"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

dimanche 24 janvier 2010

Solitude recours

Lorsque nous aurons cessé d’être ce qu’on nous a appris. Ce qu’on aura voulu que tu sois. Ce que tu auras cru devoir devenir. Et quoi. Et qui. Lorsque nous aurons dévidé nos bobines de soi et que nous nous rendrons compte que nous ne faisons plus que remonter le fil, le même, nu, ou chargé de ce dont nous aurons cousu, recousu, brodé, enrichi le cours, ou démêlé de ses embarras compris ou ignorés, ou remplacés par d’autres, ou augmentés par destination.
Il y a du vent. Beaucoup de vent dans les murs, même de voiles, de briques, de béton. Sur les frontières. Sur les limites armées. Sur les grilles privatives. L’Histoire ne s’est pas remise de ses dernières folies. Personne ne reviendra de l’autre côté, avant ce siècle, là où les noirs chaudrons du pire furent enfin renversés sans qu’on ait réellement pris garde à ce qui allait se répandre, tout à l’euphorie ou aux calculs qui suivent les victoires dévolues aux peuples pour qu’ils puissent nourrir de nouvelles espérances.
Tu ne parviens encore à voir que d’un œil à la fois. Que d’une part de regard. Une vue incomplète. Mais au fur et à mesure que tu regardes, tu te sens bien disparaître derrière tes yeux. Ou plutôt tu ne disparais pas mais tout ce qui t’emplit te diminue. Ton importance ne tient plus. Pas celle qui s’est ajoutée, non, celle que tu as toujours eu. Pas celle qu’on a pu te donner. Mais celle, sérieuse et sévère, disponible et marcheuse, naïvement fière ou sombrement douteuse, que tu t’es offerte de toi-même, à part le monde, à part les autres. Tu imagines peut-être tout ce dont tu vas être mené à te défaire. Tu écoutes, l’effroi contestant ton rire, les gardiens étroits des statuts quo. Tu prendrais chaque article de telle ou telle information, sur tel ou tel sujet, tu les photocopierais sur des feuilles transparentes, tu les superposerais, et tu essaierais de déchiffrer un nouveau texte. Des nouvelles de l’intime et des nouvelles de guerre. Des nouvelles du pays et des nouvelles d’une catastrophe. Des nouvelles du pôle nord et des nouvelles de scandales.
Comme ça ou autrement. Le brouillage est parfait.
Et toi seul à lire ce nouveau charabia. Tu ne lis rien. Tu sens en revanche se tendre un reflet, une esquisse, une hypothèse. Tu es d’une rue. Tu es d’un amour. Tu es d’une famille. D’une filiation. Tu es de quelques choix bien que tu aies accepté leur relativité. Tu es d’une couleur. Tu es d’une époque. De quelques musiques et de quelques films. D’un dieu ou de son absence absolue. Tu es de quelques livres et d’un enseignement. Tu es d’un sexe, d’une beauté, t’a-t-on dit, d’une nature, d’un mouvement.
Et s’il fallait que tout cela pèse moins que nous.
S’il fallait n’être plus que ce que ça laisse comme trace.
De quoi serais-tu fait alors.
Une fois réduit ce qui nous meuble à l’intérieur. Une fois fondu le poids des savoirs arrêtés. Tombées les couches d’identité. Dénouées les articulations des raisons arthritiques. Une fois infusée en toi la juste part suffisante dont l’esprit a besoin.
Tu apprendrais que tu es seul de nouveau. Comme lorsque tout était à faire. Que tout était à dire. Mais seul. Comme on ne sait peut-être plus.
Seul à force de n’être plus que soi. Et à force de n’être plus d’un temps ou d’un lieu. D’une croyance enlivrée. D’une foi souveraine. D’une idée monolithe. D’un système proclamé.
Seul avec la mémoire. A laquelle devoir inventer une solution. Qu’elle ne parle plus à travers ses voix supérieures d’apôtres ou de sirènes. Qu’elle cesse de gagner l’avenir avant qu’on ait su en décider autrement.
Seul au bout des arbres. Et déjà plus qu’un souffle pour propager une prochaine humanité.
Seul de tout ce qui a été dit et écrit, et redit, et réécrit. Pire que du sel. Et tout son goût dissout et toute sa force vaine.
Et tu t’éloigneras. D’une manière ou d’une autre. Si tu es bien encore celui que tu es. N’emportant que l’essentiel. Chacun, chacune sa géométrie, sa poésie, son sens d’autrui, son essai, sa petite voix dans une grande pièce vide, son incomplétude, son devoir opiniâtre, sa nue tentative.
Tu t’éloigneras de plus en plus nombreux. Comme nous. Comme tous.
Tous filles et fils de ceux qui ont tué pour ne pas être tués, ou qui ont été tués par ceux qui ne voulaient pas l’être.
Tous spectateurs, même indifférents, de ravages sans autre fin que d’imprécises accalmies avant de nouveaux désastres.
Tous comptables sans rangs des opulents négoces et messagers démocrates porteurs de bonnes nouvelles dans des urnes sourdes.
Ici oscillant entre une confiance immature aux oreilles de coquillages et des oublis d’usines à camisoles d’images et perfusions de sons.
Là hantant des plaines délaissées transpirantes, et des ateliers de verbes, des défaites à digérer et des visions labyrinthiques, des archives aléatoires, des pages minutieuses à l’entrée de chemins millimétrés, des ambitions de redevenir discours.
Certains, en alternances, un peu ici , et un peu là. Ou nulle part. Dehors aussi. Des dehors bassement et sinistrement cruels. Des dehors hautement et régulièrement préservés. Les premiers abandonnés à des jungles honteuses, à des zones hors lois, à des camps de rétention. Les seconds élevés en donjons méprisants, en sanctuaires interdits, en coffres-forts célestes.
Tu te doutes de ce qui t’attend si tu ne t’en vas pas de là.
Tu conserves une peur en toi. Tu l’as triée parmi toutes celles qui ont peuplé les siècles. Tu l’as prise sans forme, sans titre, sans crime, sans haine. Tu l’as choisie froide, jeune et sans raison, à l’image de la peur qu’inventent les enfants en découvrant l’inconnu, inconscient qu’il s’agisse d’une alliée pour avancer dans l’ombre et braver la menace au cas où elle se manifesterait.
Et tu parles déjà à cette solitude inédite qui t’accompagne. Tu lui confies ta connaissance. Et elle te la rendra. Puisque jour après jour tu vas réapprendre. Puisque jour après jour tu vas redevenir. Vouloir être. Partager, si tôt tu seras toi aussi partagé.
Nous parlons à nos solitudes. Mêmes que la tienne. Et tu te demandes, comme nous, si elle ne va pas te rendre fou.
Comme si, dés le début, nous n’aurions jamais dû en sortir.
Comment la question se poserait-elle une nouvelle fois.
Maintenant que c’est à nous condamner que nous sommes seuls.
Tu as probablement deviné : c’est cette question-là qui se rapproche.
La solitude n’y est pour rien.
Et personne n’a disparu.
Excepté se sentir heureusement plus léger.

