"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

vendredi 25 avril 2008

Galipoise

Une loi n’est pas costume, … (heu, non je l’ai déjà faite celle-là …) Ah oui ! Une noix n’est pas cothurne, ce n’est pas à moi que l’on doit l’entrée qui suit, alors que d’habitude c’est l’entrée qui commence et le plat de résistance qui suit, encore qu’on dit de résistance mais faut se souvenir qu’à certaines époques c’était plus des plats de collaboration, bref, donc, ce n’est pas à moi qu’on doit le mot qui va s’ajouter séant dans cette inimitable production de vocabulaire libre et facétieux. Non, je vous voir venir ce n’est pas non plus à notre GFM préféré, enfin…, c’est un peu plus compliqué. Du coup je sais plus comment dire. En tout cas ce n’est pas non plus à Greg, récent inventeur d’ « Onnoyer », qui à mon avis doit avoir besoin de beaucoup de repos ; Greg, pas onnoyer.
Bon, en fait l’auteur, pour ne pas dire l’hauteur, se reconnaîtra. Petit indice il est glacidanseur*.
Oui, bon ceci dit GFM aussi.
Bon on s’en fout !
Qui ça on ?
Heu … Personne.
Bah si c’est personne qui s’en fout ça veut dire que tous les autres ça les intéresse peut-être ?
Ok : bah fais ton sondage et quand c’est fini tu me l’amènes !
D’ac’ j’y cours de ce pas !
Ouf ! …

Pour le reste en cas de publication future avec moult gains en perspectives, tout est notés et les dévolutions partagesques se feront en fonction de ce dont il est logique qu’il soit normal qu’il soit honnête qu’il soit : mais bon, pas d’emballement, même par Monsieur Christo !

Galipoise : n.f. de « Galip » qui donne par ailleurs galipette lorsqu’on est assez souple, ou qu’on a gardé son âme d’enfant, ou qu’on est un enfant, ou qu’on s’en tape d’attraper un lumbago.
Et de « oise », affluent de la Seine, délicatement détaché de grivoise, genre de gris qui hésite entre l’ardoise et la framboise et qu’on rencontre parfois en mer d’Iroise, et qui pourtant fait furieusement penser à autre chose où divers attributs de factures sexuelles sont rarement absents bien qu’ils ne soient pas tous forcément toujours là en même temps …
Sans compter que souvent, faute de grivoise on mange du merloise.
N.b. L’Oise ne se jette pas dans la mer d’Iroise. Les framboises ne poussent pas sur les ardoises. Ce ne sont là que des visions évasives auquel se rend propice un esprit envaporé d’éthers résiduels et accumulés au cours de longues plages où l’on marche en titubant à force d’avoir absorber des eaux de vie ce qui met tout juste en état d’effectuer des galipoises.
Il n’est toutefois pas indispensable d’avoir bu pour s’adonner aux galipoises. On peut aussi avoir préféré humé ce fêtard qui prie, (deux voltiges contre paix).
Et si on a ni l’un ni l’autre, on peut plus patiemment attendre que la marée monte au dessus des iris, et quand elle déborde, (ça peut prendre des jours), se laisser aller aux galipoises à son corps défendant, mais peut-être pas défendu. Avec un partenaire ou cent, ou sans.
On aura pu comprendre que la galipoise serait une sorte de galipette qui dégénère. Une sorte de jeu d’enfants qui prendrait de drôles de tournures. Un exercice de gymnastique où il n’y a pas que le saut qui serait périlleux.
C’est un peu ça. Disons que l’un dans l’autre, bien que ce ne soit pas obligatoire, on se livrera rarement à des galipoises en rédigeant sa feuille d’impôt, en se plongeant dans l’œuvre complète de Christine Boutin, en écoutant un discours de l’explosif Monsieur Ahmadinedjad, ou en contemplant la très laide construction sise depuis peu près de chez moi, et dont l’horrible habitat tient lieu d’hôtel.
Mais c’est aussi un peu plus. Enfin ça peut être un peu plus. Il peut en effet arriver qu’une galipoise, ou une série de galipoises, surtout si on n’est pas seul, soit suivie par un entremêlement de membres divers, glissant en caresses approximatives de l’épiderme d’une paume à l’épiderme d’une épaule, voire d’une fesse, laissant fuser des regards délavés sous la montée d’un possible plaisir, exhalant des parfums de chaleur animale, raffinant des entrelacs sophistiqués liant et déliant les vagues d’une étreinte où les neuf où dix membres en question vont devoir se garder de faire plus de nœuds qu’il n’en faut.
On voit que les galipoises amènent rien moins qu’à : s’envoyer en l’air, niquer, baiser, quand ce n’est pas carrément à faire l’amour pour les plus visionnaires.
C’est à cet égard, (et pas que St Lazare), que les illustrations qui suivent vont nous édifier sur la façon d’appréhender cette saine activité.

De sa Sainteté le Pape Panzani plus connu sous le sobriquet de benoit du 16me, lors de sa communication auprès de l’association épiscopale « The God’s Finger » pendant sa visite au pays du bulbe sub-crétinisant qui gouverne la première impuissance du monde : « Il faut vous préserver vis-à-vis de toutes galipoises avec les ch’tit’ n’enfants. On ne sait jamais où est-ce que c’est aller traîner juste avant ces petits garnements ! Et puis imaginez que leurs pères aient le sirop positif ! Allez-en pets !!»
Une importante distribution de préservatifs dument bénis et marqués d’un crucifix a clôturé cette très profitable rencontre. Ouf !

