"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

dimanche 20 juillet 2008

Holetown

L’anachronisme n’ayant rien de rédhibitoire sur ce blog, bien qu’il n’en soit pas non plus une de ses caractéristiques particulières – je veux dire qu’en fait on s’en fout un peu – c’est à un récent week-end que ce présent article se rapporte, récent mais qui remonte tout de même déjà à fin juin. Marqué en même temps par l’arrivée de l’été et par la foire musicale, initiée à une époque où le promoteur de la chose, un certain Jack Lang prophétisait qu’avec l’arrivée de Monsieur Mitterrand au pouvoir on était passé, je cite, « de l’ombre à la lumière » - la suite démontra très vite la puissance comique de cette assertion – ce week end fut pour moi l’occasion de partager un séjour très agréable, en la meilleure compagnie qui soit, dans cette charmante station balnéaire de la côte Normande qui a pour nom ô combien énigmatique de Trouville.
Ce séjour eut pour centre du monde la belle petite maison de pêcheur que l’une d’entre nous possède non loin du port de pêche de cette sympathique bourgade. Je dis l’une d’entre nous car il faut commencer à se rendre à l’évidence : lorsque nous sommes trois femmes et un homme, cette effrayante règle du masculin dominant devient passablement ridicule. J’ajoute que j’en suis personnellement au stade de l’évolution où ma mâle condition renonce sans difficulté aucune au hochet d’une supériorité d’extraction purement culturelle pour s’assurer des évidences de sa faiblesse et des éventualités de sa force. A moins que ce ne soit l’inverse. Parfois. Peut-être…
Bref j’étais donc en compagnie de Françoise, Francesca Mia, de Michèle, dite la Rutilante, alias formé d’une incontestable réalité et d’une allusion à son patronyme, et d’Elena d’Argentine, car elle est Argentine.



Je vais outrancièrement utiliser cette situation afin d’introduire dans ce blog une dimension importante à laquelle je n’ai guère fait plus que des allusions lointaines. La psychanalyse.
Blonk !
Bon, j’attends que vous vous releviez …
Voilà ? Ca y est ?…
En effet, Michèle et Elena professe dans ce mystérieux monde, alors que Françoise aurait pu, voire aurait dû, mais finalement non.
Et comme décidément cet article va servir à plein de choses, vous savez quoi ? Et bien je confirme une fois encore, à l’attention de toutes celles et de tous ceux pour qui le mot psychanalyste peut parfois revêtir des allures de vocable cabalistique remontant à ces Moyen-Âge où on brûlait les sorcières, que ces personnes sont régulièrement soumises au même fonctionnement humain que nous autres, mangeant, buvant, parlant, se promenant, allant faire des courses, rigolant, et même disant parfois n’importe quoi. Le croirait-on ?
La seule différence c’est peut-être que justement, en l’occurrence, même n’importe quoi, ça n’est jamais vraiment le n’importe quoi habituel.
D’ailleurs c’est cette impression que j’ai aussi : quand je dis n’importe quoi, ou lorsque j’écris n’importe quoi, pour moi, ça n’est jamais réellement n’importe quoi : mais peut-être l’aviez-vous déjà remarqué : je n’insiste donc pas.
Je me contenterais dans un premier temps, car du coup il est probable que je revienne sur ce sujet, de dire simplement que je dois personnellement à la psychanalyse la plus riche et la plus impressionnante découverte de toute ma vie : celle de l’inconscient.
C’est promis : j’y reviendrais.
En attendant je termine ce court texte en vous laissant aux photos qui l’agrémentent.

A propos des étranges personnages costumés et perchés sur des échasses, présents sur ces aimables illustrations, je précise néanmoins ce ne sont ni Françoise, ni Michèle, ni Elena.

Les personnages en questions, apparitions déambulant toute la journée dans les rues de la ville, sont d’origine inconnue.
On peut penser qu’il s’agissait d’une attraction commandée par la municipalité afin d’égayer le commun des mortels.
On peut croire que c’était là un groupe de vénitiennes excentriques d’une part en goguette et d’autre part traitées aux OGM.
La version que je propose au travers des regards incurablement infantiles que je porte toujours sur ce genre de spectacle, est bien différente.

Mais c’est une autre histoire ...

7 commentaires:

pigiconi a dit…

"je dois personnellement à la psychanalyse la plus riche et la plus impressionnante découverte de toute ma vie": la liberté!...........

Thy Wanek a dit…

Au dessus de tout ce que j’ai accumulé comme mots et comme images au sujet de la psychanalyse, il y a toujours cette scène – je crois que j’avais déjà évoqué ça une fois – qui se trouve à la fin d’un film tourné sur Lacan, qui détestait en général ces formes de média, une scène où il répond aux questions d’une journaliste : ça se passe en 1970 je crois. La journaliste interroge Lacan sur le fait que certains psychanalystes prétendraient détenir la clé du « normal » : Lacan se marre doucement en disant que non, aucun psychanalyste ne peut prétendre détenir la clé du normal, si ce n’est, ajoute-t-il, se livrant à un de ces jeux de mots dont il aimait usé, d’une norme mâle, d’une mâle, (d’une mal), norme. La journaliste demande alors à Lacan : « Donc sous le couvert de la psychanalyse il n’y a pas une répression de la liberté ? » Lacan esquisse un étrange sourire, et avec un regard indéfinissable répond : « Je ne parle jamais de la liberté. »
Tu as raison. C’est bien de cela qu’il s’agit. Mais ce disant il est clair qu’il faut tout de suite franchir le cap de la liberté telle qu’on en fait habituellement usage, et ouvrir les champs des immenses complexités qu’elle forme, et dont elle est formée.

Thy Wanek a dit…

Ceci dit, lorsque je parle de riche et impressionnante découverte, je ne parle pas non plus que de la liberté ...

Anonyme a dit…

Dans la marge t'as écrit Truville au lieu de Trouville ...

Thy Wanek a dit…

Ouaip ! Je viens de réctifier ! ;-)

pigiconi a dit…

Tu me parles de Lacan en même temps que Judith Butler critique l'interprétation lacanienne d'Antigone.......... que de lectures, pour mon été, loin de Trouville et d'autres plages ensoleillées

Thy Wanek a dit…

Une des mes amies, Lacanienne désintoxiquée, dit que Lacan se justifie par la qualité qu'il faut pour le contester, puisqu'il est contestable : d'où une proposition provisoire : n'en finissons donc pas ...