avec les gouvernants, et dont l’avènement des démocraties n’a pas encore su débarrasser les liens des personnes vis à vis des autorités politiques, les citoyennes et les citoyens oscillent continuellement entre le rejet de leurs représentants, élus ou nommés par les élus, et leurs soumissions ambivalentes et répétées à ces mêmes corps de représentants dont il leur semble que le contrôle leur a définitivement échappé. &lt;br /&gt;Dés lors l’imperfection majeure de la démocratie reste ce qu’il en est de l’imperfection de tout système basé sur l’absence, volontaire ou non, de regard des citoyennes et des citoyens sur le fonctionnement des autorités politiques. Et, au mieux, lorsqu’il y a regard, venant de la presse, de certains milieux intellectuels, de groupes d’opposants, le sentiment que tout constat de dérèglement, de mésusage, de fourvoiement, et même de trouble ou de malversation, se bornera à initier une de ses affaires qu’on jettera en pâture à l’opinion publique en agrémentant éventuellement la polémique de nouveaux projets de contrôles, de nouvelles mesures de droit : déclarations ponctuelles rarement suivi d’effets, ou si tel est cependant le cas, rarement efficaces.&lt;br /&gt;Il est commun de se méfier de tout ce qui est contrôle. Ici encore, un esprit de liberté souffle d’une incertitude qu’on favorise au mépris d’une rigueur certes contraignante, mais sur quoi il est évident pourtant que la complexité de nos sociétés peut de moins en moins faire l’impasse. &lt;br /&gt;Il est tout aussi commun, malheureusement, que le dépérissement de l’exigence démocratique, tant qu’on consent en outre à ce que la puissance publique demeure, comme elle l’est devenue, soumise au primat économique le moins réglé qui soit, s’accommode de peu de contrôle, ou, lorsqu’il y en a, du peu de conséquence qui en résultera, dans l’idée que le principe de la libéralité permise aux échanges financiers et commerciaux, et adaptée à la gestion de l’Etat, ne doit pas voir entravées ses capacités de productions de richesses par des excès de lois.   &lt;br /&gt;Le paradoxe de cette situation c’est qu’elle n’a pas occasionné une diminution du volume du droit dans nos sociétés mais qu’elle en a sur-développé la masse jusqu’à en rendre l’exercice si long et si complexe que l’occasion d’y échapper devient courante et davantage possible, bien sûr, pour ceux qui peuvent employer à force d’argent ou de connivences les professions utiles pour s’en défendre.  &lt;br /&gt;Dans cette ambiance de corruption, latente ou confirmée, ce n’est pas rien de voir comparée dans diverses publications la fraude des uns avec celle des autres. La fraude aux prestations sociales, accessible aux catégories de personnes concernées et à quelques trafics d’ampleur locale, et la fraude fiscale, exploitée elle aussi par certaines catégories de personnes ou de groupes de personnes. Comme si en reprochant l’une et l’autre on induisait l’idée d’une insaisissabilité générale et que finalement, sauf à ce que d’aucuns se fassent prendre, les deux s’autorisaient tacitement et mutuellement. &lt;br /&gt;Le désintérêt de la chose publique, dont  on a rendu de plus en plus vain d’en attendre assez de justice, dont on a rendu l’appréhension fastidieuse, dont on a négliger d’en enseigner les formes et le fond dans les écoles, les collèges et les lycées, est aujourd’hui le fond électoral le mieux et le plus déplorablement partagé par les personnels politiques. &lt;br /&gt;Ce désintérêt, aménagé dans les arcannes des voies transversales par ou transitent tous les trafics, bénins ou plus franchement délictueux, toutes les accroches promotionnelles des adresses aux clientèles, et tous les épuisements des êtres votants qui ne mesurent plus que des niveaux d’impérities, désincarne la démocratie.&lt;br /&gt;Réincarner la démocratie consiste à en renouveler les exigences. L’exigence. Et donc cela consiste en ce que la citoyenne, le citoyen, s’y emploie. Il n’est pas fatal que tout pouvoir soit impossible à réformer. Il n’est même pas sûr que certains de ses représentants n’en aient pas la volonté. Mais si, dans le projet de renouveler la démocratie, les citoyennes et les citoyens ne s’approprient pas les moyens de muter les liens de dépendance entre eux-mêmes et les gouvernants, il est peu probable que les gouvernants, dépendant avec ou sans consentement d’intérêts qui échappent à la chose publique, deviennent ou redeviennent leurs représentants.&lt;br /&gt;Et sans rechercher en cela la perfection, mais plutôt en ayant à l’esprit de progresser, comme tout système le peut et comme la démocratie le doit, savoir peut-être ne pas viser le bien, toujours propice à des débats où la métaphysique se trouve invitée par certains moins pour nourrir les échanges que pour en obscurcir la portée. Mais viser le mieux. &lt;br /&gt;Il y a là évidemment une question de temps. Et le besoin d’une juste  pédagogie du temps. Sans des ambitions politiques imprégnées de ces questions de temps et de progrès il n’y aura guère d’évolution satisfaisante pour l’avenir de la démocratie.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-7296895234188324085?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/7296895234188324085/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=7296895234188324085' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7296895234188324085'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7296895234188324085'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/05/democrate-imparfait.html' title='Démocrate imparfait'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-467719004867231429</id><published>2010-04-29T00:21:00.002+02:00</published><updated>2010-04-29T00:33:17.247+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Meurt beauté</title><content type='html'>Tu n’es jamais descendu au fond des grandes citernes aux cylindres étincelants. Si étincelants que cela éblouit toutes les lumières.&lt;br /&gt;Tu n’as jamais sondé d’un songe assez délié, d’une pensée suffisamment délivrée, cet abîme où la chute ne se cogne à  rien. Où tu reposes à moitié évanoui sur le dos d'une main qui t'aspire dans son élan, l'aile affolée, entraînée, retenue, au dessus des tourbes tombales. &lt;br /&gt;Tu es là : les deux pieds vissés, dévissés, sur les bitumes, les dalles en terrasses, des marbres vulgaires. Et des tempêtes antiques, des fureurs gracieuses, des glacis de charmes, des lames d'élégance, font toutes tes saisons. Les éclats poinçonnant de nature innovée, d'elle-même ou d'ailleurs, t’environnent sans orgueil dans leurs draps aux feuilles tranchantes.&lt;br /&gt;A leurs lentes parades, aux passages aiguisés de leurs vives splendeurs, s'enfle en toi une faim d'en vivre et de bien pire. &lt;br /&gt;C'est du derme tendu sur du souffle trop pur. De l'astre rayonnant d'un continu prodige. &lt;br /&gt;La valse sans verrou d'ellipses couronnées. C'est une chair plus soumise que toute oeuvre à répandre infiniment le grain ensorcelant d'un voeux contre le temps. D'un voeux seulement monnayable d'une mémoire cruelle, ou du portrait maudit de noirceurs absolues et de toute façon absoutes. Lâchement pardonnables. &lt;br /&gt;Tu testes ta larme, sulfure d'entrailles blême, sur le séjour de ces rêves. Ainsi que les sabots de tant d'apocalypses sur un pays couvert de blondeurs sereines. &lt;br /&gt;Car tout est guerre à boire dans ta puanteur pauvre qui ne peux si souvent se repaître que du savoir  désertique des morts.&lt;br /&gt;Tu étouffes et d’un coma de pierre resurgit de nouveau ton souffle écorché. Tu sais la toile peinte en opéra céleste en danse oiseleuse en film révélateur en poème sanguin en livre d’altitude. &lt;br /&gt;Et puis l’être vivant presque insupportable. &lt;br /&gt;Et un venin secrété comme contrepoison. &lt;br /&gt;D’une gueule saurienne qui embrouille de sa boue ta bouche vide d'appel vers la cime épinglée, enclose comme un tamis sévère, avaricieux. &lt;br /&gt;D’une écaille gluante à la corne jaunâtre qui court sur ton échine avec des sursauts de dorure pour grimer le reptile.&lt;br /&gt;Jusqu’une connivence derrière un paravent pour glaner la créance usurpée d’une obole éclatante pour un gosier de cailloux peut-être polis. &lt;br /&gt;Tu peux attendre, pêcheur pendu, tourné vers l’autre rive au bord de laquelle s’élèvent incessamment des mausolées impénétrables. Ta carne vieillissante comme un voyage décomposé qui t’aura usé sans jamais te caresser. &lt;br /&gt;Si tu le peux, si tu as su vouloir apprendre à le faire, tu rempliras toi-même les eaux de ce fleuve. &lt;br /&gt;Tu ouvriras sur les territoires de l’horizon les pans du livre où tout est déjà écrit à l’envers des pages et sur la question des autres tu laisseras enfin fondre tes blancheurs muettes. &lt;br /&gt;Rassure-toi, détrompe-toi, tout est déjà dit. Sauf peut-être quelque chose qu’on ne sait pas encore. Tout a été prononcé. Il n’y a qu’un angle sur la circonférence rituelle d’une roue qui puisse te sauver des psaumes. Ou un meurtre que nul n’aurait jamais commis. Quelque amour, de même, que nul n’aurait osé. N’en déplaise aux progéniture divines. &lt;br /&gt;Voilà donc la profondeur où l’œil te perd et où s’établi ton carré de graines sèches.  &lt;br /&gt;Le lit de racines et de couvaisons d'où tu commenceras à comprendre la mécanique démarche de temple de ce beau qui ne foule que des tapis de roses. L'ensevelissement d'où ton désir débarrassé de révérence et de dévastation pourra toucher de sa pointe vive, de sa douleur aiguë, le sens de ce drame qui s'ignore. &lt;br /&gt;Tueur, quelque soit, au bout du compte, l'arme choisie. &lt;br /&gt;Une poigne cyclonique attrapant furieuse des brassées de fleurs maléfiques. Une dague d'Alexandrie perforant délicatement la cage d'un tyran odieux. Des mains d’ocres argiles impressionnant leurs paumes des traits de perfections insolublement indemnes.&lt;br /&gt;Il faut que tu sentes, tu sais, cette apesanteur qui résulte de n'être plus ni mort ni vivant. Ni ici ni nulle part. Ni chair ni rien. Ni silence ni rien non plus. Ni espérance ni mémoire ni rien d'autre. Si tu veux un jour voir ce que tu vois. Surtout si ça doit être beau. De beauté. Beauté. Ce qu'il est toujours misérable d'en dire. Imprudent de croire si ça n'en est pas. &lt;br /&gt;Voir d’une vue réalisable.&lt;br /&gt;Voilà, tu arrives à l'orée. Avec ton courage tenu de ceux qui savent qu'on va les fusiller.&lt;br /&gt;Tu n'as plus qu'à laisser faire.&lt;br /&gt;Te laisser descendre au fond des grandes citernes aux cylindres étincelants. Si étincelants que cela éblouit toutes les lumières.&lt;br /&gt;Lancer ton fil d’un songe, d’une pensée, à travers cette abîme où la chute ne se cogne à  rien.   &lt;br /&gt;Cesser de n’être que le spectateur contingent d’objets dormants dans des chambres closes en toute transparence. Ne plus se satisfaire de soi, une cour superstitieuse de fronts et de poussière. &lt;br /&gt;Il est un temps pour revoir encore passer le héro éblouissant que le courant emporte et dont le souvenir torture des vers faméliques. Et il en est un autre qui maigrit devant nous pendant qu’on l’indiffère en visions pusillanimes. &lt;br /&gt;Il est un temps pour s’adosser au pieds des cariatides en quémandant les miettes des festins mythiques. Et il en est un autre, authentique éternel, qui tombe d’un versant en fuite en nous tendant son fil qui flotte chaque soir dans le même feu comme une mèche souffrante.    &lt;br /&gt;Espion des circonvolutions où s’égarent tant de spéculations sur des sentences confortables, sur des peurs appropriées, sur des vestiges réincarnés, sur des prières exsangues, que craindre de s’allonger, marin encordé à son gouvernail, sur le dos de cette main qui plonge son aile lente et folle vers des mondes où peut-être rien n’existe encore.&lt;br /&gt;S’il n’y a rien à redire, et qu’on doit bien essayer, pourtant. &lt;br /&gt;Et si tu entends enfin que la beauté n’a aucun corps.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-467719004867231429?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/467719004867231429/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=467719004867231429' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/467719004867231429'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/467719004867231429'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/04/meurt-beaute.html' title='Meurt beauté'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-7109298484984829517</id><published>2010-03-31T01:29:00.003+02:00</published><updated>2010-03-31T08:55:28.114+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>Démocrate et mouvant</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;C’est un joli mot démocrate. C’est un beau mot. Voix du peuple. Pas la voix du peuple. Non. Voix du peuple. Moi, démocrate, je suis voix du peuple. Une. Parmi les autres. Rien de moins. Rien de plus. A une condition. Une condition expresse. Une condition mille et une. Une condition qui ne ressort, qui ne peut ressortir, d’aucun processus de simplification : cette voix n’est que mienne et je ne peux en attendre en retour qu’un écho de toutes celles auxquelles elle se sera mêlée, opposée, dans un ensemble où elle sera peut-être devenue méconnaissable, mais dans un ensemble, aussi, où je sais que je pourrais tout de même reconnaître un peu de la société dans laquelle j’aspire à vivre. Moi. Mais moi comme également millions d’autres. Et non dans l’esprit inverse où les aspirations de millions d’autres devraient se rapporter à moi. A mes seules aspirations.&lt;br /&gt;On ne peut être démocrate sans modestie. Il serait alors de bon ton de s’insurger contre un appel à la modestie. Ne serait-ce qu’aux termes d’un malentendu qui suggère que la souveraineté appartenant au peuple, elle appartient donc à chacune et à chacun, et donc que chaque être démocrate est un souverain. Et puis parce qu’on placerait dans l’idée de modestie toutes sortes de formes réductrices de pensée, d’opinion, de choix, d’engagement. En quoi, à mon sens, on se tromperait. Il est un symptôme fréquent, et qui s’est développé de façon inquiétante ces dernières années, attestant une démocratie de miroirs, comme, dans tant d’autres domaines, dans nos sociétés actuelles, on recherche des miroirs, des retours sur soi, des images de soi, un monde de soi. Autant de recours à des preuves d’existence par rapport à quoi on finirait par estimer qu’au fond l’usage démocratique en serait une plus saine expression que l’exhibition sur un plateau télé ou que le consumérisme compensatoire. Alors que ce sont ces exemples mêmes portés par les média et les industries, encouragés à l’envie par les réseaux publicitaires, qui dévoient l’usage de l’expression de soi dans toutes l’épaisseur de l’espace démocrate. C’est à travers ces exemples que s’est trouvé promu un soi souverain, dont toutes sortes de faux discours brassés par le spectacle de la démagogie, entendent faire un soi supposé conscient, supposé sachant, supposé informé. Un soi qui, en définitive, n’a d’autres raisons de pulluler dans cette condition trompeuse, que pour répondre à une offre politique elle même réduite depuis longtemps à des objets de marketing destinés à des clientèles auxquelles il suffit alors de vendre un emballage en faisant seulement croire à ce qu’il contient. Déjà prêt à expliquer, après coup, après élection, pourquoi il ne contient pas ce qui était promis.&lt;br /&gt;On a pris l’habitude, et à juste raison, de dénoncer une autre voie, plus visible sans doute, devenue caricaturale, du dysfonctionnement démocratique de nos sociétés. Il s’agit de la connivence d’intérêts entre la sphère politique et la sphère économique. La seconde étant réputée dominer la première, lui dicter toute action en sa faveur, et ne plus lui laisser le soin que de contenir l’ensemble social dans l’état le plus satisfaisant possible, souvent par les seules voies de la police et de la justice, afin que le système de marché imposé par les plus puissants acteurs de l’économie puisse prospérer. Cela, bien sûr, sans que jamais ces mêmes acteurs soient confrontés aux choix plus ou moins réels ou réalisables que doit se charger d’émettre le suffrage du peuple.&lt;br /&gt;Mais il est un autre dysfonctionnement démocratique, d’un ordre tout aussi important : il provient d’une autre connivence, non dite, non exprimée, qui consiste en ce que chaque citoyenne, chaque citoyen, a remis l’entretien de son être démocrate aux soins d’un extérieur communicationnel qui lui renvoie comme une boule à facettes dans un night-club, mille reflets où chacune, chacun pourra trouver le sien, s’en nourrir, s’en satisfaire, croire, et peut-être espérer. Il s’ensuit des visions déformées, protéiformes, parmi lesquelles le personnel politique se meut, malheureusement avec aisance, ou tente d’immiscer avec diverses intentions, une offre différente, ou censée l’être.&lt;br /&gt;Y’a-t-il d’autres perspectives, si on admet que ces deux principes funestes de connivence perdurent, qu’un état et sa représentation, chargée de police et de justice, versant dans plus d’autorité et plus de contrôle, ou qu’un peuple qui renouerait dans l’exigence avec l’esprit démocrate.&lt;br /&gt;C’est à dire, en même temps que cherchant des solutions aux immenses problèmes du moment, des réponses aux graves questions que pose l’avenir proche ou lointain, une sorte de réinitialisation de l’esprit démocrate dans la personne de la citoyenne et du citoyen.&lt;br /&gt;Hors du soupçon pointant les aléas du consensus comme autant de menaces abrasives de la nature du débat, être démocrate ce n’est ni renoncer au rapport de force, ni abdiquer ses convictions, ni renier ses rêves, son idéal, ses utopies.&lt;br /&gt;Etre démocrate, c’est avant tout avoir abandonné le besoin, ou l’illusion, de n’être représenté en sa personne que par sa propre force, sa conviction intime, son rêve singulier.&lt;br /&gt;Pourquoi est-ce que cela me paraît si difficile de parler d’être démocrate, et pourquoi cela me donne simultanément l’impression de ne pouvoir émettre que des évidences ?&lt;br /&gt;Il y a de nombreux caractères, qui forment une personnes humaines, et que nul ne reçoit en héritage à sa naissance. Etre démocrate en fait partie.&lt;br /&gt;Faute d’enseignement, faute d’une certaine culture, faute d’un usage précoce, et faute d’une certaine conscience, l’être démocrate ne se revendique que de lui, ne destine tout ou partie de son opinion qu’à lui-même, se soucie au mieux en seconde part de la satisfaction d’autrui et encore sous réserve que ce soit celle de ses proches voisins d’opinion, au pire n’en éprouve aucun intérêt. Le principe que pour garantir assez ce à quoi il tient, en situation ou en possession, il est d’abord nécessaire que l’ensemble social tienne suffisamment solidement, est aussi éloignée de lui que le sort de tout fragment de la société dont il lui semble que le devenir ne doit en aucun cas affecter son projet ou sa tranquillité. Et ce a fortiori si quelques discours politiques mal intentionnés lui proposent les moyens de se prémunir des parties de la société dont il se convainc aisément que les intérêts n’on rien à voir avec les siens, ou même qu’il seraient nuisibles à son confort. A moins qu’on flatte chez lui d’éventuels instincts dont il ne devrait pas être utile de rappeler ce que leur prolifération a produit au siècle dernier, et produit encore aujourd’hui&lt;br /&gt;Etre démocrate c’est un travail. Un travail de soi. Il a cela de commun avec celui que requiert la liberté. Je veux dire la liberté en conscience.&lt;br /&gt;Avant d’interroger la liberté, j’interroge ma liberté. Et lorsque je constate que je puis en conquérir tant à l’intérieur de ma personne, lorsque je m’aperçois que par les moyens de mon esprit, de mon imaginaire, de ma sensibilité, tels que je pense les avoir nourri bien qu’incomplètement, et de bien d’autres caractères liés à eux, je possède et suis un monde en moi si vaste qu’il en est même quelquefois désarmant, je n’ai nul besoin d’en réclamer à l’extérieur au-delà de ce que j’en dois obtenir pour simplement préserver mes nécessités, puisque alors pour en avoir jamais assez il faudra toujours que quelqu’un d’autre en ait moins.&lt;br /&gt;Ces choses tombent-elles d’on ne sait quel ciel ? Evidemment non.&lt;br /&gt;Cela se construit. Tout au long d’un enseignement digne de ce nom. Tout au long d’une pratique privée à laquelle toute citoyenne, tout citoyen doit s’astreindre. Non pas forcément en s’y consacrant toute entière, tout entier. Mais en ayant, à minima, régulièrement le soin de ne pas y être indifférent. Ce serait déjà un progrès.&lt;br /&gt;En l’état actuel des choses le premier courage d’un politique sincèrement préoccupé de démocratie sera obligatoirement d’interpeller le peuple sur ce sujet-là. Avant tout autre.&lt;br /&gt;Interpeller explicitement l’être démocrate en chacune, en chacun.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-7109298484984829517?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/7109298484984829517/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=7109298484984829517' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7109298484984829517'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7109298484984829517'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/03/democrate-et-mouvant.html' title='Démocrate et mouvant'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-7425408932481262497</id><published>2010-03-27T00:33:00.004+01:00</published><updated>2010-03-27T00:43:12.072+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Courrier envoyé'/><title type='text'>Anthémios</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;Sur la voie hiératique&lt;br /&gt;Aux eaux vertes diaprées&lt;br /&gt;Anthémios au front bleu&lt;br /&gt;Les yeux changés en ancres&lt;br /&gt;Majesté impassible&lt;br /&gt;Austère et silencieuse&lt;br /&gt;Pénétrait dans la ville&lt;br /&gt;Descendant les écluses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sarcophage titan&lt;br /&gt;En sa coque d’acier&lt;br /&gt;Glissant avec lenteur&lt;br /&gt;Vers les grands escaliers&lt;br /&gt;Retenant son cortège&lt;br /&gt;Aux abords des machines&lt;br /&gt;Anthémios arrivait&lt;br /&gt;Aux portes du haut bief.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’officiant aux commandes&lt;br /&gt;Les gestes et le pas&lt;br /&gt;Hors du masque des heures&lt;br /&gt;Et hors de sentiment&lt;br /&gt;Dans sa simple tenue&lt;br /&gt;De rituel sans âme&lt;br /&gt;Ordonnait aux consoles&lt;br /&gt;Les échanges des eaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anthémios à la fois&lt;br /&gt;La tombe et le défunt&lt;br /&gt;De même feu un astre&lt;br /&gt;Et cendres colossales&lt;br /&gt;Toujours ayant régné&lt;br /&gt;Et régnant à jamais&lt;br /&gt;Attendait dieu bercé&lt;br /&gt;A l’orée du passage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au niveau de ses pieds&lt;br /&gt;A la poupe servile&lt;br /&gt;Deux esclaves en noir&lt;br /&gt;Préparant des amarres&lt;br /&gt;Cependant qu’à la proue&lt;br /&gt;Devant l’auguste front&lt;br /&gt;S’ouvrirent pesamment&lt;br /&gt;Les portes de l’amont.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques gens avisés&lt;br /&gt;Des nobles funérailles&lt;br /&gt;Les têtes découvertes&lt;br /&gt;Aux mines affligées&lt;br /&gt;Le chagrin retenu&lt;br /&gt;Sous les nuques penchées&lt;br /&gt;Observaient dans le calme&lt;br /&gt;Un deuil émerveillé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anthémios enserré&lt;br /&gt;Dans les parois du sas&lt;br /&gt;Les portes de l’amont&lt;br /&gt;Refermant leurs vantaux&lt;br /&gt;Les serviteurs honteux&lt;br /&gt;Qu’il soit ainsi enclos&lt;br /&gt;Pressaient leur sombre office&lt;br /&gt;En lestes soins agiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’officiant éclusier&lt;br /&gt;Digne et indifférent&lt;br /&gt;Sur un autre pupitre&lt;br /&gt;Actionnant les manœuvres&lt;br /&gt;Dans le recueillement&lt;br /&gt;De la cérémonie&lt;br /&gt;Lâchait les eaux montées&lt;br /&gt;Vers le bief du dessous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anthémios ou légende&lt;br /&gt;D’un prince déploré&lt;br /&gt;Saisi dans un sommeil&lt;br /&gt;A tout autre effrayant&lt;br /&gt;Beau soleil reposant&lt;br /&gt;Condamné aux ténèbres&lt;br /&gt;Je t’ai vu t’enfonçant&lt;br /&gt;Dans la cale funèbre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partout par les regards&lt;br /&gt;Dans la solennité&lt;br /&gt;Dans les airs désolés&lt;br /&gt;Sur ta tombe flottante&lt;br /&gt;Ton gracieux souvenir&lt;br /&gt;A nous tous immanent&lt;br /&gt;La peine répandait&lt;br /&gt;Son offrande sacrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore un peu plus mort&lt;br /&gt;Encore un peu plus loin&lt;br /&gt;Encore un peu plus froid&lt;br /&gt;De ton lit de métal&lt;br /&gt;Et moi un peu plus pauvre&lt;br /&gt;Et moi un peu plus court&lt;br /&gt;Je vis s’ouvrir les portes&lt;br /&gt;Sur le bief inférieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les esclaves debout&lt;br /&gt;Puissants et dévoués&lt;br /&gt;Leur visage sévère&lt;br /&gt;Leur silhouette fière&lt;br /&gt;Contenant en soldats&lt;br /&gt;Leur destin mortuaire&lt;br /&gt;Tendaient vers l’horizon&lt;br /&gt;Leur méfiance glaciale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la voie hiératique&lt;br /&gt;Aux eaux vertes diaprées&lt;br /&gt;Anthémios en quittant&lt;br /&gt;Le sas aux murs trempés&lt;br /&gt;Son malheureux secret&lt;br /&gt;Scellé dans ses longs flancs&lt;br /&gt;S’engagea tristement&lt;br /&gt;Vers la prochaine écluse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elevant dans le ciel&lt;br /&gt;Une lumière pâle&lt;br /&gt;Noyant dans les nuées&lt;br /&gt;Sa pudique clarté&lt;br /&gt;Le jour en révérence&lt;br /&gt;D’un soleil embué&lt;br /&gt;Sema des feuilles d’or&lt;br /&gt;Sur les eaux irisées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cœurs mornes émus&lt;br /&gt;Tournés vers ton convoi&lt;br /&gt;Pensant déjà la suite&lt;br /&gt;De ton voyage ultime&lt;br /&gt;L’assistance patiente&lt;br /&gt;A elle-même rendue&lt;br /&gt;Regardait Anthémios&lt;br /&gt;S’éloigner le destin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et moi sur ton visage&lt;br /&gt;A la grâce invisible&lt;br /&gt;Posant l’imaginaire&lt;br /&gt;D’un hommage éperdu&lt;br /&gt;Gardant de ton passage&lt;br /&gt;Un songe mystérieux&lt;br /&gt;Je t’ai vu Anthémios&lt;br /&gt;Rejoindre l’infini.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-7425408932481262497?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/7425408932481262497/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=7425408932481262497' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7425408932481262497'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7425408932481262497'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/03/anthemios.html' title='Anthémios'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-7154810243561379856</id><published>2010-03-26T03:04:00.001+01:00</published><updated>2010-03-26T03:06:02.237+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Sous le manteau</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;J’entends les fumées noires parmi lesquelles luit, carat de pourpre oxyde, un cri entre deux roches, dans les sous-sols du ciel. C’est ainsi qu’il peut-être et que je le sais. Ainsi également qu’il est rare à entendre. Apparat minuscule enchâssé dans le vacarme. Semblant d’éclat dont la surface n’est qu’un phare qui s’éclaire en dedans, hésitant entre le sort insignifiant d’un grain de quartz commun pris dans la masse d’un pavé, et l’élévation dans les airs pour attirer d’autres yeux, d’autres écoutes, d’autres de ce même monde, qu’il arpente en explorateur indécis, gagné par la vaine usure, perdu par la foi enfantine. Qu’il mesure aux infinis passés et à ceux qui viennent, pleins de bouches balbutiantes, de regards étonnés de le voir arriver. De nous voir arriver. Et moi aussi peut-être.&lt;br /&gt;Il va, il vient, il passe. Transparence timide dans la foire des conciliabules. Il allait, venait, passait, absence inévitable. Il transpirera les morts comme des objets mués en inutilité par les duretés des corps impassibles. Et de sa ligne agile il avance son maigre curseur parmi les phrases que forment sans savoir les humains dans les rues. Volte face du palpable des heurtements, des embrassades, des fermetures hermétiques et du soi seul obscène.