"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

vendredi 14 décembre 2007

Cher T.

Une demande d’augmentation de la durée quotidienne de chaque jour afin qu’on puisse faire, fusse modestement, écho aux mille jardins lexicaux que vous nous ouvrez dans l’abondance, l’exubérance, et dans une disponibilité dont on se demande si vous n’avez pas déjà obtenu, vous, satisfaction sur cette demande d’augmentation de la durée quotidienne de chaque jour, auprès d’autorités compétentes que j’ai encore un peu de mal à identifier pour ma part, est en cours. Qu’est ce qui est en cours ? (Les phrases à tiroirs ne sont pas commodes pour les gens trop rangés). Bref …
Je retiens, entre autre, avec un diabolique amusement la sorcière qui prend une année sabbatique. C’est anthologique.
En revanche, et bien que m’étant trouvé à court de café chez moi, ce matin même, imprudence, encore une, dont l’avatar s’est présenté à moi en une vaste grève matutinale où voisinaient les dernier gris de la nuit et les efforts du jour naissant, présentants une étendue infinie au milieu de laquelle il me fut impossible de retourner vers un lit déjà refroidi, autant que de vaticiner vers une salle d’eau soudain reléguée tout au fond d’un couloir d’environ une centaine de kilomètres, ce qui chez moi relève du délire mégalomaniaque qui s’empare de moi quelquefois, et après avoir pris connaissance de votre communication, quelques facéties cumulatives me sont venues. Quant aux tiroirs sans fond…

Droit comme un i
Les points sur les i
La tête au carré
Prendre le mal à la racine

Par-dessus la jambe
Bête comme ses pieds
Les pieds dans le plat
Des fourmis dans les jambes

Sommes-nous légions à devenir chèvre ?

Ni queue ni tête
Tête dans le gaz
Queue de poisson
L’eau dans le gaz

Etc … Etc … On va voir ce week-end ce que ces graines peuvent engendrer …
Je me sens en humeur de rebondir sur votre dernier paragraphe…

En ce qui concerne la Roche Tarpéienne, la pauvre, elle ne sera jamais autre chose. C’est en effet le nom d’un caillou monumental, situé non loin de la prestigieuse colline du Capitole, tout ça se trouvant à Rome. C’est de cette Roche qu’étaient précipités les criminels condamnés, au cours de la République. Ce nom vient d’une girl de l’époque, Tarpéia, et de toute une histoire de trahison comme l’antiquité nous en a fourni plus que de raison, tirée par les cheveux, (tiens, encore une association à travailler), c’est les meilleures !
Ce qui nous a donné une expression dont pas mal d’ambitieux, plus ou moins excités du bulbe, devraient se souvenir plus fidèlement : « il n’y a jamais loin du Capitole à la Roche Tarpéienne. » Sous entendu, si on peut dire, plus dure sera la chute, ou encore, si haut que tu sois grimpé ça n’empêchera pas que tu retombes, alors garde ton casque ! Plus populairement on a aujourd’hui : «Qui le dimanche rit, lundi pleurera. » Et dans le même esprit follement optimiste, cette savoureuse parole du Dr Knock dans le roman éponyme : « la bonne santé est un état transitoire qui ne laisse rien présager de bon. »

Une petite excursion dans les proverbes ne nous fera pas de mal : hop, c’est inscrit au programme pourtant déjà chargé…

Je vous recommande de passer, ce soir, un merveilleux moment. Saluez de ma part le prince Casse-Noisette. Et si vous rencontrez la Cigale, présentez-lui mes hommages. Que tout ce week-end vous soit plaisirs !

TàV

T.

P.s. L'épouse de Paul Vaillant Couturier était-elle vaillante couturière ?

Illustration : Lewis Carroll (qui était aussi photographe) : autoportrait pour trait

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