« L’exemple est admirable et cette dame est bonne,
Nous savons qu’elle vit en austère personne,
Mais l’âge dans son âme a mis ce zèle ardent
Et on sait qu’elle prude à son corps défendant.
Tant qu’aux verges elle a pu frotter sa framboise,
Elle a fort bien joui de plein de galipoises. »
Molière – Tartuffe – Act I scène I (version d’origine)

De Madame Gontrande Getrude Adélaïde Marie du Gaybois-Konfet des Turluttes dans son indispensable traité de « ce qu’il faut pas faire quand on est une jeune fille de bonne famille avec un individu de sexe mâle sans particule et sans fortune » : « Vous vous abstiendrez en toutes occasions de vous livrer de près ou de loin, et surtout de près, à toutes manifestations libidino-salivo-oeilladesques susceptibles de signifier au mâle supposément en instance d’érection, dont il convient de se toujours méfier comme du doigt de Dieu lorsqu’il est en colère, que vous seriez en disposition de passer outre la haute éducation que vous reçûtes pour vous adonner avec le sujet à quelques galipoises. En revanche s’il vous est apparu clairement que le sujet est richement pourvu, autrement bien sur que là où siège son légitime entrain à vous séduire, et pour peu qu’une particule ornemente la noblesse de son patronyme au moins autant qu'une autre, ses pilosités pubiennes, allez-y ma p’tite, foncez, donnez-vous toute, soyez sienne, soyez chienne, laissez-le sur le carreau ! (On s’arrangera pour antidater l’autorisation parentale.) »


* entrée récente dans ce Dico : pour ceux qui suivent. Les autres : pif paf !!!

dimanche 20 avril 2008

Titanic


Bon : mea culpa ! Mea maxima culpa !
Voici le moment de me couvrir de cendres. Et si quelque héritage moyenâgeux m’en avait transmis les accessoires légèrement fanatisant, je me ceindrais de cilices tout en me flagellant. Mais point d’héritage de cette sorte, et c’est quand même tant mieux : faut pas exagérer : et puis c’est l’intention qui compte, n’est-ce pas ?!?
Je dresse tout de suite le portrait de la situation : c’était il y a une dizaine d’années. Certain blogueur affleurait cet âge où on est pas sérieux. Mois je venais de rompre avec une longue période de vie toulousaine et faisais mon retour dans la capitale. Je passe sur les contingences qui imposaient cette nouvelle migration ; c’est à peu près aussi intéressant que la situation clitoridienne d’une aspirante de la star cacadémie.
Lors que me réinsérant dans le magma urbain de la plus belle ville du monde j’avisais les murs qui se couvrirent bientôt d’affiches annonçant un événement artistique censément reléguer au rang de babioles pour collectionneurs le plafond de la Chapelle Sixtine, les pyramides, toute la peinture flamande, Mozart et Maria Callas, les temples aztèques, le palais de l’Alhambra, tout ce qui c’est fait de mieux dans le cinéma, etc … etc …
Il s’agissait d’un film. A moins d’être irrécupérablement autiste, d’avoir investi définitivement une grotte néandertalienne, d’être hallucinamment distrait, ou endémiquement misanthrope, je ne vois pas qui a pu échapper aux cataractes de promotions de toutes sortes dont la divine bobine fut l’objet : objet sacré évidemment.
Le Titanic : tout était devenu Titanic. On en mangeait. On en buvait. On en inhalait. Matin, midi et soir. Les chiffres d’entrées prévues dépassaient ceux réalisés là où la chose avait déjà ébloui par dizaines de millions les convertis bienheureux à l’admiration du chef d’œuvre.
Sobrement replié dans une sorte d’enclave atavique sombrement plantée de tous les doutes possibles sur ce qu’il convenait, et qu’il convient toujours, d’appeler « culture de masse », je m’accordais avec les rares commentaires émergeant du commun lénifiant, signifiant qu’il était glaçant que tant de millions et de millions de personnes se précipitent pour voir ce film, au détriment, bien sur, de tant d’autres productions, plus modestes, mais toutes au moins aussi merveilleuses, si ce n’est plus, et même davantage.
Et donc je n’allai surtout pas voir ce film. Na !
A quelque temps de là, dans des circonstances x w k z, je me trouvais simultanément en présence de quelques heures à tuer, sans être dignement armé pour ça, d’un poste de télévision, et d’une k7 contenant une copie de cette production cinématographique. « Tiens, me dis-je, voyons voir un peu … »
J’en arrive tout de suite à mon premier commentaire lorsque j’en eus fini avec le visionnage de ce film. Commentaire à moi-même adressé : « Quel crétin ! »
Oui, vraiment, quel crétin de ne pas être allé voir ce film au cinéma.
Quel crétin d’avoir simplement, esprit trop souvent virussé de ce syndrome du « village gaulois », refusé de mêler mon plaisir, devenu solitaire, à celui qu’on dû éprouvé ces millions et millions de spectateurs, dans de grandes salles obscures, sur de grand écrans, à regarder cette œuvre bouleversante.
Je tempérai par la suite ce dépit de cinéphile refoulé en me disant que ce que j’avais vu, perçu pour tout dire, ne l’avait peut-être pas été aussi clairement par tout le monde. Quoique …
Car pour me désembuer un peu de ma première impression je n’hésitai pas à procéder à un second visionnage.
Non, décidément, rien à dire. Un très très très grand film.
De tous les mythes dont nos vies rêvées, nos vies vécues, se nourrissent, il y en a un qui me touche particulièrement. Celui du passeur.
Cet être, qui quelquefois peut tout aussi bien être un événement, que nous croisons, dans un moment unique de notre existence, un moment sensible, sans qu’on en ait conscience, et dont le contenu de ce croisement va faire que nous ne serons plus jamais tout à fait le même, que nous allons changer en quelque chose de difficilement perceptible tout d’abord, mais finalement de tout à fait irréversible.
C’est le destin de Rose. C’est celui de Jack.
Selon moi tout se résume dans ce film à la petite phrase que la très vieille dame prononce à la fin du film, lorsqu’elle a fini son long récit du naufrage, et qu’il est rappelé que le jeune Jack Dawson ne figurait pas sur es listes de passagers du Titanic, puisqu’il avait obtenu son billet en jouant et en gagnant l’enjeu sur son adversaire. Cette phrase où Rose parle de : « Celui qui m’a aidée, de toutes les façons qu’une personne peut être aidée ».
Ce passeur, presque anonyme, qu’elle croise, elle dont le cours de son existence la promet à tout ce qu’il peut y avoir de plus conventionnel, de plus ennuyeux, de plus conformiste, de plus sclérosant : toute cette vieille société riche et bourgeoise dont le basculement du navire dans les abysses figure tout aussi bien une métaphore du renversement.
Il y a aussi cette image pas anodine où meurt le détestable serviteur de l’affairiste auquel Rose doit se marier, (m’souviens plus du nom…) ; le personnage se trouve à ce moment là à l’endroit précis où le bateau se déchire en deux.
Un fourmillement d’indices ponctuent ce film : références à Monet, à Freud. Toute la mise en scène concoure à isoler cette micro société flottante pour montrer du fatum. Avec l’intelligence de ne pas surligner le propos, et la qualité d’en faire un film épique d’une très grande qualité en tout point.
Le passeur. La passeuse. Cette personne que nous devons rencontrer. Que nous devons rencontrer plusieurs fois dans certain cas. Parce que nous ne voyons pas. Parce que nous ne savons pas voir. Parce que nous ne savons pas même bien ignorer de nous pour nous en remettre, baissant un peu la garde de nos défenses, à l’étrangeté. D’une rive à l’autre. D’une rive à on ne sait où d’ailleurs. Car le passeur n’est pas vraiment un guide. Il ne vous emmène pas quelque part. Il vous fait partir de là où vous êtes. De là où vous savez, où vous intuitez, secrètement, dans une tension enfouie et nimbée, qu’il faut vous extraire si vous voulez qu’il arrive quelque chose d’autre que ce qu’il vous semble devoir subir.
La plus grande part de ce qui se déroule entre le passeur et le passager échappe la plupart du temps aux deux. On ne sait pas toujours passeur. On se devine peut-être davantage celui qui passe. L’un et l’autre de toute façon ne sont rien de plus. Que des passants. On peut tout aussi bien croire au hasard ou à la destinée. Cela n’a aucune importance. On se reconnaît. On s’appréhende. On se salut. On se sourit. Et on passe. Et certain laisse en nous, après lui, un sentiment, un désir, un regard, une intelligence que nous n’avions pas : que nous ne parvenions pas à vivre.
Je disais qu’il n’est pas évident de préjuger que toutes les personnes, (plus de 20 millions rien qu’en France !...), on su recevoir ce que dit ce film Titanic. Je m’amuse à penser qu’au moins les inconscients auront capter le message. C’est peu, mais il ne faut pas toujours en attendre plus. Quitte à ce que se développe un cinéma grand public et commercial levant pour sa promotion les budgets publicitaires qui furent mobilisés pour ce film, on serait content que le contenu du produit ainsi promu et diffusé soit à la fois aussi beau et aussi riche : c’est très rarement le cas …