&lt;br /&gt;Il est méconnaissable. Décalque de muraille. Indigent. Sans adresse. Il habite au buffet de la gare. Contre l’offense des monuments funéraires nul n’a servi de son trajet qu’ayant disparu et persistant sans trace dans la formation des apprentis vivants au moment où ils vont arrimer au sérieux leur esquif anxieux. Pour que soit l’incertain jusqu’au bord de tout perdre. Je le suis ce manteau qui le couvre et sa hanche emportée comme un mécanisme de locomotive. Son taxi qui l’attend pour un tour de manège. Son poing souvent serré sur les rênes de son souffle.&lt;br /&gt;Je bois les alcools des temps où il n’est rien. Où son ultime apparence est une disparition. Où il fleure la banalité de quelqu’un qui guette l’heure de son train. L’heure d’un départ maîtrisé par les curieuses manies de la nécessité. Qu’elle est longue, sublimement longue, la marée, à remplir le hall de verre où tout résonne comme les désordres emmêlées de mille horlogers défoulés. Il boit les longs traits des verres qu’il commande et les eaux du silence qu’il invente noient le heurt incessant des tribulations fossiles.&lt;br /&gt;A destination, il se lève, quitte son palais, et redevient cet incapable de n’être que ce pas qui cherche à raconter, pour franchir au milieu des jours, les nuits nues de soleil qu’on attife de bimbeloterie.&lt;br /&gt;J’entends comme il bruisse, éponge aux yeux gonflés. Comptant dans son greffier ses titres de noblesse insoluble et ses appels sans suite au règne des douleurs absoutes.&lt;br /&gt;Tout est encore un animal, l’ai-je su penser, un animal que nous flétrissons. Un animal au miroir avili. Un animal que nous tuons. Que nous ouvrons. Que nous découpons. Que nous dévorons. Que nous broyons. Que nous attachons. Que nous torturons. Que nous tenons en laisse. Que nous caressons. Que nous achetons. Que nous adorons. Dont nous avons même fait des dieux et des maîtres.&lt;br /&gt;Humain maudit de chair aérienne et prisonnier de sa lourde carcasse, il s’entête en spirale autour de son fluide caillou vers les environnements et en entraîne les matières indifférentes au centre de son usine à retourner le vide. Cela sans profession. Simplement pour tenir. Serait-ce qu’à un éclaircissement. Parfois. Parce que tout est noir. Qu’il faut trancher, sinon, pour voir du rouge. Le cœur. Ou saigner.&lt;br /&gt;Il sait des choses que les pires assassins ignorent. Il comprend ce que l’amour oublie. A ses fenêtres, s’il en a, ou appuyé n’importe où, contemplant le spectacle, il ne regarde rien. Il écoute. La plainte des murs éternels. La ronde des affairements. Le musée de l’histoire tout autour se dressant, et toujours rien. Une étincelle dans le cosmos. Et demain contre une autre. Et de toute façon les vœux irrésolus des championnats pourris. Des vices combattants. Par l’unique pouvoir des mâchoires dégueulasses qui font ventre et envie et savent amuser, et la plainte, et la ronde.&lt;br /&gt;Il raconte. Il va jusqu’à frôler la plainte de sa paume et deviner la ronde lorsqu’elle a faim. Et si il apparaît on veut le reconnaître. On l’invite. On lui parle. On voudrait qu’il explique. On s’assemble. On se presse. Au mieux on se prend à espérer sans savoir, au pire, sans savoir, on se met à croire. S’il demeure il sera embaumé dans les encens dont on baigne les noms que l’on fait scintiller.&lt;br /&gt;On ose peu pour lui. Il sait. Il fuit. Il suit l’humble prochain jusqu’à l’aplomb du précipice. Et un amour ça et là qui l’accompagne. Aux limites des consolations. Et quelques congénères qui essaiment sur des palissades des jets vifs d’aiguillons coléreux et désespérés. Piqûres électriques qui secouent dans les reins et redressent un rire complice. Nous pourrions alors nous satisfaire dans l’enclos de trois ou quatre mots tracés au dos blanc des pactes trahis. Mille fois trahis. Ecrits pour l’être.&lt;br /&gt;Il en parle. Je perçois son murmure isolé dans le brouillard sonore. Je le suis, frère inconnu. Frère ignoré. Il était là déjà penché sur le berceau. Son regard entrant comme pour me dire qui j’étais. Non. Qui il se pourrait que je sois. Non. Qu’il se pourrait que je sois. Non. Ça ne disait rien. Je pense qu’il a dû simplement vouloir me rassurer. Que lui aussi il avait vu la mer, avant.&lt;br /&gt;Il voyait la mer. Il n’était pas encore né. Presque rien ne l’était. Comme un sortilège de jade liquide. Un magma de mémoire, traîne de plis démultipliés, qu’un innocent voyage avait attaché à ses épaules. Ça n’empêche de rien devenir. C’est comme ça, c’est tout. Il était advenu. Et pour survivre tout devrait être d’une insupportable légèreté. D’un énigmatique détachement. Rêve, mais tu n’es qu’un souffle. Couronne ou guenille.&lt;br /&gt;Il naissait du chant des vagues. Mais ça ne veut pas dire grand chose. Dés demain ce sera fini. Où dans quelques centaines de saisons. Alors ce que tu as chuchoté d’autres en chuchoterons peut-être encore. Dans ce même chant s’ils peuvent déjà l’entendre.&lt;br /&gt;J’ai appris qu’il dors. Qu’on doit certains moments le laisser dormir. Périodes de menaces sur sa peau étrangère. Sur ses clartés indexées à des retours de fureurs. Et l’être en océan emporté dans l’orage. Et plus sourd que cet écho que d’aucuns croient tenir d’un dieu.&lt;br /&gt;Je l’ai retrouvé, recroquevillé dans le coin d’un salon dans une maison désaffectée. Il émanait encore de lui, essence aux senteurs acides, la preuve songeuse d’une insistance.&lt;br /&gt;Il n’y a pas de choix : l’animal fait toujours, dans certains cas, comme s’il n’avait jamais existé.&lt;br /&gt;Pourtant ne pas se lasser, l’ai-je su me dire, même si les limailles de quelque incandescence n’en finissent jamais, pendant d’absurdes pans d’époques en tumultes, de tomber poudre froide à l’arrière de nos pas. Semant souvent ainsi une stérile ivraie.&lt;br /&gt;C’est un point d’interrogation. Il ne dit pas son nom. Ni d’où vient ce qu’il est. Ni où il est parti.&lt;br /&gt;Récemment je me suis installé dans un café, dans une gare. C’était n’importe où je crois me souvenir. Sur la banquette près de moi il y avait un manteau. Apparemment abandonné. J’ai questionné le garçon lorsque je lui ai confié ma commande. Il m’a succinctement décrit un homme qui était venu une ou deux heures plus tôt et qui sûrement avait dû l’oublier. Je lui ai demandé de me décrire l’homme en question. Je lui ai dit que je le connaissais et que je reconnaissais le manteau. J’ai demandé au garçon s’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que je le rapporte moi-même à son propriétaire. Le garçon a eu une expression désabusée et m’a répondu que non, ça ne posait pas de problème.&lt;br /&gt;Depuis j’ai ce manteau chez moi.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-7154810243561379856?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/7154810243561379856/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=7154810243561379856' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7154810243561379856'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/7154810243561379856'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/03/sous-le-manteau.html' title='Sous le manteau'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-967769696662658506</id><published>2010-03-09T11:44:00.003+01:00</published><updated>2010-03-09T11:53:51.142+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Sac à main</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/S5YmuP9tb2I/AAAAAAAABOY/yJ5W4Vk2rpQ/s1600-h/Sac_a_main_Betty_Boop_from_Paris_(2).jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5446583375352393570" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 391px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/S5YmuP9tb2I/AAAAAAAABOY/yJ5W4Vk2rpQ/s400/Sac_a_main_Betty_Boop_from_Paris_(2).jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je vous vois venir, (je vous connais !), non, il ne va pas être question d’une ancienne première dame de France plus connue pour ses pièces jaunes que pour l’intégrité de son époux.&lt;br /&gt;Il va être seulement question de l’ustensile dont on a fait régulièrement son fétiche, pour ne pas dire son nin-nin, son doudou.&lt;br /&gt;Et de cet ustensile non en tant qu’étant le sien, mais en tant qu’il est, universel, omniprésent, à la fois l’avant, le pendant, (si j’ose dire), et l’après, une sorte d’alpha et d’oméga, bref une métaphysique.&lt;br /&gt;Premier rapprochement utile, avant de s’éloigner, le sac à main, elles n’en portent qu’un à la fois, alors qu’elles mettent le plus souvent deux chaussures, et ce en dépit du voisinage évident entre le premier et les secondes, avec ou sans talons aiguilles, voisinage remarquable quant au nombre d’exemplaires disponibles dans six ou sept armoires ou placards, et quant à la diversité des modèles qui s’éventaillent du plus sobre au plus clinquant, du plus laid au plus élégant, du plus improbable au plus incertain, du plus excentrique au moins pratique, du plus minuscule au plus imposant, du plus ridicule… au plus ridicule. Coordonné avec les chaussures, donc.&lt;br /&gt;Elles, vous l’avez deviné, car vous êtes très perspicaces, ce sont les femmes, naturellement, pas les sauterelles : ne pas confondre.&lt;br /&gt;Femmes que nous mettrons ici quelquefois au singulier : car il est fréquent qu’elle soit singulière. On en compte en effet beaucoup moins que ses congénères à zizis extérieurs, capables de se grouper en meutes, l’esprit mis en bière, à l’orée de diverses manifestations virilo-martialo-sportives.&lt;br /&gt;Quoiqu’elle ambitionne ici et là d’en faire l’expérience, sachant que pour qu’elle rivalise avec le mâle il lui faudra peut-être plus fréquemment descendre que monter.&lt;br /&gt;Il est un fait certain que la femme, dont de récentes recherches nous apprennent qu’elle naît plus souvent dans une maroquinerie que dans une fleur, lutte, et souvent à juste titre, pour devenir l’égale de l’homme. Elle devrait se méfier quand même. Il est un autre fait certain que l’homme, dont de récentes découvertes nous apprennent qu’il naît davantage dans un moteur 6 cylindres en V ou dans un ballon de foot que dans un chou, ne lutte pas pour devenir l’égal de la femme. Question : le port du sac à main n’en serait-il pas la cause principale. C’est possible… (Et il a peut-être tort.)&lt;br /&gt;Certes de timides ou audacieuses tendances de la mode ont émis la facture d’une sorte d’objet, devenu commun à beaucoup d’hommes et qui pourrait faire penser qu’il s’agisse d’un équivalent du sac à main de la femme. Hélas, trois fois hélas, le pauvre est à des années lumières de ce qu’est un sac à main.&lt;br /&gt;Il n’existe aucune liste exhaustive de ce qu’on peut trouver dans un sac à main de femme. Ce qui explique d’ailleurs qu’aucun évangile, qu’aucun coran ou autre best-sellers testostéronien n’aborde le sujet. Signe tangible de la présence d’adieux. Et cette fois-ci c’est définitif.&lt;br /&gt;Doté d’une part d’un sens aigu et parfois assez effronté de la curiosité, et d’autre part d’une confiance durement gagnée auprès de pas mal de femmes, proches ou déjà parties flâner, il m’est arrivé d’avoir accès à de nombreux sac à mains.&lt;br /&gt;Au gré des inventaires, voici le plus courant.&lt;br /&gt;Un poudrier, une poudrière, un stick de rouge à lèvres, deux ou trois protections en cas d’évènement lunaire, des mouchoirs en cas de rhume ou de grippe amoureuse, un révolver pour mari ou pour maîtresse de mari ou pour épouse d’amant ou pour autre maîtresse d’amant, des photos d’enfants, des cartes de crédit, des papiers, des stylos, des bonbons, des cigarettes, des briquets, une culotte de rechange, un sachet d’arsenic, des cachets pour les migraines, du parfum, une cuillère en argent d’un grand hôtel, un carnet d’adresses, un téléphone mobile, un plan de Valparaiso, un roman, un poing américain, une pelote de ficelle, des jetons de casino, un talon de chaussure, un foulard de soie, un collier pour chien, quelques pétales de fleurs, des post-it avec des petits bouts de notes diverses, des cônes d’encens, des trousseaux de clés, des clés usb, des coquillages, des plumes, des bijoux, des cailloux, des hiboux, des sous, des horaires d’avion et de train, des heures de rendez-vous, un rouleau de scotch, une boulette de hash, une alliance, un flacon de scotch, du rimmel, un chéquier, une paire de lunettes de soleil, un parapluie, une paire de ciseaux, du vernis à ongle, un ou deux en-cas, quelques infusettes de thé, des sucrettes, un pilulier doré, une patte de lapin, une perruque, une arrête de poisson, quelques dents de lait, quelques mèches de cheveux, ou de dynamite, un sex-toy, une médaille d’ancienne communiante, une vieille carte d’un parti politique de gauche, des préservatifs, un œuf de jade, une fève de galette des rois, un canif, un tampon dateur, un poème, des cartes postales, des billets usagés pour l’Opéra, des miroirs, une corde à sauter, des billes, des tubes de crèmes de soin, un petit jouet en peluche, une cravate ou deux,… et pas de raton laveur.&lt;br /&gt;Pas de raton laveur. Je n’ai jamais vu un raton laveur dans un sac à main de femme.&lt;br /&gt;Je suis sûr qu’il n’y en a pas. Jamais.&lt;br /&gt;Il y a sûrement des choses que je n’y ai pas vu, c’est vrai. Ce qui ne veut donc pas dire qu’elles n’y sont pas. Il y a les choses visibles, préhensibles, dans un sac à mains de femme. Et il y a évidemment l’invisible.&lt;br /&gt;Mais pas de raton laveur : la femmes ne fait pas dans la futilité. Elle fait semblant, c’est tout.&lt;br /&gt;Me connaissant comme je les connais les frangines, prétention personnelle à double face, je ne serais pas surpris d’apprendre qu’on trouve dans l’attirail de leur voyage permanent, puisque qu’un sac à main c’est avant tout un sac de voyage, qu’on y trouve donc un compartiment de transsibérien. Ou une girafe. Ou des castagnettes. Probablement des lettres d’amour de princes charmants idiots ou de bûcherons sensibles. Ou de copines déshabillées. Ou d’étrangers repartis vivre en Amérique du Sud. Des tutus froissés. Des peines de cœur dans des fiasques vides. Des contes en blancs à raconter aux petits. Des soirs de princesses sur des bateaux assortis. Des cris de révoltées. Des généalogies de sirènes. Des complots. Des corsets. Des casquettes à douze degrés. Une adresse de bookmaker. Des micros. Des plans d’enquêtes. Des contacts de détectives. Des têtes réduites de rivales. Des joyaux masculins dans des bocaux de formol. Des sofas océaniens. Des autruches. Des pattes de panthère. Des mères en poudre. Des chevaux. Des quais. Des films romantiques qu’aucun homme n’a su tourner. Des pianos.&lt;br /&gt;On doit pouvoir y trouver également de la Louise Michel ou de la Rosa Luxembourg.&lt;br /&gt;On peut malheureusement y rencontrer aussi de la Margaret Thatcher ou de la Paris Hilton : certaines femmes dépassent donc certains hommes, hélas, trois fois hélas… Comme ça on est à égalité.&lt;br /&gt;Dans les dérèglements qu’on peut observer, dans les temps troublés que nous traversons, il est remarquable que certaines femmes paraissent renoncer au port du sac à main. C’est certainement une diversion. De même étrange que certaines portent outre un sac à main, et tout aussi quotidiennement, un autre sac, parfois plus gros, comme une inflation de mystère. Où alors elle est encore partie on ne sait où.&lt;br /&gt;Notons encore que le sac à main est en soi une arme par destination utilisée dans de nombreux cas de défense, certes, mais aussi d’attaque. Si on tient compte du contenu moyen de l’ustensile, on tremble à l’idée qu’une guerre prochaine s’appuie sur un tel potentiel de destruction massive.&lt;br /&gt;Je me demandais pas plus tard qu’il y a quelques minutes, m’interrogeant moi-même sous la torture du rasoir, quant à la façon de terminer cet article, et n’ayant encore jamais assisté aux obsèques d’une de nos sœurs, si une femme se faisait enterrer avec son sac à main. Je pense que la réponse est non.&lt;br /&gt;Imaginez que le paradis existe et qu’une furieuse sorte son flingue de son sac au moment de passer au guichet. Certes elle aurait moult circonstances atténuantes, mais allez faire comprendre ça au Vatican où tous les mecs s’habillent en robes, portent tous des chapeaux rigolos, et pas de sac à main ! &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-967769696662658506?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/967769696662658506/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=967769696662658506' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/967769696662658506'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/967769696662658506'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/03/sac-main.html' title='Sac à main'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/S5YmuP9tb2I/AAAAAAAABOY/yJ5W4Vk2rpQ/s72-c/Sac_a_main_Betty_Boop_from_Paris_(2).jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-1533797160388802601</id><published>2010-03-08T00:05:00.004+01:00</published><updated>2010-03-08T18:11:29.028+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Pas de Moi ms ps mal qd même'/><title type='text'>La route - Cormac Mc Carthy</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;C’est écrit au scalpel pour produire de l’orfèvrerie : mais n’allez pas chercher les rubis, ou les saphirs : il n’y en a pas. Si bijou il y a c’est une pièce infiniment grise, rouillée, calcinée, glacée : c’est l’atroce ornement d’un univers dévasté. Tout a brûlé. Absolument tout. On ne saura pas exactement pourquoi. Jamais vraiment. On peut se douter de quelque chose mais il y a quand même plusieurs possibilités. Et on comprend tout autant que ce n’est pas là ce qui importe. Un peu comme quand ce qui est fait est fait. On ne revient pas là dessus. Il va s’agir de vivre de ce qui reste et il ne reste rien. De la pluie. De la neige. Du froid. De la cendre. Du vent. De la barbarie.&lt;br /&gt;Cette route sur laquelle avancent un père et son fils. L’homme et le petit.&lt;br /&gt;Il y a de bons livres. Il y en a des beaux. Des grands. Il y a de sacrés livres.&lt;br /&gt;Et il y a des livres sacrés.&lt;br /&gt;C’est ce que j’ai pensé de ce livre après l’avoir fini. Pas immédiatement. Parce que je n’ai pas su tout de suite quoi en faire. Qu’il m’a d’abord été nécessaire, liberté de lecteur, de percer le décor des toutes dernières pages, le si peu de nutriment des tous derniers mots, d’un minuscule trou de compas pour imaginer que pouvait filtrer alors une fine aiguille de clarté, pour le petit. Qui survit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;« Il s’arrêtait et s’appuyait contre le caddie et le petit continuait puis s’arrêtait et se retournait et l’homme levait les yeux en pleurant et le voyait là debout sur la route qui le regardait du fond d’on ne sait quel inconcevable avenir, étincelant dans ce désert comme un tabernacle. »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On parle souvent de l’aridité d’une écriture. De son dépouillement. Nous y sommes avec ce roman. Et tout semble s’y dresser pourtant à la manière d’un monde inversé, sous les paysages d’où toute vie a disparu. Sauf celle de quelques autres, irrémédiablement égarés, ou reconstitués en clans loqueteux revenus en deçà de toute civilisation. De l’imaginable.&lt;br /&gt;Ce n’est pas un roman qui m’a paru pouvoir me permettre de m’élever au sens ou un livre peu être édifiant. C’est un livre qui m’a renvoyé à mon abîme comme rarement on s’y sent pousser, rarement on vous enjoint de le faire, rarement on y est obligé à ce point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;« Quand il se réveillait dans les bois dans l’obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l’enfant qui dormait à son côté. Les nuits obscures au-delà de l’obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d’avant. Comme l’assaut d’on ne sait quel glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie. A chaque précieuse respiration sa main se soulevait et retombait doucement. Il repoussa la bâche en plastique et se souleva dans les vêtements et les couvertures empuantis et regarda vers l’est en quête d’une lumière mais il n’y en avait pas. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;J’ai entendu dire que des personnes ne s’étaient pas remises de la lecture de ce livre. Ca ne m’est pas impensable. Soit qu’il existe une réelle peur, une réelle angoisse qu’une apocalypse advienne, abolissant le futur, produite par l’humain ou surgie du cosmos. Soit que l’enfant ne suffise plus, au cœur du cœur d’un désastre, à témoigner à priori d’un temps toujours à passer, toujours à vivre, toujours à habiter. Quoiqu’il arrive. Et si ténu soit rendu le fil de la dernière destinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roman philosophique. Roman métaphorique. Roman parabolique. J’y ai senti cerné l’espace où la question du bien et du mal resserre toute hypothèse de survie. Aussi bien pour se procurer de quoi manger que pour préserver le feu. Le seul élément, l’eau est viciée, l’air empoisonné et la terre stérile, qui persiste et qu’on ne peut pourtant que deviner dans le creux profond et effrayé du corps de l’homme et du petit. Ne serait-il question que d’un bien aux vertus illusoires et d’un mal tantôt aux contours imprécis et tantôt aux formes les plus brutales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;« Le monde se contractant autour d’un noyau brut d’entités sécables. Le nom des choses suivant lentement ces choses dans l’oubli. Les couleurs. Le nom des oiseaux. Les choses à manger. Finalement le nom des choses que l’on croyait être vraies. Plus fragile qu’il ne l’aurait pensé. Combien avaient déjà disparu ? L’idiome sacré coupé de ses références et par conséquent de sa réalité. Se repliant comme une chose qui tente de préserver sa chaleur. Pour disparaître à jamais le moment venu. »&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Un livre de ce qui peut rester lorsque tout s’est abandonné dans la destruction. Où ondulent en d’âpres vagues les contours d’une humanité ultime, avec ses limites à la vie, ses limites au seuil de la mort, une sorte de choix résiduel, un brouillage animal, une faible capacité d’exister encore au delà des purs besoins physiologiques, une capacité restante, qui tient de l’atome vital, pour décider jusqu’où on ira. Et où cela s’arrêtera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un livre sans force et sans douceur. Cru. Une préhistoire. Une nudité d’après la chute de millions d’interrogations accessoires. Et l’essence d’un invisible dessein si on peut mesurer que toute existence en contient de toute façon.&lt;br /&gt;Avec ce qui me suit pourtant depuis que je l’ai lu : les deux seules voix qu’on entende principalement. Celle de l’homme et celle du petit.&lt;br /&gt;Puis, à la fin, celle du petit avec l’autre homme, pour savoir s’il va le suivre puisque le père est mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;« Comment je peux être sûr que vous faites partie des gentils ?&lt;br /&gt;Tu ne peux pas en être sûr. C’est un risque que tu dois prendre.&lt;br /&gt;Est-ce que vous portez le feu ?&lt;br /&gt;Si je portes quoi ?&lt;br /&gt;Le feu.&lt;br /&gt;T’es pas un peu dérangé, non ?&lt;br /&gt;Non.&lt;br /&gt;Juste un peu.&lt;br /&gt;Ouais.&lt;br /&gt;Ca fait rien.&lt;br /&gt;Alors, vous le portez ?&lt;br /&gt;Quoi ? Si on porte le feu ?&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;Ouais. On porte le feu.&lt;br /&gt;Vous avez des enfants ?&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;Vous avez un petit garçon ?&lt;br /&gt;On a un petit garçon et une petite fille.&lt;br /&gt;Quel âge il a ?&lt;br /&gt;A peu près ton âge. Peut-être un peu plus.&lt;br /&gt;Et vous ne les avez pas mangés.&lt;br /&gt;Non.&lt;br /&gt;Vous ne mangez pas les gens ?&lt;br /&gt;Non. On ne mange pas les gens.&lt;br /&gt;Et je peux venir avec vous ?&lt;br /&gt;Oui. Tu peux.&lt;br /&gt;D’accord alors.&lt;br /&gt;D’accord. »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;Un livre sans fin. Sans solution. En cela, selon moi, oui, un livre sacré.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-1533797160388802601?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/1533797160388802601/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=1533797160388802601' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1533797160388802601'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1533797160388802601'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/03/la-route-cormac-mc-carthy.html' title='La route - Cormac Mc Carthy'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-3479077497835914501</id><published>2010-02-01T09:49:00.001+01:00</published><updated>2010-02-01T09:53:44.494+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Oiseaux-bananes</title><content type='html'>J’ai dû, sans vraiment m’en rendre compte, commencer à me douter de quelque chose, tandis que j’essayais de rattraper les deux oiseaux-bananes qui s’étaient mis à gambader sur le parquet. Je les ai surpris en sortant de ma salle de bain. Je les ai pris pour des canards, à cause de leur bec similaire, et j’ai pensé qu’ils devaient s’être égarés, provenant sûrement du bassin du parc tout proche. Mais leur odeur suave, leurs pattes pas du tout palmées, leurs formes et leur couleur, et puis, après un rapide coup d’œil, ayant constaté qu’il n’y avait plus que des pommes dans ma corbeille de fruits, qui a un peu l’aspect d’un nid, je me suis rendu à l’évidence que ces deux petites bêtes ne pouvaient pas rester ici. Je ne me suis pas même posé la question de leur comestibilité.&lt;br /&gt;Ils donnaient des coups d’ailes, sans bruit, découvrant leur chair blanche et tendre, pour se hisser sur le canapé, sur un tabouret, dans les étagères, s’y déplaçant avec beaucoup de délicatesses pour ne pas renverser les bibelots.&lt;br /&gt;J’y suis allé très doucement pour me saisir de l’un d’eux afin de le déposer sur le bord de la fenêtre. L’appel du large ferait le reste. Mais la bestiole n’a rien voulu savoir. Elle s’est jetée par terre entre mes jambes pour rentrer dans la pièce.&lt;br /&gt;J’ai eu une brève absence.&lt;br /&gt;Il faisait une fraîcheur bleutée dehors.&lt;br /&gt;C’était très agréable.&lt;br /&gt;Je me suis retourné prêt à renouveler ma tentative d’expulser les deux volatiles fruitiers. Ce n’est pas que leur présence, ni même leur existence, me parut incongrue, mais à mon sens, quoiqu’un peu désorienté, ils seraient mieux à l’extérieur. De plus les manger pouvait s’avérer problématique. Flambés au rhum. Rôtis en brochettes. Plat accompagné de légumes. Dessert avec de la crème. Rien qu’à envisager ça sentait l’insoluble.&lt;br /&gt;Je les cherchais des yeux quand j’en vis un, sur un mur, qui achevait de se transformer en girafe miniature, ce qui à tout prendre était plus raisonnable. Ce n’est pas très haut de plafond chez moi. En fait c’est un appartement assez ordinaire. Standard quoi. Ca ne m’a pas davantage perturbé, cette nouvelle mutation. Je ne me sentais pas perturbé du tout. Et les girafes sont des animaux que je tiens en très haute estime.&lt;br /&gt;Cependant, bien que je gardais mon calme, il était indubitable que des événements inhabituels se préparaient. Ou se déroulaient déjà. A la faveur d’un début de matinée on ne peut plus quelconque, routinier.&lt;br /&gt;Je ne suis pas quelqu’un d’anxieux. Jusque là, ce à quoi j’assistais n’était pas courant, mais dans l’intimité de nos situations solitaires, je sais qu’il se produit régulièrement des évènements, palpables ou non, dont le contenu et le langage, plus ou moins familier, se propose de nous communiquer quelque chose, que nous y soyons sourds, ou que nous soyons en disposition d’y être attentifs.&lt;br /&gt;Nous voisinons avec assez de monstres et assez d’absurdités pour être plus rompus que nous l’imaginons à la présence et à l’usage des invraisemblances. Plus ardus sont les appréhensions des comportements qui s’ensuivent.&lt;br /&gt;Les deux petites girafes, d’une taille d’environ trente centimètres, crapahutaient avec aisance sur les murs, au plafond, au sol, avec des allures saccadées de dessin animé ancien. Ce qui m’a en même temps inspiré qu’elles n’existaient peut-être pas, et déçu sans vraiment de regrets.&lt;br /&gt;Je les ai suivies du regard, les bras ballants. Puis je m’en suis désintéressé à cause du téléphone mobile. Je ne sais pas ce qu’elle sont devenues. Elle se sont évanouies. La girafe est une créature émotive prompte à la commotion. Il n’est pas rare d’en voir se pâmer en écoutant un air d’opéra. Ou tomber dans les pommes en lisant des poésies. Mais décidément il n’y avait plus que des pommes dans le plats de fruits.