"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

mardi 2 septembre 2008

Rendez-vouer

Rendez-vouer : v. plus ou moins réfléchi et pas exempt d’être parfois transitif ou intransigeant : ça dépend ; de rendez, deuxième personne du présent de l’indicatif sauf en cas de lapin, il peut s’agir alors de la seconde personne de l’absent du mélancolif*, et qui veut dire à l’origine qu’on vous l’a pas donné et que donc vous le rendez ; et de vouer, verbe du premier groupe, comme vous voyez, et également susceptible d’être réfléchi, même par une quelconque gourdasse dont les sources d’inspiration oscilleraient entre starcacadémie et la collection complète des torchons de fonds d’égouts hebdomadaires où le formatage pseudo artistique des intervenants de l’une trouve sa compensation dans les autres en termes fort adéquats assurant leur seule notoriété possible à savoir principalement et même uniquement génito-trouduculatoire.
Mais je m’égare et pas que Montparnasse. (Encore que !...)
D’autant que du coup j’oublie de dire que vouer signifie consacrer, alors que pour certains c’est plutôt le contraire …
Bref…
Vous l’avez compris, car vous n’êtes ni le contraire ni gourdasse stracacadémiophile, rendez-vouer exprime l’idée d’être destiné à se rendre. A peine si on a le choix. Sachant en outre qu’en fait de rendre, vu qu’on vous l’a pas donné, on est aussi amené à se rendre du fait qu’on ne s’est pas donné. Enfin, pas encore … Suffit de réfléchir !...
Donc vous devez vous rendre, y’a pas de doute, va falloir y aller, et c’est en quelque sorte inévitable de jardin.
Vous rendre où ? Me direz-vous, et d’où vient que ce serait inéluctable de … de rien. De rien.
Et là, force est de constater un grand paradoxe du genre dont l’existence humaine est jalonnée, à croire qu’on a que ça à faire : d’une part je ne saurais quoi répondre, d’autre part si je saurais je pouvrais*** pas le dire tant il y a de possibilités à l’infini du bout de l’immensité qui n’a aucun terminus alors que tous les trains en ont. Au moins un.

Heureusement nous pouvons toujours avoir recours à quelques exemples afin de vous éclairer dans l’entendement de ce verbe à vrai dire plutôt sympathique, afin que vous ne restiez pas le bec en l’air. C’est valable aussi pour certain volatile qui bien que joliment paré d’un beau plumage sombre pour vêtir son élégance légendaire de vaisseau des grands lacs, n’en a pas moins une allure un peu bizarre lorsqu’il a le bec en l’air. L’air d’attendre quelque chose. Une sorte de manque de rendez-vouement.

Extrait du livre des très riches heures du Robinkozy des Boicolas à rolex, qui prend aux moins riches pour donner aux plus pauvres, lors que se sentant pousser des moignons d’ailes internationales sur ses petites épaules de boutiquier népotique, il fit grandes rodomontades diplomatico-martiales contre la vague doublure poutinienne qui fait office de rectificateur de frontières russes en se souciant autant de l’opinion mondiale que d’une journaliste malencontreusement dessoudée au coin d’un ascenseur. « Ce Medvedev je le rendez-voue la semaine prochaine, et il a pas intérêt à moufter sinon au lieu de lui filer de cd de Carla je lui renvoie Mireille Mathieu ! »
On note opportunément l’emploi irréfléchi du verbe rendez-vouer, ce qui, chez cet individu, ne nous étonnera pas.

A l’approche de la date fatidique de voir débarquer sur le sol laïc et républicain de notre beau pays la baderne papale, j’ai nommé le seizième benoit que la longue lignée des showmen de Broadvaticanway a élu il y a un peu plus de deux ans maintenant, (car ces gens-là sont élus à peu près tous de pair en cuistre), il serait bon que tous les affilié au miracle marial se rendez-vouassent à cette grande fête de l’adultère changé en insémination artificielle par le doigt de dieu. Celles et ceux qui, au contraire, ont à cœur de vivre leur foi sans refuser de penser que l’épouse de Joseph a très bien pu céder aux charmes d’un séduisant berger qui moutonnait sous ses fenêtres, et que cela ne veut pas dire que le fiston supposé divin n’ait pas été un gentil garçon, ne se rendez-voueront pas à cette kermesse prosélyte que je sens déjà dégoulinante de bons sentiments à bas prix, et ne s’en porteront pas plus mal.

A l’orée d’un weekend qui pourrait s’annoncer assez agréable sur le plan météorologique, pour peu qu’on se sente disposé à disparaître provisoirement de la circulation où on a tendance à habitualiser* ses allées et venues entre divers samdings** et des sundays vacuitants*, on se rendez-vouera, sans demander la permission, même à soi-même, inventant ainsi le rendez-vouement spontané, prétextant tout au plus avoir lu sur une toile que la longitude multipliée par la latitude, divisée par la surface de Thabor, (célèbre mathématicien natif d’une capitale armoricaine), élevée au carré de l’hypothalamus, et réduit à feu doux le temps qu’il n’en reste que l’essence dont on s’éthére*, suffisait à penser qu’il y a quelque chose, ce qui est presque sur, ou qu’il n’y a rien ce qui de toute façon ne sera jamais le cas. Je sais bien que vanitas vanitatum est omnia vanitas, mais quand même …

*Prochaine entrée dans l’dico : prévoir du temps …
** cf l’entrée correspondantes dans l’dico.
*** Conjugaison volontairement erronée.

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