"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

dimanche 18 novembre 2007

Commentaire

Petite mise au point sur ce blog, concernant les commentaires.
Sont venus, sous nos yeux, tout récemment, d’imprécises effusions, émanant visiblement de personnes qui trouvaient à redire sur le contenu de ces pages, et sur son auteur, c’est à dire moi-même. Je ne suis pas du tout allergique à la critique, bien au contraire et qu’on dise du mal de ce que j’écris ne pose aucun problème, du moment qu’on en parle. Néanmoins je me réserve évidemment le droit de destiner à une poubelle immédiate un certain type de retours, pour ne pas dire de renvois.
En premier lieu le genre petit avorton de phrase qui n’a d’autre ambition que d’être désobligeant, sans en avoir, semble-t-il, les moyens, ou sans les rechercher, et qui prétend sans doute signifier quelque chose sur mes pages en usant d’un laconisme résiduel, teinté d’un insaisissable mépris, s’élevant à un niveau d’intérêt qui voisine celui des états d’âme fessiers d’un quelconque people de fond d’égout en couverture d’un torche-groin hélas habituel de nos contemporains les moins éveillés, (la sentence du gros titre attifant de sa vulgarité la pauvreté du verbe), et dont le seul résultat est de signaler l’indigent aux yeux du riche en dégoûtant le second de jamais secourir le premier. Ajoutons que l’anonymat rétréci dans lequel loge bien sur ce niveau d’intervention, dommageable pour la couche d’ozone puisque ça ne sert à rien d’autre, achève d’occuper le temps de réflexion que l’on dépense parfois en ces instants où certaines démangeaisons nous invitent à nous gratter quelque part.
En second lieu, en apparence plus délicates, mais sans autres vraies caractéristiques que de flotter à la surface d’autres épandages, les allusions à une histoire passée, à un vécu commun, à une intimité que je veux préserver, à un relationnel présent, venant de gens qui, peut-être au prétexte que nous aurions partagé plus ou moins utilement quelques moments ou quelques années, s’en viennent vider une aigreur en s’imaginant que je vais la prendre pour un commentaire. L’acrimonie a ceci de très différent par rapport au bœuf bourguignon, c’est que plus elle est recuite plus elle a mauvais goût, et plus elle est indigeste, stérile, si tant est qu’une acrimonie puisse être féconde, ou, à tout le moins, être assez honnêtement justifiée en tant que source de pollution. L’anonymat ici se déguise en appropriation d’identité indéchiffrable, avec le souci constant d’être désagréable sans être reconnaissable, ce qui témoigne moins d’un manque de courage que d’une réelle faiblesse de la raison, aux multiples sens du terme.
Ce blog n’est pas une agence de règlement de compte.
Tout ça pour dire, comme chacune et chacun l’aura deviné, que l’anonymat ne me paraît sympathique que pour préserver la pudeur qu’on ressentirait à avoir mis de la qualité dans un commentaire même désagréable, ou du désagrément dans un commentaire de qualité, à moins qu’en lieu et place du désagrément il y ait de l’agrément, et que les celles et les ceux qui n’auraient rien trouvé de mieux pour se maintenir en éveil, voire en forme, que de sniffer la poussière qu’elles ou ils produisent, sont aimablement, très aimablement, invités à aller l’éternuer ou la recracher ailleurs.
Voilà qui est dit.

4 commentaires:

Romain Laqueine a dit…

Et là tu as complètement raison. Pourquoi perdre du temps à dire des choses nulles. C'est si vite fait de rien dire ou de dire des trucs sympa.
J'aimerai bien savoir ce qu'on a pu t'écrire pour que tu répondes ça.
Re-Bise.
Romain.

Thy Wanek a dit…

Bah justement si j'ai pas publié c'est que vraiment ça n'en valait pas la peine : en revanche la petite mise au point me paraissait souhaitable.
Bizoux.

Anonyme a dit…

"... et dont le seul résultat est de signaler l’indigent aux yeux du riche en dégoûtant le second de jamais secourir le premier."
On ne se mouche quand même pas du pieds...

Thy Wanek a dit…

Je confirme, persiste et signe.