"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

dimanche 11 septembre 2011

11 septembre

Je ne sais quelle fièvre commémorative tout à coup m’étreint à grande vitesse, mais il m’a semblé en tout cas utile d’en partager les émois d’une part parce que j’aime partager et d’autre part puisque il s’agit de moi. Je n’ai bien sûr  pas l’intention de me commémorer, quoiqu’il y aurait matière, mais bien plutôt de rappeler à nos mémoires engourdies quelques célèbres évènements de notre histoire qui ont à travers les siècles marqué la date du 11 septembre. Pourquoi cette date là me dires-vous ? Et plein de ce sens de la répartie et pas seulement carrée que vous me connaissez je vous répondrai : et pourquoi pas ? Voilà qui clos le débat.
On le sait peu, voire on ne le sait pas du tout, et il a d’ailleurs fallu de très nombreuses recherches pour parvenir à exhumer du fond des millénaires ce fait désormais avéré, c’est un 11 septembre de l’an 13989 avant J.C. qu’eut lieu un évènement planétaire. Ce jour là, et pour la première fois depuis que nos lointains ancêtres avaient opté pour la station verticale afin de pouvoir lire le journal tout en se promenant dans Central Park, Monsieur Grr Bronk, tout émoustillé par l’air tiède et diaphane dont s’ornementait le calme matin de son week end bien mérité, honorait Madame Fll Bronk dans la position du missionnaire. Les professeurs, (en deux mots donc), Sucçor Vitenlbranks, éminent éthno-vaginologue de mensurations Finlandaise et sa camarade de jeu Félicia Ouadanlgaga, incontestable neuro-zobologiste de consistance Sénégalaise, sont formels : la fesse du monde en fut changé.  
Et pas que. Si j’ose ajouter.
Certes la levrette, à peine connue en ces temps reculés comme étant madame lévrier, mais qui nous est parvenue aussi comme étant la position primitive de relation, et pas que sexuelle, entre les êtres humains, allait durant quelques siècles tomber en désuétude, mais ce n’était que partie remise…
Aussi ébouriffant que cela puisse paraître c’est également un 11 septembre, de l’année 11523 ou 11528, les avis divergent, en tout cas c’est toujours avant J.C., que la prise par derrière revient en force. Et dans des circonstances on ne peut plus surprenantes. Ce jour-là, dans sa hutte en peau de bête, Madame Vilkxk s’ennuie à périr. Monsieur Vilkxk est allé chasser avec toute la tribu et elle ne trouve à s’occuper qu’en chassant, elle aussi, les indésirables bestioles qui prennent sa foufoune pour une aire de jeu. Ce que faisant Madame Vilkxk se sens toute chose de tant de stimuli accompagnant ses gratouillages et bientôt ses gémissements incontrôlés attirent l’attention du jeune Gvaadr, retenu au village pour des raisons demeurées obscures, et c’est pas plus mal. Intrigué le jeune homme toque à la porte de Madame Vilkxk, et comme évidemment toquer à une porte en peau de bête n’est pas très aisé pour se signaler, il demande, dans sa rugueuse et chaude langue si émoustillante : « Ca va Madame Vilkxk ? » (J’ai préféré vous présenter directement la traduction, tout le monde ne parle pas forcément la langue rugueuse.) Madame Vilkxk, reconnaissant la voix du fils du cousin d’un de ses amants, et se disant en elle-même que si toute la famille était montée de la même façon il ne fallait pas rater l’occasion lâcha un long et langoureux : « Ooooooooooooooooooooooooooooooh Gvaaaaaaaaaaadr !!! » Si long et si langoureux que le jeune gars, doué d’un solide esprit d’entreprise, était déjà sur la dame lorsque celle-ci ajouta : « Oh oui ! Gvaadr ! Prends-moi toute !»
