"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

lundi 7 janvier 2008

Pier Paolo Pasolini

Quoi dire des poèmes de Pier Paolo Pasolini. On les lit et au fur et à mesure, ils entrent dans la chair, avec une douceur et une force merveilleuse. Et tout de suite ils font partie de nous. Dans le volume dont je dispose, avec les traductions de Nathalie Castagné et de Dominique Fernandez, je les ai lus en français puis en italien. Puis, bien que très peu italophone, je les ai appris par coeur en italien. Je me les récite parfois ainsi, dans cette langue au chant naturel. Et c'est un immense plaisir.


Celui-ci est un de ceux que je préfère.
Celui-ci parce que c'est un endroit, sans doute, où je statione parfois ces temps-ci.


Poèmes posthumes VIII

Mi alzo con le palpebre infuocate.
La fanciullezza smorta nella barba
cresciuta nel sonno, nella carne
smagrita, si fissa con la luce
fusa nei miei occhi riarsi.
Finisco cosi nel buio incendio
di una giovinezza frastornata
dall’eternità ; cosi mi brucio, è inutile
– pensando – essere altrimenti, imporre
limiti al disordine : mi trascina
sempre più frusto, con un viso secco
nella sua infanzia, verso un quieto e folle
ordine, il peso del mio giorno perso
in muti ore di gaiezza, in muti
istanti di terrore.

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