"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

lundi 10 décembre 2007

Mercrediurne

Mercrediurne : (toujours sur proposition de notre illustre T., promu à cette occasion Grand Semainier de ce Dictionnaire Analphabétique, y’a pas de raison : nomination prochainement consultable au J.O. (N.b. : J.O. ici ça veut dire Journal Officiel pas Jeux Olympiques – d’ailleurs y’a pas de x à au, c’est quand même un signe.) De mercredi, issu du latin Mercurii dies, signifiant « jour de mercure ». Je vous vois venir : rien à voir avec le mercure des thermomètres, par ailleurs élément chimique de symbole Hg et de numéro atomique 80, (ce qui nous fait une belle jambe). N’empêche c’est parce le mercure est un métal liquide à température ambiante qu’on l’utilise dans les thermomètres. En plus il est de couleur argent mais n’allez pas croire que vous pouvez payer en mercure quand on vous demande de régler en argent liquide, d’abord ce truc là ça se trouve pas plus sous le pied d’un cheval qu’une liasse de billets, et c’est plutôt toxique, voire maxi toxique : c’est avec ça qu’Agnès Sorel a été empoisonnée. ( Ben oui elle pas morte d’un rhume pour simplement avoir eu la manie de se promener avec un sein nu.) Donc la température du mercredi c’est selon le temps qu’il fait et le mercure monte et descend tous les jours. Je vous vois revenir : rien à voir non plus avec le mercure tyrrhénien, lépidoptère de la famille des nymphalidae, (un papillon pour faire simple), qu’on peut voir faire son intéressant entre juin et août du côté de la Corse, de la Sardaigne, et de l’île d’Elbe, (chère au bulbe rachidien de pas mal de napoléonâtres hébétés) : cette bestiole volette tous les jours de la semaine. Donc, donc, donc, de quel mercure se peut-il qu’il soit question ? Vous dites-vous en votre âme jolie et votre conscience approximative … Il s’agit du dieu romain bien sur ! Nous ne nous étendrons pas sur sa vie sexuelle, rassurez-vous, (ou calmez-vous), d’autant que chez ces gens là c’était un peu compliqué, (carrément le bordel, soyons clair), et que je n’ai pas que ça à faire. Sachons simplement que c’était le dieu chargé du commerce, des voyages, et des relations intérieures de l’Olympe. On est souvent plus discret sur le fait que c’était aussi le dieu des voleurs … Je sais pas pourquoi … Oui car les voleurs ont un dieu, c’est pas le maire de Levallois Perret qui me démentira. Et de diurne qui qualifie ce qui apparaît ou s’effectue le jour. Que veut donc dire mercrediurne, vous ébouriffez-vous le cortex au bord de l’apoplexie suspensesque ? Lisons ce que nous en propose notre tout frais émoulu Grand Semainier : « de la soirée de la mi-semaine. » ( ?) Ca vous bouchbe hein ? Oui, je sais, moi aussi. Voyons l’exemple fournis, accrochez-vous au bastingage : «Je vous invite à une pendaison de crémaillère mercrediurne, ça se finira avant le dernier métro. »
Faudrait savoir ! Je veux bien qu’à la belle saison, et sous l’impulsion technocratique consistant à nous ruiner la pendule biologique en nous faisant avancer puis retarder nos montres d’une heure, ce qui nous couche le soleil à des pas d’heure en plein été, le diurne apparaît ou s’effectue jusqu’à très tard, mais quand même : soirée et dernier métro, ça fait plus nocturne qu’autre chose ! Au pire, une crémaillère mercrediurne ça irait chercher dans les dix heures du mat’ jusqu’à neuf heure le soir. Sinon ça va plus !
Je ne sais pas du coup si cette nomination aux fonctions de Grand Semainier peut être maintenue avec de telle extravagations. Vraiment, le doute m’habite !
Allez-vous en illustrer une définition aussi farfelue après ça !
Genre : toutes les semaines le Conseil de Ministres est mercrediurne : mettons que Rachidati ait lu la définition avant d’y aller, elle va se pointer à l’Elysée à huit heure du soir au lieu d’aller faire la top modèle chez Castel. C’est toute sa vie qui peut en être bouleversée : vous voulez nous l’achever cette petite ou quoi ?
Et les gamins : dans la semaine scolaire le jour sans école est mercrediurne. Ca ressemble à quoi ? On va emmener les gosses faire du clubing dans la nuit du jour de Mercure au jour de Jupiter ?
Non franchement, c’est limite lamenchaise. Nous avions formé tant d’espoirs sur votre inventivité. (Compte tenu du nombre que je suis vous pouvez considérer que j’utilise un nous de majesté, ce qui va fort bien à mon souverain courroux.)
Je veux bien qu’on soit poète, et que la réalité n’est peut-être pas la réalité si on réalise que ce qui n’est pas réel en a parfois plus l’air que ce qui est réel, mais tout de même. En plus ça fout la pagaille dans les rimes en « urne ». Déjà qu’il n’y en a pas tant que ça !
Bon, ne nous énervons pas. Je sais ce qu’on va faire : on va prendre des rtt mercrediurnes, (celles qu’on aura pas vendues pour pas perdre moins par rapport à ce que gagner pas plus mais bosser pas moins en fonction de pas plus non plus, ou à peu près …), et chacun se débrouille. De toute façon on aura quand même appris quelque chose : qui savait parmi vous, je ne parle pas de moi bien sur, (Ca change…), (Oui, bon, ça va ! C’est mon dictionnaire et c’est mon blog !), (Ok ! Te fâches pas !... Cool man …), (Coule toi-même !), (Bon tu termines … on va pas y passer la journée, même mercrediurne …), (Je termine !) : donc qui savait que le mercure avait un numéro atomique ? Qui savait que son petit nom c’est Hg ? Qui avait entendu parler du mercure tyrrhénien ? C’est sur qu’on nous casse davantage les couilles avec le petit dictateur franco-corse militarophile qui mit l’Europe à feu et à sang il y a deux siècles. On a les idolâtries qu’on peut …
(Désolé pour le mot couille mais y’a des moments ça sort comme ça ! C’est tout !)

Illustration : le dieu Mercure (avec son joli casque avec des p'tites ailes, flap, flap, flap) par Antoine Pajou

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