Las, en ces temps reculés, moins reculés que les précédents bien sûr mais quand même, la chasse était pleine d’aléas et il n’était pas rare que les vaillants chasseurs revinssent au village à une heure pas du tout prévue. D’autant moins prévue que les pendules qui n’existaient pas n’étaient jamais à l’heure. Voila-t-il donc pas que Monsieur Vilkxk rentre à la maison. Et qu’au moment de soulever la porte, (une porte en peau de bête ça se soulève ça ne se pousse pas), il entend distinctement que Madame n’est point seule. Et qu’à l’audition du vocabulaire qu’emploie Madame pour s’entretenir avec l’autre personne, en outre apparemment pas du tout du même sexe qu’elle, ces deux-là ne sont pas en train de papoter des derniers potins. Soulevant délicatement la porte Monsieur Vilkxk découvrit donc le jeune Gvaadr prestement occupé à faire grimper Madame Vilkxk à grands coups de reins. Or telle que la situation se présentait, et refrénant un prime accès d’agacement, Monsieur Vilkxk considéra la croupe légèrement duveteuse, blonde et musclée que le jeune Gvaadr lui présentait à son corps défendant certes et peut-être même à son cul défendu. Devinant une tierce présence dans la hutte le jeune Gvaadr se retourna et n’eut que le temps d’entendre Monsieur Vilkxk lui murmurer de sa rugueuse et chaude voix si émoustillante : « Bouge pas de là mon gars ! » qu’il se sentit concomitamment pénétré d’une dimension intérieure jusque là insoupçonnée.
La levrette était de retour.
Madame Vilkxk, revenue un bref moment de son plafond pour envisager ce qui se passait, vite rassurée sur la bonne entente finalement conclue entre son époux et son nouvel amant, regagna ces cimes non sans regretter de n’avoir pas de téléphone mobile grâce à quoi elle eut pu demander au père et au cousin du jeune Gvaadr de les rejoindre avec leur épouse.
Mais ce n’était que partie remise…   
Très remise même car il faut savoir que le tout dernier bout de téton de Madame Vilkxk avait depuis longtemps dû être tortoré par les asticots de l’époque lorsque la première partouze officielle eut lieu. Et tenez-vous bien ! Oui, ce fut un 11 septembre également ! Quelle coïncidence n’est ce pas ?
Ce matin là la plaine fume d’une écume de brume que la nuit a laissé traîner ça et là, d’une part en devenant le jour et d’autre part comme d’habitude quand c’est la saison. La tribu des Umbhécylles fait face à la tribu des Oth’khons. Car cette fois-ci ça suffit, faut que ça cesse, la coupe est pleine, ce qui selon les travaux du célèbre linguiste Grec Papillos Titillobavos se traduit par : « Zheug èm’iz oh vérhe » bien que le dit Papillos n’en dise pas plus sur la langue en question. Mais bon, précisons que nous ne sommes encore qu’en l’an 5069 avant J.C. et les enregistrements audio en ces temps quand même encore pas mal reculés n’étaient que rarement de très bonne qualité.
Bref, car il faut parfois savoir faire court, ce matin là donc, deux armées de fiers guerriers aux regards ombrageux  et aux libidos ombragées sont sur le point se foutre, certes, mais plutôt copieusement sur la gueule que de toute autre manière, afin de laver leur honneur. Il y avait déjà fort longtemps d’ailleurs, et cette tradition perdure, que les parties mâles des sociétés mettaient plus de cœur à se laver l’honneur qu’à se laver le cul.
