"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

samedi 2 juin 2012

Chat Chuffit !!!


Moi qui suis la tempérance faite homme, ou pas on s’en fout on est pas à un orifice près, mais ça vous le saviez déjà, comme nous le savions et pas que de Marcelle, je n’ai pas, conséquemment, l’intention de sortir plus que ça de mes gonds, ni des gonds de qui que ce soit d’autre d’ailleurs, encore faudrait-il en sus que j’y fusse engoncé, et ce bien je ne saurais pour autant au grès de cette introduction quelque peu agitée, dissimuler que le vibrato verbeux qui m’habite témoigne on ne peut plus légitimement d’un agacement quasiment mu par l’accumulation multimédia d’un sujet qui tous poils dehors commencent sérieusement, car non seulement je suis tempérant mais je suis tout autant sérieux, à me sortir par les trous de nez, pour revenir aux orifices.
En un mot comme en cent, et des milles, et pas que Loubet, successeur à la Présidence de la République du célèbre Félix Faure qui mourut trop pompé par sa cow-girl faute de survivre en César, Félix et César étant des sobriquets dont on affuble fréquemment le sujet de cet article indispensable, y’en a raz le bol des chats !
Déjà ? Non ! Des chats !!
Des chats !! En long, en large, en travers, vu d’en haut, vu d’en bas, en grappe, en tas, une patte en l’air, deux pattes en l’air, trois pattes en l’air, la queue en l’air, l’air de penser, l’air d’en avoir deux, l’air de rêver, l’air d’une nouille, l’air de rien, l’air malin, l’oreille en coin, la griffe baladeuse, l’air crétin, l’air stupide, l’air d’une flûte dans l’oignon, dormant, roupillant, siestant, glandant, se léchant de la truffe à l’anus et retour, dardant sur le monde alentour son regard aux yeux certes fort joliment conçus et d’autant mieux qu’à mon avis, éminemment partageable, c’est le moins qu’on puisse attendre du néant hébété que reflètent en vérité les mirettes ahuries de ce quadrupède d’opérette.
Na !
Mais qu’avez-vous donc toutes et touffes, pardon, et tous, à nous faire tourner en boucle sur nos réseaux les iconographies pléthoriques de cette concrétion pluri-cellulaire outrancièrement pileuse, indéfiniment miauleuse, de cet estomac rampant, de ce coussin protéiforme, de ce hachoir à tapis, de ce parasite ronronnophone, de cet oiseauphage pinochètiste, de ce sourivore néostalinien ??? Hein ???
Dites-moi un peu !!
Allez !!!
Allongez-vous et dites-moi !
Je vous écoute.
(100€ la consultation payable à l’avance et en espèce.)
Si encore ça servait à quelque chose, un chat.
Mais non ! Ca ne sert à rien ! A rien du tout !!
La moindre dinde télégénitale qui présente les tirages du gros lolo toto est plus utile : c’est dire ! Le moindre pintadeau ébouriffé qui tente de saliver dans un micro, sur une zizique de moquette, les vers qu’ont inspiré à son pied gauche ses activités de la main droite, est plus prometteur ! Y’a qu’à voir ! Le moindre sous-éveillé balonrondesque glapissant les résultats obtenus par une ligue de pied-balleurs multi millionnaires pour la plus grande joie de quelques sous couches d’humanoïdes désargentés, peut avoir plus de sens ! J’vous raconte pas !
Alors le chat !! Franchement !!!
Pourquoi faire ?!?!?
Soyons honnêtes, me dis-je à moi-même qui ne suis pas toujours très sûr de n’être pas plusieurs, et pour éviter tout risque qu’à la lecture de cette nécessaire contribution on en vienne à me taxer de félinophobie pathologique, contre quoi je ne dispose ni de psy adéquat ni d’avocat avec des couettes, le chat ne sert à rien, certes, mais est-ce une fatalité ?
Je le dit tout net : non.
Et comme je m’en voudrais, car il arrive que je m’en veuille ce qui donne lieu en de multiples occasions à d’interminables débats que j’ai même dû interrompre pour écrire cet article, c’est assez pour que vous imaginiez l’urgence soudaine qui m’étreint à grand vitesse de vous faire part de ce qui précède et de ce qui suit, je tiens tout de go à partager avec vous quelques suggestions susceptibles d’éteindre vos soupçons éventuels quant à une quelconque intention que j’aurais d’en appeler à une prochaine exportation totale des chats dans une fusée en direction de la constellation du chien.
Le chat peut rendre des services.
Exemples.
Le chat-serpillière :
Vous avez un jeune enfant à la maison ? Peut-être même faites-vous un élevage ? Se passe-t-il un jour sans que de ses mains malhabiles un bambin ne renverse son verre de jus d’orange, son bol de lait,  sa choppe de bière ? Voilà la première serpillière intégralement écologique : le chat. Ayez soin avant usage de lui lier les pattes le long du corps. Rouler-le dans le liquide et tordez-le au dessus de l’évier autant de fois que nécessaire : en principe une ou deux fois suffisent, le chat est très absorbant. Après utilisation vous n’avez plus qu’à le ranger dans son placard : autonettoyant le chat sera vite propre et net pour réparer les dégâts de prochaines maladresses. Epatant non !?
