"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

mercredi 19 décembre 2007

Quand ... Noël !?!

Quand je pense aux cohortes de mémères sub-décaties, dont l’idéal culturel, lorsqu’elle ont fini de préparer la soupe du chat et la pâtée du pépère, à moins que ce ne soit le contraire, consiste à s’aiguiser la libido ménopausée en s’enchifrenant dans des piles de magasines qui vont de « Point de Cul, Image du Fion », pour les plus instruites, à « Closer », pour les moins alphabétisées, meublant ainsi l’abyssal désert de leur émois ratatinés à force d’avoir usé leur vie entre les grommellements conjugaux et le sadisme patronal quotidien, en se soulevant le couvercle de l’âme pour compatir aux sorts totalement bouffonesques de kyrielles de princesses et de stars en plastique que le progrès dans la vulgarité et la grossièreté conduit tout droit, en bousculades serrées, vers les podium du grotesque, je me demande pourquoi ont vécu ces belles folles ébouriffées qui ont tant arpenté de boulevards manifestatoires, pour que la femmes soit l’avenir de quelque chose, si ce n’est de l’homme, et si possible pas celui des familles plus ou moins décomposées de pétasses clinquantes pour qui la femme s’est libérée en devenant un modèle publicitaire, une icône télémerdeuse, morues toutes joyeuses d’être ignares, et que ça puisse être coté en bourse, et sans doute incapable de savoir à quoi on fait allusion quand on évoque « les folles de la place de Mai », si ce n’est à une nouvelle annonce de soldes monstres de la part d’un marchand de chiffons à la mode, c'est-à-dire déjà démodés.

Quand je vois ces ribambelles de djeuns excités jusqu’au fond de la carte bancaire à l’idée de se pavaner en arborant leurs marques préférées avec une ostentation qui n’a d’égal que le prix exorbitant des produits concernées, fabriqués le plus souvent par des plus djeuns qu’eux dans des conditions qui font frémir d’aise n’importe quel esclavagiste plus ou moins inhibé par la déclaration internationale des droits de l’enfant, et sachant, accessoirement, que si on veut me faire arborer une marque, c’est moi qu’on paye, et pas l’inverse, je me demande d’où leur vient ce goût de se faire mettre, et d’en être si fiers et si épanouis.

Quand je me souviens, au traitre printemps de cette année agonisante, des parterres d’ouvriers venus ouïr et applaudir, l’ex-premier Flic de France, devenu entretemps Premier Commissaire de notre République en talon aiguille, leur mâlitude hypnotisée par la verve virile du sou-napoléonisant assenant ses fortes sentences pseudo-messianiques de kafquarante* mafioso-bancaire, sous couvert de réhabiliter le travail, y compris forcé, sauf pour le staff de pognardeux* qui s’est chargé de promouvoir la prometteuse servilité de ses ambitions névro-pathologiques, je me demande si Jean Jaurès, improbablement ressuscité, n’irait pas directement s’acheter un joli bateau pour faire le tour du monde autant de fois que nécessaire en attendant que ces masses laborieuses toutes tremblotantes de l’hypothèse d’un gain mirifique au loto, veuillent bien se souvenir de qui les écrasât toujours, et comment elles surent gagner un peu de vie humaine au lieu de mourir à la tâche, en espérant que ça ne prenne pas une éternité, parce que Jean Jaurès, même ressuscité, il est plus très jeune, alors que le Majordome du Medef, il est, (quelle chance !), en pleine forme …

Quand je considère, avec un inquiétant étirement de sourire économique, le niveau de frénésie avec lequel nous dévorons sous nous, à grand renfort de consumérisme gouleyant comme une grosse tétine primale, resucée d’une mamelle que nous n’avons jamais su abandonnée, à grand renfort de voiturisme fétichiste, de vroum-vroum en tous genres, avec une prime aux plus inutiles quads, jet-sky, et autre pourvoyeurs de décibels libidinaux, à grand renfort de futures montagnes de déchets en tous genres aussi, qui constitueront pour longtemps ce que nous aurons produits de plus important, effort bientôt soutenu par les deux ou trois milliards d’individus qui n’ont d’autre ambition que d’imiter en cet art nos occidents précurseurs, je considère avec une tendresse infinie les rares épures humaines que l’on voit parmi nous déambuler dans leur simplicité tranquille, montrant qu’on ne peut être en n’étant qu’avoir, qu’on ne peut toujours prendre sans jamais rien rendre, et qu’est-ce qu’exister indifféremment au milieu des menaces dont on grossit les ventres à en exploser.
Merci à vous d’exister, Cher Professeur Jacquard !

Mais … Mais … Oui ! Comme dirait T. , by « a little spray of joy », c’est Noël !

Et pour un temps nous allons nous mêler, même de loin, en spectateur bienveillant, à cette fête, en ignorant ce qu’elle peut avoir de compulsif, en acceptant encore une fois ce rite où l’on est tous ensemble, dans des joies similaires, des intentions de partages, en se disant que pendant qu’on dévore des dindes on assassine pas son voisin, pendant qu’on déguste du foie gras, on dit pas de mal de Madame Rachidati, pendant qu’on boit du champagne on oublie le président à quéquette, (bon, faut boire beaucoup de champagne pour ça, mais au moins on a une sérieuse excuse), et pendant qu’on ouvre ses cadeaux, ben … rien … Enfin, si ! Ca fait tellement plaisir à ceux qui vous les ont offerts !!!

Ouh la la !... C’est que je me liquéfie carrément !... Je vais tout de suite me remettre au frais sur le balcon, sinon ça va couler partout ! …

* Ces entrées lexicales paraitront prochainement dans notre célèbre Dictionnaire Analphabétique.

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