lundi 18 janvier 2010

50... etc... etc ... .. .


Je disais ça : ce n’est pas au travail indifférent du temps qu’il faut s’en prendre, et bien plutôt c’est à ce qui fait vieillir qu’il faut s’attaquer.
Ce qui fait vieillir comme ce qui se défait. Mais déjà à vingt ans on n’est plus un enfant. Déjà enfant on a bien dû apprendre à marcher, à parler, à rêver à l’impossible en s’attachant à tout ce qui à l’air de tenir, parce que le funambulisme c’est quand même mieux s’il y a quelque part du repère, du solide. Quelque chose sur quoi s’appuyer. Présent ou déjà imaginaire pourtant. Il suffira de savoir s’en débarrasser lorsqu’on aura su décider de ses propres besoins, de ses propres envies. Que le désir aura pu prendre place.
Ce qui fait vieillir comme s’il fallait accepter l’usure n’étant que ce qui ronge alors que c’est d’abord ce qui forme.
Le temps n’est qu’une poésie. Ce n’est pas le réduire. C’est le libérer.
Si je veux, et quand je veux, je reprends l’escalier de rondin qui monte vers le chemin de crête arboré vers la route qui mène au collège. Et c’est aussi vrai que lorsque je préfère descendre le matin le long du bassin de la Villette pour aller prendre le métro au lieu de tourner dans la rue qui conduit à la station la plus proche. Se constituer somme de tout ce qui fut et de tout ce qui va être, et pas en usager méthodique d’un moment isolé qui glisse entre un passé encore plein de mystère et un avenir qui commence dans la minute qui vient.
Ce qui fait vieillir comme certaines peurs. La froideur. L’indifférence forcenée. Comme si un mur n’était qu’un mur. Comme si une guerre n’était qu’une guerre. Comme s’il fallait ne jamais rien perdre. Comme s’il ne fallait que devenir fort et savant. Et s’incliner devant la fatigue des questions restées muettes, le plus souvent parce qu’on a pas été capable d’entendre le timide écho d’une réponse, beaucoup plus petite que celle à laquelle on s’attendait, et finalement plus utile que les grandes affirmations définitives dont on ferme les grandes portes sombres sur des aventures engourdies.
Le temps est impassible et il nous faut apprendre à danser. Même pour de faux. La vérité est incalculable. Le réel n’est que le tyran que nous autorisons ou que nous combattons. Sauf ce qui est négociable. Ce qui est enfantin : ne perdons pas de vue que les enfants sont de redoutables négociateurs.
L’état de l’esprit. Peut-être se méfier des meubles qui se mettent à vous considérer amicalement. Des idées trop et quelquefois mal nourries qui s’essoufflent sur leur ventre de gravité, sous leur crâne où le si peu d’or craint malhabilement de se transformer en plomb.
Avancer, oui, sachant qu’on va, en partie insolublement, à la traîne de ce qui nous échappe. Alors on glane ce qui tombe des étoiles, ce qui tombe des livres, ce qui tombent des cœurs et des âmes, des paroles quand les bouches se referment, de toute la pensée qui ne nous a pas attendu pour advenir et qui nous attend encore lorsque nous disparaissons, tout juste un peu mieux bue, un peu mieux respirée, un peu mieux distillée, et même, ça arrive aussi, un peu mieux vécue. Bien que dans la plupart des cas, on s’en aperçoive à peine.
L’état du cœur. On a compris que trop de sucre, trop de guimauve, trop de sirop nuisait à son bon fonctionnement. Ce n’est pas, bien sûr, un avis médical. C’est que l’herbe tendre doit avoir un petit goût amer. C’est que le plus beau soir du monde doit avoir un petit côté brumeux. C’est qu’on joue à cache-cache avec l’ennui. C’est qu’on reprend un verre, et puis deux. Qu’on lui en fait voir de toute les couleurs. De toutes les noirceurs. De tous les éclats chauds et haletants. Qu’il sera le premier signal de la rencontre avec l’épuisement. Parce que ça ne réfléchit pas un cœur. Ça se réfléchit, si on s’y prend bien, c’est tout. Et ça doit être insuffisant.
Aimer oui. Autant qu’on peut. Etre de ce côté là des choses. Armé, car il le faut. Offert, pour ce que c’est. Trompé puisqu’on se trompe. Joueur grave ainsi qu’il était déjà grave de monter de la terre au ciel sur un dessin de craie tracé sur un trottoir. Avant l’averse. Ne pas perdre ses illusions mais les vendre au cour du diamant. Aimer par principe et déduire l’ivraie. C’est le plus difficile à dire. Ce qu’on peut croire n’avoir pas su saisir. Les décors dilués ou opportunément arrangés. L’idéal dégrossi. La passion récitée. Et tous les monuments soigneusement visités.
Et rire au cas où tout ça, cela se murmure, ne serait en fin de compte qu’une erreur. Certains disent, plus aimablement, un concours de circonstance. Au stade où nous en sommes, de quoi serions-nous tenus responsables ? Y’a-t-il un championnat de complaisance ? Une hiérarchie des complicités ? Je veux dire une fois que l’affaire est faite, et, le cas échéant, que l’Histoire est passée. Pour peu qu’on soit monté dans le train. Apprenons-nous nos leçons ?
La conscience. Oui. L’unique conquête qui évite d’avoir à espérer d’en haut et qui permette de fleurir de là où nous sommes. Objet sans âge. Qui naît sur toute la durée disponible, parcourue et à parcourir. Qui peut faire qu’on ait déjà vécu le futur et qu’on découvre le passé. Ce par quoi il est le plus dur, le plus compliqué, de pousser en avant sa curiosité d’être libre.
Ce sans quoi vieillir conduit dans trop de cas à devenir si pauvre et si obscur.
La conscience. N’en serais-je qu’à ce qu’elle se redresse pour ouvrir péniblement son pharynx.

samedi 16 janvier 2010

Je déteste le mot "glamour" ! (Et j'ai raison!)