vendredi 18 avril 2008

Onnoyer

Une loi n’est pas costume, ce n’est pas à notre ci-devant et presque célébrissime Grand de la Fontaine des Mots, tout récemment promu, (mais qui doit être en train de se reposer sur ses lauriers, (tout frais encore, (ça sent bon d’ailleurs !))), que nous devons cette concrétion lexicale à laquelle je me mets en devoir d’apporter toute la lumière d’un définitionnement fulgurant, pertinent, inédit, forcément inédit, et dont l’ébouriffante utilité va jaillir sous vos yeux hébétés qui du coup le seront moins par cette lueur d’intelligence qui va en ranimer les pupilles et les iris, ainsi qu’on voit bien rarement faire sur certains média idiot-visuels, si prudents sur l’éveil cérébral de leurs audiences canapéïsées qu’ils s’échinent encore avec application à préférer fournir des programmes directement issus du stock de matières premières qui forment les champs de détritus dans la banlieue Napolitaine, plutôt qu’inspirés des immensités de la beauté vibrante, douloureuse, mais si pleine de vie qui nous entoure, nous environne, pour peu qu’on sache y voir, qu’on sache y entendre, y sentir, y ressentir.
Je dédie modestement cette très longue phrase à la mémoire de Monsieur Pierre, Desproges Pierre, récemment disparu depuis trop longtemps, ça fait à peine vingt ans, et qui ferait bien de réapparaître, parce que bon, ça nous a bien fait rire cette petite escapade, mais si cette absence pratiquement injustifiée se prolonge, la lettre de licenciement n’est pas loin.
Et puis ses fameuses prévisions météorologiques et visionnaires manquent cruellement en ces temps de réchauffement planétaire qui fait tellement rigoler les habitants sub-congelés de certaines pampas bretonnes.
Parmi ces prévisions restées dans toutes les mémoires, sauf les mémoires des sujets qui on eu à la vérifier, rappelons notamment : « Noël au scanner, Pâques au cimetière. »
Si ce n’est donc au GFM que nous devons le mot auquel je vais prêter, et même donner, soyons grand moi aussi, souffle et vie de mon doigt créateur, a qui donc le doit-on, vous intérogeasseriez-vous, si vous n’aviez que ça à faire ?
C’est une très bonne question. Et je vous remercie de ce lavoir posé : et tap, et tap, et tap …
C’est à Greg que nous devons l’irruption de ce mot. Greg, pour les retardataires, vous en trouverez mention dans la rubrique « Chroniques », du côté de novembre 2007, direction Munich, 3me porte au fond à droite.
Donc merci Greg : tu vois quand tu veux !?!!
Bon, il avait mis qu’un seul n, du coup ça faisait onoyer ; j’en ai rajouté un que j’avais en rabe ; ça fait onnoyer : c’est mieux. Vous êtes d’accord avec moi ?!! Parfait ! Allons-y !

