"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

mercredi 26 décembre 2007

Thé vert et pain Poilâne

C’est très bon pour la santé !
Surtout à Noël !
Et très pratique pour accompagner utilement sur le plan calorifique et sur le plan aqueux, (je vous en prie …), la station prolongée devant un de ces énormes dévidoirs d’images avec son, que l’on nomme communément, très communément : télévision.
Keskidi !?!
Y dit qu’il a récemment passé un hallucinant paquet d’heures, c’est le cas de le dire, devant une télé !
Oui, je sais. Pour les lecteurs fidèles qui sont déjà largement habitués à m’entendre dire pis que pendre, les jours où je suis gentil, des florilèges de débilités que brassent à longueur et à largeur et à hauteur de temps, les torrents d’images charriés par les égouts des 365894 chaînes auxquelles les merveilles de la technologie nous donne si gracieusement accès, un ravissant point d’interrogation vient de surgir sous leurs jolis yeux étonnés : quand je dis « gracieusement accès » j’ignore délibérément le premier coût de toute télévision, fiscalement parlant : la taxe audiovisuelle. Je la rebaptiserais bien taxe idiotvisuelle, mais je renonce, en cette trêve des confitures, à remuer le couteau financier dans la plaie budgétaire dont nous fit part il y a quelques jours notre indispensable T. , tout surpris, semble-t-il, d’avoir assez de présence humaine au monde pour se consacrer à d’autres activités que le matage autiste de son petit écran, et de devoir néanmoins, puisque disposant de l’objet chez lui, régler la dite taxe aux autorités administratives idoines.
Pour ma part, point de cet objet, de ce monstrueux œil à facettes, chez moi : et point de taxe. Pour rester connecté à ce qui résulte de la réalité intangible de ce monde redoutable, et pas que de jardin, il y a au moins deux solutions : internet et la radio : c’est fou ce qu’on parle de télé à la radio. Et une immersion, (une ou deux fois par an, ça suffit), devant la chose en situation de fonctionner, zapette en main, de préférence vautré, livré, soumis, hagard, c’est encore mieux, ahuri, avec un peu d’entrainement, liquide, à la limite d’être devenu du temps de cerveau disponible, matière première chère à un ancien tenancier d’une des principales usines à vide actuellement répertoriées : l’individu s’appelle encore Le Lay, mais il y a eu chacun l’aura remarqué une faute lors de l’enregistrement à l’état civil : la bonne orthographe, on l’aura deviné c’est bien sur : Le Laid. D’ailleurs je suis pour lui accorder tout de go une augmentation digne de celle que s’est octroyée son ami le Chanoine Tape à l’Oeil : nommons-le donc désormais Le Très Laid.
Pour l’immersion bisannuelle il y a là aussi plusieurs solutions. Celle que j’ai retenue jusqu’à maintenant consiste à aller garder un chat, celui de F. et de D. , mes plus grand amis, qui, lorsque l’arrière grand mère fait défaut, car il arrive encore aujourd’hui que des arrière grand mères fassent défaut, et que les dits amis s’en vont gambader dans je ne sais quelle pampa de France, de Navarre ou d’ailleurs, se retrouve bien seul, et comme tout félidé de sa catégorie, et plus encore celui-là sans doute, absolument incompétent pour ouvrir le moindre emballage de nourriture animale. Et même humaine, certaine tentative de vol de magrets de canard l’a déjà démontré.
Passons donc rapidement sur l’ensemble poils, viandes grasses et miaulements que constitue la créature mi-chat mi-crétin dont il est question. Si ce n’est pour suggérer l’hypothèse d’une mise en présence mutuelle de cet objet velu notoirement ingérant avec certaine Miss Davidson longuement évoquée dans des échanges de communications automnaux et pourtant inoubliables : rapprochement à titre purement expérimental bien sur : juste pour voir si moins par moins ça peut faire plus dans ce cas-là aussi… (Evidemment je suis dubitatif …)
Du regard irréfragablement vide, archi-désertique, de ce chat, qui doit à sa teinte initiale, un beau blanc incertain de chaton pataud, le nom prestigieux d’Yquem, excusez du peu, jusqu’aux plongées sub-existencielles dans l’univers des images qui dansent dans tous les sens, il n’y a qu’un pas : le voici franchi, tout le monde suit ? Oui ?... (blonk !), non ?!? Qui c’est qui s’est planté ?
Bon, tant pis, allez faut qu’on avance, sinon on n’a pas fini !...
Difficile d’entamer ce genre de traversée sans victuailles : las, contrairement aux autres fois, F. et D. ont laissé un frigo digne de Varsovie année 50 … Et même le pif, (D. est œnologue …), fait défaut. Peu importe, on est pas là pour faire de la gastronomie, et encore moins surtout, pour redescendre faire des courses un 24 décembre … Y’a du thé vert et un quart de pain poilâne en tranches : de quoi survivre sans problème.
Théière pleine et fumante, sachet de pain sous la main, zapette télé d’un côté, zapette antenne de l’autre : enclenchement, mise à zéro échelle programme, écran de base ok, sélections programmes, touche défilé : et ça y est … … …
Et ça pour y être, ça y est vraiment : si jamais je doute encore de l’endroit où je mets les oreilles et les yeux, et accessoirement les neurones, ça risque de pas trop durer : je tombe direct sur starcacadémie ! Noon !!! Siiii !...
