"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

mardi 8 janvier 2008

Fascinérescent

Fascinérescent : adj. De fa quatrième lettre de l’alphabet musical également nommé gamme occidentale, de si septième lettre de ce même alphabet, (on note alors, si j’ose dire, qu’un malicieux petit c c’est glissé clandestinement dans la lettre, sans doute pour voyager en douce vers d’autres horizons), de lettre de ce même alphabet musical au rang non déterminé, une sorte de note volante qui donne parfois l’impression que quelqu’un chante faux alors que simplement il chante du né, de deuxième lettre de ce toujours même alphabet, dont l’accent aigu disparaît vu son positionnement dans le mot du fait de la lettre qui suit et qui semble ne servir qu’à ça, mais méfions-nous quand même, et de cent qui est ici l’unité de mesure fine des intervalles musicaux, (rien à voir en l’occurrence avec le nombre entier que nous connaissons et qui nous plait bien car parfois nous préférons ce qui est entier).
Inutile de vous dire qu’on a à faire ici à un mot d’origine principalement musicale. Le continent Musique, s’étend de là à là, et de là à là, (ce n’est pas la peine de suivre mon doigt, il s’agit d’une carte imaginaire, mais pas seulement pour les djeuns), autant dire qu’on y rencontre des peuplades très différentes qui vont de l’unicordiste andine, (cf http://thomas-bettinelli.blogspot.com à la rubrique « hot news » - « quelques révélations bouleversantes sur le renouveau de l’art dans les sociétés post M.M. »), jusqu’aux Percussions de Strasbourg, en passant dans le désordre par J.B. Lully, (cf ce blog lui-même, à la rubrique « chroniques » - « Armide »), en passant donc aussi par un certain Mozart, un vague Messiaen, un Miles Davis, un Chœur de l’Armée Rouge, pour citer arbitrairement ceux-là, et m’arrêter tout de suite parce que sinon l’année prochaine j’y suis encore.
En tout cas ce qui est sur c’est qu’on est dans la diversité !
On trouve même, assez fréquemment, sur ce continent sans frontières, à part celles que s’ingénient à mettre quelques obsessionnels de mauvais service qui vagissent dangereusement entre la névrose profonde et la crétinerie grave, on trouve même, donc, des gens qui profitent de la musique pour s’ébattre plus ou moins pudiquement, à la recherche d’une grâce, voire d’un génie, frôlé du bout des doigts ou de la pointe d’un chausson, afin d’écrire sans stylo, mais non sans la légèreté de la plume, des poèmes sans mots qui s’envolent mais ne disparaissent jamais. Ces gens sont usuellement appelés danseuses lorsque ce sont des filles, et danseurs lorsque ce sont des garçons. (Usons du moment précis où nous en sommes de ce définitionnement lexical pour préciser que l’invention du vocable dont il est traité présentement est due à un représentant masculin de ce peuple – mais je vous dirais pas qui !...)
Il est temps je crois d’en venir donc au définitionnement lui-même.
Accrochez-vous à la partition !
Je n’ai aucune idée du définitionnement de ce mot. Je l’ai reçu comme ça, un beau jour, ou peut-être une nuit, près d’un lac, je m’étais end… Oui, bon, ça va ! Tu sais pas ! Tu sais pas ! On a l’air de quoi maintenant ?
T’énerve pas man … On va trouver … On va trouver …
Fascinérescent… Voyons … Fascinérescent …Ben tiens : pense à la musique que te transmettent tes yeux quant ils voient quelque chose de beau. Oui … Voilà … Pense à ce que sentent tes oreilles quand le vent qui souffle dans les vers que tu lis entre par tes tympans dans ta chapelle au clair de ciel. Fascinérescent … Pense à la voix que tu entends et aux extrémités des sons sur ta peau. Pense à l’archet qui glisse sur le violoncelle là-bas, là-bas, sous le dôme de jour, au dessus de tout, que le temps repeint tous les matins et tous les soirs. Pense à ton cœur qui bat de toi-même alors que tu te demandes pourquoi, et que tu le sais. Fascinérescent … Pense qu’il te suffise de t’interroger, qu’il est des savoirs repliés commes des ailes de papillon, dont on peut se contenter de vibrer doucement, en regardant repeindre les jours et les nuits et que la source a plus d’importance que son origine. Pense que si tu veux, tous les ors que tu imagines t’habillent. Pense que si c’est pas pour de vrai, c’est tellement fascinérescent que c’est tout comme. Et que justement, le plus fascinérescent c’est qu’on peut exister de quelque chose qu’on ne sait tellement pas, et être vêtu de même, sans que ça ait besoin d’être vrai ou faux. Il suffit que ce soit fascinérescent. Il faut bien sentir les notes là-dedans, les écarts, le chant, la ligne mélodique, le né qui change tout à chaque fois. Le fa qui fabule et le si qui dit si. Le ré qui ressent, fort et solide, car il connaît bien son rôle, y compris lorsqu’il est mineur. Et ce petit c de courrier qui joue les mercures.
Fascinérescent c’est une sorte de mot secret où tu ne peux trouver que ce qui t’a ému. Profondément ému.
Tiens j’oubliais : ce vin à la chair si particulière qui coule dans ta bouche et chauffe tous tes palais. Regarde-le en toi dispenser sa sublimation.
Et puis tes mains où qu’elles se posent quand ton désir les a guidées : où qu’elles se posent. Car c’est un mot véhicule.
Mmmmhhouiii … Justement … T’as pas un peu peur que ça soit un peu bateau comme mot ?
Bah dans ce cas, bienvenue à bord ! Eh ! C’est pas une règle de vie, hein ?! Je suis pas là pour ça ! C’est juste comme ça, pour l’éclairage …
Mmhouii … C’est vrai que c’est un mot qui laisse pas trop dans le noir.
Faut voir : le noir, il peut y avoir du fascinérescent dedans. A cause du silence. A cause de la tonalité du froid ou du chaud. Eh ! A cause des odeurs aussi ! Et oui, les odeurs, ça aussi ! Ca peut avoir un goût complètement fascinérescent !!
En tout cas c’est une très belle couleur de mot, voilà. C’est là : une grande vasque translucide. Ce peu de chose probablement inutile et rigoureusement indispensable.
D’ailleurs t’as rien trouvé à dire de moqueur sur ce coup. Même pas un truc sur Rach…
Ben non, tu vois, même pas ! Ca m’est pas venu.
Boh, tu te rattraperas sur le prochain !...
Compte sur moi !

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