Onnoyer : v.i. du 1er groupe. De « on » qui veut dire personne, n’importe qui, tout le monde, ceux-là mais pas les autres, les autres mais pas les uns, tout ce qui n’est pas toi, et qui n’est pas moi non plus, d’ailleurs j’étais avec toi, et puis ça dépend de quoi il est question. Un ami à moi, anglais de son état et œnologue dans ces pratiques professiono-relationnelles, sans doute jaloux de nous à l’instar d’une écrasante majorité des sujets de sa Très Gracieuse Majesté, (qu’il ne faut pas toucher car sinon elle pète), dit de « on » qu’il s’agit d’un prénom malhonnête. Je pouffe. Quand on pense que leur hymne national en est encore à prier qu’un gode shave ce qui couine… Voila un pic d’absurdité qui pourrait leur inspirer un peu plus d’humilité… Enfin …
Et de « noyer » qui, par d’aucun qui s’y adonnent, s’entendra aisément sous la forme intrinsèquement aqueuse de l’onomatopée suivante : « Glou glou », plusieurs fois répétée puis suivie d’un grand silence pendant lequel la surface de l’eau va retrouver son calme charmantement irisé et qu’un certains nombres de poissonidés, s’ils se donnent un peu de mal vont pouvoir faire un vrai repas.
Onnoyer a donc un rapport avec l’usage du pronom « on » ; c’est un verbe qui désigne l’action d’user du « on », au point de ne pas être très loin d’une éventuelle proximité de se rapprocher d’être tout près d’en abuser, et ce à seule fin de noyer en vrac le sujet, le débat, le problème, le but, l’objet, le point crucial, l’interlocuteur, l’interlocutrice, la solution, un propos gênant, voire l’éléphant, le phacochère, le ragondin, et même le poisson.
Plus courageusement l’action d’onnoyer consiste à chercher, avec la plus ordinaire et tranquille pusillanimité dont nos quotidiens se coussinent avec lascivité dans l’indolence de l’implication la moins engageante, à ne pas faire de vagues. Surtout si on, justement, ne sait pas nager. Vaut mieux que ce soit le poisson qui se noie.
Soyons juste, ça nous changera du programme politique de Madame la Gardeuse de Sceaux à Champagne, alias Rachidati, « on » peut aussi servir quant il n’y a personne d’autre aux alentours. Que tout le monde est parti. Que t’es tout seul. Ou que t’as pas envie de mêler trop précisément qui que ce soit à tes p’tits délires cérébronanistes, t’as assez d’ennuis comme ça avec la police … Pas besoin d’en rajouter avec des procès en diffamation.
Le « on » joue ainsi un rôle dissimulateur propre à désigner quelqu’un, sans qu’il puisse dire que c’est de lui qu’on cause, même s’il en est sur, il peut pas le prouver : malin hein ?!?

Quelle heure est-il ? Ah bah juste le temps de quelques illustrations avant la récré !

Chronique des très riches heures de On : lors qu’on sentait poindre à l’horizon des prochaines semaines une théorie de manifestations anniversatoires de nature à fêter dignement la première année qu’on venait de passer à la tête de l’Etat, en tant que majordome du Medef, on était en proie à quelques doutes avec autant de connaissance de cet exercice salutaire, que si on avait été une poule ayant trouvé une aiguille à fricoter. Avisant, dans cette perplexité de têtard agité au fond de son bocal en cristal de Baquara, une incertaine préposée gouvernementesque chargée du droit de dire du mal des dictatures sans entraver les saines occupations des hommes d’affaires de par la sainte loi universelle et divine du Marché, on lui tint à peu près ce langage :
- On est dans le doute.
- Qui ça ? S’enquit la préposée.
- Bah d’après vous de qui je parle ?
- De vous ? Ah ! Il est dans le doute !
- Oui. Le doute l’habite.
- Des problème avec elle ?
- Avec qui ?
- Ben sa meuf !
- Eh ! Tu parles meilleur de Carla ! Sinon j’te vire !
- Ben on se débrouille tout seul alors ! Salut ! Répliqua finalement la préposée dans un grand élan de témérité qu’on ne soupçonnait guère chez cette pourfendeuse à plumeau de Raïs Lybien.
- C’est ça ! On s’casse ! Connasse ! Lui lança-t-on.
Et la ravissante et décorative droit de l’hommienne s’en fut illico, assenant au passage un grand coup de déclaration universelle version 1948 sur la tête de Rachidati qui était en train d’écouter à la porte. A l’heure qu’il est la Gardeuse des Sceaux à Champagne est encore en train de s’en remettre doucement entre une coupe de Mumm et un toast de caviar dans les salons de chez Dior.

On avait chanté tout l’été. On n’avait pas mis un flesh à gauche pour la morte saison. Et donc on se trouva grave dépourvue quand la bise fut viendue. On alla voir du côté de chez une hyménoptère besogneuse qu’on avait pour voisine. On la trouva fort occupée à finir de planter des épingles dans une poupée en chiffon à l’effigie d’une certaine Martine Aubry. On lui causa de ces p’tits problèmes, du pouvoir du chat*, de la hausse du pétrole, etc … On s’extasia de ce que l’intérieur de la dite voisine était fort bien tenu, et on admira le bel écran plasma qui trônait au milieu du salon. Mais nada quant à lui arracher le moindre fifrelin en jurant tout ce qu’on pouvait qu’on lui rembourserait tout, intérêt et capital, car on avait signé un engagement à l’Olympia pour le mois d’avril. On s’entendit carrément répondre que bon, tout ça c’était bien joli, on chantait, la la li, la la la, on faisait son intéressante, on tapait sa frime à travers toute la prairie, mais est-ce qu’on savait danser ? On répondit que non, qu’on était chanteuse, pas danseuse. Et on s’entendit répondre : « Bah tâchez de vous y mettre ! Ca vous réchauffera ! »
Démonstration évidente du talent largement surévalué d’un fabuliste à froufrous du siècle de Loulou XIV. Allez vous en savoir de qui il est question dans cette historiette…

