"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

mardi 3 février 2009

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Précipices des enfants, bordures de trottoirs
D’un coté coule l’Amazone
De l’autre montent des falaises
Une racine de géant les oblige à tremper le talon
Dans l’eau verte des caïmans
Des créatures de tôle les repoussent au pieds des canyons.
Il faut aussi lutter contre les aiguilles encodées
Que montrent à leur pattes les faucheurs indigènes
Qui vont-viennent qui vont-viennent qui vont-viennent.
Ou trottoir comme étal
Sourires
Aux yeux vidés
Changés
En fric de hyènes
Trafic de corps ployants
Sous désirs d’ossements.

Précipices des enfants, chants en voix de verre
Traçant compas dans l’air
Des bulles aux sorcières
Point de point virgule, rien que des carabi
Des caraba des carabo
Des billes farceuses sous les souliers alignés.
Ça tient à la main dans le noir dont il faut avoir peur
Des épingles cachées pour dégonfler les ogres
Et quelques grains de lune pour amadouer les loups.
De même
Brisure
A la parade de Wolfy
Rien qu’en sautant un mur
Deux trois notes mineures
Ou quatre et
C’est tout.

Précipices des enfants, questions secrètes
Ce peu qu’ils osent
A moins qu’ils dessinent
A moins qu’ils espèrent
Car le fuyant plus tard
Déplace les pierres au courant de leur traversée.
D’un pied sur l’autre ils grandissent aux poussements du corps
Sauf si le terrassement d’un grand arbre abattu
Les propulse d’un coup de plusieurs graves enjambées.
Et abysses
Réponses en rideaux
Rideaux en cocons
Cocons en étoiles
Etoiles en terminus
Poursuite seul.

Précipices des enfants, écrans entre les mondes
Milliers de vitres polychromes
Aux sons d’oiseaux électrisés
Les tubes cathodiques masquent la forme des visages
Bariolent des peintures de guerre
Transportent des argonautes de circuits intégrés.
A hauteur des cruautés disposées en jalons de dentiers
S’invente vanté d’innocence l’héroïsme de déjouer
Le songement pour distraire et les ruses du réel.
Mais à-pics
De sabres cannes en hauts hurleurs
De pointillés pointus
De tracets filant
Qui trouent l’étui
Où glisse
Le fil.
Contes métalliques
Livres de portières épaisses
Jours en crocheté
Qui agrippent la nuque
Le thorax
Où fleure
La chair.

Précipices d’enfants, fond de nuit de mai
Abandon des grillages
Braquant le défendu
Une trouille de friche à la clôture blessante.
Dans les mains solennelles
Se lèvent les paupières d’inédites incandescences
Cendres et fumée, salive et tremblements,
Coucher avec le verbe apprendre sans honte dans les bras
Savoir surtout ne savoir qu’arrivant on s’en va.
Puis
Vertige
Lent manège
Cran de plus à la roue
L’en allé en mémoire
En première ligne
Ça s’écrit
C’est ton tour
C’est ton tour
C’est ton tour
C’est à toi

4 commentaires:

Nelson a dit…

Hé hé hé ...

Thy Wanek a dit…

J'allais le dire !...
:-D

L'oeil mort doré a dit…

Emouvantes et troublantes visions d'un monde qui ne nous quitte jamais.
Jamais ?

Thy Wanek a dit…

Jamais !
Il faut lire les traces de la lumière dans les ombres.
Les témoignages de l'ombre dans la lumière.