"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

lundi 23 février 2009

La Girafe

Notez que j’ai mis une majuscule à girafe dans le titre de cet article et vous aurez une idée de mes dispositions sentimentales à l’égard de ce quadrupède fabuleux.
Et cela vous permettra, si vous êtes girafophobe, mais comment une chose pareille serait possible, de quitter immédiatement ce blog et de retourner aux activités que vous avez abandonnées, suspendues, interrompues, pour venir vous égayer sur mes pages.
Je suis en effet girafophile.
J’en ai parlé à mon cheval. Il m’a dit que c’était normal tout en me précisant que, contrairement à ce que je croyais la girafe est un ruminant. Ca m’a pantoiser*.
Ruminant vous savez ce que ça veut dire : en gros ça signifie que la bestiole mange, avale, régurgite, puis avale de nouveau. Dans le cas de l’adorable mammifère dont il est question je vous laisse imaginer les trajectoires de la petite boulette de nutriment. En voilà une qui voyage.
Car outre sa bouille charmante, sa démarche inimitable, sans talons aiguilles, et ses manières d’équilibriste lorsqu’elle va pour se désaltérer, c’est bien sur l’interminable cou de la girafe qui en fait selon moi, qui aie si souvent raison, une des plus sublimes, si ce n’est la plus sublime des créatures terrestres.
Si Dieu existe, c’est à coup sur elle qui le voit de plus près. S’il pleut elle est la première à le savoir. Si Attila déboule à plusieurs avec ses Huns, elle est la mieux placée pour faire le guet. Et si elle voit passer, devant ses grands yeux à grands cils, la courbe croissante des impérities gouvernementales, elle se doute que ça doit grave chauffer dans les chaumières, et elle va se planquer afin de ne pas être réquisitionnée pour porter les banderoles.
Brillant sujet d’étude dans les plus savants laboratoires de la planète, eu égard, par exemple, à son système sanguin qui lui permet de gambader, de courir, de s’envoyer en l’air et de faire les pieds au mur sans jamais craindre la phlébite ni l’hémorragie cérébrale, la girafe n’en est pas moins une grande coquette qui aime à se faire peigner. Jadis, à l’époque où il était courant de croiser des girafes en train de faire leur shopping dans les grands magasins, il était d’usage d’engager des demandeurs d’emplois pour s’occuper de les coiffer. Cette pratique tombée en désuétude a laissé des traces : on a pu ainsi entendre il n’y a pas si longtemps un certain Excité Elyséen, lorsqu’il était en peine de devenir calife à la place du calife, prétendre que les chômeurs étaient avant tout des gens qui préféraient peigner la girafe. Il y a même eu une pétition de protestation à ce sujet de la part de l’A.I.G., l’Amicale Internationale des Girafes, mais on a su plus tard que la majordame judiciaire de l’Excité Elyséen avait étouffé l’affaire. Ce qui n’étonnera pas beaucoup de monde…
Ceci dit, foin de digression politique, même si on pourrait déduire aisément, du seul fait de la belle rousseur de son élégant pelage que la girafe soit un animal très probablement enclin à adhérer à ce qu’il a de plus démocrate dans ce domaine. Et comme elle aurait raison !
Pour ce qui est de sa démarche la girafe va l’amble. Comme vous et moi. C’est à dire qu’elle met une patte devant l’autre. A ça près qu’elle met une patte avant droite et une patte arrière droite devant une patte avant gauche et une patte arrière gauche. Essayez, vous allez voir c’est pas si facile.
D’aucuns, d’aucunes s’amusent, un rien moqueurs, voire moqueuses, de l’allure de la girafe quant elle galope. Car la girafe galope, et peut ainsi atteindre sans dopage la vitesse de 50km/hre. Peu de cyclistes peuvent en dire autant… Et c’est vrai que la girafe adopte alors une allure étrange dont la principale particularité est de bien écarter les pattes de devant dans le souci très compréhensible de ne pas se mélanger les sabots. Surtout si dans sa course elle se trouve préoccupée de ne pas rater le dernier jour des TBM au Bon Marché. TBM veut dire Très Bon Marché et pas ce que vous pensez, bande d’obsédés !...
A ce propos, revenons au cou de la girafe.
Selon moi, qui aie si rarement tort, le long cou de cet aimable ongulé artiodactyle, n’est rien d’autre qu’un rappel permanent et paradoxal de la nature au principe que ce n’est pas la taille qui compte, c’est l’inaccessible. Et c’est sans nul doute le cou de la girafe qui inspira à Monsieur Shakespeare de faire grimper Roméo à une échelle pour atteindre la balcon de sa bien-aimée. En tout cas je ne vois aucune autre explication. Et c’est évidemment ce qui fait de la girafe l’animal le plus poétique de la création. Certes, on me rétorquera qu’il y a aussi des girafes mâles. Et c’est vrai. Heureusement pour elles !
Je répondrais qu’il n’est pas interdit d’envisager qu’on inversa certaines situations et que Juliette grimpa à son tour à une échelle pour aller roucouler sur le balcon de son bien-aimé. Par ailleurs, et cet ailleurs est riche, je ne sache pas qu’on ait jamais relevé quelque cas d’homophobie que ce soit chez cette sympathique grande folle des savanes. Donc on peut toujours rêver.
Et ne nous le cachons pas : la girafe fait rêver !


* prochaine entrée dans le dico analphabétique : mais quand ?...

4 commentaires:

Leîla a dit…

Supeeeeer !!! Quand je serais grande je veux être une girafe !!!

Bise !!!

Thy Wanek a dit…

C'est pour bientôt ma belle !!! :-D
Bizou !

rom a dit…

T'avais pas failli t'en faire refiler une vraie quand t'habitais dans ta campagne du côté de Toulouse ?

Thy Wanek a dit…

Oui, c'est vrai : toute une histoire !...
:-D