&lt;br /&gt;Ce n’était pas mon téléphone mobile. Le mien est rouge. Celui-ci était noir et doré, large, avec un capot couvrant l’écran et le clavier. Pas le mien. Donc que faisait-il ici, sur ma table de travail, au dessus d’une pile de livres. Si mes objets, mes meubles, mes chaussures bougent, chez moi, me narguant et m’interloquant, je n’en suis pas affolé. Agacé, oui, quelquefois, si je suis pressé pour sortir, ou si je surprends le bilboquet près de la cafetière. Là, c’est un objet que je ne connaissais pas, d’une catégorie que je considère généralement comme pas forcément innocente, qui était posé, là, sous mon nez. Je n’ai reçu personne ces  derniers jours. Si quelqu’un l’avait oublié, je l’aurais su.&lt;br /&gt;Comprenez-moi Monsieur, je n’ai rien contre les oiseaux-bananes, c’était en outre la première fois que j’en rencontrais, ni rien contre le fait qu’ils se transforment en girafes miniatures, pour qu’on s’ôte de l’esprit l’idée de les jeter par la fenêtre, puis finalement que les girafes disparaissent sans autre forme de quoi que ce soit, où parce que leur rôle est terminé. Je ne trouve pas ça ordinaire, bien sûr, mais après tout, on en voit d’autres. C’est ce qui est survenu ensuite qui me soucie.&lt;br /&gt;Il y a très longtemps que j’attendais une communication. Je savais que cela n’allait plus tarder. Quelques signes, certes confus, mais répétés. Profitant opportunément d’un moment disponible pour que je puisse les remarquer si je le souhaitais. Déplacements d’objets, j’en ai déjà parlé, dont il est peu probable que j’en ai été à l’origine. Des bribes de messages sonores, courts et plutôt jolis, pénétrant par la fenêtre. Pas à chaque fois. Plutôt le matin. De surprenantes odeurs voletant furtivement avant de se dissiper. Pas toujours très agréables d’ailleurs. Des parfums de corps engoncés depuis plusieurs jours ou beaucoup plus. Ou de boue couvertes de fleurs fanées. Toutes sortes de facéties diverses, anodines, éventuellement déplaisantes, clins d’oeil ironiques.&lt;br /&gt;J’ai pris ce téléphone mobile dans le creux d’une main. J’ai soulevé le capot. Hésitant. Ce qui me revient précisément, c’est que j’ai hésité sans m’interroger. Je m’attendais, pourquoi pas, à ce que ça vienne tout seul. Que l’appareil s’allume. Qu’il sonne. Que je ne sais quoi s’affiche sur l’écran. Sans y réfléchir j’ai fini par appuyer sur une touche verte. L’écran s’est éclairé. Puis j’ai fait, presque automatiquement, deux manœuvres pour appeler le dernier numéro qui avait été formé par l’utilisateur précédent. J’ai entendu qu’on décrochait. J’ai écouté. J’ai dû dire « allo », plusieurs fois, je ne me souviens plus très bien. Puis j’ai demandé s’il y avait quelqu’un. Plusieurs fois aussi. Aucune voix. Juste des sons qui paraissaient être ceux du vent, des vagues, de froissements, de respirations. Il y a eu quelques bruits mats. Secs et comme venant du milieu de ce vent, ou de ces vagues. J’ai insisté pour savoir s’il y avait quelqu’un à l’autre bout. Aucune réponse. En tout cas verbale. Je m’apprêtais à raccrocher et c’est là que l’écran de mon ordinateur s’est éteint. Tout d’un coup. Pas en veille non. Plus de courant. Alors que derrière moi la radio fonctionnait toujours. J’avais encore le téléphone à l’oreille. Je me suis penché pour vérifier le branchement électrique sous la table. Ce n’est qu’à cet instant que je l’ai remarquée. Juste à côté du clavier. Sous l’apparence d’un tout petit parallélépipède de plastique dur. Une capsule translucide. Par un orifice microscopique s’écoulait un liquide cristallin qui entrait en effervescence au contact de l’air. Je suis demeuré en arrêt, en position inconfortable. Une subtile et discrète senteur m’est parvenue aux narines. Mélange soufré et alcoolisé. Incapable de dire ce qui m’a pris, j’ai approché le bout d’un index et j’en ai effleuré la substance qui se répandait avec un son étouffé de cachet d’aspirine dans son grand verre d’eau. J’ai porté mon doigt à ma bouche. J’ai reconnu immédiatement un goût d’explosif. Bien que je n’en ai jamais goûté mais je suppose qu’on a ça en mémoire, d’une façon ou d’une autre.&lt;br /&gt;Si ce goût ne m’a pas effrayé, ce qui aurait été normal, c’est qu’au moment où je me redressais la communication téléphonique a été coupée et que la radio a émis un flash spécial, annoncé avec son jingle caractéristique de ce genre d’occasion. Et ce n’est pas la voix du speaker qui a parlé. C’est une voix dont j’ai reconnu le timbre et qui s’est adressée à moi en me nommant pour me dire : « Il faudrait que cette fois-ci le message soit bien reçu. Vous n’avez pas le choix. Si les échecs de vos tentatives d’évasions ne vous ont pas encore dissuadé, l’ultime recours pour vous convaincre sera utilisé. » Puis le programme a repris son cours. J’ai pensé appeler la radio pour leur demander ce que c’était que cette plaisanterie. J’ai reposé le téléphone mobile que je tenais toujours en main pour noter tant que je l’avais bien en mémoire ce que la voix avait déclaré. Et puis d’un seul coup je me suis assis à ma table et, en me repassant lentement les mots que j’avais entendus, je me suis figé dans un grand état de perplexité. Pourquoi est-ce que je me voussoierais.&lt;br /&gt;Je n’ai recouvré mes esprits que plusieurs heures après. Du moins c’est ce qui m’a semblé puisque qu’à en croire mon ordinateur qui s’est réactivé, nous sommes déjà après demain. A mon avis cette substance contenait un gaz soporifique. Une drogue. En tout cas le jour entrant par la fenêtre respirait d’une fraîcheur bleutée semblable à avant hier.&lt;br /&gt;Il n’y a rien de plus à ajouter.&lt;br /&gt;Je suis venu jusqu’ici sans encombre. A part peut-être de minuscules mouvements de bizarrerie que j’ai pu observer en chemin. Cependant je ne veux pas sombrer dans la suspicion. N’est-ce pas, de la bizarrerie, il s’en essaime un peu partout, et tout le temps. Une mycose surnaturelle qui se loge en tous endroits, invisible, dans les interstices délaissés, indétectable, dans les engrenages ronronnants, sous nos semelles. Et certainement que nous-mêmes ne sommes pas étrangers à sa prolifération.&lt;br /&gt;Non je n’ai pas rappelé la station de radio. J’ai dû avoir des scrupules à les déranger et le sens du ridicule m’aura retenu.&lt;br /&gt;Ah, oui ! Lorsque je suis revenu à moi le téléphone mobile était introuvable, la petite capsule ainsi que son contenu avaient disparu, et il n’y avait toujours que des pommes dans la corbeilles de fruits.&lt;br /&gt;Voilà Monsieur. Oui, je sais que tout ça n’est pas très cohérent. A vrai dire ce n’est pas la première fois que je vis des situations analogues. Et je ne saurais expliquer ce m’a conduit jusqu’ici pour déposer une main courante. Disons, pour que ça ne s’oublie pas, au cas ou… Au cas où quoi. Comment dire. Je ne me sens pas véritablement menacé. Pas plus que chacun d’entre nous. Vous-même, qui sait. Vous savez, je me dis qu’on m’a simplement fait une blague. Ou qu’il n’y a dans tout ça en fin de compte qu’un concours de circonstances. Mais, oui, malgré cela, je sens obscurément que tout ça me concerne. Et les paroles proférées par cette voix, à la radio, étaient si précises que j’ai quelques difficultés à les ignorer. A les éloigner. Je suis sûr en tout cas que je ne pourrais jamais les oublier. C’est plus ça, voyez-vous, qui me travaille réellement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-3479077497835914501?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/3479077497835914501/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=3479077497835914501' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3479077497835914501'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3479077497835914501'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/02/oiseaux-bananes.html' title='Oiseaux-bananes'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-1296602331182008207</id><published>2010-01-24T03:26:00.001+01:00</published><updated>2010-01-24T03:32:00.287+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>Solitude recours</title><content type='html'>Lorsque nous aurons cessé d’être ce qu’on nous a appris. Ce qu’on aura voulu que tu sois. Ce que tu auras cru devoir devenir. Et quoi. Et qui. Lorsque nous aurons dévidé nos bobines de soi et que nous nous rendrons compte que nous ne faisons plus que remonter le fil, le même, nu, ou chargé de ce dont nous aurons cousu, recousu, brodé, enrichi le cours, ou démêlé de ses embarras compris ou ignorés, ou remplacés par d’autres, ou augmentés par destination.&lt;br /&gt;Il y a du vent. Beaucoup de vent dans les murs, même de voiles, de briques, de béton. Sur les frontières. Sur les limites armées. Sur les grilles privatives. L’Histoire ne s’est pas remise de ses dernières folies. Personne ne reviendra de l’autre côté, avant ce siècle, là où les noirs chaudrons du pire furent enfin renversés sans qu’on ait réellement pris garde à ce qui allait se répandre, tout à l’euphorie ou aux calculs qui suivent les victoires dévolues aux peuples pour qu’ils puissent nourrir de nouvelles espérances.&lt;br /&gt;Tu ne parviens encore à voir que d’un œil à la fois. Que d’une part de regard. Une vue incomplète. Mais au fur et à mesure que tu regardes, tu te sens bien disparaître derrière tes yeux. Ou plutôt tu ne disparais pas mais tout ce qui t’emplit te diminue. Ton importance ne tient plus. Pas celle qui s’est ajoutée, non, celle que tu as toujours eu. Pas celle qu’on a pu te donner. Mais celle, sérieuse et sévère, disponible et marcheuse, naïvement fière ou sombrement douteuse, que tu t’es offerte de toi-même, à part le monde, à part les autres. Tu imagines peut-être tout ce dont tu vas être mené à te défaire. Tu écoutes, l’effroi contestant ton rire, les gardiens étroits des statuts quo. Tu prendrais chaque article de telle ou telle information, sur tel ou tel sujet, tu les photocopierais sur des feuilles transparentes, tu les superposerais, et tu essaierais de déchiffrer un nouveau texte. Des nouvelles de l’intime et des nouvelles de guerre. Des nouvelles du pays et des nouvelles d’une catastrophe. Des nouvelles du pôle nord et des nouvelles de scandales.&lt;br /&gt;Comme ça ou autrement. Le brouillage est parfait.&lt;br /&gt;Et toi seul à lire ce nouveau charabia. Tu ne lis rien. Tu sens en revanche se tendre un reflet, une esquisse, une hypothèse. Tu es d’une rue. Tu es d’un amour. Tu es d’une famille. D’une filiation. Tu es de quelques choix bien que tu aies accepté leur relativité. Tu es d’une couleur. Tu es d’une époque. De quelques musiques et de quelques films. D’un dieu ou de son absence absolue. Tu es de quelques livres et d’un enseignement. Tu es d’un sexe, d’une beauté, t’a-t-on dit, d’une nature, d’un mouvement.&lt;br /&gt;Et s’il fallait que tout cela pèse moins que nous.&lt;br /&gt;S’il fallait n’être plus que ce que ça laisse comme trace.&lt;br /&gt;De quoi serais-tu fait alors.&lt;br /&gt;Une fois réduit ce qui nous meuble à l’intérieur. Une fois fondu le poids des savoirs arrêtés. Tombées les couches d’identité. Dénouées les articulations des raisons arthritiques. Une fois infusée en toi la juste part suffisante dont l’esprit a besoin.&lt;br /&gt;Tu apprendrais que tu es seul de nouveau. Comme lorsque tout était à faire. Que tout était à dire. Mais seul. Comme on ne sait peut-être plus.&lt;br /&gt;Seul à force de n’être plus que soi. Et à force de n’être plus d’un temps ou d’un lieu. D’une croyance enlivrée. D’une foi souveraine. D’une idée monolithe. D’un système proclamé.&lt;br /&gt;Seul avec la mémoire. A laquelle devoir inventer une solution. Qu’elle ne parle plus à travers ses voix supérieures d’apôtres ou de sirènes. Qu’elle cesse de gagner l’avenir avant qu’on ait su en décider autrement.&lt;br /&gt;Seul au bout des arbres. Et déjà plus qu’un souffle pour propager une prochaine humanité.&lt;br /&gt;Seul de tout ce qui a été dit et écrit, et redit, et réécrit. Pire que du sel. Et tout son goût dissout et toute sa force vaine.&lt;br /&gt;Et tu t’éloigneras. D’une manière ou d’une autre. Si tu es bien encore celui que tu es. N’emportant que l’essentiel. Chacun, chacune sa géométrie, sa poésie, son sens d’autrui, son essai, sa petite voix dans une grande pièce vide, son incomplétude, son devoir opiniâtre, sa nue tentative.&lt;br /&gt;Tu t’éloigneras de plus en plus nombreux. Comme nous. Comme tous.&lt;br /&gt;Tous filles et fils de ceux qui ont tué pour ne pas être tués, ou qui ont été tués par ceux qui ne voulaient pas l’être.&lt;br /&gt;Tous spectateurs, même indifférents, de ravages sans autre fin que d’imprécises accalmies avant de nouveaux désastres.&lt;br /&gt;Tous comptables sans rangs des opulents négoces et messagers démocrates porteurs de bonnes nouvelles dans des urnes sourdes.&lt;br /&gt;Ici oscillant entre une confiance immature aux oreilles de coquillages et des oublis d’usines à camisoles d’images et perfusions de sons.&lt;br /&gt;Là hantant des plaines délaissées transpirantes, et des ateliers de verbes, des défaites à digérer et des visions labyrinthiques, des archives aléatoires, des pages minutieuses à l’entrée de chemins millimétrés, des ambitions de redevenir discours.&lt;br /&gt;Certains, en alternances, un peu ici , et un peu là. Ou nulle part. Dehors aussi. Des dehors bassement et sinistrement cruels. Des dehors hautement et régulièrement préservés. Les premiers abandonnés à des jungles honteuses, à des zones hors lois, à des camps de rétention. Les seconds élevés en donjons méprisants, en sanctuaires interdits, en coffres-forts célestes.&lt;br /&gt;Tu te doutes de ce qui t’attend si tu ne t’en vas pas de là.&lt;br /&gt;Tu conserves une peur en toi. Tu l’as triée parmi toutes celles qui ont peuplé les siècles. Tu l’as prise sans forme, sans titre, sans crime, sans haine. Tu l’as choisie froide, jeune et sans raison, à l’image de la peur qu’inventent les enfants en découvrant l’inconnu, inconscient qu’il s’agisse d’une alliée pour avancer dans l’ombre et braver la menace au cas où elle se manifesterait.&lt;br /&gt;Et tu parles déjà à cette solitude inédite qui t’accompagne. Tu lui confies ta connaissance. Et elle te la rendra. Puisque jour après jour tu vas réapprendre. Puisque jour après jour tu vas redevenir. Vouloir être. Partager, si tôt tu seras toi aussi partagé.&lt;br /&gt;Nous parlons à nos solitudes. Mêmes que la tienne. Et tu te demandes, comme nous, si elle ne va pas te rendre fou.&lt;br /&gt;Comme si, dés le début, nous n’aurions jamais dû en sortir.&lt;br /&gt;Comment la question se poserait-elle une nouvelle fois.&lt;br /&gt;Maintenant que c’est à nous condamner que nous sommes seuls.&lt;br /&gt;Tu as probablement deviné : c’est cette question-là qui se rapproche.&lt;br /&gt;La solitude n’y est pour rien.&lt;br /&gt;Et personne n’a disparu.&lt;br /&gt;Excepté se sentir heureusement plus léger.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-1296602331182008207?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/1296602331182008207/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=1296602331182008207' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1296602331182008207'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1296602331182008207'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/01/solitude-recours.html' title='Solitude recours'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-754663967379201319</id><published>2010-01-18T22:38:00.006+01:00</published><updated>2010-01-24T03:32:35.348+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>50... etc... etc ... .. .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/S1TVk-LByLI/AAAAAAAABOI/7FctLwLQBHg/s1600-h/blog2.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5428198282029549746" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/S1TVk-LByLI/AAAAAAAABOI/7FctLwLQBHg/s400/blog2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;Je disais ça : ce n’est pas au travail indifférent du temps qu’il faut s’en prendre, et bien plutôt c’est à ce qui fait vieillir qu’il faut s’attaquer.&lt;br /&gt;Ce qui fait vieillir comme ce qui se défait. Mais déjà à vingt ans on n’est plus un enfant. Déjà enfant on a bien dû apprendre à marcher, à parler, à rêver à l’impossible en s’attachant à tout ce qui à l’air de tenir, parce que le funambulisme c’est quand même mieux s’il y a quelque part du repère, du solide. Quelque chose sur quoi s’appuyer. Présent ou déjà imaginaire pourtant. Il suffira de savoir s’en débarrasser lorsqu’on aura su décider de ses propres besoins, de ses propres envies. Que le désir aura pu prendre place.&lt;br /&gt;Ce qui fait vieillir comme s’il fallait accepter l’usure n’étant que ce qui ronge alors que c’est d’abord ce qui forme.&lt;br /&gt;Le temps n’est qu’une poésie. Ce n’est pas le réduire. C’est le libérer.&lt;br /&gt;Si je veux, et quand je veux, je reprends l’escalier de rondin qui monte vers le chemin de crête arboré vers la route qui mène au collège. Et c’est aussi vrai que lorsque je préfère descendre le matin le long du bassin de la Villette pour aller prendre le métro au lieu de tourner dans la rue qui conduit à la station la plus proche. Se constituer somme de tout ce qui fut et de tout ce qui va être, et pas en usager méthodique d’un moment isolé qui glisse entre un passé encore plein de mystère et un avenir qui commence dans la minute qui vient.&lt;br /&gt;Ce qui fait vieillir comme certaines peurs. La froideur. L’indifférence forcenée. Comme si un mur n’était qu’un mur. Comme si une guerre n’était qu’une guerre. Comme s’il fallait ne jamais rien perdre. Comme s’il ne fallait que devenir fort et savant. Et s’incliner devant la fatigue des questions restées muettes, le plus souvent parce qu’on a pas été capable d’entendre le timide écho d’une réponse, beaucoup plus petite que celle à laquelle on s’attendait, et finalement plus utile que les grandes affirmations définitives dont on ferme les grandes portes sombres sur des aventures engourdies.&lt;br /&gt;Le temps est impassible et il nous faut apprendre à danser. Même pour de faux. La vérité est incalculable. Le réel n’est que le tyran que nous autorisons ou que nous combattons. Sauf ce qui est négociable. Ce qui est enfantin : ne perdons pas de vue que les enfants sont de redoutables négociateurs.&lt;br /&gt;L’état de l’esprit. Peut-être se méfier des meubles qui se mettent à vous considérer amicalement. Des idées trop et quelquefois mal nourries qui s’essoufflent sur leur ventre de gravité, sous leur crâne où le si peu d’or craint malhabilement de se transformer en plomb.&lt;br /&gt;Avancer, oui, sachant qu’on va, en partie insolublement, à la traîne de ce qui nous échappe. Alors on glane ce qui tombe des étoiles, ce qui tombe des livres, ce qui tombent des cœurs et des âmes, des paroles quand les bouches se referment, de toute la pensée qui ne nous a pas attendu pour advenir et qui nous attend encore lorsque nous disparaissons, tout juste un peu mieux bue, un peu mieux respirée, un peu mieux distillée, et même, ça arrive aussi, un peu mieux vécue. Bien que dans la plupart des cas, on s’en aperçoive à peine.&lt;br /&gt;L’état du cœur. On a compris que trop de sucre, trop de guimauve, trop de sirop nuisait à son bon fonctionnement. Ce n’est pas, bien sûr, un avis médical. C’est que l’herbe tendre doit avoir un petit goût amer. C’est que le plus beau soir du monde doit avoir un petit côté brumeux. C’est qu’on joue à cache-cache avec l’ennui. C’est qu’on reprend un verre, et puis deux. Qu’on lui en fait voir de toute les couleurs. De toutes les noirceurs. De tous les éclats chauds et haletants. Qu’il sera le premier signal de la rencontre avec l’épuisement. Parce que ça ne réfléchit pas un cœur. Ça se réfléchit, si on s’y prend bien, c’est tout. Et ça doit être insuffisant.&lt;br /&gt;Aimer oui. Autant qu’on peut. Etre de ce côté là des choses. Armé, car il le faut. Offert, pour ce que c’est. Trompé puisqu’on se trompe. Joueur grave ainsi qu’il était déjà grave de monter de la terre au ciel sur un dessin de craie tracé sur un trottoir. Avant l’averse. Ne pas perdre ses illusions mais les vendre au cour du diamant. Aimer par principe et déduire l’ivraie. C’est le plus difficile à dire. Ce qu’on peut croire n’avoir pas su saisir. Les décors dilués ou opportunément arrangés. L’idéal dégrossi. La passion récitée. Et tous les monuments soigneusement visités.&lt;br /&gt;Et rire au cas où tout ça, cela se murmure, ne serait en fin de compte qu’une erreur. Certains disent, plus aimablement, un concours de circonstance. Au stade où nous en sommes, de quoi serions-nous tenus responsables ? Y’a-t-il un championnat de complaisance ? Une hiérarchie des complicités ? Je veux dire une fois que l’affaire est faite, et, le cas échéant, que l’Histoire est passée. Pour peu qu’on soit monté dans le train. Apprenons-nous nos leçons ?&lt;br /&gt;La conscience. Oui. L’unique conquête qui évite d’avoir à espérer d’en haut et qui permette de fleurir de là où nous sommes. Objet sans âge. Qui naît sur toute la durée disponible, parcourue et à parcourir. Qui peut faire qu’on ait déjà vécu le futur et qu’on découvre le passé. Ce par quoi il est le plus dur, le plus compliqué, de pousser en avant sa curiosité d’être libre.&lt;br /&gt;Ce sans quoi vieillir conduit dans trop de cas à devenir si pauvre et si obscur.&lt;br /&gt;La conscience. N’en serais-je qu’à ce qu’elle se redresse pour ouvrir péniblement son pharynx.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-754663967379201319?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/754663967379201319/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=754663967379201319' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/754663967379201319'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/754663967379201319'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/01/50-etc-etc.html' title='50... etc... etc ... .. .'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/S1TVk-LByLI/AAAAAAAABOI/7FctLwLQBHg/s72-c/blog2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-6597903200437225550</id><published>2010-01-16T15:49:00.007+01:00</published><updated>2010-01-17T13:28:51.236+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Je déteste le mot "glamour" ! (Et j'ai raison!)</title><content type='html'>Vous me connaissez, (dans le cas contraire autant dire que vous êtes affligés d’un retard dont il va nous falloir nous résoudre à imaginer dans un grand élan d’optimisme débridé qu’il ne soit pas irréversible et pas trop dommageable à la qualité de nos rapports présents et à venir), donc vous me connaissez, disais-je, je suis la tempérance faite homme. L’extravagrifouillante* complexion de ma modeste personne me porte au pragmatisme et à la détermination, à la lucidité comme à l’inspiration, au charme et à la franchise, et je me parfume sans effort d’être à la fois instruit et curieux, éloquent et posé, ouvert d’esprit et disponible de cœur. Pour faire simple vous avez sacrément du bol de me connaître.&lt;br /&gt;Toutefois il m’arrive, rarement certes, mais il m’arrive de me laisser emporter par des engouements qui confinent à l’irrationnel et par des rejets qui le disputent au pathologique. A moins que ce ne soit l’inverse. Peu importe, engouements ou rejets, ce qui est sûr c’est qu’au fond, après mûre analyse, il s’avère à chaque coup que j’ai raison. Je sais, c’est agaçant, mais c’est comme ça.&lt;br /&gt;Je vais donc séant vous faire part, alors que vous n’en demandiez pas tant, de l’aversion illimitée que m’inspire le mot « glamour ».&lt;br /&gt;Selon M. Kikipédia, qui suffira bien à nous éclairer sur l’existence de ce vocable de plastique mou, il s’agirait à l’origine, ce qui nous confirme d’être en faveur de l’avortement, d’un anglicisme destiné à qualifier je cite "une beauté sensuelle, pleine de charme et d'éclat, caractéristique de certaines vedettes féminines de Hollywood ". Par extension, pour ne pas dire par répansion*, on est venu à user de ce paquet collant de sept lettres pour qualifier un peu tout et n’importe qui ou quoi, pourvu que cela s’attache à cette mythologie de papier peint à paillette, principale composante d’un décor ou trône une éternelle marmite de glucose suffocant destiné à embrumer certaines populations shootées aux sodas insipides afin de leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Et reconnaissons-le, ça marche plutôt pas mal !...&lt;br /&gt;Il n’est que d’entendre sur quel ton d’animateur enamouré de marketeur sub-gondolier, le turluteur de micro s’emploie à glousser ce mot comme si le shamallow était d’essence divine. Y compris sur des antennes dont la tenue conduit plus fréquemment les officiants à évoquer des œuvres à caractère culturel que les sanglots glando-clitoridiens de je ne sais quelle clique de fraîches potiches niaiseuses en train de siruper leur quart d’heure de célébrité de fond d’égout ripoliné.&lt;br /&gt;Il n’est plus de nos jours, de nos nuits non plus d’ailleurs, de minois délicatement fendu d’un sourire de dentifrice, de fringues savamment écharpées par un créââââteur avec un nombre de a accents circonflexes proportionnel au niveau se son auto-surestimation, ni de pince-fesses artistico-princiers sans que des dégoulinades de « glamour » ne suintent d’entre les protubérances labiales des commentateurs ou tatrices. Il n’est plus un gazou ou une gazelle pagayant devant un micro sur une musique génialement composée avec deux notes, (le la et le mi comme ça ça fait l’ami et ça c’est cooool), sans que le rétro sénile de service aux commandes de l’émission ne fasse sous lui en pondant du « glamour » comme si on était au bord d’une pénurie sucrière. Jusqu’aux fonctions ministérielles ou le titre de ministre la plus « glamour », entre deux ou trois cruches qui tant vont à la soupe qu’à la fin elles se casent, est débattu par des hypothèses de journalistes dont on peut entrevoir parfois les bouilles sur-cotées en première page des magasines dévolus à ce culte plus poisseux qu’une raie, au milieu ou pas.&lt;br /&gt;De quoi se compose le mot « glamour » : du mot amour grâce auquel on connaît autant de propensions à s’interpénétrer qu’à s’entretuer, et qui, en gros, à la louche, a servi de vecteur à la création de ce qui s’est fait de plus beau en ce monde depuis qu’il est venu à l’être de vouloir devenir humain dans le but compréhensible d’échapper au destin de sacs à mains de son cousin le crocodile. Il y a en effet autant de possibilité que l’être humain monte du saurien qu’il descende du primate. Si on va par là, oui. Et pourquoi n’irait-on pas ? Donc « glamour » se compose du mot amour et d’un ridicule préfixe « gl » : or, à quel début de mot servent également ce g et ce l : à gluant, à glauque, à glaviot, à glaire, à gloussement, à glapissement, à glandouiller, et j’en passe.&lt;br /&gt;Il n’est donc pas besoin de plus d’acuité auditive que celle que nécessite usuellement une chanson qui ne soit pas forcément écrite par une quelconque paire de genoux, pour s’apercevoir de la laideur sonore du mot « glamour ».&lt;br /&gt;En revanche si on considère le taux de sur-reproduction de toutes sortes d’encombrants à prétention artistique, où l’on constate l’exploitation effrénée du stade anal, on comprend que la dissonance grossière du mot « glamour » puisse passer inaperçue.&lt;br /&gt;Mais c’est pas une raison !&lt;br /&gt;Pas plus tard qu’il y a un certain temps j’ai pu ouïr, saillant d’un écran devant lequel mes pérégrinations du jour me conduisirent quelques minutes, la voix d’un inculte présentateur de programme pour déficientes de moins de cinquante ans qui susurrait au sujet d’une œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, qu’il la trouvait « glamour ». J’ai beau être un indéfectible partisan de l’abolition de la peine de mort, j’avoue qu’il m’arrive, à moi aussi, quelquefois, de rêver aux charmes de la profession de boucher.&lt;br /&gt;Certes on pouvait s’étonner agréablement que le bavouilleur susdit connût Herr Mozart. Mais ce maigrichon projet de satisfaction rôdant aux confins d’une auto-complaisance paresseuse, ne peut que piteusement suffire. Mozart, c’est tout ce qu’on veut, et on peut même ne pas en être touché plus que ça : mais ce n’est pas « glamour » ! De même Michel-Ange, ce n’est pas « glamour » ! De même Victor Hugo, ce n’est pas « glamour » ! Même en comédie musicale ! Na !&lt;br /&gt;Soyons clair ce vocable chimique, cet additif pétro-huileux, ne peut au mieux convenir qu’aux mondes hébétés auxquels l’indigence commune des peuples de bocaux d'eau froide sert de viatique sous le règne de la sainte église de Mickey.&lt;br /&gt;Mettons-nous d’accord : qu’il n’en sorte pas !&lt;br /&gt;Merci !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;* Inventions lexicales dont les définitionnements** se trouvent dans le célébrissime dictionnaire analphabétique**.&lt;br /&gt;** Voir *&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-6597903200437225550?