"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

mercredi 6 janvier 2016

Liberté


Toujours te revenir, toujours de longs couloirs,
Et n’en jamais finir d’en subir les détours,
Et l’attente élimée de parloir en parloir,
Où des bibles armées veillent à double tour.

Arrimée aux esprits d’une candeur innée,
Baignée des prophéties de vieillarde imposture,
L’or factice remplit, sur ceux des condamnés,
Tes yeux pendus de noir pour les temples futurs.

Dans un jour trop étroit pour ignorer la mort
Je penche dos au mur mon front sur les défunts
Au souvenir de toi prise parmi ces corps.

Et pressé mêmement d’une insoluble fin,  
Sur ton épaule nue, près de ton sein blêmi,
Je pose le moins digne une main qui frémit.