Alors soyons clair tout de suite : je ne tiens pas devant ça plus d’une minute, sachant que seule l’apnée peut me permettre de m’y maintenir. J’ai donc cumulé grâce au zaping l’équivalent de cinq minutes dans cet univers de confondante indigence chansono-artistico-pouet-pouet. A vrai dire, au sens commun et au sens littéral du terme, je ne comprends pas. C’est laid, c’est très laid, c’est très très laid, c’est au mieux d’un ordinaire si banal que c’en est définitivement insipide, c’est assez grossier, dire que ça ne vole pas haut, c’est sur : ça rampe. Je me souviens d’une charmante niaiseuse d’environ vingt-deux ans, dont un et demi pour le mental, croisée dans un taf quelconque il y deux ou trois ans, et qui disait, (en crétino-débile dans le texte) : « Ah ben oui euuuh ! Mais euh … y chantent bien euuuh quand même euuuh !! » Je prends un petit snif de lavande et je reviens à vous, en même temps qu’à moi. Sniiiiffff …. Sniiiiiffff ……
Voilà !
Bien sur ça donne un peu moins envie de déclencher une troisième guerre mondiale que Mireille Mathieu et Enrico Macias. Mais ce qui est sur aussi c’est que remplacer les pimpants champignons atomiques par la contamination irréversible de millions d’encéphales par le virus sirupeux d’un moule où tu peux tout changer mais c’est toujours pareil, ne va pas nous aider tant que ça à nous dire que le temps des cavernes de la pensée est bel et bien terminé, et si on parlait d’autre chose. !?!...
Dans la foulée, zapette dans une main et tranche de poilâne dans l’autre, dévidons prestement l’avalanche de ramassis de n’importe-quoi, compactés en bêtisiers, ce qui peut au moins avoir l’avantage de vous faire mesurer à quel point il valait mieux aller danser, courir, s'envoyer en l'air, écrire, chanter, (pour de vrai), plutôt que d’être devant son écran pour voir en miettes tout au long de l’année, ce qu’on vous prépare en terrine de stupidité pour nos fameux réveillons.
Passons également sur les plateaux de fruits d’amer où l’on peut encore assister aux derniers ébats médiatique d’un certain Dave, pour la mieux retenue des identités de tous ces engloutis du suffrage de l’audimat, ressortis, remaquillés, remplumés, reliftés, à l’occasion de faire croire encore un peu à un père noël pailleté aux quelques égarés de la fête qui tripotent sans conviction une huître dans leur assiette en jetant de temps à autre un coup d’œil dans celle de leur vis-à-vis avec un sourire de champagne bon marché, et une rapide envie d’aller se mettre au chaud en attendant que personne ne passe dans la cheminée cette nuit, comme d’habitude.
Une petite question me taraude à cet égard, (et pas que d’Austerlitz) : Dave ne se serait-il pas récemment déclaré favorable à l’euthanasie ?
Non, c’est juste pour confirmation.
Heureusement, heureusement, heureusement … Y’avait Garfield !!!! Et les Greemlins !!!! Et Chicken Run !!! Et NYPD !!! Et hier, ô bonheur ineffable, (De La Fontaine), toute une journée (ou presque), avec Heroes, sur 13me rue, en tout 10 épisodes !!!!
Rhâââ !...
De la bonne stupidité ; du bon gros chat animé dans un bon gros scénario prémâché, bien assaisonné, bien primaire au niveau du rigolo, et en plus Garfield a toujours une tendance affirmée et confirmée dans sa ressemblance avec un proche ami que je ne nommerais pas : ça va l’agacer… Les Greemlins : j’avais jamais vu : adorables petits monstres, drôles, facétieux, pleins d’humour, bons bricoleurs, bon fêtards !!! Chicken Run, excellent !!!! NYPD, indémodable ! Et Heroes : des coups à se faire des migraines si jamais on avait l’idée sotte et grenue de prendre au sérieux ces entrelacs d’histoires fantaisistes et assez gentiment sanguinolentes : une prime au président des Etats-Unis qui vole !!! Nan ! Pas come un voleur !! Comme un oiseau !! Enfin décollage façon fusée plus que façon épervier, tout de même …
Réflexion : donc il y a des personnes qui s’en prennent comme ça entre deux et quatre heures chaque jour ???
De quoi ? Du thé vert ?
Naan ! De la télé de toutes les couleurs !!!
Ben … … Oui …
Ah ! Bon !...
Ben oui !...
Ben moi j’sais pas mais une ou deux fois par an ça va …

Ouuuh la la la la … … … J’allais oublier un truc méga important : hier, ça devait être avant Heroes, sur une autre chaine : Casse Noisette à Bastille : extraits. J’dis ça parce je crois qu’il y en a un parmi nous qui est allé mater ça pas plus tard qu’il y a quelque jours. Pas vu de cigale, chorégraphie assez belle, Clara très bien, très très bien, le Prince, pas mal, vraiment pas mal, mais manquant un peu d’inspiration, comment dire, d’élévation ; à mon humble goût, qui dans le domaine de la danse, à part Nijinski, Barychnikov, Noureev, et dans d’autres mondes les Bagouet, Magui Marin, Carolyn Carlson, et autre Preljocaj, reste assez limité.
Bon, ça devait être un beau spectacle !

Pis ça m’a fait plaisir ce p’tit clin d’œil !!

P.s. Petite précision immédiate à tous ceux qui seraient tenté par le style "Ô le pov' passer Noël tout seul, mais ça doit être terriiiiiible : être ainsi seul au monde... ô mon Diiieuuu !!!"
Dans ma vie c'est moi qui décide : pas le Père Noël ... Yeah ...

Illustration : Casse-Noisette : croquis de Konstantin Ivanov pour le décor de l'acte II

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