« On s’autorise à penser, dans les milieu autorisés … » Ca vous rappelle quelque chose ? c’est le « on » de l’info. On va vous expliquer ce qu’on peut en déduire. On va vous dire ce qu’il faut en conclure : vu qu’on doit être trop atteint de débilité pour déduire ou pour conclure soi-même. C’est le « on » des gens. Les gens croient que l’argent ça se trouve dans les poches des pognardeux** : on se trompe : il est plus facile à trouver dans celles des autres ! On ne s’interdit pas d’envisager le pire. On serait en passe d’aboutir à un accord. On évalue le commencement de la baisse du début de l’augmentation à environ pas plus ; mais c’est déjà ça et on peut le prendre pour un signe d’encouragement à ce qu’on poursuive dans cette direction.
Sans oublier les commentaires logiques des « on » qui mimétisent. Mon must en la matière c’est l’incontournable : « Ben j’vas vous Mââme Duglandion, quand on voit c’qu’on voit et qu’on entend c’qu’on entend, bah on a ben raison d’penser c’qu’on pense. »
C’est imparable.
Terminons avec cette réplique presque salvatrice au sujet des « on » qui disent ceci ou cela, avec une bienveillance convivialement baveuse, sur le compte d’autrui : « C’est on qui dit ça ? Bah vous direz à on qu’c’est un con ! »

* Cf chronique exhaustive sur ce sujet en date d'il y a pas longtemps.
** Cf entrée correspondante dans ce dictionnaire uni vers celles mais on sait pas qui.

lundi 14 avril 2008

Stupidités

Comment taire et aller à Thouars :

Avoir la dalle et être sur le carreau.
Avoir la gaule et ne pas aimer pêcher.
Avoir l’estomac dans l’étalon et vouloir sauter un repas.
Etre dur de la feuille et faire un carton.
Avoir le bras long et perdre les deux manches.
Avoir les yeux en face des trous… de serrures.
Avoir la cuisse légère et l’attendre de pied ferme.
Avoir la tête près du bonnet et porter le chapeau.
Porter le chapeau sans se prendre une casquette.
Manger son chapeau sans avaler des couleuvres.
Avoir le dos large sans se taper l’affiche
Avoir la langue bien pendue sans se faire tordre le cou.
Avoir le nez fin et ne plus se sentir.
Au doigt et à l’œil mais pas l’un dans l’autre.
Avoir les reins solides et être plié de rire.

Mise au point :

Un préservatif ne doit pas obliger à aller plus vite : c’est juste une protection rapprochée.

Recherche médicale, une avancée significative :

Le premier symptôme de la maladie de Parkinson, et qui d’ailleurs donne son nom à cette affection, est en fait un t.o.c. (Trouble Obsessionnel Compulsif) : consistant à avoir toujours l’impression que quelqu’un sonne au parking : et en fait y’a que couic.

Quant à savoir si l’épouse de Paul Vaillant Couturier était vaillante couturière, les recherches se poursuivent. L’enquête s’est transportée auprès d’anciens salariés de la marque Singer. A suivre.

