"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

jeudi 18 septembre 2008

Péribloguien

Au dernier recensement opéré par mes services d’enquêtes et d’évaluations des volumes envisagés statistiquement par les objectifs de faisabilité dans le cadre des réalisations en cours, mes célèbres S.E.E.V.E.S.O.F.C.R.C. , nous en sommes actuellement, c'est-à-dire grosso modo au jour d’aujourd’hui, plus exactement ce 18 septembre 2008 à 10h34, nous en sommes donc à environ 50 mots qui attendent leur définitionnement*. Définitionnement compris.
Autant le dire tout de suite, ce quinquina n’y suffira pas. Il va falloir se requinquer avec autre chose.
Mes éprouvettes sont à l’épreuve. Mes cornues s’excitent. Mes alambics ambiquent*.
S’agirait-il seulement de moins se vautrer dans des chroniques chronophages, dans de la versogénie* néantostinée*, ou simplement d’éviter ce genre d’introduction qui elle-même engendre de l’analphabétiquisme en ribambelles de vocables qui sautent sous mes doigts comme des cabris dans la rocaille désertique où il vont paitre, ou ne pas paitre, telle est d’ailleurs la question ?
Comment savoir ?
Comment s’avoir ?
Et dans quel état j’être ?
Bref, tout ceci pour faire un petit, inutile, et rapide exposé de la situation.
Et pour préambuler* le sujet de ce frétillant jeudi de septembre un rien frisquet : j’ai nommé, si j’ose dire, le mot péribloguien.

Allez hop ! Au boulot !

Péribloguien : adj. du latino-greco-égypto-antique peri qui veut dire autour, à la circonférence, qu’on se sent cerné, que si ça se trouve ça se rapproche, ce qui donne aussi bien périphérique, auquel on ne saurait échapper qu’avec un téléphérique, (pour phériquer de loin : cf article « télépeler** »), mais aussi péristyle qui voudrait du style autour, sans toujours y parvenir. En revanche on exclura de tout rapprochement avec ce péri là le péri lenlademeure, et le Péri Gabriel, qui périt, c’est vrai, mais plutôt cerné en l’occurrence par les soldats nazi du peloton d’exécution en 1941. Et de bloguien, relatif au blog, sorte de passe temps où l’humanoïde indécemment étranger aux souffrances des actionnaires de l’entreprise qui l’emploie, gaspille ses trente cinq heures, ou en tout cas une bonne partie, à essayer de faire en sorte qu’on sache qu’il existe dans l’océan du web où sa taille ne dépasse pourtant pas le plus souvent celle d’une amibe. On croit rêver !! Ceci dit cette activité dont bon nombre parasitent la productivité de notre belle nation, au risque de précipiter notre pib dans les profondeurs du classement mondial, sert également à échapper aux joies ménagères et télévisuelles qui sont le devoir de toutes citoyennes et de tous citoyens épris d’un authentique sens de la collectivité individuelle : où va-t-on ??? Et jusqu’à quand cela cessera-t-il pour arrêter que cela continue !!!
Péribloguien concerne donc le peu d’espace qui reste autour du blog pour manger, boire, faire ses besoins, se reproduire, à défaut, niquer, faire sa toilette, dire bonjour à la dame et payer ses factures.
Car il faut bien le reconnaître, sous peine d’être référencer au top des bipèdes de la plus mauvaise foi qui soit, le blog a une forte tendance, mal repérée par pas mal de tendanciers** qui s’y intéressent au lieu de s’occuper de ce qui les regarde, à imiter le Blob, concrétion envahissante et sujet d’un film d’horreur qui date des environs de la passation des clefs de Matignon entre l’irremplaçable Monsieur Chirac et le grasseillant Monsieur Barre : était-ce un film à clefs ?
Toujours est-il que le Blob, dans le film, il finit par tout bouffer : donc prudence.
Et nécessité d’activités péribloguiennes.
Sinon ça craint grave !!

Au nombre des activités péribloguiennes nous allons tenter d’établir une liste qui ne sera pas exhaustive, mais plutôt inspirative*, en tant qu’utile contribution aux progrès de l’hygiène mental et à la salubrité publique,

- Il y a bien entendu le saut à l’élastique du haut de votre balcon : conditions indispensables : habiter au moins au cinq ou sixième étage et faire passer au préalable un électrocardiogramme à votre concierge.

- La confection d’une pleine marmite de chili con carne dont vous répartirez le contenu en petites barquettes pour le congélo, comme ça vous aurez toujours quelque chose de délicieux à partager avec vos amis qui passent à l’improviste : je suis prêt à vous céder quelques droits sur ma recette exclusive du meilleurs chili con carne du monde.

- Le nettoyage de votre répertoire d’adresses e-mail : soyez sérieux, sur les 2500 contacts qu’il y a là-dedans vous savez que vous pouvez déjà virer ceux de vos 2100 ou 2200 ex de ces trois ou quatre dernières années : vous n’avez plus de nouvelles d’eux, vous ne leurs en avez pas donné : c’est over !

- Les interminables stations assises devant votre écran vous ont considérablement ramolli : il est temps de courir chez gosporathlon pour vous procurer un peu de matos à raffermir les viandes. Une fois que vous vous serez procuré le dit matos ne vous arrêtez pas en si bon chemin : utilisez-le !!

- La dernière fois que vous avez essayé de lire un livre vous cherchiez instinctivement la souris pour tourner les pages : ce n’est pas désespéré : petite cure de réadaptation avec «la recherche du temps perdu » de M’sieur Proust : vous ne le retrouverez peut-être pas mais l’obsession du petit rongeur wireless devrait avoir le loisir de se calmer.

- Vous avez tellement sombré dans l’abstinence que la dernière fois que vous avez frôlé l’érection vous avez failli appeler le samu pour une crise d’appendicite : il n’est que temps de vous mettre à fréquenter assidument ce sympathique petit bar de sportifs où se réunissent tous les soirs les membres du club de rugby du quartier …

- Votre vieille et épouvantable génitrice n’a de cesse de truster votre héritage en protestant d’une forme physique éblouissante : vous allez attendre encore longtemps avant de vous rabibocher avec elle et de l’accompagner le plus souvent possible dans les semaines qui viennent, (cela devrait suffire), au cours de ses activités les plus périlleuses ? Certes un accident est vite arrivé, mais enfin il n’arrive pas toujours tout seul…

Voici donc quelques exemples de comportement et de distraction péribloguiens qui devraient vous permettre de lâcher un peu cette petite manie de branlotter votre ego dés que l’idée vous traverse que le monde, (lequel ?), serait suspendu à vos productions de logorrhée afin d’être illuminé de votre discours, véritable passage de l’ombre à la lumière, ainsi que l’éternel bouffonant Jack Lang avait qualifié l’avènement démocratique de M’sieur Mitterrand, en mon printemps n°21 : ça ne m’avait pas fait rire à l’époque : j’ai fait beaucoup de progrès depuis…

* Prochaines entrées mais bon vous voyez où j’en suis …
** Ca c’est fait : fouillez un peu dans le Dico, vous devriez les y trouver.

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