"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

jeudi 29 mars 2012

2DES G 3


Je marche sur ta traîne,
Roi seul, roi pauvre et vain.
Or des peaux ennemies
Tombent couvrir le sol.


Route longue de soi
Odeur, odeur de pourpre.
La couronne puérile
Au bout d’une main vide.


L’épée langue sans âme,
Acier, aveugle acier.
Ressortie par le coeur
D’une main dans mon dos.


J’ose marcher encore
Mon pas, mon pas trop lent.
Sur un drap sombre feu
Où le soir se reflète.


Passé d’un faux sommeil,
Folles voix, folles voix.
Pays, tranchées, falaises,
Où les rêves se battent.


M’encensent leurs vapeurs
D’un rire, d’un rire froid.
Tandis que je m’approche
Traître de ton épaule.


De ta nuque vissée,
Roi seul, roi pauvre et vain.
D’où tes yeux beaux et lâches
Projettent ta candeur.


De ton dos droit et fier
Ma main, ma main qui saigne.
Ton visage toujours
Inconnu de tout temps.


Je t’arrache ta traîne,
Et brûle, brûle enfin.  
Je traverse ton dos
Et piétine ta tête.