Vous me connaissez, (dans le cas contraire autant dire que vous êtes affligés d’un retard dont il va nous falloir nous résoudre à imaginer dans un grand élan d’optimisme débridé qu’il ne soit pas irréversible et pas trop dommageable à la qualité de nos rapports présents et à venir), donc vous me connaissez, disais-je, je suis la tempérance faite homme. L’extravagrifouillante* complexion de ma modeste personne me porte au pragmatisme et à la détermination, à la lucidité comme à l’inspiration, au charme et à la franchise, et je me parfume sans effort d’être à la fois instruit et curieux, éloquent et posé, ouvert d’esprit et disponible de cœur. Pour faire simple vous avez sacrément du bol de me connaître.
Toutefois il m’arrive, rarement certes, mais il m’arrive de me laisser emporter par des engouements qui confinent à l’irrationnel et par des rejets qui le disputent au pathologique. A moins que ce ne soit l’inverse. Peu importe, engouements ou rejets, ce qui est sûr c’est qu’au fond, après mûre analyse, il s’avère à chaque coup que j’ai raison. Je sais, c’est agaçant, mais c’est comme ça.
Je vais donc séant vous faire part, alors que vous n’en demandiez pas tant, de l’aversion illimitée que m’inspire le mot « glamour ».
Selon M. Kikipédia, qui suffira bien à nous éclairer sur l’existence de ce vocable de plastique mou, il s’agirait à l’origine, ce qui nous confirme d’être en faveur de l’avortement, d’un anglicisme destiné à qualifier je cite "une beauté sensuelle, pleine de charme et d'éclat, caractéristique de certaines vedettes féminines de Hollywood ". Par extension, pour ne pas dire par répansion*, on est venu à user de ce paquet collant de sept lettres pour qualifier un peu tout et n’importe qui ou quoi, pourvu que cela s’attache à cette mythologie de papier peint à paillette, principale composante d’un décor ou trône une éternelle marmite de glucose suffocant destiné à embrumer certaines populations shootées aux sodas insipides afin de leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Et reconnaissons-le, ça marche plutôt pas mal !...
Il n’est que d’entendre sur quel ton d’animateur enamouré de marketeur sub-gondolier, le turluteur de micro s’emploie à glousser ce mot comme si le shamallow était d’essence divine. Y compris sur des antennes dont la tenue conduit plus fréquemment les officiants à évoquer des œuvres à caractère culturel que les sanglots glando-clitoridiens de je ne sais quelle clique de fraîches potiches niaiseuses en train de siruper leur quart d’heure de célébrité de fond d’égout ripoliné.
Il n’est plus de nos jours, de nos nuits non plus d’ailleurs, de minois délicatement fendu d’un sourire de dentifrice, de fringues savamment écharpées par un créââââteur avec un nombre de a accents circonflexes proportionnel au niveau se son auto-surestimation, ni de pince-fesses artistico-princiers sans que des dégoulinades de « glamour » ne suintent d’entre les protubérances labiales des commentateurs ou tatrices. Il n’est plus un gazou ou une gazelle pagayant devant un micro sur une musique génialement composée avec deux notes, (le la et le mi comme ça ça fait l’ami et ça c’est cooool), sans que le rétro sénile de service aux commandes de l’émission ne fasse sous lui en pondant du « glamour » comme si on était au bord d’une pénurie sucrière. Jusqu’aux fonctions ministérielles ou le titre de ministre la plus « glamour », entre deux ou trois cruches qui tant vont à la soupe qu’à la fin elles se casent, est débattu par des hypothèses de journalistes dont on peut entrevoir parfois les bouilles sur-cotées en première page des magasines dévolus à ce culte plus poisseux qu’une raie, au milieu ou pas.
De quoi se compose le mot « glamour » : du mot amour grâce auquel on connaît autant de propensions à s’interpénétrer qu’à s’entretuer, et qui, en gros, à la louche, a servi de vecteur à la création de ce qui s’est fait de plus beau en ce monde depuis qu’il est venu à l’être de vouloir devenir humain dans le but compréhensible d’échapper au destin de sacs à mains de son cousin le crocodile. Il y a en effet autant de possibilité que l’être humain monte du saurien qu’il descende du primate. Si on va par là, oui. Et pourquoi n’irait-on pas ? Donc « glamour » se compose du mot amour et d’un ridicule préfixe « gl » : or, à quel début de mot servent également ce g et ce l : à gluant, à glauque, à glaviot, à glaire, à gloussement, à glapissement, à glandouiller, et j’en passe.
Il n’est donc pas besoin de plus d’acuité auditive que celle que nécessite usuellement une chanson qui ne soit pas forcément écrite par une quelconque paire de genoux, pour s’apercevoir de la laideur sonore du mot « glamour ».
En revanche si on considère le taux de sur-reproduction de toutes sortes d’encombrants à prétention artistique, où l’on constate l’exploitation effrénée du stade anal, on comprend que la dissonance grossière du mot « glamour » puisse passer inaperçue.
Mais c’est pas une raison !
Pas plus tard qu’il y a un certain temps j’ai pu ouïr, saillant d’un écran devant lequel mes pérégrinations du jour me conduisirent quelques minutes, la voix d’un inculte présentateur de programme pour déficientes de moins de cinquante ans qui susurrait au sujet d’une œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, qu’il la trouvait « glamour ». J’ai beau être un indéfectible partisan de l’abolition de la peine de mort, j’avoue qu’il m’arrive, à moi aussi, quelquefois, de rêver aux charmes de la profession de boucher.
Certes on pouvait s’étonner agréablement que le bavouilleur susdit connût Herr Mozart. Mais ce maigrichon projet de satisfaction rôdant aux confins d’une auto-complaisance paresseuse, ne peut que piteusement suffire. Mozart, c’est tout ce qu’on veut, et on peut même ne pas en être touché plus que ça : mais ce n’est pas « glamour » ! De même Michel-Ange, ce n’est pas « glamour » ! De même Victor Hugo, ce n’est pas « glamour » ! Même en comédie musicale ! Na !
Soyons clair ce vocable chimique, cet additif pétro-huileux, ne peut au mieux convenir qu’aux mondes hébétés auxquels l’indigence commune des peuples de bocaux d'eau froide sert de viatique sous le règne de la sainte église de Mickey.
Mettons-nous d’accord : qu’il n’en sorte pas !
Merci !