jeudi 10 avril 2008

Le pouvoir du chat

Il y a des sujets, dits de sociétés, ce qui veut soutenir que ce sont des sujets d’actualité particulièrement sensibles dans la société, là tout de suite, en ce moment, auxquels on peut échapper néant-moindre. Au nombre de ceux-là il y a, en vrac : les jeunes qui fument moins de cigarettes mais plus de pétards (Hash ! Gross malheur !) ; l’impact de la téléréalité sur les bulbes des cerveaux qui ont du temps disponible pour la publicité ; la sexualité en hexagone, (non c’est pas une position …), où l’on note que c’est plus tout à fait comme avant mais pas encore vraiment comme après ; les dix ans du viagra (comme par voie de conséquence) ; les programmes de l’éducation nationale visant à permettre aux futurs clients de TF1 de retenir qu’Auschwitz n’est pas le nom d’une station balnéaire sur la mer Baltique, que le Dalaï Lama n’est pas le fils de Serge Lama, qu’une racine carrée n’est pas le produit d’une culture OGM, et accessoirement que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits. Passons rapidement sur les récurrents soucis de la presse magazine dite sérieuse en matière d’immobilier, de salaires des cadres, de palmarès des hôpitaux auquel il ne manque que celui des nécropoles.
Et il y a des sujets incontournables parce que la menace est là, palpable, observable à l’œil nu dans tout ce qu’elle fait planer sur nos encéphales embrouillaminés*, par sa manière de ramper en catimini sous nos nez, dans nos pieds, omniprésente, oppressante, obsédante.
Oui, vous la voyez venir, s’avancer jusque dans la progression malhabile de mes propos fébriles ; elle ruine notre moral ; elle assèche nos espoirs ; elle décourage toutes nos ambitions jusqu’à la plus modeste, finalement, celle de remplir correctement nos frigos sans être obligé de renoncer à l’achat du dvd qu’on attend en trépignant, de la petite paire de pompes qu’on guette dans une vitrine, du dernier bidule électronique qu’on brûle d’acquérir pour pouvoir enfin téléphoner en se rasant.
La question du pouvoir du chat !
Voilà les mots terribles sont écrits !
Le pouvoir du chat ! Celui-là même dont la trépidante concrétion pluri-celluli-présidentielle que nous savons s’était engagée à défendre le maintient en allant si nécessaire chercher des croissants avec ses dents. Force est de constater que l’incohérence des propos tenus en ces temps de campagne que nous traversions alors était toute embrumée de l’éloquence de marketing dont le susdit trépidant faisait grand étalage : du coup nous n’avons rien vu venir.
Eh oui ! Défendre le pouvoir du chat c’était tout autre chose que ce que nous imaginions ! Il s’agissait en réalité de promouvoir la prolifération d’une espèce animale dont on continue à s’illusionner sur ses qualités, alors qu’il s’agit d’un fléau qui ferait passer le choléra pour un simple dérangement gastrique passager, et l’invasion des sauterelles sur un champ de mil pour un sympathique et convivial pique-nique d’orthoptères en goguettes.
Certes, comme moi, vous ne les voyez pas : enfin moi ça y est : depuis que j’en ai surpris un, un débutant sans doute, dans mon petit supermarché de proximité, en train de se faufiler dans les allées, ses instruments dans les pattes, je sais. Et croyez moi, on n’est pas sorti de l’auberge ! Eh oui ! Il changeait les étiquettes sur les produits. La voilà la source de tous les ennuis. Les chats se sont mués en agents actifs de l’inflation. Pour qui ne voulait voir dans ces créatures velues, matoises, arrogantes, griffues, indolentes et décoratives que les icones de la beauté animale, on va tomber de haut.
Et contrairement à ce que l’on croit, comme contrairement à ce qu’il aurait dû s’ensuivre de ce qu’annonça le trépidentiel, il ne faut pas défendre le pouvoir du chat : il faut l’abattre !!
Comment est-ce que je sais tout ça ? Un récent rapport de la CIA, malencontreusement échu entre mes mains de celles de son transmetteur égaré dans l’ascenseur de mon immeuble à la recherche de son contact et qu’un rebelle de Cadix con’ l’essieu dé vélourrrr avait intercepté d’un coup de parapluie afghan, le laissant pour mort, sans être parvenu avant que j’arrive sur les lieux, retour d’une longue journée de labeur de cacahuète, à lui subtiliser sa pochette surprise qui renfermait les précieux documents.
Car nous sommes bien en présence, du moins je le crains, d’une entente transfrontalière. Les enjeux sont colossaux. Le pouvoir du chat est complice. Parmi les feuillets que contenait la pochette il était question d’un bis, bissant on ne sait quoi, mais apparemment quelque chose de gros, et qu’en guise de contre-attaque un rongeur devait miner. Oui vous m’avez compris : il était rien moins que question qu’un rat mina gros bis !! Vous me suivez ? (Vous me suivez encore ? – Quel courage, quelle abnégation !!!)
Hors donc cesser tout de suite d’accabler les multinationales de l’agroalimentaire et les spéculateurs débridés qui ont aidé le blé à grimper du prix ridicule de 70$ la tonne jusqu’à 180$ la tonne en moins de cinq ans. Cesser vos récriminations contre les conglomérats bancaires dont certains états, (Grande-Bretagne et USA : quand même !!...), renflouent les abysses financières que leurs impérities ont laissé creuser, avec l’argent des contribuables plaintifs.
Et regardez donc d’un œil plus lucide ces félins miniatures qui écharpent les moquettes, ébouriffent les coussins, laisse la moitié de leurs poils, tous les jours, sur vos vêtements sombres, qui dévorent comme des tubes digestifs ambulants des quantités astronomiques de pâtées fines au saumon et de mousselines de volailles, et ne servent strictement à rien ! A rien du tout !
Une chose est sure c’est que la prochaine fois que je garderais, pendant qu’ils sont partis se promener, le chat de F & D, qui répond au sobriquet aviné de Yquem, (D est œnologue et lorsque la créature à moustaches naquis elle était toute blanche …- La créature, pas D, qui est de sexe mâle alors que la créature n’est plus d’aucun sexe …), je vais m’empresser de contenir son appétit irrationnel ; ça sera déjà ça d’économisé !...
Et je ne saurais trop vous inviter à prendre chacune, chacun, toutes dispositions pour organiser la lutte : même si à l’heure où nous mettons sous presse il n’est déjà plus sur que nous sortions indemnes de cette conflagration inédite.
Puissent tous les célestes représentants olympiens de la providence nous venir en aide : sinon pif paf !

* Prochaine entrée dans le Dictionnaire Analphabétique tac tic tac tic tac tic ...

mercredi 9 avril 2008

Disailleneur

Nous profitons allègrement, (rien à voir avec le baratin de certain refoulé de l’ouverture made in Rolex), de cette nouvelle entrée pour informer le ban et l’arrière ban de l’assistance électronique ici présente que le trouveur de la présente entrée, jusque là Grand Semainier Ad Vitam, est promu Grand de la Fontaine des Mots : cette distinction lui est remise illico presto et ce à titre définitif. J’ai dit.


