"Puisque nous sommes nés, il va bien falloir faire avec." Samuel Beckett

mercredi 24 octobre 2007

Hommage

Ce n’est pas un hommage à quelqu’un. C’est un hommage à quelque chose. Les hommages, c’est un peu comme les honneurs, ça commence aussi par un h. Je ne suis pas contre les mots en h : par exemple humanité, j’aime beaucoup ; honte, beaucoup moins. Haricots, oui. Haschisch, j’ai bien aimé, maintenant, c’est un peu passé.
Hommages et honneurs en tant que tels ne me dérangent pas. Enfin ça dépend un peu parfois de la taille des cérémonies.
Mais justement, les cérémonies …
Donc, hommage à quelque chose. Ca pourrait s’appeler une rencontre. Mais ce n’est pas possible que c’en soit une vraiment. Un croisement. Oui. Un croisement, c’est mieux. Une mise en présence. Plus exactement une mise en connaissance de l’existence l’un de l’autre avec cet être.
Je sais qu’il existe. Il sait que j’existe. Formellement, c’est à peu près tout.
Seulement voilà. Il y a cet océan d’océans. Cette immense toile qui couvre tous nos échanges humains au-delà désormais de toutes frontières, de tous décalages horaires, de toutes situations géographiques. Et c’est dans cet espace sans bornes que j’ai pris connaissance de ce qu’il est, en découvrant non sa personne, mais, hors sa personne, de quoi il est formé. De quoi il vit.
Bien sur il y a un peu d’image. Il y a quasiment à chaque fois un peu d’image quand même. Pour que ce soit davantage de l’image il faudrait néanmoins qu’elle mente mieux. Je veux dire qu’elle accepte de représenter l’être, et non de le présenter puisque si franche que soit cette présentation, elle aussi, ment. Plus modestement. Mais elle ment aussi.
Donc j’ai pris connaissance. J’avais perdu de vue que l’on écrivait de ça. De ce dont il écrit. Du seul soi. D’un soi de tissage avec le monde. D’un soi fait depuis le début d’une mémoire immanente. Toute habitée depuis avant, bien avant, par l’aiguille et la plume. Par la lame et la feuille. Par le miel et l’acide. Par le sel et le pain. Par l’oreille et la main. Par les reins et la nuque. Par les bas-fonds du corps et les sommets du crâne.
J’avais la moitié de mon âge d’aujourd’hui qu’il entreprenait de trotter, je pense, et je le vois aisément, ressembler à ces enfants qu’on pourrait croire titubant, tant on a du mal à être sur de leur stabilité, alors que non : ils ne titubent pas. Ils vont déjà partout simultanément et se demandent comment faire. Ils vont s’apercevoir que la plus grande impatience demande tout de même que les années passent, et ils les trouvent longues parfois, longues, démesurément longues, ces années à attendre de choisir, de vouloir, de prendre, de s’emparer.
Avant de commencer ce blog, il m’avait invité à visiter le sien. S’il le veut bien je vous en transmettrai l’adresse. Et vous verrez. Plein d’esprit et plein de beauté. De la drôlerie, de l'humour. De la grâce et de la mélancolie. De cette matière qu’on dit être de la poésie, mais qui, liberté, parmi les libertés qui font mine d’en être, n’a nul besoin de s’intituler.
Il y a des personnes ainsi qu’on voit entrer dans des lieux et dont on n’a pas besoin de savoir qui ils ou elles sont. Cela s’impose de soi-même, sans ajouter quoique ce soit à l’attitude, à la démarche. Les regards se tournent et sans célébrité aucune, sans particulièrement de cette célébrité de marketing, de format, de grossièreté dont on fait tant marchandises aujourd’hui, sans même être connu, on est reconnu. On existait auparavant. On nous avait croisés dans le passé.
Il est ainsi. Encore une fois il se pourrait que ce ne soit que pure spéculation de ma part. Mais j’en doute. Vous lirez, et vous me direz. Et vous lui direz.
Je n’ai rien dit de lui. Non. Je reviendrai sur son sujet. Peut-être.
Au chapitre des sources, il y a de la terre chez lui. Et de l’eau. De la terre d’abord. Puis de l’eau.

2 commentaires:

Thomas a dit…

Me voici condamné à tenter d'être à la hauteur, et dieu sait qu'il n'est pas aisé d'être à la hauteur à 8h du matin, avant le premier café.
Je me présenterai donc plus humain, et moins éveillé que jamais, encore sur le pas de la porte des rêves, observant dans l'entrebaillement, entre deux baillements, cette lumière chaleureuse qui vient ce matin me tirer de ma torpeur.
Ou plutôt de l'isolement de mes rêves, car n'est il pas plus agréable de voir toujours le monde à travers cette torpeur?
Certains êtres savent tirer les rêveurs de leur lit sans les éveiller, et leur montrer le monde.
Ainsi vous parcourerez ce blog, flottant sur la réalité de ces vagues de mots. Laissez vous dériver, vous irez loin.

Thy Wanek a dit…

Or donc voici de quoi, par vos petites pattes,
Tricotant vos claviers d'avides philopathes,
Illuminer vos yeux et nourrir vos atomes :
http://thomas-bettinelli.blogspot.com
(pas facile de faire un alexandrin avec une adresse web !...)