"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

vendredi 6 février 2009

Onobster

Dans un grand élan de je ne sais pas quoi, peut-être une pulsion maniaque, un accès névrotique non maîtrisé, un surgissement hystérique incontrôlé, me voici déjà usinant le définitionnement d'un mot tout juste annoncé dans le définitionnement du dernier mot qui fut définitionné dans cette oeuvre encyclopédique, et dans encyclopédique y'a cyclope, c'est vous dire si je vous ai à l'oeil. Mine de rien.
Or donc je m'en va vous définitionner un verbe tout simplement surréaliste. Un verbe qui doit toute sa curiosité à un usage à la fois légendaire et mystique que j'en fais en dérivant d’une simple préposition. Un usage à la fois incantatoire et conjuratoire. Un usage peut-être même laboratoire et philoprétoire*. Un usage qui confine au messianique et au téléphérique. Qui pourrait atteindre à l'apocalyptique en passant par le multi-prise à rayon laser.
Vous voyez ce que je veux dire ...
Il est question du verbe onobster.
Ouai !... C'est comme j'vous l'dis !
Donc :

Onobster : v. Notons tout de suite que nous allons peu nous préoccuper de savoir si c'est i. ou t., c'est à dire de savoir si ça transite, si ça transite pas, et par où. Cela devrait nous éviter quelques querelles intestines. D’autant qu’on va avoir assez affaire sans s’encombrer de ce qu’un conflit doit, (ou autre palmipède), apporter dans certains cas à un débat pour l’enrichir, alors que de toute façon pour ce qui nous occupe il n’y a pas débat. Ni d’ébats. Ni des hauts. Ni rien. Nous sommes nus devant un néant néanmoins rempli d’un vide qui nous laisse hagards, et pas que d’Amsterdam, où y’a des marins qui prennent le train, où dans le train, où qui restent sur le quai en se demandant si c’est vraiment une bonne idée d’avoir remplacé les haubans par des caténaires.
Donc : de « on », dont nous avons déjà vu dans le définitionnement du verbe onnoyer, (en date du 18 avril de l’an de grâce 2008, après J.C. et 48 après Moi), qu’il signifiait en substance, si j’ose dire, personne. Il a souvent été question d’ailleurs de ce problème dans une certaine littérature à venir : le père sonne et la mère dit « Tiens, on a sonné ! ».
Et de « obster » dont de distingués latinistes et d’approximatifs nostalgiques de la langue de Tacite, alias Publius Cornelius Tacitus, ne manqueront pas d’observer que cela nous rappelle clairement la formule « nihil obstat » couramment utilisée chez les cadres de la Vatican Christian Trade Corporation Limited and Co pour confirmer que rien ne s’y oppose. Ne s’oppose à quoi ? Ne s’oppose à l’édition d’un laïus à caractère moral ou liturgique du fait qu’on y trouve aucune trace de fornication, ni sur un mode génito-génital, ni sur un mode bucco-génital. Ni même sur un mode bucco-buccal. C’est vrai qu’il n’y a pas que le sexe dans la vie. Y’a aussi le doigt de Dieu.
Mais revenons à nos boutons comme dirait un adolescent qui aurait de l’humour.
Et je vous arrête tout de suite : connaissant votre savoir anticlopédique, par lequel il appert que vous n’aimez pas clopiner du neurone, et votre propension à émettre des points d’interrogation comme certains petits enfants lunaires produisent des bulles, je vais répondre à votre perplexité née de ce qu’il vous semble bien que ce verbe vous rappelle quelque chose, mais quoi, et que s’il vous en souvient bien il y avait, le jour où vous croisâtes ce quelque chose, à plusieurs reprises, y compris au bout de vos chaussettes, un n au début. Oui un n. Et que là, y’en a pas. Ca commence par un o. Et vous vous demandez, à juste titre, voire à juste sous-titre pour les plus minutieux, s’agit-il du même mot.
Et je vous réponds oui, d’une certaine façon. Et non, d’une autre manière.
Car justement n’onobstons jamais qu’il faille parfois onobster. En clair, ne reculons devant rien, même le néant moins le vide, vous voyez que tout se tient, sachons être personne ne s’opposant, et personne s’opposant.
Personnellement j’onobste qu’un ministre des affaire étranges qui doit son maroquin au talent avec lequel il est allé manger dans la papatte d’un fanfaron présidentiel soit traduit en justice suite à la parution d’un livre qui révèle le détail de ses étranges affaires.
D’un autre côté je n’onobste pas que chacune ou chacun tire ses propres conclusions des comportements de ce même ministre avant qu’il le devint, lorsqu’il allait proposer ses services d’expert-consultant à un dictateur africain en échange d’émoluments assez somptuaires pour apaiser sa conscience d’humaniste estampillé, qui fut assez courageux pour vaincre ses doutes et défendre les agissements d’une célèbre compagnie pétrolière oeuvrant à ses bénéfices colossaux dans un autre pays écrasé par la botte d’un pouvoir certes Birman, mais surtout sanguinaire.
Vous sentez la différence ?
Oui j’en suis sur. Car je commence à bien vous connaître, vous savez.
Dans un autre domaine, il onobste qu’il faille nécessairement prendre le train pour voyager.
Mais il n’onobste pas concomitamment que l’avion ait à cet égard des prétentions follement ébouriffantes.
Pour finir onobstons qu’ayant le ventre qui crie famine le p’tit voleur roule à tombeaux ouvert au volant d’une voiture qui ne lui appartient pas pour ne pas rater la fermeture de la soupe populaire, prenant notamment les virages sur les chapeau de roue.
Et n’onobstons pas que la faim justifie les moyeux.

Epilogue :

Nonobstant que la préposition nonobstant puisse garder toute son utilité : soyons bon. Oui bon sans s car c’est Moi qui soyons.

*En... attente... hum...hum...

2 commentaires:

Rom a dit…

Un coup de griffe à Monsieur K. C'est bien !
Il en faudrait d'autres.
Des coup de griffes. Pas des Monsieur K.

Bise !

Thy Wanek a dit…

On y pense mon beau, on y pense ...
;-)