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/6597903200437225550/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=6597903200437225550' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6597903200437225550'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6597903200437225550'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/01/je-deteste-le-mot-glamour-et-jai-raison.html' title='Je déteste le mot &quot;glamour&quot; ! (Et j&apos;ai raison!)'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-8024066840887059518</id><published>2010-01-15T08:19:00.001+01:00</published><updated>2011-02-12T19:05:01.024+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Hordelou'/><title type='text'>Viendrais-tu</title><content type='html'>Viendrais-tu me chercher.&lt;br /&gt;Tu as remarqué. Pas comme une question. Non. Comme un roman déjà. Monté en souples masses de gouttelettes, exhalaisons des sons horaires en tristes tintements de métal. Emané de toute la lande propagée à perte de vue, pour accueillir nos pays, nos errances, nos quêtes, nos châteaux temporaires, nos draps aux voiles gonflées, nos cris de pelisses puantes, nos lunes écarquillées, curiosités d’enfants translucides.&lt;br /&gt;Avons-nous à ce point inversé les prisons qu’il faut que ce soit moi qui te lance un grappin.&lt;br /&gt;Ecoute. Ecoute.&lt;br /&gt;Il y avait un lumignon qui ressemblait à un petit coffret de théâtre. Des gargouilles osseuses, directement importées des Iles de Darienford, gardaient, de leur sourires charmeurs, le cercle sous le dôme de volière. Elles s’asseyaient sous leurs têtes délicatement ornées, et dévoraient d’un coup, de leurs orbites de soie carnassière, le moindre dérangement qui risquait de perturber la représentation. C’est le Gouverneur des Iles de Darienford qui me les avait recommandées. Un homme affable et sensible, hélas coupé en deux, ce qui rendait très difficile le moindre de ses déplacements. Et pour tout dire impossible un quelconque voyage au delà des mers. Au mieux parvenait-on à le mener d’une des îles à une autre. Mais le plus souvent il évitait tout transport. Nous l’avions invité à plusieurs reprises pour assister à une de nos soirées : il n’a jamais pu s’y rendre. Ce qui ajoutait au problème d’être coupé en deux, c’était qu’il ne savait jamais en se réveillant le matin dans quel sens il le serait : en long, en large, en diagonale. Il lui était interdit de le prévoir. Il n’y avait que dans son sommeil qu’il était entier. On avait évidemment tenté de le transporter ainsi, pendant qu’il dormait. Mais à chaque fois, au moment d’embarquer, il se réveillait, séparé comme ceci, ou comme cela. Dans tel sens ou dans tel autre. S’engageait alors une pénible bataille entre telle moitié qui refusait de partir et l’autre qui en avait tellement envie. On avait bien sûr essayé des drogues et mille autres philtres pour approfondir son sommeil et éviter qu’il ne s’éveille au départ et surtout durant le voyage. Mais il manifestait une curieuse et terrible résistance à toutes les potions, ainsi qu’à l’hypnose à laquelle on avait également eu recours. Il cultivait ces gargouilles osseuses dans une immense bâtisse de terre cuite dont le matériau excavé pour aménager le lit avait servi à édifier l’atelier. Il était élégant et toujours très soigné, n’était le petit filet de sang qui pouvait apparaître ici où là, quelquefois, à un endroit où la césure du jour le faisait éventuellement souffrir. Cela dit il affectait une contenance pleine de dignité et empreinte d’une certaine grâce qui rendait sa compagnie très agréable. Personnellement je ne me souciais pas de le questionner sur son histoire. Elle devait être de toute évidence marquée d’une douleur qu’on imaginait aisément ancienne et tenace. Il ne parlait d’ailleurs pas de lui. Le peu qu’il évoquait d’un passé récent ou plus lointain concernait rarement sa personne et quoiqu’il raconta on eut été bien incapable de deviner d’où il venait et comment il s’était retrouvé ici, à habiter une de ces îles peuplées de gens qu’on ne rencontrait jamais. Et moins encore de comprendre pourquoi il était toujours coupé en deux. Toi, au contraire, tu avais posé quelques questions. Directes ou détournées. Alambiquées, diffuses, gênées. A chaque fois qu’il avait senti la pointe de l’interrogation l’effleurer, il s’en était suivi un interminable silence, d’une intensité étourdissante, qu’il passait tout d’abord à nous regarder, avec une expression de ciel au fond duquel n’aurait lui qu’une seule étoile, irrémédiablement perdue, puis par un phénomène inexplicable, nous étions, sans nous en apercevoir, projetés plusieurs heures ou plusieurs jours plus tard.&lt;br /&gt;Après plusieurs livres il n’y eut plus de question du tout.&lt;br /&gt;Je suis en train de penser, il y a si longtemps que nous ne l’avons plus vu. Je ne me souviens même plus de son prénom. Il me semble qu’il en avait un.&lt;br /&gt;Viendrais-tu me chercher.&lt;br /&gt;Ecoute. Ecoute.&lt;br /&gt;Tout le public est là. Un gosse de peu d’âge, approximativement. Il a préféré s’asseoir au milieu du parterre. Négligeant la grande loge centrale. Il n’a pas vraiment grandi. Mais il a compris. Il n’y a pas d’entrée en scène. La lumière se déploie, monte et découpe d’abord les bataillons d’instruments puis après avoir installé son survol du fond du gosier jusqu’à la rampe, elle descend déplier l’oiseau de smoking noir sur sa vigie.&lt;br /&gt;Je me demande ce que tu voudrais qu’on joue ce soir.&lt;br /&gt;Je sens le pavé mouillé. J’ai son odeur. J’ai l’impression de cliqueter comme un concerto de serrures. Je dors sur des parvis. Je dépense mon temps dans des aquariums. Je m’efforce de faire patienter tout ce qui paraît encore pouvoir. Les ruisseaux font des anévrismes. L’air parfois devient rauque. Il faut que je rentre à la maison.&lt;br /&gt;Mais est-ce ici, cette tour et cette bouche, navette barbare qui envoie au zénith des éclosions d’esbroufe. Est-ce ici cette valise qui ne s’ouvre plus et qui attend un crime assez épouvantable pour profiter de la diversion et appartenir au nouvel écrin de la mort. Ici le point derrière la vitre trafiquant son indifférence à une blancheur climatique, à un nord sans âme, à un canal aux écluses taxidermiques.  Ici le va et vient décalqué sur les murs d’une phrase saccadée qui ne saurait plus que s’inventer un serpent pour distiller sa goutte ulcérée.&lt;br /&gt;Le petit coffret de théâtre. Le petit amusoir à vision. L’ondoyeur de plafonds. Le chuchoteur de verrous décodés. La malle de transport. Et la penderie aux entrailles. Tout est intact. De ce côté. Dans le creux de ma paume. Ma paume d’imprimeur. Ma paume imprimée sur les parois qui me retiennent dans la geôle de ton abdication. Ma paume sur les murs de ta liberté négative. Un battoir qui frappe la pierre pour dénicher le mécanisme de l’écroulement, et que tu te retrouves nu, comme nous, ou moi, ou tout le monde. Ou personne. Comme personne.     &lt;br /&gt;J’entends ta question. Ce n’est qu’une question de miroir. Ca s’écrit tout seul. Le Gouverneur des Iles de Darienford en savait quelque chose. Je ne me rappelle pas s’il était plutôt jeune ou plutôt vieux. Dans son genre il n’était en outre pas le seul à en savoir. Dans le smoking noir il y avait aussi matière. Et de fil en aiguille, il y avait matière un peu partout. D’où les multiples extensions territoriales.&lt;br /&gt;Non, nous n’en sommes pas à concourir pour celui qui s’est le mieux gardé. Le mieux préservé. Aucun n’a laissé mourir sa petite voix.&lt;br /&gt;Ca n’est peut-être rien de plus que réveiller quelques baleines assoupies sous des horizons urbains où tu filais à toute vitesse en suivant leurs flancs rassurants. Et sans doute qu’elle peuvent tout aussi bien demeurer là, à roupiller encore pendant des siècles avant qu’un gamin s’y intéresse.&lt;br /&gt;Tu as raison : rien n’est si utile que ça.&lt;br /&gt;Juste que, je ne sais quoi, quelque chose, oui, que quelque chose puisse toujours survenir.&lt;br /&gt;Pas plus.&lt;br /&gt;Et qu’on sache, quand même. Si on va venir nous chercher.&lt;br /&gt;Je ne t’apprendrais pas que toute prison est une voleuse.&lt;br /&gt;Je te pose une question.&lt;br /&gt;Tu as remarqué. Pas une question. Un roman.&lt;br /&gt;Je me pose la mienne. Celle, peut-être que tu me poses.&lt;br /&gt;Alors je vois la distance. Tu me la montres. Tu la vois.&lt;br /&gt;Viendrais-tu me chercher.&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;Mais moi : serais-je encore là.&lt;br /&gt;Un roman. L’occasion de donner un prénom et un âge à ce malheureux Gouverneur des Iles de Darienford. De découvrir son histoire ou pourquoi il n’en aurait pas. De le délier de son maléfice. Et puis de programmer quelque chose pour ce soir. Parce que là le gamin, au milieu de la salle de concert, il attend.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-8024066840887059518?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/8024066840887059518/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=8024066840887059518' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8024066840887059518'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8024066840887059518'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/01/viendrais-tu.html' title='Viendrais-tu'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-6961498420674165196</id><published>2010-01-10T12:09:00.002+01:00</published><updated>2010-01-10T12:22:02.944+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Le manque et la fin</title><content type='html'>Les éléments avaient-ils disparu ? Lesquels ? De quelle sorte de contrainte pouvait-il croire que l’envers et l’absence, d’où il s’interrogeait, se démunissaient. Avec quel objectif. Si on pouvait soupçonner une quelconque détermination.&lt;br /&gt;Il y a eu cette journée. Aucune fumée. Ciel de verre. Dans du verre. Quatre doses d’amertume fleurie. Une fin de boite de friandises. Une rigolade. Et, je crois, trois mandarines. Mais il n’y a pas moyen d’en être sûr. Ce qu’il y a de bien, c’est que le lendemain ça pourra être pire. Et le surlendemain, pire encore. Et le quatrième jour. Le cinquième. Le sixième. En les comptant parce qu’il n’y a pas de rampe et que ça peut la remplacer. Puis en cessant de les compter parce qu’on s’aperçoit petit à petit qu’on se trompe. Qu’on n’y est plus. Qu’on s’est emmêlé les dates. Qu’on a plus besoin de rampe.&lt;br /&gt;C’est une histoire absurde : il s’en va, s’en va. Doit revenir là pour se procurer de quoi subsister, mais s’en va quand même chaque fois plus loin, et met de plus en plus de temps à revenir cependant qu’il y a de moins en moins pour subsister, jusqu’au moment où cela va prendre des jours et des nuits pour revenir et qu’il n’y aura pratiquement plus rien, qu’il le prendra, tout ce qui reste, et repartira, repartira, et ne reviendra plus. Plus jamais.&lt;br /&gt;C’est peut-être de cette façon qu’il va commencer à parler de là-bas. De là où il va.&lt;br /&gt;Peut-être de cette manière aussi qu’il va commencer à sentir dans le plein de son corps une penne de souffle.&lt;br /&gt;C’est une ronde très particulière. Avec du dénuement. Du délestage dirait-il aussi. Une allée et venue qui dure depuis des siècles. Et à force, celle sableuse et pénible d’une corrosion, des loquets tombent en poussière et il faut alors cesser de se demander pourquoi on ne les levait pas, on ne les poussait pas, on ne les faisait pas sauter avec un de ces accès de colère dont il se démettait les épaules en tendant les bras pour tenir les murs encore assez écartés.&lt;br /&gt;Je crois trois mandarines et sans doute d’autres détails à peu près aussi insignifiants parce ce sont les seules traces dont il puisse avoir noté l’existence sans que cela sorte d’un ordinaire dont l’anonymat devient précieux. Le reste, les interrogations, qui ont l’air subalternes bien qu’il les sache déterminantes devront se contenter du vent, des brumes, de la face cachée des heures jusqu’à, peut-être, ce qu’il n’y ait plus qu’elles et qu’il n’y ait plus qu’à rire.&lt;br /&gt;Pour le moment la faim n’est pas encore sèche. Cela sent l’humus et il fait une tiédeur collante.&lt;br /&gt;Ainsi que ça lui est souvent arrivé il ignore s’il est parti dans la bonne direction. Il ne souffre pas de plus qu’un malaise qui floue sa vue de blancheurs fugaces. Habituellement, n’ayant rien retenu des indications glanées, se fiant à une impression d’avoir compris en n’omettant pas le revers de cette impression, il s’en remet à un guide intérieur qui incline s’il doit advenir ceci ou cela, ou au contraire s’il ne doit rien advenir. Puis au fur et à mesure qu’il atteint les premières étapes il regarde autour de lui ce qui peut lui sembler familier et lui confirmer qu’il a emprunté la bonne voie. Suivi les bonnes instructions.&lt;br /&gt;Cette fois c’est beaucoup plus compliqué à déduire. Il y en a bien d’autres que lui qui sont là. Sur les bords. Assis en petits groupes ou isolés. Debout et scrutant méticuleusement chaque point cardinal. Femmes. Hommes. Jeunes, très jeunes, moins jeunes. Il y a des conversations lentes, pleines de circonspection. A peine audibles. Des objets de voyages qui dénotent. Le seul signe qui l’a rassuré c’est qu’il a comparé ces sacs indécis à des caries dentaires. Ca n’a pas été plus loin mais il n’est pas dupe. Il y a des cœurs qui flottent dans des eaux accablées. Des regards qui s’émiettent. S’il ne s’est pas trompé. Des âges s’indifférent. Il y en aurait, à bien les observer, qui ne seraient pas sûr de devoir être là. C’est l’ironie de cette situation.&lt;br /&gt;Ce qui a fréquemment entravé sa progression c’était l’absence de pauvreté. Pas celle dont l’écueil possible lui épargnait la pitié. Plutôt celle à laquelle s’accrochent les abscisses tenaces aux runes fatiguées. Ou celle contre laquelle se blottissent les psaumes effigies aux cordes élimées. Celles autour de laquelle se raidissent les sucres victorieux des crises de folie. Avec leurs additifs sacrificiels.&lt;br /&gt;L’absence de pauvreté. Et l’œil, sur la fin, amorphe et résigné.&lt;br /&gt;Oui, il était temps de partir. Cela ne dépendait enfin plus de la qualité d’une aube. De la durée prévisible d’une journée.&lt;br /&gt;Le manque s’était réduit à un état d’esprit d’alcool. Il avait décidé d’en goûter la volute dégoupillée.&lt;br /&gt;Il avait pris connaissance de son sujet. Et c’était bien semblable à imaginer une rivière descendant à travers le Sahara. Et plus. Il n’était pas question d’en parler en le voyant venir. Pour le faire venir. Avec des ors et des baumes. Des louanges et des déplorations. Des fards et des stylets pour retracer un héroïsme, une faiblesse, un genoux jusqu’à l’os, un profil adoré. Il allait en parler après. Sans lui. Sujet disparu. Archéologique. Sans sa peau. Intacte ou déchirée. Uniquement comme émancipé. Liberté si chèrement acheté qu’une fois tout dépensé on n’en garde que le plus élémentaire vêtement pour finir. Il allait en parler d’après. Des digues de zinc où des petits bateaux de pêcheurs rougeoient en se dandinant, un peu gênés, et un peu fiers aussi. Des petits rangements de cuir cossu où jaunissent des épitaphes pour des sépultures aux concessions renouvelables par tacites reconductions. Des hanches harmoniques qui traînent sur des plages sans cesse réinventées les dignes lamentations des peuples exilés.&lt;br /&gt;Oui, c’est bien cela : parler de là-bas.&lt;br /&gt;N’en ayant plus. A part les impudeurs. Le sourire qu’il a su adroitement se coudre pour ne pas se moquer et ne rien aggraver. Pour voir la paix, plaine insouciante, sur laquelle se battent encore, de loin, de plus en plus loin, les animales lois qu’on déguise d’honneurs.&lt;br /&gt;Et nouvelles propriétés. Chimiques et physiques. Même pas disparaître. Mais ne pas apparaître. Faire l’acquisition d’une rue juste en en arpentant la longueur. Manquer et revoir la chek-list des besoins primordiaux. Retravailler le pire. Chaloupant sous le marteau des dates adjugées. Faire fondre les intempéries organiques pour toucher au dur de la caverne et écrire dessus, au burin, avec des ricanements, cette histoire parfaitement censée, parce que, quand même, on a pas fait tout ça pour s’entendre dire par un criminel ensorcelé qu’il ne s’agirait que d’une plaisanterie pour meubler le néant. Un peu facile de tout résumer ainsi lorsqu’on a les pattes dégoulinantes de sang. Et qu’on est même plus capable d’aller derrière le sang pour raconter ce qui s’y passe. Derrière le mort. Derrière la mort. Derrière le crime. Derrière la chair. Toute chair ouverte. Toute chair. Derrière l’amour aussi. Au delà. Et se retourner, contempler et dire : « Voilà ce que je vois. » Et dire.&lt;br /&gt;Récemment je l’ai vu : après avoir entamé le décompte des jours. Déjà il avait oublié la rampe. Il s’est vaguement comparé à d’autres, jeunes, très jeunes, moins jeunes. D’une part pour vérifier où il était, d’autre part pour se dissocier. On a retrouvé des épluchures de mandarines. On a retrouvé des dessins. Des écritures diront certains. On dirait des plans. Des itinéraires. Des chants, c’est possible.&lt;br /&gt;Difficile de savoir s’il est vraiment parti.&lt;br /&gt;Difficile de savoir si c’est justement là le signe que le manque peut rendre insaisissable.&lt;br /&gt;Et la fin arriver tôt pour bien d’autres raisons et sous bien d'autres formes que celles qu’on lui connaît.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-6961498420674165196?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/6961498420674165196/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=6961498420674165196' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6961498420674165196'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/6961498420674165196'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/01/le-manque-et-la-fin.html' title='Le manque et la fin'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-1812716018140205492</id><published>2010-01-01T17:54:00.001+01:00</published><updated>2010-01-01T19:32:44.502+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>2010</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Que 2010 (vous) (te) (lui) soit : douce et parfois dure. Belle et embellissante. Forte et tendre. Penseuse et pensante. Poétique. Humaine et humanisante. Câline et pénétrante. Gourmande et affamée. Musclée et caressante. Réfléchissante. Démocrate. Voyante et lucide. Sucrée et acide. Désobéissante. Coléreuse et causante. Eblouissante et tâtonnante. Humoristique. Modeste et bravache. Insolente et attentive. Autre, amoureuse et troublante. Provocatrice et attentionnée. Dans les reins et sur la nuque. Volontaire et sage. Opposée et intelligente. Rêveuse. Océane. Salée et jouissive. Hilare. Politique. Démonstrative. Généreuse. Curieuse. Indiscrète. Tisseuse. Sensuelle. Observatrice. Patiente. Jardinière. Liseuse. Fructueuse. Charmeuse. Souple et déployée. Racoleuse et sincère. Guerrière et pacifiste. Nue et chaude. Alcoolisée et stupéfiante. Gracieuse. Délurée. Philosophe. Digne. Grave. Frissonnante. Brûlante. Excitante. Engagée. Inventive. Voyageuse. Etrangère. Liante. Lieuse. Mystérieuse. Planante. Marcheuse. Fatigante. Dans le creux d’une épaule. La main dans la main. A plein bras. A pleine bouche. Créatrice. Rigolarde. Parfumée. Musicale. Charnelle. Inspirée. Partageuse. Scintillante. Dansante. Haletante. Ebouriffante. Extravagriffouillante. Veloutément griffue. Délicatement mordante. Voluptueuse. Fleuriment solitaire. Joyeusement multiple. Astrale. Terrienne. Ecumante. Manifestante. Protesteuse. Valeureuse. Aventureuse. Etonnée. Joueuse. Eperdue. Retrouvante. Vagualâmante (voire vagualâmant). Chatoyante. Séduisante. Couturière. Cuisinée. Electrique. Eclectique. Eclatante. Enivrante. Libre. Fraternelle. Ludique. Surprenante. Apprenante. Enfantine. Princière. Dorée. Vagabonde. Enseignante. Aérienne. Effervescente. Courageuse. Travailleuse. Arborescente. Naturifiante. Amicale. Compréhensive. Artistique. Imaginative. Futuriste et passante. Avenante et secrète. Espérante. Chantante. Songeuse et chuchotante. Intuitive. Prometteuse. Délirante.&lt;br /&gt;Je veux dire pleine de vie !&lt;br /&gt;Pleine de vie !&lt;br /&gt;Pleine de vie !&lt;br /&gt;Bref que ce soit une année comme auraient dû ou comme auront pu être toutes les précédentes et comme devront être toutes les suivantes !&lt;br /&gt;Allez hop ! Au boulot !!!&lt;br /&gt;(Il se peut que j’ai oublié quelque chose… J’compte sur vous pour les mises à jour, ou à nuit…)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-1812716018140205492?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/1812716018140205492/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=1812716018140205492' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1812716018140205492'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/1812716018140205492'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2010/01/2010.html' title='2010'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-2458767979806703656</id><published>2009-12-29T18:02:00.000+01:00</published><updated>2009-12-29T18:03:24.561+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Leurre rouge</title><content type='html'>Rouge aurore, disais-tu, depuis le début, depuis la grande colère par quoi tout a commencé. Rouge aurore, statique, réduite, progressivement, à ce minuscule trou scintillant, persistant, d’une mémoire présente et interdite.&lt;br /&gt;Et si loin, si loin, alors qu’avançant, de plus en plus loin, tu y vois de mieux en mieux. Tu en fixes le point sensible lorsque tu t’adosses à un monticule, jambes étendues devant toi, sur le refuge d’un arpent de glace. Tu voudrais comprendre la distance. Et à chaque fois qu’il te semble saisir un élément, ou même plusieurs assemblés, quelque chose crie et meurt autant de comprendre que de ne pas pouvoir. Et, le cœur plein la bouche, le seul refus dont la décision te demeure, c’est de gémir. &lt;br /&gt;Tu le sens. Comme tu sens ton corps avoir déjà pourri tant de fois, et s’être lavé, et toujours avoir pourri de nouveau, et l’odeur de ce pire tant attendu qui perdure, de ce pire qui jusqu’à maintenant s’étale encore, trop vaste, sans circonstance, avec les hordes inépuisables de chevaux éblouissants qui en couvrent et en découvrent successivement l’empire humide aux couleurs instables.&lt;br /&gt;Depuis quand es-tu là. Affalé. Avec pour tout masque la sinistre béatitude d’être touché de l’autre bout du monde par cette infime lueur dont tu dépendrais comme d’un heureux maléfice. Avec pour conquête d’en avoir soutenu la vue dés le commencement. Et l’épuisement d’avoir vécu. Imagines-tu.&lt;br /&gt;On ne se fatigue pas d’avoir marché. D’avoir combattu. D’avoir parlé. Elevé la voix. D’avoir bu et rebu. D’avoir joui dans des lits sans adresse au nombre noyé. D’avoir jeté aux vents des joies nues, des révoltes sans grain, des slogans de coquelicots et des journées entières à errer sur des quais avec pour compagnie celle d’oiseaux ironiques.&lt;br /&gt;On ne se fatigue pas d’être parti sans retour. D’avoir quitter le feu barbare qui râlait sur sa  couche défigurée. D’avoir dû beaucoup trépigné d’abord avec dans un poing têtu une étincelle volée et dissimulée. D’avoir dû aux ronces. Aux inévitables inconsciences. Aux autres métamorphosants. Aux penderies closes des apprentissages. Aux curiosités sincères ou menteuses. Aux somnambules carapaces. On ne se fatigue pas d’être tombé, bien sûr. D’avoir aimé. D’avoir trahi. D’avoir haï. D’avoir été semblable. Ou singulier. De s’être mater dans le miroir, lâche, égoïste, tricheur. D’avoir joué. D’avoir perdu. Ou gagné, quelquefois. D’avoir gravi la montagne et, du sommet, d’avoir vider l’espoir dans le prochain à remplir.&lt;br /&gt;On ne se fatigue pas de se perdre. De chercher. De fouiller. De cambrioler. De questionner. Ni du néant qui nargue. Qu’on peut toujours gaver de clous brillants, de rosiers morts, de lames de rasoirs, de tout ce qui peut lui écorcher le gosier en réponse à son ricanement, pour l’entendre gargouiller comme un siphon déréglé.&lt;br /&gt;On ne se fatigue pas de s’abandonner. Ou d’abandonner. De l’abandon. Rappelle-toi : il t’a tenu la main et pressé contre lui. Il n’a rien dit et t’a laissé ne rien dire. Il t’a aidé à dormir. Il t’a fait traverser. Il a permis qu’on te prenne, qu’on te morde, qu’on te saigne, qu’on te lèche, et que tu en fasses autant toi aussi. Il a permis que tu vois l’invisible. L’âme de l’arbre et de la pierre et le ridicule innommable du mort apprêté dans son cercueil désert. Il a permis que tu apprennes l’appel de l’animal qui n’est pas encore venu. Le bruit de l’eau torrentueuse au milieu d’une mer de sable. Le son du feu dans ta main calcinée. La plainte de ton petit archet sur ta courbe vertébrale. Il t’a même appris des choses que tu ne sais pas et dont la seule science consiste à en préserver le secret fatal.&lt;br /&gt;On ne se fatigue pas d’avoir ressenti l’infini. Où, qui sait, d’en faire mortellement partie. De nager à tâtons dans des livres intemporels. D’aller puiser sous des temples légendaires. De cogner son bon sens falsifié dans des dédales affolants. Justement affolants. De briser des écrans aux hydres propriétés. De fuir. De contourner. De revenir. De se détourner. Pour se retrouver virussé par l’arcane d’une beauté insoluble. A porter comme une verrue ou comme un charme redevenu anonyme.&lt;br /&gt;On ne se fatigue pas de s’être incliné sous le passager. Sous le furtif. L’inconsistant. D’avoir enduré l’esprit si poudreux des jours. D’avoir subi de tant de pleurs la déformation du lointain, de la fenêtre de la chambre, et de quelques halls bruyants. Probablement de quelques bouts de mémoire. Ou de visages éteints. De fêtes fanées. De maisons. De routes. De voyages. Et de quelque corps chaud auquel tu aurais voulu t’arrimer plus qu’à tout autre.&lt;br /&gt;On ne se fatigue que d’être allé nulle part. &lt;br /&gt;Que d’être allant nulle part. Et nulle part allant, d’être de moins en moins.&lt;br /&gt;De se réduire à ce minuscule voyant écarlate qui grésille tout là-bas. Faible témoin d’une ténèbre grise. A l’antipode d’une banquise en débâcle dont les esquifs tombaux se heurtent au gré du flot berçant, puis s’éloignent les uns des autres.  &lt;br /&gt;Rouge aurore. Rouge leurre. Pauvre petit œil sanguin, pétrifié, borné à l’autre bout du parcours, et qui jamais ne se lève pour donner le jour. Quinquet buté dont le poinçon te poursuit sans bouger et parvient jusqu’à toi pour t’effleurer de son trait sans histoire.&lt;br /&gt;On ne se fatigue que d’être allé nulle part. Oui.&lt;br /&gt;Unique horizon que fabriquent les marées impassibles pour tendre le mirage d’un sursit d’hypothèse, le territoire rétréci d’un radeau dérivant. Un jardinet flottant entre les ondes. Une propriété résiduelle. Assez peu à arpenter pour enregistrer la progression des engourdissements. Assez peu à occuper pour liquider les encombrants. Les piles de départs et de retours desséchés. Les orphelins de toi. Les fauteuils divorcés. Les boites de carnets. Les bibelots millésimes. Les châteaux de cartes géographiques. Les rampes de lancements. Les abreuvoirs d’eau de pluie. Les agoras et les costumes.&lt;br /&gt;Puisque tu auras cédé à l’imposture et cru tromper ton aube avec un éclat d’enfer. Déplorable Orphée qui se sera tant retourné, pour s’assurer que l’œil malin ne disparaissait pas, qu’il en aura été lui-même changer en pierre. Tu te transformeras en un pantin humain, exsangue, au yeux prisonniers, cherchant inlassablement, de ton îlot, à apercevoir la pointe rougeoyante te désigner jusqu’à la fin comme un matin qui n’a pas eu lieu. Un jour ôté du calendrier. Une trajectoire sans vie. Une ligne chargée d’activités diverses. &lt;br /&gt;Peut-être voudras-tu, un temps, ressassant des épisodes, trouver qu’il y avait un but, un objectif. Un projet. Le pire sera alors que tu réalises qu’il ne s’agit pas de ça. Aller, ici, ne désigne pas un lieu, une ligne d’arrivée, un achèvement, une maison, un enfant, et pas davantage une œuvre ou autre réussite de cet ordre. Aller signifie un état de soi qui grandit. Qui à la fois s’allège et s’épaissit. Qui vit dans la chair et hors la chair, indifféremment. C’est boire et transpirer pour écrire en marchant. C’est dormir en parlant. Pour moins penser à soi. C’est s’oublier plus que pour l’autre. C’est accepter de rencontrer l’inexplicable sans intriguer pour se faire une parure d’une réponse au mieux inutile, au pire définitive. C’est ne plus s’appartenir en superflu. N’y être pas pour soi, patienter, et voir. Puisque nous sommes condamnés à être libre, à un moment ou à un autre, aller c’est apprendre à travailler un choix.&lt;br /&gt;Sois sans crainte, lorsque la fatigue t’aura suffisamment dévoré, tu n’auras plus de choix. Il doit te rester pas mal d’illusions. La sale petite perle de sang qui pend sur l’horizon d’où tu viens va demeurer visible encore longtemps. Lorsque tu ne la verras plus tu comprendras ce qu’il y a de plus futile à comprendre.  