"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

lundi 26 novembre 2007

Munich 13 au 18 novembre 2007

Bon, c’est pas tout ça, mais entre deux penchements médito-réflexiono-neurono-lalali, quelques sonnets approximatifs, et d’outrancières propagandes pour l’art lyrique, on va faire une pause.
Une pause à Munich, pimpante agglomération située à 48°08’24’’ de longitude Nord et 11°34’30’’ de latitude Est, ce qui nous met à peu près, en gros, arrêtez-moi si je me trompe, quelque part au milieu du sud de la Bavière, donc en Allemagne, donc en Europe, donc sur Terre. (Bravo pour le remplissage ! Ca commence bien !)
Et pourquoi Munich ? Parce que je viens d’y passer quatre jours, avec mon ami G. (qui tient à une certaine discrétion, donc hop, vous en saurez pas plus).
Comme G. habite cette charmante bourgade et que je l’aime beaucoup, (G.), eh bien je vais l’y voir. Et comme rien ne me fait défense de l’y voir … (Ah ! parce que vous espériez y échapper à celui-là ? – Quels naïfs !!)

Ce n’est certes pas la première fois que je me rends dans cette attrayante cité, et pour tout dire on trouvera là des divagations à ce sujet qui auraient tout aussi bien pu prendre place auparavant et ailleurs, mais auparavant, y’avait pas encore de blog et ailleurs ça ne s’y prêtait guère.
Cette fois-là, arrivant tard le soir par la voie des airs, il y avait un enjeu supplémentaire : la neige. Je ne sais pas pour vous, mais moi, la neige, j’adore ça. C’est beau, c’est doux, c’est chaud, (si ! si !), c’est calme, c’est drôle, c’est fascinant, c’est romantique. Et j’en passe. A l’horizon d’un bientôt demi siècle d’existence, (dans deux ans quand même), j’en suis encore, lorsqu’il neige, à ouvrir la bouche et à sortir ma langue pour attraper des flocons. Comme j’vous l’dit !! Oui ça doit se guérir, c’est sur, mais pourquoi faire ?

Il en était déjà tombé un peu de la neige, sur la ville, mais c’était la toute première : ça n’avait guère tenu. C’est au moment où l’avion arrivait à son stationnement que ça s’est remis à tomber, et je dois dire que j’ai été très sensible à ce soudain regain de confettis blancs en forme de bouts de plumes d’anges, honorant en quelque sorte mon atterrissage, quand d’autres passagers lorgnèrent d’un œil navré et dépité cette belle fête du ciel.

Petit préalable avant d’aller plus loin (plus pléonastique que moi, va falloir se bouger !) : j’aime beaucoup l’Allemagne, j’aime beaucoup les allemands, certaines stars de ma vie s’appellent Wagner, Bach, Beethoven, Zweig, Mann, Fassbinder, Rilke, etc.
J’ai toujours en tête, pour conjurer les zones tragiques du passé, ces si terribles années, cette chanson fabuleuse de Barbara :
Ô faites que jamais ne reviennent
Le temps su sang et de la haine
Car il y a des gens que j’aime
A Göttingen, a Göttingen,
Et lorsque sonnerait l’alarme
S’il fallait reprendre les armes
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen,
Pour Göttingen.


Certes, pour le moment ma connaissance de l’Allemand est à peu près comparable au degré de culture d’un supporter de football, mais j’ai décidé de faire mes premiers pas dans la langue de Goethe, ça prendra le temps que ça prendra. Ich bin, du bist, err-sie-es ist, etc …
Pas trop long ce préalable ?
Bon. Donc Munich. C’est grand. C’est beau. C’est assez élégant. C’est vert. C’est large. C’est accueillant. Je ne vais pas vous faire la visite guidée. Je suis pas doué pour ça. C’est plein partout de lieux agréables. De beaux lieux pour boire, pour manger. Pour se balader. L’Englisher Garten, les rives de l’Isar. Ne pas rater les surfeurs de l’Eisbach. Etonnant !
Et là il y avait de la neige donc.
A tenu assez longtemps pour que j’aille la fouler, parmi les canards, les corneilles sautillantes comme de sordides capucins noirs et gauches, et quelques promeneurs éparpillés sur le drap blanc encore fragile qui couvrait l’Englisher Garten.
Pour en voir davantage, G., qui tenait à ce que j’ai ma dose de poudreuse, m’a ensuite emmené un peu plus haut, vers des lacs où là, le manteau immaculé s’était installé plus épais, plus dense, éblouissant sous un soleil froid.
Il y avait à peu près quatre cent mille ans que je n’avais pas marché dans autant de neige.
Le bonheur !