* Inventions lexicales dont les définitionnements** se trouvent dans le célébrissime dictionnaire analphabétique**.
** Voir *

vendredi 15 janvier 2010

Viendrais-tu

Viendrais-tu me chercher.
Tu as remarqué. Pas comme une question. Non. Comme un roman déjà. Monté en souples masses de gouttelettes, exhalaisons des sons horaires en tristes tintements de métal. Emané de toute la lande propagée à perte de vue, pour accueillir nos pays, nos errances, nos quêtes, nos châteaux temporaires, nos draps aux voiles gonflées, nos cris de pelisses puantes, nos lunes écarquillées, curiosités d’enfants translucides.
Avons-nous à ce point inversé les prisons qu’il faut que ce soit moi qui te lance un grappin.
Ecoute. Ecoute.
Il y avait un lumignon qui ressemblait à un petit coffret de théâtre. Des gargouilles osseuses, directement importées des Iles de Darienford, gardaient, de leur sourires charmeurs, le cercle sous le dôme de volière. Elles s’asseyaient sous leurs têtes délicatement ornées, et dévoraient d’un coup, de leurs orbites de soie carnassière, le moindre dérangement qui risquait de perturber la représentation. C’est le Gouverneur des Iles de Darienford qui me les avait recommandées. Un homme affable et sensible, hélas coupé en deux, ce qui rendait très difficile le moindre de ses déplacements. Et pour tout dire impossible un quelconque voyage au delà des mers. Au mieux parvenait-on à le mener d’une des îles à une autre. Mais le plus souvent il évitait tout transport. Nous l’avions invité à plusieurs reprises pour assister à une de nos soirées : il n’a jamais pu s’y rendre. Ce qui ajoutait au problème d’être coupé en deux, c’était qu’il ne savait jamais en se réveillant le matin dans quel sens il le serait : en long, en large, en diagonale. Il lui était interdit de le prévoir. Il n’y avait que dans son sommeil qu’il était entier. On avait évidemment tenté de le transporter ainsi, pendant qu’il dormait. Mais à chaque fois, au moment d’embarquer, il se réveillait, séparé comme ceci, ou comme cela. Dans tel sens ou dans tel autre. S’engageait alors une pénible bataille entre telle moitié qui refusait de partir et l’autre qui en avait tellement envie. On avait bien sûr essayé des drogues et mille autres philtres pour approfondir son sommeil et éviter qu’il ne s’éveille au départ et surtout durant le voyage. Mais il manifestait une curieuse et terrible résistance à toutes les potions, ainsi qu’à l’hypnose à laquelle on avait également eu recours. Il cultivait ces gargouilles osseuses dans une immense bâtisse de terre cuite dont le matériau excavé pour aménager le lit avait servi à édifier l’atelier. Il était élégant et toujours très soigné, n’était le petit filet de sang qui pouvait apparaître ici où là, quelquefois, à un endroit où la césure du jour le faisait éventuellement souffrir. Cela dit il affectait une contenance pleine de dignité et empreinte d’une certaine grâce qui rendait sa compagnie très agréable. Personnellement je ne me souciais pas de le questionner sur son histoire. Elle devait être de toute évidence marquée d’une douleur qu’on imaginait aisément ancienne et tenace. Il ne parlait d’ailleurs pas de lui. Le peu qu’il évoquait d’un passé récent ou plus lointain concernait rarement sa personne et quoiqu’il raconta on eut été bien incapable de deviner d’où il venait et comment il s’était retrouvé ici, à habiter une de ces îles peuplées de gens qu’on ne rencontrait jamais. Et moins encore de comprendre pourquoi il était toujours coupé en deux. Toi, au contraire, tu avais posé quelques questions. Directes ou détournées. Alambiquées, diffuses, gênées. A chaque fois qu’il avait senti la pointe de l’interrogation l’effleurer, il s’en était suivi un interminable silence, d’une intensité étourdissante, qu’il passait tout d’abord à nous regarder, avec une expression de ciel au fond duquel n’aurait lui qu’une seule étoile, irrémédiablement perdue, puis par un phénomène inexplicable, nous étions, sans nous en apercevoir, projetés plusieurs heures ou plusieurs jours plus tard.