Disailleneur : n.m. Approximative extorsion contortionistyle* d’un mot italien « disegno » qui veut dire dessin, au singulier, et d’un mot anglais qui s’en serait inspiré « design » qui veut dire, ou voudrait dire, que c’est plutôt fonctionnel et qu’en plus ça va très bien avec le buffet Henri XV, le tout au terme d’un coït verbal entre les deux racines tel que la décence m’interdit d’en dire plus, mais ce que je peux confirmer, c’est que ce fut terrible, et que les traces de cette interpénétration n’ont pas fini de hanter toutes les académies du monde.
Je vous entends tout de suite murmurer, en vos forts intérieurs, près du feu de cheminée, bien au chaud, ce qui est encore un peu de saison, mais pourtant pas insensibles aux mille mouvements extérieurs dont tout bruit tout autour : « Et alors, comment on arrive de disegno et de design à disailleneur ? »
Et je vous réponds tout de go, car j’ai plus d’un tour dans mon sac Dédé Putman : par l’activité même de celui, ou de celle qui fait du disaillening : et paf, encore une activité qu’on exercera fort à propos en guise de samding**.
Et en quoi consiste l’activité de disaillener : plouf ! plouf ! Voyons ce qu’en disent, d’une fesse un peu distraite, les professionnels de la profession : n.b. j’ai fait un mixe de l’ensemble, on va pas passer le mois d’avril là-dessus non plus, deux points ouvrons les guillemets : « (merci) Le disailleneur s’emploie, (Cher ! Très cher !!), à artister* un disciplinage* susceptible de lui vainspirer* des essaims d’idéries* dont il affligera l’éberluance* à tout un tas de bidules, de trucs, de machins, voir de meubles et d’objets de la vie courante, celle où on court tout le temps, et ce afin qu’un tire-bouchon ne soit plus jamais tout à fait un tire-bouchon, qu’une feuille de papier toilette ne soit plus jamais tout à fait une feuille de papier toilette, qu’un gobelet en plastique ne soit plus jamais tout à fait un gobelet en plastique, qu’une assiette ne soit plus seulement une assiette. Dans la foulée, car certains disailleneurs se foulent un peu quand même, cela donne l’occasion à quelques SDF, (Sans Difficultés Financières), de se vautrer dans des méridiennes parfaitement laides vendues à la pièce au prix du coupé Mercedes de base, d’égoutter leur pâtes, lorsqu’il leur prend de faire mu-muse à la cuisine, avec une passoire qui coûte le prix d’un repas de famille au Carré des Feuillants, et, suprême élévation du sens de soi dans un monde qui peine à les mériter : de déféquer dans une cuvette de chiotte signée par l’international, célébrissime et incontournable Tart’Ampion, fermez les guillemets, je crois que c’est bon. » (merci).
Soyons honnête tout est très cher dans le disaillening, mais tout n’est pas immonde. J’ai moi-même fait l’acquisition il y a quelques temps d’une cafetière à pistons en inox intégral isotherme et pis tout et pis tout : et en plus elle a un joli look : ma carte bancaire a fait la gueule mais bon, c’est encore moi qui commande !
Donc donc donc ::: Disaillener c’est ni plus ni moins que faire de l’art en série pour que ce qui nous environne soit plus esthétique, plus beau, plus pimpant, plus pimpon, sans cesser d’être utile et pratique : en principe tout du moins car soyons francs : le presse fruit de Monsieur Stark reste une énigme quant à sa fonctionnalité accordée à sa plastique.
En outre je suis sur que nous avons tous goûté un jour l’inconfort très joliment profilé d’un fauteuil de grand disailleneur dont un ami ruiné a absolument tenu à nous faire partager l’achat dispendieux.
Las, le disailleneur ne s’arrête plus à produire des lignes dans des matériaux pour qu’éplucher des légumes prenne une autre dimension que simplement ménagère. Non, aujourd’hui le disailleneur est prêt à vous conseiller sur la façon d’exposer vos casseroles dans votre salon, votre étagère à épicerie dans l’entrée, et de faire de votre poubelle un vrai manège pour les enfants. Revêtement muraux compris, parquet, plafond, rideaux, rien ne vous sera épargné : soyez pas inquiets, un crédit sur 250 ans devrait suffire.
Le tout c’est que quand vos relations diverses vont débarquer chez vous, ils seront sur le cul tellement ils verront comment c’est tendance at your home !
Car il faut ajouter à cela que cette très importante activité, sans laquelle désormais la civilisation ne serait plus la civilisation, se trouve aujourd’hui épaulée par une autre, récemment révélée à moi par une très superflue et néanmoins radiophonique chroniqueuse de vacuité mobilière et vestimentaire : la profession de chercheur de tendance. Oui vous lûtes bien : chercheur de tendance : on se sent tout petit tout à coup hein ?!? Profession à laquelle j’envisage bien sur de concéder une entrée dans ce dico sous le vocable de tendancier* : mais serais-je à la hauteur de ce concept où la transcendance du superficiel s’impose comme s’il n’y avait plus de dieu possible que disaillené par Luigi Colani.
Seul bémol à mon éventuelle ironie au sujet du disaillening : certains grands maîtres du genre, tel Charles Kaisin font pas mal dans la récupération : ça résoudra pas tout mais ça par d’un bon geste.
Revenant un instant sur la façon dont j’ai disaillené ce mot à partir du matériel disponible, notons que j’y ai introduit la physionomie du son « aille » : deux raisons à cela. D’abord j’aime beaucoup l’ail : côté terroir donc tiroir conséquemment disaillené. Seconde raison : Versailles : chef d’œuvre d’inspiration mégalo-Grand-Loulouesque, un peu too much, mais à quoi je ne peux m’empêcher de penser lorsque je passe désormais, rentrant chez moi, près de cet hôtel très très très disaillhne mais très très très moche, qu’on a cru nécessaire de construire en haut du Bassin de la Villette … N.b. : altération de la racine quand du mot disailleneur on arrive au qualificatif disaillhne : avec un h ça fait quand même plus chic ; en fait à cette place devrait se trouver un e muet : quitte à ce qu’il soit muet autant le remplacer.
Pour amuser un peu la galerie, (des Glaces…), apprenons ou rappelons qu’autrefois un curieux émetteur de phénomènes ministériels chargé de la francophonie, il répondait je crois, quand on le sifflait, au doux sobriquet patronymique d’origine de Toubon, voulut concurrencer l’anglicisme « design » en légiférant pour imposer le mot « stylique » : il parait qu’on en rit encore.
Gageons que « disailleneur » est promis à une carrière autrement moins pitre : et sans foi ni loi !
Terminons cet étourdissante contribution au relookage lexical en joignant nos regrets à ceux de notre, désormais, Grand de la Fontaine des Mots qui dans sa proposition, (cf commentaire sur Glacidanseur), nous rappelait la désuétude où est tombée le mot qu’on utilisait jadis pour parler des activités du disailleneur : ensemblier.
Ceci dit il est peu probable que ce mot ressorte avant longtemps de l’oubli : ayant récemment servi à soutenir le principal slogan publicitaire pour un bling-bling dans son ascension présidentielle, il y a fort à craindre qu’on ne nous y reprenne plus : surtout pour certains qui se sont fait prendre : souvenez-vous : ensembliers tout est possible : on voit le résultat !!