Et si tu les connaissais, il est possible alors que tu prierais pour que le caprice des hordes inépuisables des chevaux éblouissants soit magnanime.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-2458767979806703656?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/2458767979806703656/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=2458767979806703656' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/2458767979806703656'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/2458767979806703656'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/12/leurre-rouge.html' title='Leurre rouge'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-5938751046622159578</id><published>2009-12-18T14:59:00.002+01:00</published><updated>2009-12-18T15:03:49.055+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='DECHIFFRAGE ?'/><title type='text'>220704_fr2V</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/SyuLpfYWlSI/AAAAAAAABNY/LPQrKT1MMgo/s1600-h/IMG_1118.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5416576521757693218" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 267px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/SyuLpfYWlSI/AAAAAAAABNY/LPQrKT1MMgo/s400/IMG_1118.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;(Pages déchirées)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des noms de toutes sortes. Des noms de partout. Les sonorités de leurs énoncés maladroits, tonalité saturée, se cognent aux baies vitrées de l'autre coté desquelles les avions se vident et se remplissent. Hall de l'aéroport de Miami. Destination retour. Des noms en anglais, en espagnol, en allemand, en français, en italien. Des noms de gens attendus, en retard, égarés, perdus ; devenus importants tant leurs patronymes sonnent à travers tout le hall et au delà, à cause d'un siège vide dans l'appareil, d'un nom sur une liste qu'on a pas pu cocher. La vertu cardinale de la sécurité s'est emparée de tous les points ; sa girouette affolée règne au dessus de tous les horizons. Réservés et un peu craintifs, il n'y a pas un passager qui dirait quoi que ce soit contre ça ; l'avion c'est fragile. On fouille les bagages à notre insu. On vous rappelle pour vous redemander vos papiers d'identité. La mélodie froide et courte des notes électroniques qui préviennent d'un nouvel appel à personne. Tient celle-là, ça fait trois fois au moins qu'on la réclame. Toujours rien apparemment. On commence à connaître le nom. Selon la consonance on invente vaguement un physique. Avec un ou deux appels de plus on en viendra à imaginer un embryon d'histoire. Puis on s'interrogera. Un mystère s'insinuera parmi les voyageurs du même vol. Petit à petit cela s'apparentera à cette valise qu'on surprend à n'avoir quiconque qui la porte, et qui est là, au milieu d'un espace dont on s'éloigne insensiblement, qu'on contourne, avant qu'un service d'ordre n'organise la neutralisation du périmètre, que l'objet paraisse alors aussi monstrueux du potentiel qu'il peut contenir, que ridicule de ce qu'il renferme en définitive, quant on finit par l'ouvrir, n'ayant détecté en principe aucun explosif : des chemises, des pantalons, des slips, des chaussettes, une trousse de toilette, un drap de bain "Mickey Parade", une boite de préservatifs.&lt;br /&gt;Et des images : pour patienter avant l'embarquement : des rangées d'écrans connectés à CNN. Bush fait son cirque : plus on le voit, plus on sait que c'est bien lui, le Président des Etats Unis, plus on l'écoute, plus on l'observe, ses mimiques, ses poses, ses rodomontades, plus on a de mal à croire possible que ce soit sous la représentation de ce type que ce pays soit gouverné. Cela à l'avantage de se convaincre régulièrement que son rôle va très bientôt prendre fin. Et l'inconvénient de pouvoir penser aussi que si il a pu se faire qu'on mette là où il est ce grotesque et stupidissime individu, il n'est pas possible d'exclure qu'on l'y maintienne. Avec les mêmes moyens ; empruntés aux pires pratiques d'une république bananière qui disposerait du cynisme d'un empire soviétique.&lt;br /&gt;Dans les jours que j'ai passé, dans cette ville de rien, j'ai vu les premières pages des journaux : on va de ceux qu'on tue, comme faits de guerre, à ceux qu'on découpe en morceaux. Vidéo à l'appui. On est allé, suivant le cours logique auquel on pouvait s'attendre, des morts aux combats aux prisonniers torturés.&lt;br /&gt;Tout ça est en image. On pourrait se repasser les bandes à l'infini ou presque. C'est pas du Tarantino cette fois-ci : c'est du direct live : la lame va entailler la chair du cou, les tissus les uns après les autres, le sang va couler très vite ; ça a l'air simple. Mais on devine qu'il doit falloir une poigne bien déterminée pour accomplir cet acte. Il ne faut pas de demi mesure. La main qui tient le supplicié doit être aussi ferme que celle qui manie le couteau. Comme dans les salles de la prison d'Abou Graib, il faut avoir les membres trempés dans une imperturbable certitude d'un bon droit au dessus de tout autre pour torturer des prisonniers comme ceux de cette prison l'ont été. Comme ceux de toutes les prisons. De tous les abus. De toutes les autorités en régime. Y compris les démocratiques affublés.&lt;br /&gt;On sait cela depuis longtemps. De nombreux héritages nous ont laissé ce qu'il faut de témoignages plus ou moins complets. Les auditions sont loin d'être terminée.&lt;br /&gt;Peut-être pas encore d'images comme celles-là : où cela concerne un tel potentiel pour tout être, que là encore, soit on admet que chacun doit disposer d'une voie pour s'en émanciper, soit l'impossible confirmation qu'une voie universelle existe nous laisse pour toujours à la merci de ces horreurs.&lt;br /&gt;Bush : cet individu n'existe pas. C'est un décodeur qui nous envoie le message d'une autre forme de pouvoir qui le dépasse, bien évidemment, et qui dirige plus sûrement désormais qu'aucun autre chef, de cet état où d'un autre, a jamais gouverné. Si les révolutions s'originent et s'organisent à partir de la rupture entre les peuples et leurs dirigeants, nous voyons bel et bien, comme en Europe aussi, et dans beaucoup d'autres endroits, ce qui est en train de se préparer, dans un temps qui reste incertain, mais pour une échéance qui est pratiquement inévitable.&lt;br /&gt;C'était donc Miami : ville de rien. Un ami. Une invitation. Une semaine dans ce nothing land de palmiers, d'affairistes, de plages, de soleil. Une résidence de luxe. La Lyncoln avenue et ses cafés animés. Le confort sans conscience des déambulations dans le soir tiède. Les groupes vautrés dans les sièges larges. D'autres resserrés autour de sonos indifférentes. Tout le monde est gentil. Il n'y a pas de heurts. Pas d'agressivité. On aimerait ça s'il n'apparaissait en filigrane, dans l'ambre artificiel qui nimbe la soirée, qu'une fabrication a été nécessaire. Sur Ocean Drive le vacarme est partout, pour couvrir encore davantage cette dépense factice d'humeur vitaliste. La clinquance des façades clignotantes, bariolées, outrancièrement colorées et illuminées. Racolage multisexe : chacun, chacune, est la pute de l'autre. Ce n'est pas un érotisme qui vient des yeux. C'est une pornographie qui suinte des corps. C'est une consommation de temps à ne rien faire. L'amour moins encore que tout. Une illusion de plus pour écraser la douce. La plus douce. La si douce. Celle des simples lèvres qui frôlent la nuque jusqu'à la morsure. Celle d'un corps lentement fait de deux. L'odeur éternelle. La maille en fil de soi accrochée à la ronce sous l'aube de la mort.&lt;br /&gt;Ici tout est fait pour que rien ne meurt. Que rien ne vive assez pour avoir à mourir. Mais je n'ai pas vu les autres quartiers ; ceux comme partout, dans les grandes villes de ce pays, et d'autres pays, d'autres villes, beaucoup, ceux où s'entasse, se stocke, la matière première de toute société productiviste : le salariat au robinet.&lt;br /&gt;Juste une escapade hors zone jusqu'à Key West : rien à voir avec une clé ou un ouest. Les premiers espagnols à avoir abordé ce long crochet de terre à fleur d'eau, pendant de la Floride au cas ou l'ysthme de Panama céderai - et il a cédé d'un canal mais le crochet n'a pas été utile - ces premiers espagnols, donc, n'ont trouvé sur ces bouts de terre que des ossements : Key West vient d'une déformation lente et complexe d'un mot en hispanique signifiant ossements. Key West : l'idée d'un arrangement envisageable malgré l'importance très visible de la communauté gay. Les maisons de bois et le danger de submersion. Un je ne sais trop quoi dire de plus honnête dans la proposition de n'y être personne. Un brouhaha tranquille. Des couleurs tendres. Une clause de sauvegarde sur un étal turquoise.&lt;br /&gt;Rappel, hésitant mais pourtant assez tangible, de la ville où j'avais passé la semaine précédente : Syracuse. Oeil de la Sicile orienté. Vers l'Orient. Sur un bateau amarré devant la vieille ville, isolée de peu du continent. Le skipper éprouve les mêmes goûts pour Berlusconi que toi pour Bush : des goûts de meurtre. Je me souviens.&lt;br /&gt;Eole et sa compagnie de l'Olympe sont un peu paresseux ; ou capricieux. Trois jours en tout de navigation. Technique et grisant. Des arrivées vespérales dans des ports minuscules où le peu de souci de la grâce à fait se mêler des agencements rentables autour d'anciennes merveilles. On découvre des bijoux dans des écrins de bétons. Plus loin dans les terres, de vieilles cités baroques défendent leur trésors, un peu à l'italienne, sans vraiment avoir l'air de s'en préoccuper, mais en fin de compte sans céder aux assauts des optimisateurs. Ragusa, Noto, ou le sens du théâtre pour vivre au jour le jour. N'importe quel ragazzo, n'importe quelle ragazza, ont échangé leurs déclarations dans le tympan d'une église où l'on devait entendre une Callas anachronique chanter l'Elixir d'Amour. N'importe quels amoureux ont pu fondre par leur lèvres sous un balcon les protégeant de deux griffons magnifiques. N'importe quel amant a pu demeurer seul sur l'immense escalier d'un palais ocre et rose, la tête dans les mains, délaissé. On est prince de naissance lorsqu'on naît dans de telles villes.&lt;br /&gt;J'ai longuement traîné dans Syracuse. Sur cette scène là, aussi. Ville antique superposée de beauté, et de l'inévitable crasse dont toute ville du sud, ou est-ce la Méditeranée, ou est-ce le latin, se farde plus ou moins, comme une femme mûre se farde de ses poudres, inquiète de ses charmes ; et soucieuse d'ombres qui vont avec l'age, et répondent au soleil plus franchement qu'auparavant.&lt;br /&gt;Je suis dans cet été, au milieu de ce bain de vapeur et de clarté. A deux enjambées de saisons d'où j'ai voulu renoncer à ce que nous soyons, je me souviens, quelquefois, proches à nous parler, à nous voir, nous sentir et nous chercher, parfois nous comprendre. Finalement sans rien ; je veux dire sans projet que prendre un peu de sable dans le creux de ma main et le laisser filer à travers mes doigts dans le tamis des tiens et ainsi de suite, jusqu'à un résidu, traces de silicate sur nos paumes. Preuve de rien. Hors de question de savoir de quelle plage nous aurions eu le temps de brasser tout le sable. Je n'ai jamais encore pu prendre l'habitude que cela ait cessé. J'en saurais bien trouver le goût et le plaisir de refaire ces gestes. Et d'y mettre des mots.&lt;br /&gt;Mais Syracuse, c'était au printemps. J'aime l'italien. C'est beau comme du français et en plus ça chante. Ca a toujours un cul et ça s'appelle un cul. Pourtant ça peut se plaindre comme un plafond couvert d'or. La voie d'un bateau sur le flot prévisible d'una furtiva lagrima, au bord d'être comique, n'était la sincérité du silence alors dissimulé. Opéra pudique. L'Italie a une éternité. Tout comme la France. Qui l'ignore descend dans les basses fosses de la civilisation. Ca te regarde Syracuse. Federico, notre hôte, me dit que c'est parce que dans une ville telle que Syracuse, on se connaît toutes et tous plus ou moins ; alors on mate celui ou celle qu'on croise pour savoir si on se reconnaît. C'est fréquemment le cas, mais d'où, de quand, quelquefois c'est distant, on en reparle, on en prend le temps, s'il faut on prend aussi un verre, on se repère à un ami commun, tient on va l'appeler, on va boire d'autres verres, et venez donc manger la pasta à la maison, c'est une grande famille, si forte d'être ensemble, qu'on oublie que chacun pleure, una furtive lagrima, dans le gosier des vagues, dans les échos de pierre dorée. Dans la solitude vivante. Et je ne dois pas omettre de parler de ce groupe de chats de rue, cinq ou six, sous un porche dans une ruelle, en train de se repaître, tous en rond, d'un grand plat de spaghetti à la sauce tomate. C'est unique au monde. Et rien au monde ne les aurait dérangé : juste un regret : je n'ai pas retenu leurs noms.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-5938751046622159578?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/5938751046622159578/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=5938751046622159578' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5938751046622159578'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5938751046622159578'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/12/220704fr2v.html' title='220704_fr2V'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/SyuLpfYWlSI/AAAAAAAABNY/LPQrKT1MMgo/s72-c/IMG_1118.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-2660009163394613739</id><published>2009-12-14T20:09:00.002+01:00</published><updated>2009-12-15T01:28:02.553+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Oeil</title><content type='html'>Prenez un œil. Je veux dire, faites en sorte de disposer d’un œil. Un œil frais, de préférence. Frais comme un gardon, comme on dit. Mais pas un œil de poisson. Un œil humain, c’est indispensable. Enfin comprenez : s’il faut apprendre à lire à un poisson ça ne va pas être facile. Bien sûr le poisson peut aisément être un bon messager. Il saurait sans difficultés se faufiler à travers les lignes ennemies par exemple. Il peut se glisser dans le sexe d’une femme et engloutir celui de l’homme et, avec sa bouche qui a toujours l’air de dire « ba, ba, ba… », faire croire qu’il dit « je t’aime » alors qu’aucun son ne sort, qu’il ne dit rien. Qu’il fait ça uniquement pour respirer. Dans l’eau.&lt;br /&gt;S’il faut lui apprendre à voir, rien qu’à voir, ce ne sera pas simple non plus. Pensez donc ! Les buildings de Manhattan. Un corps dans le bain aurifère des bougies plantées autour d’une couche de marbre. L’homme qui penche sur ses pas pour les éclairer. La nuque qui s’offre au coût d’un bijou. La cage thoracique qui s’ouvre sur les forêts boréales en plein incendie. Les petits bouts de bipèdes qui circulent à tâtons et n’en croient plus leurs yeux. La rivière crasseuse à force de laver les pieds des usines à gaz. Le jeune garçon, si mince qu’il peut dissimuler le peuple de son crime derrière un réverbère, en profitant qu’il est allumé comme une bulle exorbitée au dessus du boulevard où tout semble ordinaire, où tout s’emploie à hiverner dans des manteaux aveugles qui font rire les chauves-souris lesquelles devraient être mieux reconnues pour leur évident sens de l’humour, remarquable notamment lorsqu’on en côtoient dans une salle de cinéma où l’on diffuse les aventures d’un certain vampire d’opérette. Mais là n’est pas le sujet.&lt;br /&gt;En règle générale évitons de mêler tout animal à cette histoire. Ils ont leurs problèmes et il est probables que nous en soyons un.&lt;br /&gt;Je veux dire prenez un œil. C’est une image. Pour lui malheureusement ça n’en était pas une. Je vous fais grâce des hurlements atroces de ses victimes témoignant assez de leur profond désaccord, certes très imparfaitement exprimé, mais tout à fait sincère. Il ne prenait pas l’œil de n’importe qui. D’abord il n’a jamais pris celui d’un borgne. Il me dit, un jour que je lui demandais pourquoi, un peu sottement, je le reconnais, que c’était aussi inutile que de poser une pareille question. Je n’ai rien ajouté. Il ne s’intéressait pas à moi pour sa quête. Je préférais ne pas trop attirer l’attention. De plus je me souvenais qu’il m’avait avoué sa curiosité pour le strabisme. Etant affecté de cette bizarrerie oculaire, je redoublais de vigilance lorsqu’il essayait de me regarder ses yeux dans les miens. Il savait ma faiblesse pour lui. Et pour ses yeux à lui, plein de catastrophe et de tendresse. De pluie glacée et d’éternel printemps. Que j’avais chaque jour, et chaque nuit alors qu’ils disparaissaient dans l’ombre, une irrépressible envie de prendre au fond de ma gorge pour les consoler. Combien de fois ai-je regretté de ne pouvoir le faire. Il n’aurait jamais accepté. Probablement qu’il redoutait qu’on le console. Déjà lui expliquer que ce qu’il faisait ne servait à rien c’était une épreuve. Une épreuve de faiblesse, vu sa détermination. Il répliquait qu’il devinait ce que je suggérais. Qu’il aurait été préférable de s’attaquer directement au cerveau. Il objectait avec aplomb et une justesse longuement méditée que le cerveau posait trop de problèmes. L’œil ça provoquait un choc. Un choc suffisant. Il reprochait à la nature de nous en avoir fait deux. En en supprimant un ça obligeait à mieux se servir de celui restant. Je contestais ce point de vue. Il s’énervait. Il me criait qu’on s’en foutait. Lui avait choisi l’œil. Je n’avais qu’à trouver autre chose puisque j’étais si malin. Je lui avouais qu’il me serait tout à fait impossible de retirer quoique ce soi à quelqu’un, comme ça, comme il opérait, à sa manière. Que c’était cruel. Qu’il fallait plutôt changer ce qu’il y avait à voir, à regarder. Il me lançait sur un ton de défi que je n’avais qu’à m’occuper de ça. Mais qu’en attendant lui continuerait. Il trouvait sans cesse des livres à écrire. Il m’expliquait qu’il devait bien y mettre des yeux pour lire. Puisqu’il n’y avait plus d’autres solutions. Je me demandais où il les dénichait tous ces livres sans écriture. Vu l’ampleur des décombres. Il éclatait de rire. Justement, répondait-il, il suffit de remonter les filons et on découvre les mines.&lt;br /&gt;A mon anniversaire il m’avait effectivement offert un très vieux volume, un volume unique, que je savais être conservé dans une très grande bibliothèque, et dans lequel il avait enfermé l’œil droit de quelque trois cent personnes dont il me promettait, pour me rassurer sans doute, que leurs regards ne se portaient plus sur l’humanité depuis très longtemps. J’avais beau lui exprimer ma désapprobation, il avait insisté pour que je reçoive son cadeau. Il caressa une de mes paupières d’un index précautionneux. Je mis le livre dans mon sac. Formant le projet de m’en débarrasser dés que possible. J’avais beau l’aimer, j’étais quand même un peu inquiet. Et depuis le cyclone il y avait tellement de police dans les rues : je n’avais pas envie de subir une fouille et qu’on m’interroge sur cet objet épouvantable.&lt;br /&gt;C’est à partir de ce jour que j’ai commencé à changer. A changer d’amour pour lui. Il était devenu tout à fait incontrôlable. Il pleurait de plus en plus. Sa façon de dire qu’il avait faim. Il évoquait pour moi ces criminels qui en ont tant fait qu’il ne peuvent plus l’effacer qu’en continuant. A plus forte raison parce qu’il s’apercevait, lui, que ça ne servait à rien. Ca n’était plus que son mode d’action. Il avait l’air de comprendre qu’il avait choisi une activité absolument vaine. Quant il soliloquait sur l’horreur qu’il s’inspirait finalement à lui-même, je le laissais, sans rien dire, posant simplement ma tête sur son épaule. Mais s’il sentait une autre présence, son instinct le gagnait de nouveau. Il cherchait d’où cela provenait. Je le voyais disparaître à un coin d’immeuble, un cri affreux s’échappait au delà des toits en volute brève et tragique, et il revenait avec son trophée, serré dans son poing. Il cherchait un bouquin qui convienne. L’ouvrait à une page dont il secouait le contenu de poussière noire, y plaçait l’œil collecté, bien au milieu, puis, avec un coup de main délicat, qu’il maîtrisait parfaitement, il claquait violemment le livre pour le refermer. Il m’avait raconté qu’il procédait ainsi lorsqu’il était enfant, avec les papillons.&lt;br /&gt;J’ai toujours craint les traces dont sa rencontre avait pu marquer mon esprit. Cependant je n’ai jamais pu comprendre que l’absurdité de ses crimes. Quelque chose d’irrépressible. C’est lui un matin, alors que nous marchions dans le fond du canal avec de longs tubes dans la bouche pour pouvoir respirer, qui m’avait expliqué en gestes rêveurs ces histoires de poissons. Je lui ai proposé d’expérimenter ces bouches de poissons dont il parlait. En le regardant avec insistance. Il me répliqua en formant des « ba, ba, ba… » avec la sienne. Je compris qu’il devait être tard. Plus tard encore, alors que nous nous étions mis à sécher, tout nu, sur un dos de barque retournée au milieu d’un trottoir condamné par des éboulements, il exprima un regret et m’annonça qu’il allait s’en aller. Je lui fis part de ma tristesse et de mon soulagement.&lt;br /&gt;Il m’invita à l’accompagner à la pointe de la digue qui s’alignait avec le soleil sur la mer enflée et grondante. Nous nous embrassâmes. Je fixais ses yeux si terriblement beaux. Il souffla sur mon regard. Se retourna. Plongea. Et se mit à nager. J’attendis que le tout petit point qu’il devint après quelques minutes achève de se dissoudre.&lt;br /&gt;Je voulais dire prenez un œil. C’est une image. C’est rien. Ca papillonne. C’est facile. Ca frétille. Ca matte. Ca trompe. Ca flotte sur la soupe. Ca sombre. Ca pleut en plein été. Mais ça regarde aussi tellement le crime. Ca défie tellement la douleur. Il peut y avoir tant d’indifférence, et de calcul, et de mépris. L’œil humain, oui, évidemment.&lt;br /&gt;Je me souviens de lui. Tous les jours. Lorsque je suis en colère je l’imagine de retour, à la nage, inchangé, rieur, et prêt à recommencer.&lt;br /&gt;Plus fréquemment j’essaye d’imaginer les papillons coincés dans les livres.&lt;br /&gt;Quelques temps après son départ la police a retrouvé sa tanière et sa collection originale.&lt;br /&gt;Ca a fait pas mal de titres dans les journaux. Plus que les conséquences du cyclone. Exagérations habituelles.&lt;br /&gt;Pendant ce temps la vie reprenait son court normal.&lt;br /&gt;On croisait un peu plus de gens qui se toisaient d’un sale œil et d’autres qui portaient un bandeau noir en travers du visage.&lt;br /&gt;Moi aussi j’entrepris de reprendre une vie à peu près ordinaire.&lt;br /&gt;Je n’y suis pas vraiment arrivé.&lt;br /&gt;Même si, tout bien pesé, j’en suis venu à conclure qu’il était quand même un peu dingue ce mec.&lt;br /&gt;Et sachant ce qu’il m’aurait répondu si je le lui avais dit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-2660009163394613739?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/2660009163394613739/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=2660009163394613739' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/2660009163394613739'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/2660009163394613739'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/12/oeil.html' title='Oeil'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-8369899341773162200</id><published>2009-12-08T14:32:00.000+01:00</published><updated>2009-12-08T14:33:45.914+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>La peur</title><content type='html'>On lui dit un visage. Selon les traditions, les inspirations, c’est un visage vert. Ou un visage bleu. D’un bleu blafard. Un sale bleu de tête étranglée. Ca peut-être aussi une face blanche et livide. Mais sous ces différentes appellations, nées des effets physiologiques que sa présence provoque, elle n’a qu’un nom : la peur. Elle a ses adeptes du frisson. Ses amateurs de cauchemars cinématographiques. De manèges retournées. Et même de pentes dévalées, sur un vieux vélo sans frein, et au bout une route où déboulent des camions. Elle a son folklore. Ses mythes. Ses millénaires. Ses gourous. Sa roulettes russe. Ses panoplies. Ses petits cabinets sombres. Ses prophéties apocalyptiques. Ses croyants et ses réfractaires. Ses troupeaux dociles et ses rebelles ironiques.&lt;br /&gt;Et puis elle a sa politique. Des politiques, mais au bout du compte une seule. A peu de choses près toujours la même. Là, plus de masques blêmes. Plus de versets cabalistiques. Plus de défis morbides. Et plus d’effets spéciaux.&lt;br /&gt;Non, là, Madame La Peur a des promoteurs un peu plus sérieux. Là elle doit régner mais surtout servir. Là elle peut se répandre à condition d’être utile.&lt;br /&gt;Elle bénéficie pour cela de dispositions spéciales.&lt;br /&gt;On lui fabrique un objet. Voire plusieurs. On lui désigne un peuple à conquérir. On la rappelle à ses rôles anciens à travers l’Histoire. Aux boucs émissaires qu’on lui a sacrifiés. Autrefois couronnée en grande pompe à Nuremberg, aujourd’hui elle grimpe les audimats dans les médias. Question d’époque. On lui aménage de nouveaux moyens, on la modernise. Mais on ne change rien à son principe de propagation ni à l’archaïsme de son industrie. Par dessus les oripeaux de sa fonction on glisse des sourires adaptés, peaufinés sur les établis du marketing, policés aux velours hypocrites de la communication : rictus désolés, rassurants, protecteurs, compassionnels.&lt;br /&gt;On ? Ses commanditaires :  ils voudraient gouverner : alors ils en vendent dés qu’un micro se tend. Qu’une caméra passe par leurs tribunes beuglantes. Ou ils gouvernent déjà. Ils se sont emparés de toutes les manettes. Ils tiennent tous les fils. Ils multiplient les mains dont ils ont besoin pour articuler la geste bien réglée des marionnettes qu’ils ont choisies. Et rompus aux talents des parieurs avisés, ils spéculent sur les rapports de leur investissement.&lt;br /&gt;Les temps doivent être inquiets. C’est une condition sine qua non de la réussite de leur méthodique entreprise. Ils faut une période propice à l’angoisse, à toutes sortes de craintes plus ou moins fondées, de replis fantasmatiques. S’ils ont su fabriquer le marasme économique et la déshérence sociale que leur commande la doctrine à laquelle ils obéissent, s’ils ont su découdre tout ce qui tenait tant bien que mal, sous prétexte de cette réforme dont ils ânonnent le bréviaire idéologique avec la ferveur bornée des zélateurs intéressés, ils savent qu’ils pourront recourir aux soins perfides de la peur pour consolider ce qu’ils font s’écrouler, à défaut d’avoir jamais eu l’intention de construire quelque chose de solide à la place de ce qu’ils détruisent. &lt;br /&gt;Temps heureux pour ces petits maîtres épouvantables. Le monde entier leur offre une marmite dans laquelle ils peuvent puiser de quoi préparer leur soupe empoisonnée. Dérèglements climatiques, crise financière, tensions persistantes ou nouvelles aux relents de guerres, et suprême délice, menace supérieure, régal de ces chefs de cuisine pestilentielle, les mouvements de populations, les émigrations, les immigrations, les migrations.&lt;br /&gt;Et le revoilà. L’immortel objet de toutes les frayeurs populaires, populacières. L’étranger. Et les revoilà, ces mille et son unique visage. Sa peau, sa tignasse, son allure, ses vêtements, ses mœurs, son odeur, ses manies, sa foi dangereuse, évidemment dangereuse, sa culture bizarre, évidemment bizarre, et ses intentions, évidemment de piller le pays, de coloniser nos villes, et bien sûr, bien sûr, d’attenter à notre identité nationale.&lt;br /&gt;Et revoilà, sainte alliance relookée, le sabre neuf d’une terreur et le neuf goupillon d’un catéchisme nationaliste.&lt;br /&gt;D’une autre origine tout aussi éternelle il y a cette autre exigence requise pour le service de la peur. Les gouvernants aux faces mielleuses ne l’ont pas oubliée. Ils ont cultivé les conditions de son épanouissement : la bêtise, la lâcheté, la veulerie, la mesquinerie, la misère, l’injustice, la frustration, la rancune, et maîtresse de toutes ces petites horreurs humaines, de toutes ces entraves aux bénéfices douteux, c’est elle, l’ignorance. La souveraine ignorance. Pusillanime, modeste et méfiante ou arrogante, matoise et ventrue. L’ignorance qui se plait d’elle-même. Qui se préfère dans son miroir vide. Qui se complait de sa suffisance d’en savoir assez pour en réfléchir le moins possible. Coquetterie simplette parée des foisons de pacotilles cueillies dans les vitrines des médias affiliés. Peuple alouette aux éblouissements soumis.