Après plusieurs livres il n’y eut plus de question du tout.
Je suis en train de penser, il y a si longtemps que nous ne l’avons plus vu. Je ne me souviens même plus de son prénom. Il me semble qu’il en avait un.
Viendrais-tu me chercher.
Ecoute. Ecoute.
Tout le public est là. Un gosse de peu d’âge, approximativement. Il a préféré s’asseoir au milieu du parterre. Négligeant la grande loge centrale. Il n’a pas vraiment grandi. Mais il a compris. Il n’y a pas d’entrée en scène. La lumière se déploie, monte et découpe d’abord les bataillons d’instruments puis après avoir installé son survol du fond du gosier jusqu’à la rampe, elle descend déplier l’oiseau de smoking noir sur sa vigie.
Je me demande ce que tu voudrais qu’on joue ce soir.
Je sens le pavé mouillé. J’ai son odeur. J’ai l’impression de cliqueter comme un concerto de serrures. Je dors sur des parvis. Je dépense mon temps dans des aquariums. Je m’efforce de faire patienter tout ce qui paraît encore pouvoir. Les ruisseaux font des anévrismes. L’air parfois devient rauque. Il faut que je rentre à la maison.
Mais est-ce ici, cette tour et cette bouche, navette barbare qui envoie au zénith des éclosions d’esbroufe. Est-ce ici cette valise qui ne s’ouvre plus et qui attend un crime assez épouvantable pour profiter de la diversion et appartenir au nouvel écrin de la mort. Ici le point derrière la vitre trafiquant son indifférence à une blancheur climatique, à un nord sans âme, à un canal aux écluses taxidermiques. Ici le va et vient décalqué sur les murs d’une phrase saccadée qui ne saurait plus que s’inventer un serpent pour distiller sa goutte ulcérée.
Le petit coffret de théâtre. Le petit amusoir à vision. L’ondoyeur de plafonds. Le chuchoteur de verrous décodés. La malle de transport. Et la penderie aux entrailles. Tout est intact. De ce côté. Dans le creux de ma paume. Ma paume d’imprimeur. Ma paume imprimée sur les parois qui me retiennent dans la geôle de ton abdication. Ma paume sur les murs de ta liberté négative. Un battoir qui frappe la pierre pour dénicher le mécanisme de l’écroulement, et que tu te retrouves nu, comme nous, ou moi, ou tout le monde. Ou personne. Comme personne.
J’entends ta question. Ce n’est qu’une question de miroir. Ca s’écrit tout seul. Le Gouverneur des Iles de Darienford en savait quelque chose. Je ne me rappelle pas s’il était plutôt jeune ou plutôt vieux. Dans son genre il n’était en outre pas le seul à en savoir. Dans le smoking noir il y avait aussi matière. Et de fil en aiguille, il y avait matière un peu partout. D’où les multiples extensions territoriales.
Non, nous n’en sommes pas à concourir pour celui qui s’est le mieux gardé. Le mieux préservé. Aucun n’a laissé mourir sa petite voix.
Ca n’est peut-être rien de plus que réveiller quelques baleines assoupies sous des horizons urbains où tu filais à toute vitesse en suivant leurs flancs rassurants. Et sans doute qu’elle peuvent tout aussi bien demeurer là, à roupiller encore pendant des siècles avant qu’un gamin s’y intéresse.
Tu as raison : rien n’est si utile que ça.
Juste que, je ne sais quoi, quelque chose, oui, que quelque chose puisse toujours survenir.
Pas plus.
Et qu’on sache, quand même. Si on va venir nous chercher.
Je ne t’apprendrais pas que toute prison est une voleuse.
Je te pose une question.
Tu as remarqué. Pas une question. Un roman.
Je me pose la mienne. Celle, peut-être que tu me poses.
Alors je vois la distance. Tu me la montres. Tu la vois.
Viendrais-tu me chercher.
Oui.
Mais moi : serais-je encore là.
Un roman. L’occasion de donner un prénom et un âge à ce malheureux Gouverneur des Iles de Darienford. De découvrir son histoire ou pourquoi il n’en aurait pas. De le délier de son maléfice. Et puis de programmer quelque chose pour ce soir. Parce que là le gamin, au milieu de la salle de concert, il attend.

