"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

mercredi 1 avril 2009

South Beach 31 mars > matin ...


Eveil dans les langes d'anges aux reins moites et chauds. La ville n'est pas une ville. Vu de là. Du trente-deuxième étage du Waverly.
Peut-être des îles allongées sur l'eau calme et bleutée. Leurs formes rondes comme des poses alanguies. Des maisons secrètes et la végétation qui fait écrin. Au fond, autour, les tours en bouquets roses sous la voilure légèrement venteuse du levant qui arrive sur l'océan. La rumeur d'une ville, oui. Son effervescence d'un cachet agité dans un bassin qui s'étire de toute part et sa bulle désalcoolisée qui s'ébroue au milieu des hauteurs.
La lumière se dresse, progressivement. Victorieusement. Les façades des buildings se préparent à resplendir de leur force contenue. De leur souveraine présence de preuves de grandeur, de réussite, de croissance.
Des dizaines de bateaux à voiles et à moteurs sont au corps mort au milieu des étangs.
A gauche la large bande de terre où l'on distingue les docks avec leur grues gigantesques. Et le chenal qu'empruntent les lourds paquebots qui partent pour des croisières aux Bahamas ou pour d'autres îles. Imposants bâtiments sans grâce, sorte de cités flottante où l'on imagine sans peine une grand concentration de clinquant et de grossier. Et pourtant, qui passent avec une certaine majesté indolente, pour rejoindre l'embouchure et gagner le large.
Venise océane. Venise tropicale.
Ville de rien. De business. De farniente. Ville de natifs et de migrants. Ville babel.
Le matin se lève comme un édredon qui se dissout. Et quelques ombres de nuages passent au dessus poussées par l'air du large.
Ville de rien. Et de tout. Travail, affaires, commerce : gagner, tenir, courir, atteindre, gagner encore.
Dans un cocon d'humidité à découper avec les armes blanches du crime. Ville de trafics. Cocon d'humidité qui étouffe les impacts des balles. Ville dangereuse.
Le matin n'y serait qu'un gond luxueux qui pivote sur lui-même entre deux tableaux de musique. Entre deux chorégraphies. Entre deux traînes de chaleurs sensuelles, scintillantes, sombres et rouges, trépidantes, avides.
Et va le vain navire.
Un cargo entre péniblement dans la nasse d'un étang par un chenal étroit.
Plein de marchandises.
Lesquelles ?
Tiens, depuis que je suis arrivé je n'écoute plus le monde.
Je suis installé dans la nacelle du 32me.
Plein de marchandises.
Lesquelles ?
A croire qu'il n'y a rien à craindre a propos de tout ce qu'on raconte ailleurs.
Des réunions politiques. Des sommets diplomatiques. La calamité qui préside un gouvernement Israëlien. Un de plus. Les menaces qui se multiplient.
Oui. Ici, c'est à croire qu'il n'y a rien à craindre...

2 commentaires:

Bruno a dit…

Ah oui ! T'es parti te balader là-bas toi ???
Belles photos en tout cas !!

Thy Wanek a dit…

Ouaip !... J'me balade par là-bas !!!
C'est éloignant et très reposant.
;-D