Oui, il faisait froid. Je réponds tout de suite à celles et ceux qui m’ont posé cette si pertinente question. Il fait rarement chaud lorsqu’il neige : et si cela arrivait faudrait s’inquiéter plus qu’un peu ! Non je n’ai pas eu froid. Mêmes destinataires pour cette réponse : comme visible sur les illustrations icônographico-photographiques qui agrémentent, (je l’espère), cet article dont le doute m’habite relativement à la nature de son utilité, ma vêture était adaptée quand bien même son adéquation avec la mode n’était, volontairement, pas recherchée du tout. Manquerait plus que ça !

Je dois à l’honnêteté de dire, (moi aussi je dois beaucoup à l’honnêteté …), que l’amie d’un ami de G., qui est aussi un ami, (vous suivez ?), a émis l’avis que mon couvre chef avait quelque chose de très russe : n.b. cette amie de l’ami de G. qui est aussi un ami, est russe. De là à m’imaginer faisant partie de la brochette de séniles incontinents qui branlottaient de la pogne du haut de leur terrasse sur la Place Rouge à Moscou, à diverses occasions de fêter la grande URSS, moins les goulags et la défaite du collectivisme, (grande URSS qui ne se doutait de rien et ne voyait venir ni l’éthylique Eltsine, ni le souriant Poutine – a ne plus savoir quelle chance on a pas), j’ai tout de suite mis le holà : ça tombait bien, nous étions dans un bar français en train de voir ce que ça donnait de goûter le Beaujolais Nouveau ailleurs qu’au bord des caniveaux parisien plein de vomis rougeâtre (Beurk…). J’ai donc rempli mon verre, et ai continué à me diriger vers la première des deux maxi murges de ce séjour. Sans être malade, je le précise tout de suite. Na ! Et hips !...


La seconde murge, s’est méthodiquement installée, d’un premier verre de bière, suivi d’un nombre, que je n’ai pas retenu, de verres de vodka, ponctués d’un peu de champagne, soutenus par d’autres verres de bière, entre une petite fête de G. pour la crémaillère de son appartement, et une soirée des Balkans, festivité Kusturico-musicale fort plaisante, vivante et chaleureuse, à laquelle nous incita à nous rendre l’ami de G. qui est un ami aussi et dont l’amie ci-dessus évoquée est russe, (vous suivez toujours ?). Eh ben non ! Pas malade non plus ! Certes vous ne verrez pas les photos de moi qu’a prises G. au moment où je formais le projet de dormir un peu. Histoire de se coucher avant le lever du jour : faut dire qu’en hiver c’est drôlement plus facile ! Voilà, voilà …

Donc Munich, très bien. Et les habitants aussi.
Je concède, afin de me garantir de commentaires désagréables, que cet article est sans grand intérêt. Il sert surtout de prétexte à afficher des photos dont l’intérêt ne dépasse guère l’intérêt susdit. Autant dire qu’on va s’arrêter là.

Sauf que vraiment :


Laßt diese Zeit nie wiederkehren
und nie mehr haß die Welt zerstören
Es wohnen Menschen die ich liebe
in Muenchen, in Muenchen,
Doch sollten wieder waffen sprechen
es würde mir das Herz zerbrechen
wer weiß was dann noch ubrig bliebe
von Muenchen, von Muenchen.

2 commentaires:

Romain Laqueine a dit…

Hey ! C'est bien ce reportage ! Fais gaffe à pas trop boire quand même ! C'est pour quand ton tour de monde ??
Bise

Thy Wanek a dit…

Hello Gazou !
Merci ! Je vais faire attention de ne pas devenir complètement alcoolique, c'est promis ! Pour le tour du monde, je pense que je vais faire ça par morceaux : manque de temps.
Je vois que nos conversations t'ont marqué : tu sais que le tour du monde tu peux le faire aussi : tu m'envoies tes notes et je rédigerai les comptes rendus.
A+++ Bello !!