dimanche 10 janvier 2010

Le manque et la fin

Les éléments avaient-ils disparu ? Lesquels ? De quelle sorte de contrainte pouvait-il croire que l’envers et l’absence, d’où il s’interrogeait, se démunissaient. Avec quel objectif. Si on pouvait soupçonner une quelconque détermination.
Il y a eu cette journée. Aucune fumée. Ciel de verre. Dans du verre. Quatre doses d’amertume fleurie. Une fin de boite de friandises. Une rigolade. Et, je crois, trois mandarines. Mais il n’y a pas moyen d’en être sûr. Ce qu’il y a de bien, c’est que le lendemain ça pourra être pire. Et le surlendemain, pire encore. Et le quatrième jour. Le cinquième. Le sixième. En les comptant parce qu’il n’y a pas de rampe et que ça peut la remplacer. Puis en cessant de les compter parce qu’on s’aperçoit petit à petit qu’on se trompe. Qu’on n’y est plus. Qu’on s’est emmêlé les dates. Qu’on a plus besoin de rampe.
C’est une histoire absurde : il s’en va, s’en va. Doit revenir là pour se procurer de quoi subsister, mais s’en va quand même chaque fois plus loin, et met de plus en plus de temps à revenir cependant qu’il y a de moins en moins pour subsister, jusqu’au moment où cela va prendre des jours et des nuits pour revenir et qu’il n’y aura pratiquement plus rien, qu’il le prendra, tout ce qui reste, et repartira, repartira, et ne reviendra plus. Plus jamais.
C’est peut-être de cette façon qu’il va commencer à parler de là-bas. De là où il va.
Peut-être de cette manière aussi qu’il va commencer à sentir dans le plein de son corps une penne de souffle.
C’est une ronde très particulière. Avec du dénuement. Du délestage dirait-il aussi. Une allée et venue qui dure depuis des siècles. Et à force, celle sableuse et pénible d’une corrosion, des loquets tombent en poussière et il faut alors cesser de se demander pourquoi on ne les levait pas, on ne les poussait pas, on ne les faisait pas sauter avec un de ces accès de colère dont il se démettait les épaules en tendant les bras pour tenir les murs encore assez écartés.
Je crois trois mandarines et sans doute d’autres détails à peu près aussi insignifiants parce ce sont les seules traces dont il puisse avoir noté l’existence sans que cela sorte d’un ordinaire dont l’anonymat devient précieux. Le reste, les interrogations, qui ont l’air subalternes bien qu’il les sache déterminantes devront se contenter du vent, des brumes, de la face cachée des heures jusqu’à, peut-être, ce qu’il n’y ait plus qu’elles et qu’il n’y ait plus qu’à rire.
Pour le moment la faim n’est pas encore sèche. Cela sent l’humus et il fait une tiédeur collante.
Ainsi que ça lui est souvent arrivé il ignore s’il est parti dans la bonne direction. Il ne souffre pas de plus qu’un malaise qui floue sa vue de blancheurs fugaces. Habituellement, n’ayant rien retenu des indications glanées, se fiant à une impression d’avoir compris en n’omettant pas le revers de cette impression, il s’en remet à un guide intérieur qui incline s’il doit advenir ceci ou cela, ou au contraire s’il ne doit rien advenir. Puis au fur et à mesure qu’il atteint les premières étapes il regarde autour de lui ce qui peut lui sembler familier et lui confirmer qu’il a emprunté la bonne voie. Suivi les bonnes instructions.
Cette fois c’est beaucoup plus compliqué à déduire. Il y en a bien d’autres que lui qui sont là. Sur les bords. Assis en petits groupes ou isolés. Debout et scrutant méticuleusement chaque point cardinal. Femmes. Hommes. Jeunes, très jeunes, moins jeunes. Il y a des conversations lentes, pleines de circonspection. A peine audibles. Des objets de voyages qui dénotent. Le seul signe qui l’a rassuré c’est qu’il a comparé ces sacs indécis à des caries dentaires. Ca n’a pas été plus loin mais il n’est pas dupe. Il y a des cœurs qui flottent dans des eaux accablées. Des regards qui s’émiettent. S’il ne s’est pas trompé. Des âges s’indifférent. Il y en aurait, à bien les observer, qui ne seraient pas sûr de devoir être là. C’est l’ironie de cette situation.
