"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

mardi 23 octobre 2007

NOTICE LE LIVRE EDWIN

« Le livre Edwin » est une proposition de dialogues dans la perspective d’une éventuelle mise scène théâtrale ou d’une simple lecture, publique ou privée.
L’ensemble des dialogues se divise en sept scènes. Ce découpage correspond à l’évolution du propos tenu, et veut aussi bien permettre, en cas de mise en scène, de rythmer cette évolution.

Deux particularités dans l’écriture, requièrent, peut-être, une explication :

- Un certain nombre de répliques sont réduites à des points de suspension. Ce sont des répliques muettes : cela veut signifier plusieurs choses : que le personnage, à ce qui vient d’être dit juste avant, ne peut ou ne veut répondre. Qu’une articulation prend place vers une progression de l’échange. Que, lorsque plusieurs répliques muettes se succèdent, une suspension s’impose entre les personnages. L’utilisation de ce type de répliques, clairement matérialisées, produit des silences, tel qu’on en trouve en musique, crée des espaces de respiration, ponctue les échanges. La manière de les restituer sur une scène doit permettre d’utiliser des attitudes, des regards, des gestes, des déplacements de la part du personnage au moment où il en rencontre une, ou entre les personnages lorsqu’une suite de plusieurs de ces répliques intervient. Ces instants plus ou moins longs de silence et de suspension peuvent aussi être les objets d’un usage maîtrisé de lumières. Il n’est pas souhaitable qu’il soient objets d’interventions sonores. Lors d’une simple lecture publique, l’usage du silence et du regard entre les lecteurs doit donner accès aux auditeurs à ces répliques muettes. Lors d’une lecture privée, la lectrice ou le lecteur est invité à lire ces répliques, c’est à dire à regarder là où il n’y a rien de dit, c’est à dire à percevoir le temps de ce silence et à imaginer ce qui peut se passer d’autre à la place de ce rien dit.

- Un des personnages, Edwin, parle d’une façon volontairement singulière. Pas inédite. Il mange, en parlant, beaucoup de voyelles. Cela doit être rendu comme un phrasé rapide, haché à certains moments, hésitant à d’autres, ainsi parfois qu’une sorte de bégaiement, finalement comme si trop de mots étaient à dire et que, bien qu’ayant à les dire, il lui fallait éclipser une sorte de superflu. Il n’est pas inopportun d’envisager pour ce personnage une diction « percussive », c’est à dire s’inspirant de ce que rend le son de certains instruments de percussion. Ce personnage emprunte quelquefois la diction d’un autre, Bruyère, du fait de la relation entre eux. C’est indiqué par les guillemets qui encadrent alors ce qu’il dit. La voix d’Edwin dans ces cas ne nécessite pas un changement artificiel de tonalité mais suppose une inflexion vocale plus ou moins sensiblement marquée.

Le lieu où se déroulent ces échanges est unique : c’est un parc formé d’une prairie d’herbe drue, avec des arbres et des bosquets et en fait une densité substantielle de végétations. Divers éléments de pierres servent à compléter l’ensemble. Ce parc se situe dans une très grande ville, à proximité d’un très grand pont qui occupe aussi bien une fonction circulatoire ordinaire que celle d’un passage particulier selon la réglementation et le sens de son franchissement. Il est possible de rendre la ville et le pont perceptible au regard d’un public, mais tout en gardant bien une séparation entre le parc et tout extérieur.

Le temps, quoique théorique, durant lequel se déroulent ces échanges est celui d’une matinée, entre le moment ou le soleil vient de paraître et celui où il atteint son point le plus haut. Il est possible de rendre la progression de cette lumière dans le cadre d’une mise en scène.

Les personnages :

Edwin : envisagé comme assez grand, plutôt frêle, représentant un être jeune, faussement vulnérable.

X : envisagé comme dégageant une assurance totale, représentant un être mature, d’aspect monolithique.

Bruyère : envisagé comme ordinaire/instable, représentant un être à mi-chemin entre la jeunesse et la maturité.

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