&lt;br /&gt;La peur. Oh ça fait déjà de longs mois, de longues années, qu’elle rampe un peu partout. Parmi les étrangers de l’intérieur, dans les zones reléguées ou s’allument de temps en temps des feux de violences urbaines. Elle rampe. On la filme dans les rues, dans les magasins, dans les transports en commun. Elle rampe. A longueur de journaux télévisés mis en scène par leurs personnels domestiques bien élevés.&lt;br /&gt;Et les reins de plus en plus remplis de ses macérations aux effluves grises et poisseuses elle s’agite à présent, comme une bête obèse sous les imprécations de ses dresseurs.&lt;br /&gt;Et elle va se redresser. Par à coup. Subrepticement. Comme une nouvelle drogue à laquelle on s’habituera. Chimie politique des dealers aux langues adroites. Très adroites. Au verbe habile. Avec des manières d’emballages opulents pour envelopper leur dessein viral. Avec des indignations compassées pour protester de leurs soins impuissants. Avec finalement du bagout en guise de verve. Et du culot en guise de courage. Et la sécurité en bandoulière pour promesse d’apaiser l’hydre qu’ils nourrissent.&lt;br /&gt;La peur.&lt;br /&gt;Qui se redresse.&lt;br /&gt;Qui va se redresser.&lt;br /&gt;Si on la laisse faire.&lt;br /&gt;Si nous les laissons faire.&lt;br /&gt;Si nous nous laissons faire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-8369899341773162200?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/8369899341773162200/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=8369899341773162200' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8369899341773162200'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8369899341773162200'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/12/la-peur.html' title='La peur'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-3516877874636273582</id><published>2009-12-04T07:11:00.002+01:00</published><updated>2009-12-04T14:17:31.615+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Courrier envoyé'/><title type='text'>Chimère</title><content type='html'>Alors tu te rendors, mystérieux appétit.&lt;br /&gt;Tes langueurs éreintées sur les lentes pâtures&lt;br /&gt;S’écoulent pesamment, volcaniques bavures,&lt;br /&gt;Vers le gosier béat du cœur qui ralentit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les chaleurs mouillées se tend et se dilate&lt;br /&gt;La pénombre encensée par les odeurs des chairs.&lt;br /&gt;Et la faveur obscure de ce sanctuaire&lt;br /&gt;Protège entre leurs bras un sommeil écarlate.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici leur corps tremblant d’une grève épiderme&lt;br /&gt;Atteignent les chevaux harassés de leur course.&lt;br /&gt;De même illuminés ils reniflent la source&lt;br /&gt;Dont s’irise ébloui le flot qui se referme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici un temple dort, unissant leurs visages,&lt;br /&gt;Partage de leurs vœux aux fluides égarés,&lt;br /&gt;Mélange de leur goût aux bouches emparées,&lt;br /&gt;De leurs songes reçoit les sinueux hommages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De leur souffle l’empreinte de leurs voluptés.&lt;br /&gt;Que leur vienne la grâce, ici, d’emprisonner&lt;br /&gt;Le sentiment du feu dont il se sont donnés.&lt;br /&gt;Qu’ici s’incline le salut de leur beauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se sont relégués de rien dans ce repaire.&lt;br /&gt;Ils se sont étonnés que tout sens les ait fui&lt;br /&gt;Juste à sentir la faim qui les avait conduit.&lt;br /&gt;Ventre en creuse bataille et mâchoires primaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pénétrant enlacés dans le règne des faunes&lt;br /&gt;L’animal au secret des suaves salives,&lt;br /&gt;En rampant de la peau sous les paumes lascives,&lt;br /&gt;Sentait déjà l’humeur qui dévidait son aune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les griffes en fusion nacrant l’échine d’ambre,&lt;br /&gt;L’incisive enchâssant les maxillaires lèvres,&lt;br /&gt;Fauve qui avec l’alter échange sa fièvre.&lt;br /&gt;D’étreintes invoquée la chimère se cambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le puits rauque percé par les gémissements.&lt;br /&gt;La rage délicieuse aux mille éclats surgis&lt;br /&gt;Se déploie et déforme un zénith élargi&lt;br /&gt;Sous lequel du plus haut vient le renversement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La peau en sueur jouit de sa nimbe dorure.&lt;br /&gt;La créature enivrée se roule et se tord,&lt;br /&gt;De l’éperon dressant son impatient essor,&lt;br /&gt;Du fourreau présentant sa prenante monture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rudes ardeurs trempés au galop du Centaure.&lt;br /&gt;Otage de tendresse sous l’arche des reins.&lt;br /&gt;Lion ailé conduisant l’attelage marin.&lt;br /&gt;Passage d’une étrave à proue de sémaphore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Harnaché au garrot de la sauvagerie,&lt;br /&gt;Dégoulinant des eaux suintées par tous les pores,&lt;br /&gt;Ecumant et grondant et se roulant encore&lt;br /&gt;Dans des élans gracieux doués de brusquerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monstre sublime épris de gestes magnifiques.&lt;br /&gt;Les longs cris se supplient, s’implorent que ne cesse&lt;br /&gt;La dérive barbare parée de caresses&lt;br /&gt;L’entraînant se vautrer en dévotions orphiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous cet ébat fumant d’un rut incandescent&lt;br /&gt;L’esprit dissout répand son philtre dans les veines&lt;br /&gt;Et l’âme dans les flancs de cette intime arène&lt;br /&gt;Se saisit de ses rennes pour charmer le sang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cet envoûtement le ressac et le flux&lt;br /&gt;Accélèrent ensemble leur force en cadence&lt;br /&gt;Et l’animal flairant la trouble délivrance&lt;br /&gt;Se redresse et se cabre et il ne manque plus&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’un tour d’étau ultime aux membres qui se nouent.&lt;br /&gt;Qu’une chute élancée vers le haut d’un cratère.&lt;br /&gt;L’enchaînement flambant se soulève de terre&lt;br /&gt;Et fait jaillir de lui comme un volcan s’ébroue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sève chaude et cris noirs aveuglants et nacrés&lt;br /&gt;Projetés au dehors au sein d’un vide en feu&lt;br /&gt;La syncope d’un trait dans un émoi furieux&lt;br /&gt;Suspendue dans le laps d’un infini sacré&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fixant sa pointe aiguë de vertige orageux&lt;br /&gt;Avant d’en libérer les vapeurs opulentes&lt;br /&gt;Sur la chairs sidérée aux haleines brûlantes&lt;br /&gt;Agitée de sursauts et de sanglots nerveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chevauchée médusée traversée du courant&lt;br /&gt;Diffusé dans la fibre en exaltants frissons,&lt;br /&gt;Frémissant la mâchoire et renversant le front,&lt;br /&gt;Bouche écumante et l’œil devenu dévorant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’immobilité où l’instant sans limite&lt;br /&gt;De lui-même s’éteint, où peu à peu s’effacent&lt;br /&gt;Les traces des éclats, l’esprit reprend sa place.&lt;br /&gt;La chimère haletante à son tour se délite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un fragment de cosmos est l’unique unité&lt;br /&gt;Dont elle va mourir après avoir su naître.&lt;br /&gt;Elle s’est affalée avant de disparaître&lt;br /&gt;Rendant les corps émus qu’elle avait empruntés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers le gosier béat de leur cœur ralenti&lt;br /&gt;S’écoulent pesamment, volcanique bavures,&lt;br /&gt;Des langueurs éreintées sur de lentes pâtures.&lt;br /&gt;Ainsi tu te rendors, mystérieux appétit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-3516877874636273582?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/3516877874636273582/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=3516877874636273582' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3516877874636273582'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3516877874636273582'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/12/chimere.html' title='Chimère'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-2218832117070154536</id><published>2009-12-01T00:42:00.003+01:00</published><updated>2009-12-01T12:24:56.572+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>La fabrique du vrai</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/SxRYwDDt4xI/AAAAAAAABNQ/jbRpF_0w_uY/s1600/fumees_usines.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5410046634856669970" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 262px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/SxRYwDDt4xI/AAAAAAAABNQ/jbRpF_0w_uY/s400/fumees_usines.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;L’usine : des roues avec des dents. Les grandes mastications. Désaffectée l’usine. Hall de brique et de verre. Tôle et béton. Ateliers rangés. A cessé de hurler et de trembler, temple embarrassé de ses austères autels d’acier, de ses processionnaires aux roulements obsédants, de ses totems mécaniques, de ses vasques chaudes, de ses arcs luminescents, de ses palans cérémonieux, mais ne résonne plus que du néant témoin peureux de ce qui existait.&lt;br /&gt;Avait-il existé quelque chose. Ou revenait-il déjà de si loin.&lt;br /&gt;Planté au milieu des rangées de machines. Echo des grandes fabrications qui balbutièrent d’abord dans la caverne. Suite pointillée derrière le cheval puissance foudroyé, puis dérivant des années au delà du présent. Au delà même de tout futur. Rescapé des questions primordiales, follement ingénues. Follement assassines. Assis sur des berges inconfortables, boueuses ou rocheuses, mouvantes, puantes, conservant dans leur glaise quelques pas ingénieux et parmi les roseaux quelques clartés d’esprit emmêlées dans des brumes souvent de circonstances.&lt;br /&gt;Dressé, là, filament crépitant sur un axe piégé. Sur cette parcelle d’Olympe intime et parcourue de capteurs, bouclée sur elle-même d’une entreprise désolante.&lt;br /&gt;De quoi donc servir encore cette machine à rassembler mille mondes pour entrevoir. Puisqu’elle n’appartient qu’à lui. Qu’au mieux les grands absents, un ou plusieurs, ont tout à fait disparu. Des entrailles du sol autant que du zénith. Du cœur de la pierre autant que de toute sève. D’avant même le premier livre, et de toute éternité.&lt;br /&gt;De quoi nourrir à nouveau des ruminations contemplatives. Quoi mettre au monde. Quoi murmurer et laisser s’évaporer. Quoi élever dans cette étables, parfois, des bruits ordonnés en cadences sanglées. Quand de partout les horizons, oubliés par la nuit, vrombissent d’oreilles débordantes. S’exorbitent de regards saturés. Quoi œuvrer qu’un bibelot de plus espérant un spotlight. Alors que les matières premières affluent, endogènes de conscience qui se négocie par morceaux, par bribes, par déchets, en enchères distraites et joviales.&lt;br /&gt;Debout, seul, enfin, toujours début.&lt;br /&gt;C’était terminé les récitations. Les citations. Les bréviaires. Les pièces de verbes qui ne s’encastrent que d’une seule manière. Dans un seul sens. Dans un seul but. Stérilisé jusqu’aux frontons. Gravés dans les règlements intérieurs. Catéchisé sous les appâts fascinants d’un océan bordé de vigies. Automatisé par la grâce de renoncements rémunérés dans une monnaie qui n’a jamais existé. Des musées entiers avalés avant que de connaître. Des colonies de monuments sous lesquels il faut naître. Des cultes de mémoires qui n’en demandaient pas tant, ravalés par leurs officiants, et desquels on se devrait d’être.&lt;br /&gt;Pour faire quoi.&lt;br /&gt;Penser quoi, aimer quoi, vouloir quoi.&lt;br /&gt;Avec quels semblables.&lt;br /&gt;Etait-il devenu suffisant de faire. Depuis qu’on avait été informé des résultats.&lt;br /&gt;Qu’il s’en était aperçu. Qu’il avait arrêté. Arrêté d’aimer, pareillement.&lt;br /&gt;Un matin où il avait dû sortir de là, précipitamment, sans réfléchir, en courrant, avec à la place du crâne un tambour muet, total, écrasant.&lt;br /&gt;Et qu’il en avait croisé d’autres. Beaucoup. Et de plus en plus. Comme lui. Surgis de leurs fabriques. Courrant dans tous les sens. Serrant leur tête dans leurs mains levées. Ou écartant les bras comme des aéroplanes en vrille se jetant sur l’instant de s’écraser dans la terre. Il s’en enjambait, prostrés, mottes humaines pétrifiées. Il s’en découvrait dans les hautes herbes, sous des taillis, étendus et béants, les yeux perdus dans l’abîme bleuté.&lt;br /&gt;En s’approchant, ici ou là, d’un hangar en pleine zone, d’un immense atelier coincé entre des piles d’édifices gris, il en avait découvert encore d’autres travaillant à des brèches.&lt;br /&gt;A ouvrir des brèches. A la pioche, au marteau. Au canif pour les plus résistants. Ou, qui sait, ceux restés les plus prudents. Ceux qui s’étaient résolus à s’arrimer à un doute résiduel comme on arrime un malade à son goutte à goutte.&lt;br /&gt;Des fracas terribles accompagnaient les cris des plus acharnés. Une toiture s’affaissait. Des gravas se répandaient. L’une d’entre eux, une femme en robe rouge, était endormie nerveusement dans un amas de papier formé par l’écroulement d’un mur. Elle gardait à la main, dans son sommeil agité, la truelle qu’elle avait utilisée pour entailler ce mur et en faire tomber la surprenante matière. Par instant son bras, qui tenait l’instrument se levait et dessinait dans l’air quelques figures incontrôlées.&lt;br /&gt;Des sons de masse assénés sur des presses, sur des robots, jaillissaient alentour, en carillons brutaux, en morse frénétique, en percussions violentes. Un homme, assis dans une entrée, ciselait des petites plaques métalliques puis les jetait au loin. Il hochait négativement la tête et éclatait d’un rire cinglant à chaque fois qu’il en lançait une.&lt;br /&gt;L’un des prostrés en vit une atterrir juste devant lui. Il la saisit entre ses mains et la contempla longuement.&lt;br /&gt;Peut-être la contemple-t-il toujours. Et même l’a-t-il lue. Et, pire, comprise. Pour quoi que ce soit de vrai. Et plus rien de rassurant.&lt;br /&gt;Certains retardataires priaient. A moins qu’ils n’aient pas pu faire autrement que de retourner au seuil de la faille initiale. Celle d’avant le feu. Ou plus modestement pour combler le vide entre leurs paumes besogneuses.&lt;br /&gt;Le tambour rapetissait. Il cessa de courir. Il rencontrait des gens moins désemparés qui, pareillement à lui, divaguaient. Ils se toisaient mutuellement. Méfiants, abattus, inquiets. Il se dit qu’il lui fallait rejoindre son habitat. Au moins trouver de quoi tenir le temps qu’il faudrait. Ainsi qu’au commencement, lorsque rien ne se passe. Que rien n’advient. Et surtout que rien n’est promis. Mais que tout est là, quand même.&lt;br /&gt;De retour à l’intérieur il s’allongea sur le ciment.&lt;br /&gt;Il travailla, le plus discrètement possible, à modeler quelques phalanges avec leurs articulations. Il pensa avec une infinie retenue à naître de peu, vivre de rien et mourir inaperçu.&lt;br /&gt;Il imagina que cela puisse suffire pour le moment.&lt;br /&gt;Il tînt effectivement jusqu’au soir.&lt;br /&gt;Puis il pensa à demain.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-2218832117070154536?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/2218832117070154536/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=2218832117070154536' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/2218832117070154536'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/2218832117070154536'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/12/la-fabrique-du-vrai.html' title='La fabrique du vrai'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/SxRYwDDt4xI/AAAAAAAABNQ/jbRpF_0w_uY/s72-c/fumees_usines.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-2788889864533312042</id><published>2009-11-24T00:46:00.004+01:00</published><updated>2010-01-09T23:45:37.876+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Retour au silence</title><content type='html'>Vaste main aux fenêtres orangées, comme un front engoncé sous l’éponge du ciel.&lt;br /&gt;De là-haut pendent des versatiles au bout de leur fils, indécis immobiles.&lt;br /&gt;Dedans filent des vestibules à travers les pendules vernaculaires.&lt;br /&gt;Il se conte des ailes mortes, écailles en quelque sorte, de dépouilles au delà des portes.&lt;br /&gt;L’origine et le bout du chemin ont versé de part et d’autre d’une île d’eau.&lt;br /&gt;Une fête penchée aux craintes paresseuses hante autour d’un feu soporifique une robe d’alcool aux cristaux inclinés.&lt;br /&gt;Les impers perpétués accrochés aux patères dans une entrée de bronze au battant statique.&lt;br /&gt;Il se tire des soies aux coins des chambres, par grâce décolorée, inhabitées.&lt;br /&gt;Les mots remplacent leur absence et leur absence les remplace. Ils sont devenus peu. Presque rien. Sablier à perte.&lt;br /&gt;Sur le toit, autour des murs, c’est une houle aux amples plis qui rassemble le dehors dans un col d’horizons mouvants, remonté jusqu’aux arbres.&lt;br /&gt;Les ultimes efforts s’apaisent. A l’intérieur. On ne se défera pas d’un peu de boue aux semelles. On apprivoise la plainte alentour.&lt;br /&gt;C’est la dernière case allumée comme une fibule vive qui retient tous les pans des terres endormies. C’est un dernier regard qui retient entre eux les voyages pensifs, par les pointes de leurs amarres qui plongent dans les doutes, dans les distances, dans les incohérences, dans les hypothèses, que les profondeurs retenues font peu à peu se taire.&lt;br /&gt;Et c’est lui qui s’avance alors.&lt;br /&gt;Et s’élève. Et monte. Depuis des jours. Feutrant les dallages. Couvrant les murs. Lui, beau, calme, solennel et simple. Lui, d’un encensoir bienveillant qui irise la vue sur tout objet posée. Lui, dormant de son éveil si souvent contrarié. Lui, si souvent dans un coin, guettant les sarabandes des voix, les agitations, les effusions, les élancements, les déperditions. Ou qui attend, aussi. La fin de l’amour. Le désert au soleil. L’épuisement des cœurs et des énervements. La floraison sensible et les cruautés de sa croissance. Lui qui tente à l’ennui de rendre ses marées, ses jusants, ses grèves exposées aux quatre points d’où naissent des puits que l’on croit vide parce qu’on ne sait y écouter.&lt;br /&gt;Lui, d’après les corps aimés, les corps aimants, les corps embrassés, les corps explorés, et puis agrippés, confondus, exhalants, bruissants de souffles et de peau, et s’épuisant, hagards, à relire le plaisir pour qu’il en demeure, en lui, par lui, lui d’après l’insatiable éphémère.&lt;br /&gt;Lui, famélique d’après les guerres. Lui, agonisant de froid dans les blessures et les déchiquètements. Enfanté par tant d’âges oubliés et commémorés. Assassin sans couteau des paroles cosmétiques. Et, les mains dans les poches, qui caresse la patience jusqu’à ce que son tour vienne. Car il vient. Toujours. Son tour de faiseur, lisse et glacé, de gêne plantée dans des pointes de chaussures. Son tour de passe-passe où on peut encore prendre des reflets grimaçants pour des sourires de tranquillité.&lt;br /&gt;Lui, d’après la plaisanterie. Mulot narquois sortie de sa cachette. Féerie de bestioles aux discrétions suspectes. Filet aux mailles imprécises des parfums et des odeurs chuchotantes. Matière vivante qui épouse la charpente en craquements indistincts.&lt;br /&gt;Lui, si doux, malgré le sel qu’on lui jette pour l’empêcher de s’envoler. Lui, si jeune, et tendre, et plein d’égards, dans les plis même, dans les traits, laissés par des plumes dont la plupart n’auront pas su, seulement, être vraies. Tendre veilleur de ce qui persiste. Accompagnateur des cris sans échos. Des regrets inévités. Des pas qu’il appuie vers le prolongement qui lui échappe.&lt;br /&gt;Lui, au retour précieux. Diffus et propice. Qui pour le temps où on se livre à lui, recule les emplois calendaires qui se dévident et s’accumulent.&lt;br /&gt;Lui, dont la grâce insidieuse peut aussi s’installer comme une flatterie à l’inutilité. Dont les vapeurs translucides savent pactiser avec l’insomnie. Et qu’on peut retrouver le regard décavé, sans s’être aperçu de rien, quand les linges détrempés s’allégent assez pour enfin laisser revenir le jour. Ou que dans un ciel nu le soleil perce de nouveau.&lt;br /&gt;Là, maintenant, inconnu familier qu’on congédie, il faut refaire un peu de bruit. Décrocher ses tentures. Jouer des portes. Mettre un peu de musique. Appeler quelqu’un, au téléphone, à l’autre bout du chemin restauré. Que les autres passagers qui sont allés dormir se réveillent.&lt;br /&gt;Tandis que des fonds perplexes mais sereins, on ressort une tête à la langue timide et aux yeux ahuris. Que l’esprit décanté se remet, mesuré, à frémir mollement. Qu’une fraîcheur insinue, fine poudre d’argent, son frisson sur le corps engourdi. Que la pluie recommence. Ou que le bleu s’étale. N’importe. On ira aussi bien marcher pieds nus dans l’herbe ou dans la boue.&lt;br /&gt;Il n’est pas de saison lorsque son retour nous prend, nous berce et nous repose. Et que, à notre insu, peut-être, il nous rend à nos sens, lavés, recousus, avec, retrouvées, une faim et une soif qui menaçaient de s’oublier.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-2788889864533312042?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/2788889864533312042/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=2788889864533312042' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/2788889864533312042'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/2788889864533312042'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/11/retour-au-silence.html' title='Retour au silence'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-3303058358227739071</id><published>2009-11-17T00:23:00.001+01:00</published><updated>2009-11-17T00:25:20.179+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Défait l'être</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/SwHfT98TUbI/AAAAAAAABMg/OWwacLqsk-8/s1600/26928905_p.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404846561959301554" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/SwHfT98TUbI/AAAAAAAABMg/OWwacLqsk-8/s400/26928905_p.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Un moteur, sans qu’on se soit jamais demandé comment les pièces se sont assemblées, se sont imbriquées, encastrées, réglées les une avec les autres. Une mécanique insonorisée. Les pas qui vont tout seul. Les bras et le regard ballants. Les dernières lumières de l’aquarium jaune où sont accoudés quelques sauriens engoncés qui hésiteraient, s’ils s’en donnaient encore la peine, entre le retour aux fonds marins, et un prochain interstice par où se faufiler pour gagner à la faveur de la nuit un sursit machinal.&lt;br /&gt;Le trottoir, un quai repoussé des yeux jusqu’à ce qu’il ne finisse pas. Les têtes des fémurs sans effort dans les iliaques. Les rotules modestes. Suivant les cases du cadastre alignées en façades tombales. Nuque froide. D’où pendent comme un manteau superflu, sur les épaules gênées, les épaisseurs tiédies aux essences mordantes. Un peu de carburant pour les souffleries lentes et par la bouche, furtifs mirages forains, des goulées de vapeur que gobe l’air glacé. De quoi brûler un peu dans la batterie vide. Où le flux peut aller et venir sans contrainte.&lt;br /&gt;Un son. Sous une voûte sourde. Les talons réguliers. Anatomie du temps sur la partition nue avec la même note rangée sur la même ligne. Le tempo qui va comme un cheval de bois déraillé du manège. Le métronome calmant au fond des yeux hypnotisés.&lt;br /&gt;Il n’y a rien d’autre. Ces villes n’existent pas. On les traverse. C’est tout. Quelquefois en une heure. Quelquefois il faut plusieurs jours. Il arrive qu’on s’y égare. Qu’on préfère s’y égarer. Des saisons, oui. Ca peut durer des saisons. En fait une seule, une unique saison. Recommencée. Et recommencée. Et recommencée.&lt;br /&gt;On y pénètre. Lourds. Encombrés. Pourtant déjà si on a su franchir la porte, celle du nord, celle de l’ouest, c’est qu’on sait. Et qu’on cesse. On a quelque chose à perdre. Tout peut-être. Jusqu’à ce qu’on ne sente plus que le moteur et deux ou trois bricoles qui demeurent pour dire voyez, c’est encore de l’être. Plus de beaucoup, non. Mais si vous saviez le frôler, comme un peu de douceur nous frôle parfois, il en goutterait quelques mots et si ça vous inspire, si ça vous parle, vous pourriez les garder. Vous rentrerez chez vous et vous direz que vous avez trouvez une preuve. Souvenez-vous en quand même. Il arrive que cela pâlisse comme cette chimie moderne sur certains tickets. Et sans la mémoire, vous oublierez vite que cela existe. Bien qu’il soit possible que vous n’ayez pas à vous en servir.&lt;br /&gt;Et ces rues ne conservent rien. Vous entreriez si vous pouvez dans un de ces aquariums pour questionner. Et on vous regarderait de travers. Pas méchamment. Mais on vous regarderait à la manière dont on dévisage quelqu’un qu’on a dû connaître il y a bien trop longtemps. Et vous seriez obligé de comprendre que si vous n’avez rien à perdre, mais pas dans le sens où vous avez l’habitude qu’on le dise, c’est que vous n’avez rien à faire là. C’est une ville où on ne pose pas de question. D’ailleurs on y pleure pas non plus. Ou alors en cachette. On y rit. Certains soirs. Lorsque tous les autres sont couchés. On y joue du tonnerre dans les ventres sonores. On s’y vomit des gros paquets de joie rocailleuse. Pour rien. Comme tout, pour rien. On essaye d’entraîner celui qui n’y arrive pas. Celui qui part toujours le premier. Pour aller se balader dit-il. C’est un marcheur. La vieille patronne qui est quasiment morte depuis longtemps mais qui n’a pas complètement tout foutu en l’air demande si c’est un semeur ou un cueilleur. Les autres rient de plus belles. Qu’est-ce qu’elle veut qu’il cueille ou qu’il sème par ici lui lancent-ils. Alors elle essaye d’expliquer en se marrant avec eux. Elle n’en est plus à dire que ça lui rappelle ceci ou cela. Ou quelqu’un. Ca devient rare que ça leur rappelle quelque chose. Ou bien ils font des mots. Celui qui marche, ils ont fini par le surnommer « petite cylindrée » : parce qu’il consomme peu mais qu’il marche longtemps. Et puis quand la tempête est passée, ils redescendent sur leurs coudes. Doucement. Ballons dégonflés. La patronne fait sa caisse. Ils échangent encore quelques claquements de mâchoires. Ca va fermer. Il doit y en avoir un ou deux qui l’envient, secrètement, celui qui marche. Ca prend mieux la place de ce qui s’est défait.&lt;br /&gt;Même s’il ne cueille rien. Ni qu’il ne sème rien non plus.&lt;br /&gt;On doit pouvoir s’user moins durement.&lt;br /&gt;Au début on doit penser. Et puis ça doit s’effilocher. Sans qu’on s’en aperçoive. Ca s’évapore dans la fatigue. Et la fatigue devient un soutien. Ça s’insinue dans les reins. Ca fait comme une traîne. Et ça disparaît au fur et à mesure. Sous le crâne aussi. Des ailes silencieuses qui balaient et dispersent, et aident à maintenir le regard droit devant soi pour avaler le fil sur lequel la note, patiente, équilibre le funambule.&lt;br /&gt;Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien. Juste la mécanique.&lt;br /&gt;Le quai qui déroule son pavé ou son bitume. De temps à autre un train furieux qui file et à une fenêtre son visage. Etait-ce le sien vraiment. A cette vitesse. Non. Pas sûr. Il repassera. On verra bien. Si c’est pour devenir sans importance. Si c’est pour n’être plus que là, le plus possiblement là. Si c’est toujours son visage c’est simplement qu’il est trop tôt. On doit attendre le prochain train. Ou autre. Dans ces villes il y a même des navires qui vous passent sous le nez avec des familles qui font des grands signes et qui doivent se croire dans un film. Il y a également des chats qui miaulent. Ca fait autant d’indifférence. On peut leur dire un mot. Presque jamais les caresser. De toute façon il ne faut pas enrayer la mécanique. Se laisser faire. Défaire. Parvenir à entendre la petite broyeuse. Par instant. Comme on aimait, la tête sur l’oreiller, autrefois, écouter son cœur résonnant dans l’oreille. La petite gommeuse vibreuse. Celle qui effacera ce visage. Celui-là ou un autre. Qui fera disparaître les images du film. La petite grignoteuse qui va manger la rouille avec les souvenirs inachevés où elle s’est déposée.&lt;br /&gt;Il y a de la répétition. Ce carrefour par exemple. Il faut choisir. On ne peut pas toujours aller tout droit. Ca demande beaucoup d’usure pour ne plus choisir. Gagner la confiance du pilote automatique. Tester l’aveuglement. Eviter les rencontres bien qu’il y ait très peu de risque. On devient invisible. C’est l’étape la plus encourageante. On le repère facilement car alors on ne fait plus peur aux rats. Il vous regardent déambuler devant eux et il paraît qu’il ont des regrets de trésors gâchés. On les pendrait en affection. Mais c’est bien entendu hors de propos.