Ce qui a fréquemment entravé sa progression c’était l’absence de pauvreté. Pas celle dont l’écueil possible lui épargnait la pitié. Plutôt celle à laquelle s’accrochent les abscisses tenaces aux runes fatiguées. Ou celle contre laquelle se blottissent les psaumes effigies aux cordes élimées. Celles autour de laquelle se raidissent les sucres victorieux des crises de folie. Avec leurs additifs sacrificiels.
L’absence de pauvreté. Et l’œil, sur la fin, amorphe et résigné.
Oui, il était temps de partir. Cela ne dépendait enfin plus de la qualité d’une aube. De la durée prévisible d’une journée.
Le manque s’était réduit à un état d’esprit d’alcool. Il avait décidé d’en goûter la volute dégoupillée.
Il avait pris connaissance de son sujet. Et c’était bien semblable à imaginer une rivière descendant à travers le Sahara. Et plus. Il n’était pas question d’en parler en le voyant venir. Pour le faire venir. Avec des ors et des baumes. Des louanges et des déplorations. Des fards et des stylets pour retracer un héroïsme, une faiblesse, un genoux jusqu’à l’os, un profil adoré. Il allait en parler après. Sans lui. Sujet disparu. Archéologique. Sans sa peau. Intacte ou déchirée. Uniquement comme émancipé. Liberté si chèrement acheté qu’une fois tout dépensé on n’en garde que le plus élémentaire vêtement pour finir. Il allait en parler d’après. Des digues de zinc où des petits bateaux de pêcheurs rougeoient en se dandinant, un peu gênés, et un peu fiers aussi. Des petits rangements de cuir cossu où jaunissent des épitaphes pour des sépultures aux concessions renouvelables par tacites reconductions. Des hanches harmoniques qui traînent sur des plages sans cesse réinventées les dignes lamentations des peuples exilés.
Oui, c’est bien cela : parler de là-bas.
N’en ayant plus. A part les impudeurs. Le sourire qu’il a su adroitement se coudre pour ne pas se moquer et ne rien aggraver. Pour voir la paix, plaine insouciante, sur laquelle se battent encore, de loin, de plus en plus loin, les animales lois qu’on déguise d’honneurs.
Et nouvelles propriétés. Chimiques et physiques. Même pas disparaître. Mais ne pas apparaître. Faire l’acquisition d’une rue juste en en arpentant la longueur. Manquer et revoir la chek-list des besoins primordiaux. Retravailler le pire. Chaloupant sous le marteau des dates adjugées. Faire fondre les intempéries organiques pour toucher au dur de la caverne et écrire dessus, au burin, avec des ricanements, cette histoire parfaitement censée, parce que, quand même, on a pas fait tout ça pour s’entendre dire par un criminel ensorcelé qu’il ne s’agirait que d’une plaisanterie pour meubler le néant. Un peu facile de tout résumer ainsi lorsqu’on a les pattes dégoulinantes de sang. Et qu’on est même plus capable d’aller derrière le sang pour raconter ce qui s’y passe. Derrière le mort. Derrière la mort. Derrière le crime. Derrière la chair. Toute chair ouverte. Toute chair. Derrière l’amour aussi. Au delà. Et se retourner, contempler et dire : « Voilà ce que je vois. » Et dire.
Récemment je l’ai vu : après avoir entamé le décompte des jours. Déjà il avait oublié la rampe. Il s’est vaguement comparé à d’autres, jeunes, très jeunes, moins jeunes. D’une part pour vérifier où il était, d’autre part pour se dissocier. On a retrouvé des épluchures de mandarines. On a retrouvé des dessins. Des écritures diront certains. On dirait des plans. Des itinéraires. Des chants, c’est possible.
Difficile de savoir s’il est vraiment parti.
Difficile de savoir si c’est justement là le signe que le manque peut rendre insaisissable.
Et la fin arriver tôt pour bien d’autres raisons et sous bien d'autres formes que celles qu’on lui connaît.

