"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

samedi 22 septembre 2012

En nuit


C’est elle encor, sait-elle depuis qu’on la berce,
De nos yeux aux paupières de blanche et de mauve,
Les canaux escarpés qu’en tombant on traverse
De là où elle meurt jusqu’où elle nous sauve.

Elle est comme un aimant couvert d’aiguilles douces,
Amicale furie aux sombres chrysalides,
Qui transporte nos cris éteints et les repousse
Au large de nos désirs tremblant d’homicide.

C’est comme rester nu dans le velours glacé
Quand l’autre se défait de soi après l’orage.
Quand l’étau desserré dans la chambre effacée,

Où froid, pâle, hébété, nous mendions un message,
Laisse pendante à l’heure une éclipse propice,
C’est elle encor qui vient pour bercer ce supplice.









mardi 11 septembre 2012

Devant moi



Devant moi tu te tords en une flamme vide,
Comme un danseur sans rien ni dedans ni dehors,
Qui tente de remplir des sursis translucides
Pour peser sans raison d’un impossible corps.

Seul le son sans jamais qu’une vague diffuse
Encerclant le refuge soutient la cadence
Des pleins soulèvements vers d’étroites écluses
Et des effondrements aux sacrées dépendances.

Seulement dans un laps où brûle un peu d’alcool
Une image grésille au bout d’un long couloir
Puis s’efface soudain dans une camisole.

Avec un vilain rire au goût de gravillon.
Seulement de passage au dessus du mouroir
Puis s’éteint filandreuse et fuyante illusion.