&lt;br /&gt;Ce n’est pas qu’il faudrait ne plus souffrir mais tant qu’à faire se contenter de souffrir de ne plus.&lt;br /&gt;Mieux qu’un arbre en hivers. Mieux qu’un chien qui ne sent plus les coups. Mieux qu’un total idiot qui s’échine à vouloir naître. Et ce qu’il a salement raison malgré tout.&lt;br /&gt;On ne sait pas ce que deviennent les quelques uns qui sont arrivés à leurs fins. Peut-être nous croisent-ils, impeccablement transparents. Ou se sont-ils dissous. Evanouis. Tout ce qu’ils attendent c’est qu’à son tour le corps cède. Pour le reste il n’ont plus rien. Selon les cas ils ont sans doute conservé une pointe de méchanceté ou un grammage de gentillesse. Le calendrier glisse sous la porte. Chaque jour n’est que ce seul jour. Chaque nuit n’est plus qu’une seule nuit. On imagine. Mais à quoi bon.&lt;br /&gt;Il n’y a au fond qu’un danger dans ces villes. Ou plutôt il n’y aurait. Car il est difficile d’envisager que cela se soit produit. Il faudrait vraiment ne pas avoir de chance. Etre entré par inadvertance. Avoir jouer les curieux et s’être soi-même pris au jeu. Rien n’est moins un jeu.&lt;br /&gt;Et ce n’est même pas pour ça que ce danger, ce serait d’y croiser un enfant. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-3303058358227739071?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/3303058358227739071/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=3303058358227739071' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3303058358227739071'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/3303058358227739071'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/11/defait-letre.html' title='Défait l&apos;être'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_QCetBcnUrJw/SwHfT98TUbI/AAAAAAAABMg/OWwacLqsk-8/s72-c/26928905_p.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-4346724091027406747</id><published>2009-10-23T01:49:00.002+02:00</published><updated>2009-10-23T02:09:42.931+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Pâle heure</title><content type='html'>Du quai désert et de l’eau toute posée sur elle même, lourde, lisse et immobile. D’un pas qui balance comme un rocking-chair d’une sieste qui plane sous les vêtements. D’un fil pendant d’une voûte vide qui oscille dans l’air comme un radar sans contact. D’un éloignement retourné en lentes palmes translucides qui repoussent en ramant toutes les réalités. Les fauves et les pourpres. Les oripeaux de tous les costumes. Les surfaces des scènes. Les débarras providentiels. Les pesées indécises. Les penchants fardés. Les croix de chemins et les tapis de marbre. D’un élan arrêté qui se replie en corolle, draperie panoptique qui ré-enroule le champs de son ressort.&lt;br /&gt;Du ciel entre deux lunes troubles, sans savoir si c’est quoi qui commence ou si c’est quoi qui finit, une peau diluée en frileuses vapeurs très loin confine d’un côté les apprêts de la nuit ou ses dernières cendres, de l’autre le projet d’une aube ou un luxe crépusculaire.&lt;br /&gt;Ne cherche pas cette heure sur un cadran quelconque. Ni dans une mémoire même toute neuve. Ni dans un tout prochain rendez-vous. Elle ne peut être que présente. Et un présent à toi. Offert.&lt;br /&gt;Une matière fluide que tu sens en suspension autour de toi, qui se resserre sans t’oppresser et t’enveloppe. Une texture douce, impalpable, dans l’espace de laquelle fondent tous les alentours, les murs, les paysages, les visages et les choses, la nature et l’inanimé. Où toi même tu sens tes limites corporelles se dissoudre. Tes sens anesthésiés. Ton cœur indifférent. Ton esprit perdant ses formes habituelles.&lt;br /&gt;Comme au milieu des marées de rumeurs, tu t’éteindrais d’une fine mousse de clarté blanche. Comme au milieu des façades bleues d’où dégoulinent les connexions tu reculerais d’une fatigue insomniaque. Comme encerclé toujours par les rouleaux sans cesse ré-encrés de titres lâches ou hurlants, tu te replierais. Tu te retrancherais dans une nuée sourde, aveugle, interdite.&lt;br /&gt;Brouillée l’image de tel malheur dont disparaît aussi la main de l’enfant rangé sous un atelier dans la main du clandestin traqué sur une frontière. Enfumé le film de la mort qu’on distingue, incrédule, en morceaux indécents sous le soleil crasseux de contrées ravagées. Noyées les colères courbées qui se regroupent, qui se dispersent, se regroupent encore, s’éparpillent à nouveaux, d’êtres désabusés, trompés, dépossédés, harcelés, menacés, broyés, et qui sentent la poudre et ignorent ce que dit cette odeur infernale. Figée sans un cri sous son voile ta sœur humiliée, battue, assassinée. Et le soldat à peine plus grand que son fusil. Et les chiens qu’on laisse devenir tes frères dans des ghettos.&lt;br /&gt;Evanouies les clameurs des espérances au goût de sel qui rongent le monstre répugnant en s’acharnant à le détruire plus vite qu’il ne reconstitue incessamment.&lt;br /&gt;Le monstre répugnant. Cet hydre répandu dont tous les gras replis on envahi toutes les terres et tous les océans. Dont tous les gras replis prolongés en serpents flasques et glacés se propagent partout où des sangsues avides et grimées d’autorité le nourrissent en suçant son huile empoisonnée. Cet immondice enflé dans les foires boursières et même maquillé, par sa cour de bouches zélées, en bonace dispenseur de bienfaits mirifiques. Cette créature obscène aux mille langues avisées qui tantôt parlent le fiel en bavant du sucre, tantôt suintent du miel en crachant des sentences. Cette hideuse idole qu’un veau d’or ferait ricaner, attifée et clinquante de miroirs venimeux dans lesquels on peut voir les reflets déformés des canons qui s’emploient à maintenir son culte. Et son clergé facile, prosterné, docile. Ces petits maîtres des beaux marchés qui n’ont dés leur naissance qu’une âme domestique.&lt;br /&gt;Décalqués ruisselants sur les murs qu’écarte l’heure pâle qui te viens enlever au violent cauchemar.&lt;br /&gt;Fuite élogieuse, tout y est force de se taire. De ne plus rien dire, ni en creux ni en vague. De laisser se flétrir les pierres bavardes et les minces feuillages dernièrement lancés au dessus de l’arène. Si déjà tu en es là, c’est que les retours ont cessé, provisoirement, de te servir de drame.&lt;br /&gt;Si tu sais que ton petit cosmos trouble veille enfin, sans houle et sans feu, rendu à l’instance qui t’évoque bien avant d’être venu.&lt;br /&gt;Si rien ne te manque alors. Qu’à peine un peu d’acide témoigne des objets assoupis du cœur, éteints dans son vase silencieux, comme des preuves sacrées.&lt;br /&gt;Si tu sens le sommeil tenir tes reins qui tanguent sur ta promenade, et le tuteur d’une ancre délaisser tout ton geste.&lt;br /&gt;Si tu n’es plus qu’une eau avec un peu de souffle. Et plus même le son de tes semelles sur le pavé.&lt;br /&gt;Si ce que tu vois n’est plus que le papier d’un décor travaillé où s’est dissout ton rôle.&lt;br /&gt;Si tu n’as plus qu’à respirer. Sans heurt. Comme en reculant un pied devant l’autre.&lt;br /&gt;Goûte.&lt;br /&gt;Goûte en plein dans la page qui brûle, qui se déchire, au verso du rouleaux sans arrêt déclamé, funambule sur le fil du feuillet qui commande, goûte à part des débats aux pattes innombrables, dans l’estompage des images inconsolables, dans cette pâle heure ajoutée aux clapets des autres, goûte ta gracieuse évaporation.&lt;br /&gt;Goûte.&lt;br /&gt;Cette amicale absence.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-4346724091027406747?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/4346724091027406747/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=4346724091027406747' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/4346724091027406747'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/4346724091027406747'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/10/pale-heure.html' title='Pâle heure'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-8390711427490884706</id><published>2009-10-18T01:19:00.001+02:00</published><updated>2009-10-18T01:20:30.129+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Hordelou'/><title type='text'>Hordelou  -1</title><content type='html'>Voilà, tu sais qu’il est là maintenant. Muet, presque sans gestes, presque sans corps, avec ses yeux transparents et sa mâchoire osseuse. Avec sa peau si fine, couleur de corrosion. Tu peux entendre le son qui provient de sa nuque s’il tourne la tête. Tu peux le voir. Tu le regardes. Tu voudras le fuir et tu rentreras chez toi. Tu tireras les rideaux. Tu t’étendras sur ton lit. Tu ne voudras plus te demander s’il s’en ira à force que tu restes ainsi couché dans l’obscurité. A ne savoir quoi faire. S’il finira pas s’en aller. Ou s’il resterait, sous les pluies qui vont certainement se succéder maintenant. S’il resterait encore après le retour des affres du soleil brûlant de ses dernières semaines. A se dessécher. A tomber en poussière, à glisser sous le vent et à se dissoudre, de l’autre côté du canal, le regard vide, tant qu’il persistera, rivé à tes fenêtres. Sans jamais avoir eu la moindre intention de te retrouver, de t’ignorer comme tu l’as fait, ni de te perdre.&lt;br /&gt;Tu croises depuis des années la puissante gorgone gazeuse qui lui nuira. Tu vas en rencontrer le fils exilé dans son taudis et le groupe de celles et ceux qui s’assemblent sous les tilleuls puis qui se séparent avant le soir pour regagner leur domicile. Eux le protégeront. Il faut seulement que tu laisses faire.&lt;br /&gt;Tu es peut-être déjà prêt à ne pas renoncer. Peut-être déjà suffisamment débarrassé. Suffisamment désert. Suffisamment réduit à la ténuité et à l’étirement du son de l’archet sur le violoncelle qu’accompagne le ressac indifférent, qui s’est peu à peu habitué à ta mémoire nue. Ce n’est plus de la peur que tu ressens. Tu t’es faufilé en dessous et bien sûr tu ignores ce qui s’y cache. Tu n’éprouve plus le froid. Juste la froideur d’un fil sans sa gaine défensive.&lt;br /&gt;Lorsque tu te rendras à nouveau dans cet autre appartement, celui de la personne qui t’aide, parfois, tu observeras de nouveau, de l’autre coté de la cour cette femme, belle, en noir, qui se déplace chez elle avec une lenteur folle et gracieuse et au sujet de laquelle on t’a raconté des histoires qui t’ont souvent fait penser à l’être de rien qui ne naît jamais mais de qui chaque expérience d’y échouer se prolonge des quelques mots de la phrase que tu n’a, toi-même, pas cessé de murmurer depuis le début.&lt;br /&gt;Cette phrase que tu vis, formée dans des foisonnements qui en transformaient le cours en entrelacs inaudibles, puis que tu as, à ton insu, laissée s’étendre devant toi et te dépasser, vers l’insidieux isolement, se déchargeant de ses échafaudages, de ses cordages, puis de tes repos malades, de tes pendules promenades.&lt;br /&gt;Tout est là. Et tu ne pourras plus dormir assez pour oublier qu’il est revenu. Pas oiseau, non. Ni prince. Pas lézard aux écailles mordorées. Ni sage au front d’ombre. Ni danseuse Africaine ou chanteuse Irlandaise. Ni centaure au poitrail d’airain. Pas davantage voyageur. Rien de ce que tu as pu imaginer mais rien non plus que tu n’aies su. Et véritablement espéré. Brouillon mille fois effacé. Epreuve mille fois reportée. Sonate blanche mille fois écoutée. Retour autant esquissé. Témoignage refusé.&lt;br /&gt;Mais tu ne dors pas. Et finalement, si tu es rentré chez toi, tu n’as pas tiré les rideaux. De ses yeux sans vie il t’a encore plus reconnu que toi tu n’as deviné qui il est. Tu as parlé il y a quelques années d’un monde de réfugiés. Tu ne le l’abandonneras pas aux pluies, au vent, au soleil incandescent. Tu vas te souvenir du rêve qu’il faut. De l’enfant-corbeau. Plié dans une boite. Sous la tombée des feuilles. Du fleuve déployé. De tes pas dans la pente. Pour parvenir à la rive. Du petit corps presque éteint que tu serres contre toi. Et que tu as relâché dans l’eau froide et claire. Dans le courant calme et indifférent.&lt;br /&gt;Tu t’allonges. Tu fixes le plafond. Tu te relèves. Tu te mets à ta fenêtre. Tu l’observes. Il ne bouge pas. Recroquevillé sur lui-même. Il se confond avec la couleur de la pierre contre laquelle il se blottit. Tu crois détacher des images.&lt;br /&gt;Ce sont celles des réfugiés, oui. C’est toi. Ces images ne se détachent pas. Elles se superposent. Elles se décalquent les une sur les autres. Elles se fondent, se dissolvent, se reforment, se reconstituent, et à nouveau se flouent, se morcellent. C’est le énième peuple. Le peuple d’entre les peuples. C’est ton appartenance et ta déprise. Leurs semelles aux racines de sève qui perle sur des diagonales. Tu nies ton joug de nomade castré. Ils fuient. Ils fuient éperdument. Ils meurent. Tu perds le fil. Tu évites au mieux la vaine honte de ne pas te reconnaître. Tu ferais ton métier. Comme ceux qui photographiaient les migrants d’Ellis Island.&lt;br /&gt;En toi bruit dans une progressive limpide harmonie le long message reçu tous ces derniers mois. Long message entrecoupé de tes questions restées pur oxygène pour te maintenir.&lt;br /&gt;Tu vas retourner auprès de lui. Tu vas écouter ses serrures. Tu vas caresser sa porte. Tu vas finir par t’y abriter. Le plus sourd, le plus difficile soupçon que tu as sur toi se laissera cueillir comme un abîme s’élargit et offre enfin sa vraie respiration au souffle de la distance. &lt;br /&gt;Le germe de l’inquiétude que tu gardes de partir, de repartir, ce germe que tu pinces mais que tu n’as pas éradiqué, pourrira naturellement.&lt;br /&gt;Tu conserveras cette curiosité en revoyant quelquefois cette signature au bas du long message. &lt;br /&gt;Ce sera sans interrogation : Téoxx n’a pas à avoir eu raison ou tort. Il n’a qu’à avoir été Téoxx. C’est tout.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-8390711427490884706?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/8390711427490884706/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=8390711427490884706' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8390711427490884706'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/8390711427490884706'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/10/hordelou-1.html' title='Hordelou  -1'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-5583251918823116023</id><published>2009-10-11T20:01:00.001+02:00</published><updated>2009-10-11T20:03:03.477+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='DICTIONNAIRE ANALPHABETIQUE'/><title type='text'>Clairfoutument</title><content type='html'>Je viens de faire les comptes : j’ai répertorié 875653 messages de courroux, et accessoirement de coucous, dénonçant en substance l’abandon dans lequel il semblerait que j’ai laissé l’élaboration de mon génial Dictionnaire Analphabétique*, qui plus est au profit de répansions* multiples sur des états d’âmes chronico-protéiformes et les probables conséquences d’inhalation répétées de fumées plus ou moins licites qui doivent sûrement les inspirer sinon à quoi ça servirait de se ruiner en poudre de perlimpimpin, sauf à errer, à esser, à etter, et à etcaetérater même quand ça pourrait réussir, en dépit des aléas de toute tentative de comprendre voire de ne pas comprendre comme si on comprenait malgré tout parce qu’en fin de compte, comme je le disais au début de cette phrase acrobatique, c’est le chiffre qui compte et que 875653 messages, c’est pas rien nonobstant que ce ne soit pas tout non plus.&lt;br /&gt;Bref, et je mesure la malhonnêteté de cette locution légitimement soupçonnable d’abus caractérisé, je ne vais pas me faire prier davantage pour me livrer pieds et poings liés, ce qui va requérir une gymnastique dont hélas il vous faudra faire votre deuil de tout enregistrement filmé, pas me faire prier, donc, pour publier séant un article que nous ajouterons à la liste des vocables plus ou moins utiles, ou plus ou moins crétins, dont j’ai la prétention de faire l’offrande au monde qui ne s’y attend pas, en quoi il n’est pas exclu qu’il ait tort. Mais restons modeste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Clairfoutument&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; : adv. Du latin classique &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;« clarus »&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ce qui a l’avantage d’être clair et du latin copulatoire &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;« futuere »&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; qui signifie avoir des rapports avec une femme. Stop ! Je vous voir venir avec vos espadrilles à crampons et vos sabots à bandes fluorescentes : non, clairfoutument ne veux pas dire que ce soit simple d’avoir des rapports avec une femme. Sinon ça se saurait. Je ne veux pas dire non plus que ce ne soit pas simple, je veux seulement dire que la question n’est pas là.&lt;br /&gt;En fait pour saisir le sens profond de clairfoutument il faut au préalable, et au champs qui suit, décliner quelques peu les racines dont nous sommes partis. Autrement dit décliner « clarus » et « futuere ».&lt;br /&gt;« Clarus », en clair, donc, clair, ne pose pas énormément de difficultés. Outre ce qui est transparent, limpide, éclatant, plutôt pimpant lorsqu’il s’agit d’une couleur, évident lorsqu’il s’agit d’une explication sur l’origine de l’étant dans la métaphysique des batraciens par l’éminent professeur de philosophie Aldegrombard Lassassenadivitch, ou encore semé avec parcimonie quant il reste de la place entre les grains, lucide si on est voyant et brillant lorsqu’on y aura tirer telle ou telle affaire, ce charmant vocable évoque également moult images plaisantes parmi lesquelles nous retiendrons notamment le clair de Lune cher aux amoureux et le clair de notaire cher aux héritiers.&lt;br /&gt;Pour ce qui est de « futuere », littéralement « foutre » dans un langage agrémenté d’un lest de piment, le sujet est plus complexe du fait d’une propension galopante, si j’ose dire, qu’ont nos semblables, et ce n’est pas vous qui direz le contraire, propension donc à foutre, à envoyer foutre, à envoyer se faire foutre, et plus encore à s’en foutre. Je passe, afin de ne pas ajouter à la confusion sur le substantif qui en découle, (je vous en prie…), et qui désigne le substrat liquoreux dans le lequel se trouve la petite graine qui sous cette bénigne appellation a sauvé tant de parents lors qu’il leur fallait expliquer à leur progéniture désabusée que non, les enfants ne sont pas largués du haut du ciel par des cigognes plus ou moins myopes ou plus ou moins habiles. Ceci dit de ce foutre est né un grand foisonnement, pour ne pas dire un grand foutoir d’expressions à géométries diverses où les propositions de fornications jouxtent paradoxalement des invitations à aller le faire ailleurs, et parfois même avec quelqu’un d’autre, voire plusieurs autres, ce avec des intentions qu’on devine peu amènes au point qu’on se demande s’il n’est pas alors souhaité que des excès de transpiration ne couvrent les parfums de la sensualité. Enfin, bon : chacun ses goûts. Et puis si ça se trouve, quand quelqu’un envoie une autre personne se faire foutre, est-ce réellement ce qui se produit le plus souvent ? De même lorsqu’un tel ou un tel, quand ce n’est pas une telle, décide de s’en foutre cela a-t-il vraiment à voir avec quelque pratique onaniste dont je ne sais plus qui rappelait fort justement qu’après tout c’est bien le seul moyen de faire l’amour avec quelqu’un qu’on est à peu près sûr d’aimer ?&lt;br /&gt;Mais je m’égare et pas qu’en double file.&lt;br /&gt;De ce foutre on a extrait particulièrement un adjectif : foutu. Là encore nous allons pouvoir retapisser, enfin bon, recouvrir, bref, aborder quelques contradictions. A priori foutu signifie que d’une façon ou d’une autre on est allé se faire foutre. A moins qu’on ait fait ça, donc, tout seul. (C’est unisexe.) Il faut croire que c’est sensé abandonner le sujet dans un sale état puisque nous remarquons aussi qu’au bout de quelques dizaines ou centaines de milliers de kilomètres on dit souvent d’une voiture qu’elle est foutue. Je ne veux pas ici préjuger de la sexualité des automobiles mais dans la mesure où on ne trouve en général sous le capot que des chevaux et pas de juments on voudra bien agréer l’expression de ma perplexité. Et de ma curiosité accrue pour les étalons. &lt;br /&gt;Mais je digresse alors qu’il n’y pas qu’en Grèce…&lt;br /&gt;D’autant que foutu s’applique aussi à qualifier positivement certaines concrétions pluricellulaires de type humanoïde, (c’est unisexe), dont on a plaisir à remarquer que les proportions, longueur des jambes, fuseaux des cuisses, rondeurs fessières, hanches ondulantes, gorges opulentes ou thorax bombés, etcaetera, donnent moins souvent envie de les envoyer se faire foutre que de s’en occuper soi-même. On dit alors de l’impétrante, ou l’impétrant, qu’elle est ou qu’il est bien foutu. Ce qui n’est pourtant pas si sûr tant qu’on ne s’est pas encore exécuté !&lt;br /&gt;Par extension, manière de parler évidemment, on attendra donc l’exécution pour constater que foutre avec un sujet déjà bien foutu, ça peut être foutument bon. Et dans un grand élan de cet enthousiasme qui nous étreint quelquefois nous pourrons désormais souligner l’évidence de l’émoi en assurant que c’était clairfoutument bon.&lt;br /&gt;Nous y sommes.&lt;br /&gt;Clairfoutument, adverbe invariable alors que souvent femme varie et les mecs c’est pas mieux, est donc un tout nouveau mot qui nous permettra désormais de mieux attester en de multiples circonstances de notre contentement, de notre satisfaction, de notre éblouissement.&lt;br /&gt;Toutefois, comme tout n’est pas toujours miel et jasmin dans notre mal foutu monde, on omettra pas d’envisager l’usage de cet adverbe tout neuf dans des cas moins jouissifs que celui précédemment évoqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; L’accession à la tête d’un puissant organisme de gestion urbain et immobilier de l’aîné de la progéniture d’un Méprisant de la République grâce aux entremises dudit chef d’Etat en vue de favoriser l’accédant et divers réseaux d’intérêts privés qui leur sont liés sur des modes qui confinent à des comportements mafieux, c’est clairfoutument un scandale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment Madame la Ministre de la Santé Privée, ou en voix de le devenir, va-t-elle gérer l’attitude clairfoutument anti-citoyenne de nos compatriotes qui s’acharnent à ne pas vouloir attraper la grippe A à grande échelle, risquant ainsi de ridiculiser tous les efforts gouvernementaux déployés depuis des semaines pour faire croire que cette épidémie, en passe de s’avérer imaginaire, devait faire quelques milliers de morts dans notre pays ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Afficher dans la vitrine d’un discours, avec une constance presque disciplinaire, un slogan promouvant l’intention de faire de la politique autrement et n’avoir aucun stock de ce même produit dans son magasin ne revient-il pas à se moquer clairfoutument du monde ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, j’espère que vous avez clairfoutument compris : sinon relisez.&lt;br /&gt;Ca va bien finir par venir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Déjà entré dans mon beau dico. anal. (Si vous suiviez un peu !?!)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-5583251918823116023?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/5583251918823116023/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=5583251918823116023' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5583251918823116023'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5583251918823116023'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/10/clairfoutument.html' title='Clairfoutument'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-5326357147829758913</id><published>2009-10-11T00:48:00.003+02:00</published><updated>2009-10-11T01:31:17.662+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>The Remains of the Day</title><content type='html'>Les vestiges du jour. C’est le titre français de ce très beau film de James Ivory. Le but d’évoquer ce film, ici, n’est pas d’en faire une critique ni une apologie. C’est un film magnifique, subtil, génialement interprété, particulièrement par Anthony Hopkins et Emma Thomson, dans les deux rôles principaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est, précisément, une scène de ce film.&lt;br /&gt;Pour celles et ceux qui l’on vu ils se rappelleront cette scène. Pour les autres, voici : parallèlement à l’intrigue qui se joue entre Monsieur Stevens, incarné par Anthony Hopkins, et Mademoiselle Kenton, incarnée par Emma Thomson, ce film relate les entremises d’un lord anglais, Lord Darlington, dans le courant des années 1930, pour favoriser le redéploiement de la puissance Allemande sous la sinistre égide du parti nazi et de son épouvantable dirigeant, devenu le dirigeant de cette même Allemagne. Lord Darlington, en l’occurrence, veut régler un compte qu’il estime avoir en tant que débiteur vis à vis des conséquences redoutables du Traité de Versailles qui a consacré quelques années auparavant ce qu’il appelle, en substance, l’humiliation de l’Allemagne défaite à la suite de la première guerre mondiale.&lt;br /&gt;On assiste dans ce film à plusieurs entretiens, et même à une sorte de conférence, destinés à faire croire aux intentions pacifistes de l’Allemagne Hitlérienne, en vue d’en convaincre un délégué Français, assez pathétique, un délégué Américain, très méfiant, et divers responsables Britanniques plutôt enclins à appuyer sur la montée du nazisme leur rejet viscéral des communismes et des socialismes.&lt;br /&gt;A propos de l’intention d’Hitler d’envahir les Sudètes, on entend notamment au cours d’un dialogue cette phrase restée célèbre, dans la bouche d’un responsable politique anglais, affirmant que tous les habitants de cette contrée ne valaient pas la vie d’un seul soldat Britannique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors d’un de ces entretiens Lord Darlington converse avec trois hauts politiciens Anglais. Le sujet porte sur le bien fondé de laisser au suffrage populaire le soin de choisir les orientations politiques d’un pays. Monsieur Stevens, majordome très corseté de Lord Darlington, se trouve apostrophé par l’un des invités qui lui pose trois questions sur des sujets de politique monétaire et internationale. Le ton est condescendant et un rien goguenard. A chaque question le majordome répond qu’à son grand regret il ne se sent pas dans la capacité de répondre. Lord Darlington a l’air désolé de voir ainsi son principal serviteur mis dans l’embarras. Monsieur Stevens ne se départit pas de sa réserve de domestique zélé. Et les trois autres finissent par ricaner du majordome en protestant qu’on abandonne à ce genre d’ignorant le droit de voter sur des sujets auxquels il ne connaît rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas vous, mais moi si. Si quoi ? Si, de temps en temps, j’imagine détourner une partie d’un film, même excellent, pour y projeter ma réplique, mon geste, mon jugement, et parfois davantage.