vendredi 1 janvier 2010

2010

Que 2010 (vous) (te) (lui) soit : douce et parfois dure. Belle et embellissante. Forte et tendre. Penseuse et pensante. Poétique. Humaine et humanisante. Câline et pénétrante. Gourmande et affamée. Musclée et caressante. Réfléchissante. Démocrate. Voyante et lucide. Sucrée et acide. Désobéissante. Coléreuse et causante. Eblouissante et tâtonnante. Humoristique. Modeste et bravache. Insolente et attentive. Autre, amoureuse et troublante. Provocatrice et attentionnée. Dans les reins et sur la nuque. Volontaire et sage. Opposée et intelligente. Rêveuse. Océane. Salée et jouissive. Hilare. Politique. Démonstrative. Généreuse. Curieuse. Indiscrète. Tisseuse. Sensuelle. Observatrice. Patiente. Jardinière. Liseuse. Fructueuse. Charmeuse. Souple et déployée. Racoleuse et sincère. Guerrière et pacifiste. Nue et chaude. Alcoolisée et stupéfiante. Gracieuse. Délurée. Philosophe. Digne. Grave. Frissonnante. Brûlante. Excitante. Engagée. Inventive. Voyageuse. Etrangère. Liante. Lieuse. Mystérieuse. Planante. Marcheuse. Fatigante. Dans le creux d’une épaule. La main dans la main. A plein bras. A pleine bouche. Créatrice. Rigolarde. Parfumée. Musicale. Charnelle. Inspirée. Partageuse. Scintillante. Dansante. Haletante. Ebouriffante. Extravagriffouillante. Veloutément griffue. Délicatement mordante. Voluptueuse. Fleuriment solitaire. Joyeusement multiple. Astrale. Terrienne. Ecumante. Manifestante. Protesteuse. Valeureuse. Aventureuse. Etonnée. Joueuse. Eperdue. Retrouvante. Vagualâmante (voire vagualâmant). Chatoyante. Séduisante. Couturière. Cuisinée. Electrique. Eclectique. Eclatante. Enivrante. Libre. Fraternelle. Ludique. Surprenante. Apprenante. Enfantine. Princière. Dorée. Vagabonde. Enseignante. Aérienne. Effervescente. Courageuse. Travailleuse. Arborescente. Naturifiante. Amicale. Compréhensive. Artistique. Imaginative. Futuriste et passante. Avenante et secrète. Espérante. Chantante. Songeuse et chuchotante. Intuitive. Prometteuse. Délirante.
Je veux dire pleine de vie !
Pleine de vie !
Pleine de vie !
Bref que ce soit une année comme auraient dû ou comme auront pu être toutes les précédentes et comme devront être toutes les suivantes !
Allez hop ! Au boulot !!!
(Il se peut que j’ai oublié quelque chose… J’compte sur vous pour les mises à jour, ou à nuit…)