L’instant est crucial. Les vautours prennent l’apéritif. Les devins ont fini de lire les entrailles de la presse du jour. Le chef des Umbhécylles lève un bras souverain armé d’un gros dard en forme d’épée et s’apprête à pousser son fameux cri de ralliement : « Grrraaaaazooooaaaaaarrrrrr ! » tandis que le roi des Oth’khons lève un bras armée d’une grosse paire de masses d’arme et harangue une dernière fois ses troupes en lançant son fameux cri de ralliement : « Grrrooooozaaaaooooorrrrrr ! »
Or voilà-t-il pas que vers le milieu de la plaine qui a cessé de fumer, sortant en ribambelles joyeuses des caches où elles s’étaient fourrées, (à moins que ce ne soit le contraire), toutes plus nues qu’un vers qui se croyant solitaire aurait oublié de mettre un slip avant d’aller faire ses courses, les femmes des deux tribus déboulent avec à leur tête Germaine, l’épouse du chef des Umbhécylles, et Ginette l’épouse du roi des Oth’kons. (N.b. La transcription des prénoms d’origine laisse un peu à désirer mais ne négligeons pas l’option qu’en toute hypothèse il soit opportun de n’en avoir rien à battre.)
Stupeur et consternation chez les meutes testostéronées et leur meneur abasourdi. D’autant que ces dames, non contentes de débarquer ainsi à l’improviste et de s’égayer comme des petites folles dans l’herbe verte et souhaitant qu’elle le reste, entreprennent illico d’étendre de grandes nappes à carreaux, pourtant fort peu usitées à l’époque, et de déballer les paniers pique-nique dont chacune porte un exemplaire.
Retentit alors la voix courroucées du chef des Umbhécylles dont le bras levé commence à lui occasionner une crampe carabinée :
« Germaine ! Qu’est-ce que tu fous là ? »
Voix aussitôt couverte par celle du roi des Oth’khons :
« Ginette ! Qu’est-ce tu branles ici ? »
Et les deux ensembles d’ajouter :
« Qu’est-ce que c’est qu’ce bordel ? »
(N.b. La transcription des dialogues laisse un peu à désirer mais ne négligeons pas l’option qu’en toute hypothèse il soit opportun de n’en avoir rien à battre.)
Prenant son mari au mot Germaine lui répond :
« Ta gueule connard ! Ramène tes fesses ! »
Alors qu’au même moment Ginette crie au sien :
«  Ta gueule connard ! Ramène ton cul ! »
Ce qui revient à peu près au même.
Las, le mâle guerrier, quand bien même aurait-il le regard ombrageux et la libido ombragée résiste peu au rire que lui inspire ce type d’échange entre Madame et son chef de mari, surtout lorsque celui-ci est sur le point d’inaugurer une nouvelle boucherie.
Toujours est-il que la bataille n’eut pas lieu et qu’à sa place se déroula la première partouze officielle, partouze dont hélas Messieurs Lagarde et Michard, ainsi que pratiquement tous leurs collègues, ont négligé, et continue à négliger de rapporter les détails dans leurs manuels.
C’est ce genre de négligence qui fait que le 11 septembre est si peu fêté.
Car depuis force est de reconnaître, et plus précisément dans les années postérieures, si j’ose dire, à J.C., que ce jour-là on célèbre peu. On pourra toujours commémorer le sacre de l’Empereur Louis le Pieux, en 813, dont la charge érotique n’est pas avérée. La Naissance de Monsieur Pierre de Ronsard, en 1524, poète socialiste qui aurait proposé jadis à une certaine mignonne d’aller voir si la rose, etc, etc, sans dévoiler le prénom de la demoiselle, Martine ou Ségolène. La découverte en 1609 de l’île de Manhattan, bout de terrain en friche et qui faillit le rester. Et puis au hasard le début, en 1941, de la construction du Pentagone, inépuisable lupanar des Q.I. militaro-industrieux régulièrement reconvertis en contrats pour des fabricants d’armements.
Dernière précision, la plaine qui fumait la toute à l’heure existe toujours. Après avoir été très longtemps consacrée à des orgies rituelles destinée à conjurer les démons estripailleurs elle a servi à stocker du bois. Son nom nous est parvenu : dans l’idiome local on la nomme Woodstock. Toute une histoire encore à vous narrer : mais ce sera pour plus tard.
Ce n’est que partie remise…
Bon je vous laisse, j’ai une furieuse envie de me revoir le Seigneur des Anneaux : surtout le deuxième épisode : « Les Deux Tours ».

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