* Prochaines entrées dans ce dico à tomber parterre.
** Cf entrée correspondante dans ce dico à tomber parterre.

dimanche 6 avril 2008

Glacidanseur



Glacidanseur : n.m. De « glaci » qui relève en gros de tout ce qui est glace, glaçon, glacier, iceberg, banquise, esquimau au chocolat et maxi cône aux noix de pécan ; et de « danseur », sorte d’humanoïde à vocation félino-volatile, dont la principale activité consiste à danser : à ce propos et afin d’éviter toute confusion, danser ne provient pas d’une contraction lexicale signifiant « anser dedans » ; oui je sais c’aurait été tentant, mais sachons préférer céder aux tentations qui aboutissent à quelque chose plutôt qu’à celles qui ne mènent à rien. Danser vient en fait du germanique et ancien « dansôn » qui à l’époque voulait dire tirer, étendre. Ajoutons pour être complet, on est pas là que pour rigoler, qu’une certaine confusion persiste toutefois chez les professionnels de l’archéologisme vocabulairien : on trouve pêle-mêle du gallo-romain, avec « dintjare », du néerlandais, avec « deinzen », et même de frison, avec « dintje » : c’est vous dire ! Pour une fois que ça venait pas du latin ou du grec …
Pour les habitués de ces pages culturelles vous aurez compris d’emblée que le glacidanseur est donc un représentant du monde humain qui ne recule pas devant la difficulté. Pour les débutants et autres retardataires, y’a intérêt à ce que vous ayez une excuse méga valable sinon pif paf !
Donc le glacidanseur danse sur de la glace. L’aurait pu se contenter de danser sur un parquet, voir sur des tapis de la Savonnerie, ça doit bien glisser aussi, ou sur un beau carrelage en faïence, ou encore sur un sol en marbre ; mais non, tout ça vous comprenez, c’est un peu trop facile… Le glacidanseur ne danse que sur de la glace : et autant que possible de la bien blanche, de la bien nivelée ; l’envoyez pas sur les champs de glaçons en Antarctique, ça va pas lui plaire. Et évidemment ne vous attendez pas à ce qu’il conserve pour ces activités les mêmes délicats chaussons qu’on voit arborer les pieds des corps de ballets quand il faut casser des noisettes, bercer la belle au bois dormant, réguler les crus du lac des cygnes, ou suivre les chamailleries des Capulet et des Montaigu. En effet pour glacidanser il faut ce qu’on appelle des patins à glace. C’est d’ailleurs de là qu’est venu le mot qu’on utilise, hélas, couramment pour désigner les utilisateurs de cette catégorie de podo-équipements : on les appelle des patineurs. (Des patineuses lorsque ce sont des filles, mais ne nous écartons pas du sujet …)
Or, qu’on le veuille ou non, de même qu’il conviendrait de plus en plus, de nos jours, de distinguer ceux qui écrivent de ceux qui cranavent*, ceux qui chantent de ceux qui chlapissent*, ceux qui parlent de ceux qui barlivent*, il me semble plus qu’utile, davantage qu’opportun, mieux que nécessaire et pour tout dire grave indispensable de trier entre ceux qui patinent et ceux qui glacidansent.
Bah, sinon c’est l’bordel ! (Passez-moi l’expression.)…(Merci.)
J’en parlais il y a encore pas si longtemps avec un type que j’ai croisé un soir pendant qu’il faisait sa cueillette de mandragore au même endroit que moi, je ne me souviens plus comment nous en sommes arrivés à parler de ça d’ailleurs, un type un peu bizarre mais plutôt urbain, Monsieur K. m’a-t-il dit qu’il s’appelait, (ça m’a fait penser à cette pub pour une marque de céréales pour petits déjeuner) ; toujours est-il qu’il a été assez catégorique : sur la glace, ou on patine, ou on glacidanse. Si on patine, c’est simple, c’est trois tours dans un sens, trois tours dans l’autre, et hop on recommence, en marche arrière, pour les moins batraciens. Sinon on glacidanse et là c’est clairement un autre monde : szwiiifff, szwiiifff, flap flap flap, szwiiifff, szwiiiiffff, sziiiiifffff, flap flap flap, zioufzioufziouf, szwiiff szwiiff szwiiff, la laa laaa, szwiiifff szwiifff, flap flap, zioufzioufflapflapflapzioufziouf, szwoum szwoum, flap flap, la laa laaa, szwif szwif szwif szwif szwif szwif, zioufflap zioufflap zioufflap, szwoum szwoum szwoum szwoum, la laa laaa, la laa laaa, szwif szwiiff swziiifff, etc .. etc … Je vais pas vous le faire en entier parce que faut avouer que le son sans l’image, ça perd un peu. En tout cas c’est assez pour conclure à l’obligation de distinguer les deux activités. Je suis sur que vous en serez d’accord rien qu’après cette modeste démonstration : sinon pif paf !
Certes des inconvénients peuvent demeurer : si vous souhaitez vous promouvoir spectateur de glacidanse et que dans ce cas vous ne disposez que d’un téléviseur, (pour viser de loin donc), sachez que ce viseur ne vous sera d’aucun secours pour cibler le commentateur et le shooter d’une bonne dose de soporifique afin qu’il se taise : donc c’est Nelson Montfort ou mets l’son moins fort.
En mal d’illustrations idoines susceptibles de soutenir le présent article il ne me reste plus qu’à souhaiter qu’il vous ait assez inspiré pour que vous l’en enrichissiez.
N.b. : il eut été possible pour transgresser les lois communes de l’évolution des mots de conserver, prudemment, comme cela aurait pu se voir déjà, on ne sait jamais, un trait d’union pour séparer glaci et danseur : mais franchement, un trait d’union pour séparer, pour qui me prend-on ? Alors que tout ça va si bien d’un seul trait !

*Prochaines entrées dans cet extravagriffouillant** dictionnaire.

**Prochaine entrée dans cet … hum hum … dans ce dictionnaire.