&lt;br /&gt;Dans la situation en question je vois bien Monsieur Stevens, poliment vexé, demander respectueusement à son maître, Lord Darlington, la permission de répondre quand même quelque chose à celui qui vient de l’interroger si méchamment. Et je vois Lord Darlington donner sa permission à son majordome. Et le politicien tout ouïe et rigolard curieux de ce que « le pauvre bougre », (ce sont ses mots dans le film), peut bien avoir à dire de plus. Et Monsieur Stevens, son petit plateau d’argent dans les mains, s’adresser calmement à son interlocuteur :&lt;br /&gt;« Non, Monsieur le Ministre, je ne puis répondre aux questions que vous m’avez posées. Je ne le puis car je n’ai reçu aucun des enseignements indispensables pour en savoir assez sur ces sujets et donc pour me permettre d’avoir un avis suffisamment éclairé. Ainsi que la plupart des habitants de ce pays j’essaie de me tenir au mieux informé de ce qui s’y passe et si possible de ce qui se passe à l’extérieur. J’ai néanmoins la charge de mon emploi à assumer et je ne peux consacrer autant de temps qu’il le faudrait aux choses de la politique afin d’en comprendre tous les rouages, toutes les arcannes, toutes les subtilités. C’est pourquoi, dans notre pays, une majorité de personnes a décidé de vous confier la responsabilité des affaires au plus haut niveau. C’est pourquoi nous devons pouvoir vous faire toute confiance quant à la manière dont vous vous occupez du destin de ce pays. C’est pourquoi aussi, s’il s’avère qu’au terme du mandat qui vous a été accordé une majorité d’entre nous estime que vous n’avez pas rempli votre mission, ou du moins très insuffisamment, il nous sera possible de placer là où vous vous trouvez actuellement une autre personne dont nous supposerons qu’elle obtiendra de meilleurs résultats que vous. Et nous le ferons d’autant plus librement que toute personne qui occupe la place où vous êtes, Monsieur le Ministre, est rémunérée grâce à l’argent que chaque habitant paye, selon ses moyens, afin de pourvoir aux nécessités de l’administration de notre société. Monsieur le Ministre, c’est parce que vous avez, vous, disposé des louables ambitions et des justes opportunités que vous a inspirées et apportées votre destin que vous avez pu accéder à la charge considérable de servir notre pays. Dans le but de garantir à tous ses habitants paix, justice, liberté et un niveau de vie suffisant pour que chacun puisse s’y sentir au mieux compte tenu de sa condition. C’est parce que vous avez fréquenté les écoles qu’il fallait, que vous avez reçu les enseignements de haut niveau qui forment à pouvoir un jour conduire les affaires de la politique au plus haut degré de leur importance, que nous vous demandons de résoudre les problèmes qui se posent, d’améliorer les situations difficiles des uns et des autres, de favoriser le développement de tout ce qui est utile au bien-être de tous. Et, sans vouloir être désobligeant, Monsieur le Ministre, et bien que, je le répète, il me paraît indispensable que je sache m’informer correctement à propos du monde qui nous environne, je pense qu’aux trois questions que vous m’avez posées il est plus urgent que vous sachiez répondre plutôt que moi. Monsieur le Comte voudra bien m’autoriser cette allusion à la charge que j’exerce auprès de lui, charge pour laquelle je perçois mon salaire, alors voyez-vous, Monsieur le Ministre, mon avis est que Monsieur le Comte n’a pas à savoir comment j’exerce ma charge. Il n’a pas à connaître les détails contingents sur lesquels je dois agir jour après jour. Il n’a pas à se soucier de la manière dont je résous les petites difficultés quotidiennes ou exceptionnelles. Il lui faut juste constater que j’exerce ma charge pour sa plus grande satisfaction. Et Monsieur le Comte en sait sûrement assez en étant assuré que je rempli mon emploi sans avoir recours à quoique ce soit qui serait contraire à la morale et à la justice. Et cela sans que Monsieur le Comte soit pour autant ignorant de ce que recouvre les exigences de mon rôle, ni sans qu’il soit tenu au courant de telle sorte qu’il sache que tout fonctionne bien, ou moins bien parfois, du fait de quelques vicissitudes dont il n’a à suivre alors que le dénouement. Je suppose enfin, Monsieur le Ministre, que si Monsieur le Comte devait dans un avenir quel qu’il soit être déçu ou même mécontent des résultats de mon travail il lui appartiendrait de me signifier qu’il ne souhaite plus que je sois à son service. Dés lors il se mettrait en quête de quelqu’un pour me remplacer. Je pense donc, Monsieur le Ministre, que ce système que nous nommons la démocratie, en vigueur dans notre pays, permet rien moins que ce que s’autoriserait légitimement Monsieur le Comte. Bien que n’étant pas très érudit je me souviens avoir appris l’origine lointaine du mot ministre, Monsieur le Ministre. Vous connaissez aussi j’en suis sûr cette étymologie. Je ne vous ferai donc pas l’offense de vous la rappeler. Et vous en déduirez, Monsieur le Ministre, qu’en fin de compte nos rôles sont quelque peu semblables. Vous êtes au service de notre pays et si notre pays n’est pas satisfait de la façon dont vous le servez, il est bien naturel qu’il vous demande de céder la place à quelqu’un d’autre. Cela n’exige pas que je connaisse aussi bien que vous les tenants et aboutissants de notre économie, de nos ressources énergétiques ni de nos relations internationales. Il faut simplement que j’en sache assez pour conclure qu’au vu de ce qui résulte de votre action il est permis de continuer à vous faire confiance ou pas. Utile de vous conserver à votre place ou de vous en chasser. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la fin de cette tirade je vois un certain silence s’installer brièvement. Et le majordome, prévenant, poser une dernière question :&lt;br /&gt;« Désirez-vous encore un peu de cognac, Monsieur le Ministre ? »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-5326357147829758913?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/5326357147829758913/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=5326357147829758913' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5326357147829758913'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/5326357147829758913'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/10/remains-of-day.html' title='The Remains of the Day'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-657216599270764161</id><published>2009-10-09T14:17:00.000+02:00</published><updated>2009-10-09T14:18:17.744+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Descente</title><content type='html'>Nous retrouvons-nous au bord de ce trou sans oeil ouvert sur l’en haut indifférent. Au bord de ce trou sans œil, désert et atone. Ce gouffre dans lequel des milliers et des milliers d’orages ont précipité leurs eaux et leur foudre. Cette cavité, froide et sèche, où les sondes se perdent.&lt;br /&gt;Orbite démesuré au bord duquel, souviens-toi, nous sommes venus tant de fois déjà nous pencher et dans lequel nous avons plongé des fils tellement longs qu’on aurait pu, avec, nouer les astres entre eux, tellement longs sans en atteindre le fond. Jamais.&lt;br /&gt;Il régnait des contes ahurissants à son sujet. Rien ne s’y trouvait d’autre que son unique présence. Irrémédiable. Aucune clarté n’y pénétrait assez pour seulement qu’on y distingue quoi que ce fut. Son bord abrupt dissuadait d’en explorer les toutes premières profondeurs. A force de demeurer trop longtemps la tête au dessus de son ouverture on percevait, disait-on, un son indescriptible, une sorte de chant qu’auraient généré de sourdes vibrations, une plainte impossible à identifier, peut-être l’œuvre d’un courant d’air sur les reliefs des parois. Peut-être une créature tapie quelque part et piégée plus loin que n’étaient descendus nos filins, dans une anfractuosité, dans la boue qu’il pouvait y avoir dans le fond. Une créature qui mourrait là depuis des milliers et des milliers d’orages. Et davantage. On racontait aussi que ce son austère n’était en fin de compte que celui d’un écho vide dont le vertige s’emparait peu à peu des imprudents pour leur faire perdre l’équilibre et les happer.&lt;br /&gt;Nous avons attendu des milliers et des milliers de pluies. Qu’elles puissent remplir enfin ce puits obsédant. Nous avons guetté les éclairs pour capter le peu que leur lumière furtive révèlerait de cette grande bouche sombre où leur passage trop rapide finalement nous aveuglait.&lt;br /&gt;Entre les orages nous allions et venions. De nos contingences chronométrées à nos heures évasives dont la plupart nous ramenaient aux abords de cet abîme. Vains. Désarmés. Et nous imaginions alors ce que nous découvririons si un jour nous inventions un moyen de descendre. Nous étions encore enfants mais capables de remarquer que nous le restions à force d’entêtement. De ne pas comprendre pourquoi nous allions passer quelquefois des jours, ou des nuits, de si longs moments, tournant autour, nous inclinant au dessus de ce gosier monstrueux  jusqu’à en entendre le chant voilé et venteux. Jusqu’à en être obnubilé, avec l’un l’autre, l’assurance que nous nous rattraperions mutuellement sil advenait que l’un des deux se penchât trop. De même de ne pas comprendre pourquoi nous n’irions pas. Les raisons ne manquaient pas. Nous échangions nos collections. Les laideurs qui nous faisaient fuir. Les absurdités qui jalonnaient nos présences au monde mécaniste et dont nous avons mis du temps à rire, du temps à mordre de rire. Si petitement furieux. Si misérablement en colère. Si maigrement triste. Nous fréquentions des sarabandes dessinées pleines de ventres criards, d’échasses cinglantes, de fripes haineuses et de poupées idiotes. Nous savions voir et il fallait refuser de tout voir. Pour que ça ne devienne pas tout à fait insupportable. Nous transformions ce qu’il était nécessaire de ne pas conserver tel quel. Parce que sinon nous aurions été étouffés. Rien ne semblait tenir, si tôt pourtant, qu’à un appel vers la terre et les vers auxquels nous prêtions les meilleures et les plus douces intentions. Les plus drôles aussi. Selon ce que nous souhaitions y voir enfouir et ronger. C’était facile.&lt;br /&gt;Mais il y avait le cœur. Et ça, ça ne nous laissait pas en paix. Et nous avons crié souvent. Tu t’en souviens, oui, nous avons braillé à nous en évanouir. Nous avons hurlé certaines nuits au dessus du gouffre. Sans réponse. Une fois morte l’onde nerveuse et brutale de nos cris, le son de sirène fumante reprenait toute sa place, et nous, épuisés, nous tombions alors assis, juste au bord, et nous pleurions de fatigue et de quelque chose d’autre qui devait nous sembler heureux. Puis, de cet épuisement, il nous est arrivé de faire du sommeil. Nous nous endormions.&lt;br /&gt;Nous descendions.&lt;br /&gt;Plus tard, en suivant le radieux repoussoir des ombres, nous nous racontions nos trouvailles.&lt;br /&gt;Nous avons rêvé de racines et de gangues glacées. De fontaines de roche d’où surgissaient des loups. D’un livre de terre au marque-pages fossiles. D’une rue démontée avec des mitraillettes. Il y avait eu une maison de verre aux chambres transparentes avec des cas d’amour dans toutes les géométries et toutes leurs mélancolies attachées en bouquets de doigts serrés. Il y avait eu des troupeaux de bovins dorés se reposant dans des marécages safrans. Une colonie d’araignées grondantes qui tissaient des échelles gluantes. Nous avons vu nos corps gisant dans la boue et geignant de tout en bas vers l’ouverture du trou que nous ne parvenions plus à apercevoir. Nous avons vu des armes. Chevauché des révolvers. Dégluti des pointes de flèches. Avalé de la poudre.&lt;br /&gt;Quels âges avions-nous. Un jour, je m’en souviens, nous avons été si vieux que nos carcasses aux peaux pendantes nous ont fait mourir de rire. Nous caressions nos articulations comme si nous voulions en détecter les serrures. Nous grincions. Des fille vêtues de saules virevoltaient jusqu’à ce que leur lianes frôlent nos épaules, nos reins, nos sexes. Nous empoignions leurs chevelures mais elles ne laissaient dans nos mains que des chats à plumes qui nous tendaient des couteaux. Des généraux sanguinaires hurlaient alors des ordres et nous devions nous battre contre des vagues qui accouchaient de bandes de soldats suintants et contre des bataillons de marbre qui récitaient des prophéties.&lt;br /&gt;Nous avons voyagé dans des coffres de voitures. Nous découpions des prières naïves dans nos épidermes bleus et nous les lisions à voix hautes pour ne pas qu’on nous oublie sur la route.&lt;br /&gt;Nous rêvions de crânes et d’ossements. Et surtout de nos crânes. De nos ossements. Tu me prêtais un tibia. Je te prêtais une clavicule. Et nous nous rongions pour distiller l’invivable terreur de nos chaleurs émues. Nous enfoncions nos doigts sous nos occiputs aérés. Nous soufflions dans nos nez atroces et nous riions des sifflements obscènes que cela produisait. Nous comptions nos dents et quelques enterrements. Nous câlinions notre seul amour d’une paume abrasive.&lt;br /&gt;Nous ne savions que le noir qu’il faut illuminer. Nous en étions sûrs. Il n’y a pas d’ombre à extraire de la lumière. Il n’y a que des fragments de lumière qu’on doit prélever dans le gouffre. C’est un tout autre travail. Aucune innocence ne peut l’accomplir.&lt;br /&gt;Nous avons rêvé que nous étions des crimes. Pas plus criminels que nos complices rangés dans les cases des albums. Pas plus victimes que nos comparses anesthésiés de distractions.&lt;br /&gt;Nous nous réveillions surpris. Nous pensions au risque que, dans les mouvements du sommeil, nos corps roulent trop près du bord du trou. Nous laissions faire. Nous nous racontions tout. Tentant de décoder. D’accord pour ne pas insister lorsque quelque chose nous résistait. C’était fréquent. Nous devinions que c’était mieux de garder de la lecture pour plus tard.&lt;br /&gt;Nous apprenions à descendre.&lt;br /&gt;Certaines frayeurs nous ont tétanisé. Nous troquions entre nous nos angoisses comme des sachets de drogue.&lt;br /&gt;Nous mesurions nos progrès à l’aune de la peur de ne plus pouvoir remonter.&lt;br /&gt;Nous nous sommes demandé combien de temps cela durerait. Nous l’ignorions. Ca n’a jamais cessé.&lt;br /&gt;Nous nous retrouvions au bord de ce trou sans oeil ouvert sur l’en haut indifférent.&lt;br /&gt;Tu te rappelles, dans le film, on nous parlait de discipline. S’ils savaient quel froid sévère et quelles blessures nous avons su endurer.&lt;br /&gt;Avant de commencer à nous débarrasser de l’horreur. Avant de commencer à conquérir un peu de buvable rosée.&lt;br /&gt;Avant de commencer à entendre les articulations qu’il y avait dans le son caverneux qui montait en lamento hypnotique. Avant qu’une toute petite voix veuille bien nous atteindre. Avant que son roseau volatile veuille bien enfoncer sa racine dans la boue du fond et pousser vers le haut, dans le vent, sa perplexe antenne.&lt;br /&gt;Nous grandissions.&lt;br /&gt;Nous nous retrouvons au bord de ce trou sans oeil ouvert sur l’en haut indifférent.&lt;br /&gt;Nous avons dû apprendre. Un peu.&lt;br /&gt;Alcool souffreux.&lt;br /&gt;Comme un mal certain.&lt;br /&gt;Un bien aléatoire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-657216599270764161?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/657216599270764161/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=657216599270764161' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/657216599270764161'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/657216599270764161'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/10/descente.html' title='Descente'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-9012449031773633514</id><published>2009-10-05T04:37:00.002+02:00</published><updated>2009-10-11T01:21:12.028+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHRONIQUES'/><title type='text'>Messages clos</title><content type='html'>Je repensais à elle. Parce que je passe souvent à cet endroit. Ce carrefour sur cette avenue bruyante. Avec cette petite rue qui vient de la Seine. Je ne l’ai rencontrée que ce jour-là. Ce jour de début d’été. Avec du soleil. Peu de chaleur. Et beaucoup de vent. Trop de vent pour elle. Elle marchait au plus près des façades d’immeubles. S’appuyait à tout ce qu’elle trouvait à portée d’une main. Une canne dans l’autre. Ce petit bout de très vieille dame tremblante et entêtée. Grosses lunettes sur son petit nez rabougri. Une infinité de petits coups de griffes d’orfèvre sur son visage. Bouche ouverte et mâchoire crispée sur un souffle pénible. Elle avançait à tous petits pas prudents et saccadés sur ces jambes maigres. Elle arrivait au coin d’un immeuble. J’arrivais dans l’autre sens. Je commençais à distinguer ses deux yeux minuscules et affolés derrière les carreaux épais de ses hublots. Je fus d’un côté de la rue qu’elle devait traverser. Le vent déboulait encore plus vivement de ce couloir d’où les automobiles débouchaient pour s’ajouter au trafic de l’avenue. Je la voyais, agrippée à un mur, tournant la tête et se demandant comment franchir cet obstacle sans être emportée. Je traversai sans la quitter du regard. Elle me vit et tendant son cou dans ma direction, bredouilla quelque chose d’inaudible en fixant sur moi ses yeux usés d’une désespérance ordinaire. Usés comme tout son être de cette épreuve quotidienne qui l’amenait encore à sortir dans la rue pour des choses probablement nécessaires et tout aussi probablement inutiles. Parce qu’il y avait ce soleil quand même. Et cette chaleur timide. Si seulement il n’y avait pas aussi ce foutu vent. Lorsqu’elle comprit que j’allais l’aider elle prit sa canne dans son autre main et me tendit celle devenue libre. Je sentis sur mes doigts se serrer fébrilement les siens. Je passai un bras autour de ses épaules. Et nous entreprîmes la traversée de la rue. D’un signe de tête j’indiquai au voitures de s’arrêter. Je formais un rempart de mon dos pour empêcher le vent de la bousculer. Je regardais où elle plaçait chacun de ses pas. J’observais également son visage. Son regard. Une obstination désabusée où on pouvait deviner « Je suis encore là » et le « J’arrive » de la chanson de Brel. Je prenais mille précautions pour bien la soutenir sans lui faire de mal avec l’impression de transporter un lustre vivant tout tintinnabulant de ses cristaux et près de se briser à chaque seconde. Je sentais sur mon bras la pauvre force restante du sien assurer son appui. Cela dura quelque minutes. Lorsque nous atteignîmes le trottoir d’en face elle relâcha ma main et m’adressa un sourire un peu gêné. Je lui demandai si elle allait encore loin. Elle désigna de sa canne une porte d’entrée à quelques dizaines de mètres et me dit que ça irait. Elle dégagea doucement ses épaules de mon bras, me dit merci et reprit sa marche seule, se rapprochant de nouveau des façades pour se protéger. Je la suivis du regard pendant quelques instants. J’éprouvais encore dans ma main l’emprise de ses vieux doigts. Un mélange de merveille cruelle et de tendre tristesse fleurit furtivement en moi. Sans plus de manière. Me conservant un vague sourire. Me plissant les yeux sur la lumière estivale.&lt;br /&gt;Je repensais à elle, parce que je passe souvent à cet endroit, que j’y suis passé ce matin, et qu’aujourd’hui en revenant chez moi j’ai pris le bonbon qui était dans ma boite à lettre.&lt;br /&gt;J’en avais fait état en mai de l’année dernière. De cet objet insolite découvert un jour lors que je ramassais mon courrier. Ce jour où je me décidais à en parler je mentionnais que la friandise en question devait être là depuis déjà au moins un an. Possiblement deux. J’essayais des suppositions quant à sa provenance. Ai-je émis la possibilité d’une indifférence ? D’un geste inconséquent et farceur ? Y a-t-il des gestes inconséquents ?&lt;br /&gt;J’ai jeté un coup d’œil presque chaque jour à ce bonbon, tapi au fond de cette boite. Pendant plus de deux ans. Sans le ramasser.&lt;br /&gt;J’écoute toujours le premier mouvement de la symphonie Pathétique de Tchaïkovski que j’ai entendu je crois la première fois il y a plus de trente ans. Ce passage si puissant, si dense, ou la masse océane de l’orchestre s’ouvre en deux et engouffre l’âme jusqu’en ses cimes les plus effrayées et grelottantes.&lt;br /&gt;Je connais par cœur le colin-maillard du Petit Bois de Saint Amand.&lt;br /&gt;Et « Wish you were here ».&lt;br /&gt;J’ai en mémoire, indéfectiblement, la java titubante de cette clocharde, un lointain soir d’hivers, sous la serre décorée pour Noël d’une grande gare de chemin de fer, et qui braillait sa chanson, de sa voix calcinée par l’alcool, interrompue de hoquets d’où surgissait un prénom d’homme hurlé du fond d’une outre tapissée de sel.&lt;br /&gt;J’ai des collections de regards lépidoptères dans des volées de fenêtres. Des épingles colorées qui ici et là font des plis dans certains pans de jours sortis des calendriers. Et je me penche de temps en temps pour découvrir encore s’il y a à lire. Ce qu’il y aurait à lire.&lt;br /&gt;Je suis environné d’oiseaux incisés d’où gouttent des perles stridentes qui ressemblent à des cris de joies. Et il y a peu j’ai vu une grande marelle dessinée à la craie sur le large trottoir à la porte de l’immeuble où j’habite. Devant moi une haute dame noire en grand habit coloré s’en approchait. J’ai un instant imaginé qu’elle allait la franchir en sautant sur les cases de la terre au ciel.&lt;br /&gt;Je compte et je recompte absurdement les poissons dysmorphiques qui me récitent l’alphabet idiot des bulles béates de l’incompréhension dépossédée. Défaite méthodiquement par des logiques obligatoires. Je m’abonne sans fin, sous la surface, à la fidèle discrétion du sens indécis que prononcent les bouches ahuries de ces luisantes babioles.&lt;br /&gt;Je me remémore mon troupeau de coffrets presque vides. Aussi les poèmes appris studieusement, petits tracts métalliques accrochés au blouson par deux trois mots saisis pour en préserver la lettre. Aussi les livres d’histoires, d’Histoire, encore d’histoire, trompeuse, trompée, mirages et vérités du corps tout contenu. Tout retenu. Tout là. Ballant. A ne rien comprendre. Ou ne comprendre que comme s’il ne pouvait s’agir que d’une récompense au bout d’un essai, d’une décoration tardive au revers, et la nervosité nouvelle d’un contentement à peine reçu déjà tranché, tartiné, avalé.&lt;br /&gt;J’ai donc ramassé le bonbon qui était dans ma boite à lettres.&lt;br /&gt;Et je pense à vous.&lt;br /&gt;Messages clos.&lt;br /&gt;A vos existences sublimes ou ridicules. A vos insignifiances. A vos croix. A vos points. A vos traits. A vos transmissions silencieuses. A ce que je vous fais pour m’en approprier les enveloppes et, qui sait, ce qu’il y a dedans. Ou seulement, oui, le papier doré. Pour en fixer le théâtre éphémère ou juste le tableau sur lequel je ne distingue qu’une beauté murale. En attendant mieux.&lt;br /&gt;Messages clos qui ne veulent rien. Indociles aléas. Qui invitent. Qui trahissent. Qu’on ignore et dont on se détourne. Qu’on ignore peut-être jamais. Nuées de rébus. Bain incolore d’une conscience qui nous émigre sous des formes qui restent dissimulées. A peine allons-nous en riant y pêcher quelques écailles pour nous en coller sur le front le talisman superstitieux afin de gagner l’autre rive d’une difficulté.&lt;br /&gt;Objet ou non. Sans horaires. Qu’aucun sens n’a fécondé. A moins que ne l’occupe une dictée incomplète. Objet ou autre. Rien. Avant qu’on y croise le moment d’en accepter un signe ou son emballage. Parfois en en dévoilant l’arcanne limpide ou brumeuse, parfois en en tenant fermée la gangue commune ou singulière.&lt;br /&gt;Messages clos. Risible marée de bouteilles. Bazard humain. Encrier derrière la lumière. Stock de rouages déclassés. Pièces détachées.&lt;br /&gt;Tiens celui-là, que je le torde pour attacher mes pages. Et il ne se tord pas et mes pages se déforment.&lt;br /&gt;C’est le profil de la vieille dame. Pourquoi devrais-je me souvenir de la jeune fille qu’elle fut ? Pourquoi me demanderais-je si depuis toutes ces semaines passées, depuis ce jour où je l’ai aidée à traverser cette rue, elle est encore vivante ? Fallait-il que je sente ce charme trouble et désolant de la cruauté ?&lt;br /&gt;Eh quoi ! C’est la main malicieuse d’un gamin qui a glissé ce bonbon dans ma boite à lettre ! D’ailleurs ils sont deux. Ils se battent pour ce bonbon. Ils se le disputent. Et l’un d’entre eux le jette dans une boite au hasard. Et lance à l’autre : « Va le chercher maintenant ! » En rigolant.&lt;br /&gt;Peut-être qu’il faut être seul à parler, finalement.&lt;br /&gt;Libre d’histoire ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5715853055328018596-9012449031773633514?l=thywanek.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thywanek.blogspot.com/feeds/9012449031773633514/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5715853055328018596&amp;postID=9012449031773633514' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/9012449031773633514'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5715853055328018596/posts/default/9012449031773633514'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thywanek.blogspot.com/2009/10/messages-clos.html' title='Messages clos'/><author><name>Thy Wanek</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07961994671780031614</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5715853055328018596.post-7060208226187504227</id><published>2009-09-21T16:50:00.003+02:00</published><updated>2009-09-22T01:44:28.188+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronopolitique'/><title type='text'>L'homme qui change</title><content type='html'>C’est un homme. Il pourrait, au sujet de ce changement dont je veux parler, être question d’une femme. Il est surtout question de changement. De changer. De savoir le faire. De se dire, au regard du monde, là, de toutes ses complexités qui se précipitent devant nous, dramatiques, tragiques, mais aussi, d’une certaine manière, heureuses, et même prometteuses, que rien ne serait plus mortifère que de demeurer immobile.&lt;br /&gt;Bien sûr on peut se contenter de bouger. De se déplacer. De tromper l’immobilisme en modifiant le décor.&lt;br /&gt;Changer : abandonner tout ce qu’on a été et ne plus être que ce qu’on veut devenir ? Garder le meilleur de ce qu’on a traversé et s’augmenter de différences, de réflexions, de telle sorte qu’on progresse ?&lt;br /&gt;Cet homme là, je le considérais d’un regard lointain. M’eut-il connu, il m’aurait regardé aussi avec ce même regard, trop éloigné pour que nous puissions faire l’économie de quelques convenances qui nous arrêtent à ce que l’un avait raison et l’autre tort.&lt;br /&gt;Et puis cet homme, public, politique, a, au gré de ces dix dernières années, exposé, publiquement donc, qu’il ambitionnait de devenir le premier d’entre nous dans notre pays. Montesquieu écrivait : « Un homme n'est pas malheureux parce qu'il a de l'ambition, mais parce qu'il en est dévoré » Pour ne pas être dévoré par son ambition, cet homme la nourrit. Il la nourrit d’une matière dont je me suis aperçu, dont je m’aperçois, que si elle n’est pas exactement celle dont je nourris moi-même mes aspirations, bien plus modestes que les siennes, nos sources d’alimentation n’en sont pas moins proches, voire très proches quelquefois. Ce n’est pas sur le détail de ces contenus que je veux m’attarder ici. Mais bien plutôt sur la capacité qui est celle de chacune et de chacun à suivre un semblable mouvement qui fait sortir l’être de ses certitudes et l’aide à se reconquérir. Dans le but, à terme, de mieux trouver les moyens de satisfaire son ambition ? Oui, peut-être. Et alors ? Faut-il pour cela un brevet de légitimité ? Si jamais c’était le cas, ce diplôme, au trophée probablement superflu, s’étale aujourd’hui à la vue de tout le monde au travers de ce qu’a su entraîner derrière lui cet homme changeant. C’est à dire en train de changer. Comme j’ai changé. Comme depuis que je pense, peut-être ainsi qu’il le fait, quelque soit la manière qu’il a de l’exprimer, qu’on ne peut concevoir de bâtir un monde contre un autre. Que le mode de la confrontation ne peut se fonder qu’au mieux sur des malentendus, au pire sur des ignorances plus ou moins délibérées, et leur exploitation toujours jonchées de déception. Ou pire.&lt;br /&gt;C’est difficile de changer. C’est un combat contre soi. Et presque toujours aussi contre d’autres qui préféraient, quelle qu’ait pu être leur façon de nous envisager, nous conserver tels que nous étions. Il est tellement plus rassurant de se tenir ensemble dans les mêmes frontières. Dans les mêmes limites. En échangeant de lénifiantes tirades sur les convictions qu’on a de ne pas chercher raison ailleurs.&lt;br /&gt;J’imagine que nous sommes nombreuses et nombreux dans ce cas : nous n’avons pas nécessairement changé parce que cet homme a changé. Mais nous sommes ce nombre, et il en fait parti, dans son rôle, que l’époque, les circonstances, les évènements, les perspectives, ont irrésistiblement pousser au dehors des jardinets, au dehors des enclos, relatifs sans doute, pour penser autre chose, autrement. La société que nous formons. Le monde qui s’impose à nous. Les rapports entre chacune et chacun. Et l’immense fresque des sujets dont il est si compliqué d’appréhender à quel point chacun est une partie d’un ensemble qui se cherche encore. Et toujours.&lt;br /&gt;« Ceux qui pensent que rien ne change ont soit une mauvaise vue soit une mauvaise foi : l’une se corrige, l’autre se combat. », disait Nietzsche.&lt;br /&gt;C’est une philosophie le changement. Une utilité. Un cheminement. Un mode pour rendre les choses supportables. Une pratique pour expérimenter de meilleures solutions. Un état d’être. Un vecteur d’aspirations nouvelles. Une relation à ce qu’on a réussi, et à ce qu’on a pas réussi. C’est une dimension humaine. C’est une preuve d’humanité.&lt;br /&gt;Je suis tenté de dire, et donc je cède à la tentation, qu’il est absolument naturel que ce soit en conséquence sur l’humanisme que cet homme, changé, veuille nous proposer de fonder nos réflexions, nos pensées, nos idées.&lt;br /&gt;C’est un peu grand l’humanisme. C’est vaste. C’est sans limites si on le veut, et on peut s’y perdre. Concrètement il est rappelé que 