Le chat-lustreur :
Vous disposez d’une belle auto car vous avez gagné le gros lolo toto. Ou parce que vous n’êtes pas encore au chômage. Ou parce vous préférez fréquenter M’dame Bettencourt que M’dame Laguiller. Bref. Vous êtes fort justement soucieux que la carrosserie soit impeccable. Or même après un bon lavage et un bon séchage ce n’est pas toujours le cas. Hop ! Voici le chat-lustreur ! Adaptez sur votre perceuse habituelle une tige d’environ trente centimètres, et de deux de large, pour une bonne prise. Enfilez-y un chat, de préférence angora, en vous servant des trous prévus à cet effet. Enfin, prévus, je ne sais pas, mais en tout cas disponibles. Prenez soin d’attendre que les sphincters se soient bien resserrer sur la tige. Sinon ça risque de tourner dans le vide. De même vous aurez soin d’enfermer le bout des pattes de l’animal dans des petits goussets solidement noués : émus par le tournis le chat pourrait être tenté de sortir ses griffes : ce serait dommage et totalement contre-productif. Vous allez être surpris du résultat ! A vérifier : la compatibilité du poil avec les produits lustrant ordinairement en vente.    
Le chat-sonnerie :
Vous aussi vous êtes las des carillons wesminster et autres sonneries de portes d’entrées stéréotypées ? Voici le chat-ding-dong ! Au dessus de votre porte d’entrée, côté intérieur, fixez un chat : je vous conseille un système d’anneaux vissés dans le mur. Par un trou dans le même mur laissez la queue du chat dépasser de l’autre côté. Et hop le tour est joué ! Petit inconvénient : au début le chat aura peut-être tendance à miauler à tort et à travers. Comptez un ou deux jours pour que l’animal prenne le pli. Petit inconvénient mais très vite vos amis vont vous jalouser, croyez-moi ! C’est un dispositif simple, écologique là encore, ludique, rigolo, et qui va faire des envieux !
Le chat-coupe-vent :
Vous connaissez toutes et touffes, pardon, et tous, ces bas de portes, d’entrées, de caves, de greniers, qui laissent passer d’indésirables filets d’air froid menaçant vos économies de chauffage. Pensez au chat-coupe-vent ! Attachez par les pattes avant et arrière un chat au bas de la porte défectueuse. Efficacité garantie ! De plus le chat étant un animal très extensible vous pourrez l’adapter à presque toutes les largeurs de portes.
Deux précisions s’imposent à tous ces usages : le chat dans certains cas se mettra  à miauler sans vraie raison, et surtout du simple fait d’être tout à coup obligé de bosser pour gagner sa gamelle. Ne vous y laissez pas prendre : devant votre inflexibilité il finira bien vite par en rabattre. Par ailleurs on nous dit, combien de légendes abracadabrantes ne courent pas à son sujet, que le chat aurait sept vies. Rien n’est prouvé là-dessus. De même que sur les mœurs de Blanche-Neige avec les nains ou de M’dame Marie Vierge avec le jeune Gabriel. Un chat dure en moyenne quinze ans. Ca vous laisse du temps mais ne négligez pas que les utilisations que vous en ferez dans certaines situations puissent en raccourcir le délai de fiabilité.
A l’adresse des bataillons de pilocoussinophiles inguérissables voici un dernier paragraphe rectificateur.
On entend souvent dire que l’espèce humaine serait la seule sur cette terre à tuer pour autre chose que pour se défendre ou pour manger.
Ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha !!!
Et j’en passe !!!
Pour avoir vu et appris à quel point un chat pouvait épuiser de temps à martyriser une petite souris ou un petit oiseau, à petits et savants coups de crocs, à délicats et patients coups de griffes, observant longuement sa victime tressauter, couiner, agonir, saigner, je n’aurais qu’une réponse : et ta sœur !? (Pour faire court).
Et est-ce pour se nourrir que le greffier sadique s’adonne à cette cuisine ? Que non pas ! Une fois lassé de son atroce besogne le matou s’en ira, nonchalant et plus ondulant qu’une grosse chenille  de cartoons vers le plat habituel où lui est servie sans restriction sa pâtée fine aux petits morceaux choisis poil au zizi, aussi.
 Bon. Ultime mise au point : de même qu’il y des êtres humains exceptionnels, et j’en sais quelque chose, il y a fort heureusement des chats d’exception. Et je ne dis pas ça seulement pour Willy N’a Qu’un Œil, célèbre Isérois, lecteur de mon blog, chat hors norme et doté d’un humour à toute épreuve : me disait-il pas récemment à propos d’un ancien général Israélien également borgne : « Il s’est fait amoché Dayan ! »
J’en ris encore !

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